Black Rainbows – Cosmic Ritual Supertrip

Label : Heavy Psych Sounds Records (2020)
Chroniqué par Sidney Résurrection

 

La scène se passe au petit matin dans le garage de Heavy Psych Sounds à Rome, maison sérieuse fondée aux alentours de 2008 dans l’arrière-cour du groupe Black Rainbows par un Gabriele Fiori en mal de prod.

– Merde Gabriele, c’est quoi encore ce bordel, ça fait des semaines qu’on t’entend rameuter tout le monde jusque sur les réseaux sociaux !

– Stai zitto! dammi la chiave di dodici

– La clé de douze ? Ok, tiens. Mais… mais t’as tout démonté, les sept précédentes plaques!

– si, anche gli album di debutto

– Ah oui, je vois un bout de Carmina Diabolo ici et là de Stellar Prophecy et de ce coté les chromes de Hawkdope. Faut dire on s’y attendait un peu avec les copains, ça fait quelques années que tu fais de la récup’ sur tes anciennes machines. Je ne critique pas, hein! On trouve ça cool et on attend toujours avec impatience vos sorties d’atelier.

Donc, oui chers lecteurs j’ai eu l’occasion d’essayer le nouveau bolide de Black Rainbows, un beau coupé cabriolet pour trois musiciens et une caisse de whisky (ou un auditeur, au choix). Coté moteur on retrouve un bon vieux 12 titres qui tourne à l’essence enrichie, à la fuzz et au crunch.

Un vrai bolide tout en souplesse grâce à une suspension signée Fabio Sforza de Forward Studio et qui avait déjà prêté main forte pour le projet Pandaemonium. L’alternateur est signé Filippo Ragazzoni, batteur de son état et membre de la maison Black Rainbows depuis seulement un album. Enfin, nouveauté dans l’atelier, tenant la basse, on trouve Eduardo Mancini qui va pouvoir prouver qu’il sait y faire, car tout l’enjeu dans cette boutique c’est de passer de stagiaire à associé, ce qui n’est pas une gageur quand on regarde l’historique du turn over de Black Rainbows.

La virée en Cosmic Ritual Supertrip que j’ai pu faire s’est avérée être un véritable Mad Max musical. Dans cet engin, tout n’est que métal, huile, essence et caoutchouc. « Radio666 », « Master Rocket Power Blast » entre autre sont des titres tout en mécanique et ils font mouche à chaque écoute en refilant  des envies de bougeotte au milieux d’un désert poussiéreux, au volant d’un bolide décapotable.

A bord de cette galette j’ai pu savourer le cliquettement des fûts , qui percutent comme les soupapes d’un moteur de old timer et sur « Hypnotized By The Solenoid » ils injectent suffisamment de nitroglycérine dans le moulin pour te coller au siège. Soudain, la galette motorisée ne fonctionne plus à la nitro mais au propergol et fait décoller les passagers au delà de la stratosphère, jusque dans l’orbite de « Glittereyzed » pour ensuite dériver tout au long du paisible « The Great Design ».

L’ambiance de Cosmic Ritual Supertrip virevolte entre stoner poussiéreux et psychédélisme spatial mais c’est clairement sans surprise. Le bolide est fait de pièces empruntées aux précédentes productions. En ouvrant la boite à gant on n’est donc pas surpris d’y trouver l’incantation swing « Sacred Graal », soit un condensé de ce qui fait la force de Black Rainbows.

On passe à l’arrière de la plaque motorisée, sur le siège moelleux de « Searching For Satellites Part I & II » qui offre une atmosphère tout en électro acoustique. On s’y enfonce repus mais pas à bout de force, en tout cas pas assez pour passer à coté d’une ultime accélération avec un « Fire Breather » pied au plancher.

Cosmic Ritual Supertrip c’est une virée au cœur du désormais classique son de Black Rainbows. Un trip entre influences 70’s et nouvelle vague psychédélique. Il n’y a en fait pas grand-chose à dire en regard du parcours du groupe, si ce n’est qu’à chaque mesure l’auditeur peut s’accrocher à un détail qui fait tout le sel des compositions et les inscrit au fer rouge sur ses tympans. A ceux qui se demandent quel est le meilleur album de Black Rainbows, je réponds qu’ils n’en ont jamais fait qu’un seul, toujours réarrangé, retravaillé mais toujours aussi soigné et sans compromission.



Note de Desert-Rock :
   (8,5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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