Le Pulp, petit bar/club de centre ville de Bordeaux accueille l’affiche de ce soir, un plateau de deux groupes qui nous rappelle avec émotion… le même plateau, proposé dans une salle à quelques centaines de mètres, il y a neuf ans de ça ! (on vous en parlait ici). Le concert commence à presque 22h, un horaire un peu compliqué pour un concert de semaine… (instant vieux con terminé)
MANIARD
La première partie, neuf ans plus tard donc, est à nouveau assurée par les locaux de Maniard. Le trio bordelais, devenu quatuor depuis quelques semaines, a gagné en densité musicale. Musicalement, le groupe des frère et soeur Vanhatalo et de Thibault (batteur aussi vu avec Red Sun Atacama) propose une mixture qui, si elle ne prétend pas à l’originalité, est efficace : du doom, beaucoup, des volutes psyche et des envolées sludgy. L’ensemble est très sympa, et repose sur une base très « riff-oriented » (il y a du Sleep dans cette propension à faire tourner le riff), même si le son de guitares, ce soir, se fait un peu manger par cette basse si voluptueuse. Il semble que l’on retrouve beaucoup de proches du groupe dans le public, très nombreux, qui soutiennent bien la formation sur l’heure que durera le concert (le régisseur, généreux, leur permettant de jouer un dernier titre). Reste au groupe à travailler un peu sa dimension scénique, car voir quatre musiciens concentrés sur leurs instruments pendant une heure incite certes à la concentration, mais court un peu le risque d’ennuyer le spectateur…
DUEL
A peine vingt minutes plus tard (la scène est minuscule et ne nécessite pas de grands chamboulements de matériels) la tornade texane déboule sans crier gare et le public revient se masser devant la scène sur les premiers accords quasi cérémoniaux de « Wave of your Hand » et son déluge de hargne metal. Enchaîné au classieux « Devil », le ton est donné pour la suite et la tension maintenue durant tout le concert avec la même intensité ! Car si vous n’avez jamais vu Duel en club, sachez que vous trouverez un quatuor qui y donne en énergie la même chose que s’il était en tête d’affiche d’une salle de 30 000 personnes ! Tom Frank emmène son quatuor à l’énergie brute et les gars sont constamment à fond, avec le sourire ; ça bouge sur cette mini-scène, ça prend des pauses de guitar hero à tire-larigot… Une véritable démonstration de présence scénique.
Musicalement, le choix de la set list fait écho à cette débauche d’énergie. Le groupe jouera 3 ou 4 extraits de Breakfast with Death, son dernier album ce soir (dont on notera le nerveux et très misfits-ien « Pyro », le costaud « Chaos Reigns » ou surtout le solide et fédérateur « Fallacy »), mais remplit sa set list de compos issues de toute sa discographie – mention spéciale pour l’efficace « Fears of the Dead » et son terrible groove texan. On remarquera en particulier un grand nombre de ponctions issues de In Carne Persona, son avant-dernier disque. Les titres s’enchaînent, savamment agencés entre grosses torgnoles et titres plus groovy, et le public en redemande, sourire aux lèvres, dansant et headbanguant sans interruption. On notera entre parenthèses que la fosse s’est un peu déplumée, les amis de Maniard n’étant probablement pas très curieux musicalement.
Au bout de 50 minutes environ, une fausse pause leur permet juste de remplir les gobelets pour revenir nous finir avec un rappel bienvenu, dont l’étonnant « Locked Outside » pour conclure, avec ses plans bluesy et ses jams fiévreux. Une super soirée à nouveau pour un groupe qu’on ne se lasse pas de retrouver en live (et en particulier, soyons égoïstes, en club, où son énergie fait à chaque fois chavirer la salle).









