Space Fisters – Vol.1

Space Fisters - Vol.1 - cover

Si la montagne ne vous gagne pas en ces temps hivernaux, laissez-vous tenter par ces trois furieux savoyards que sont les Space Fisters. Cranves-Sales est officiellement devenu siège des futurs lancements des fusées exploratrices du fuzzo-espace. Le trio ne se contente pas de parcourir la galaxie à coups de virtuosité instrumentale. Non, comme leur nom l’indique, l’espace ils le retournent, le parcourent, l’approfondissent, vers l’infini et l’au-delà !

 

Ce Vol. 1 c’est une poussée de décollage qui vous scotche à vos enceintes. L’apesanteur n’aura plus prise sur vous face à cette nouvelle forme de gravité qui opérera sur vos tympans quémandeur d’encore plus de déluges de riffs. Car chez Space Fisters on conçoit les pluies de météorites de manière variée, riches en mélodies et en parpaings. C’est de la lourdeur au service du psychédélisme, du jam de doom, du sludge survitaminé, du blues sous amphet, c’est les 60’s dans un trou noir de fuzz, c’est un alliage de titane et de formica. Le groupe fait fi des structures et des conventions et les passages chantés ne peuvent freiner les velléités de laisser les cordes et les peaux parler. Quatre titres pour 36 minutes orgasmiques. Du groove à en faire trembler les tréfonds de l’univers par une section rythmique qui sonne organique, naturelle dans ses nuances comme dans ses changements de tempo, ses multiples cassures et autres contre-temps. On sent les savoyards sûrs de leurs montures et ils ne les ménagent pas.

 

L’unité et la cohérence qui ressort de ces morceaux est à en faire pâlir les jammeurs les plus forcenés. Space Fisters n’existe que depuis juin 2012 mais cet album concrétise réellement deux années de travail, de maîtrise et d’un savoir-faire pour que l’auditeur au-delà de la jubilation atteigne une véritable extase. Qu’il est vain de chercher à rationnaliser les signaux que font recevoir vos esgourdes, cet album lancé c’est le troisième type qui vient vous cueillir aux abords de la voie lactée. La production est précise dans son gras. Les aigus ça empêche de décoller ou de coller tout court. Over-saturation, échos sur la voix, spatialisation de l’ensemble avec suffisamment d’air pour ne pas perdre conscience face aux apparitions hallucinatoires. C’est lourd, gras, puissant mais enlevé à la fois, c’est le cosmos qui s’éveille d’un big-bang.

 

Maintenant que le Vol. 1 est sorti fin 2014, vivement leur Holy Mountain et leur Dopesmoker… Space Fisters se chauffe de ce bois là (mais pas que) et les de plus en plus récurrentes occasions de les voir en live ne le démentent pas. Un futur grand nom de la scène française (mais pas que…).

Soundcrawler – The Dead-End Host

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Une question de cycle.

On est dans une période où toute la génération biberonnée au grunge des 90s arrive au pouvoir et la scène française prend les commandes de fort belle manière. Il suffit de porter l’oreille aux productions de Coffin on Tyres et autre Blondstone en 2014 pour s’en convaincre, les référents à la scène de Seattle prenant une part importante dans le stoner ces dernières années. Une question de cycle donc. En ce sens, Soundcrawler, combo de Périgueux s’inscrit pleinement dans la mouvance. A tel point qu’il pourrait désarçonner les fans de fuzz que vous êtes.

Car « The Dead-End Host » est un alien qui s’extirpe des tripes d’Alice in Chains et de Soundgarden. La voix, bien sûr, les plans typés métal des guitares, la production et le grain de l’ensemble, autant d’éléments qui font atterrir le Nostromo côté Nord-Ouest des Etats-Unis. Mais Soundcrawler poursuit une autre bête depuis son précédent opus et celle-ci a plus la gueule et le goût des abominations de Dune. Comme le présente l’excellent artwork de l’album, le groupe ensable sa carcasse et ses compos dans des éléments propres au stoner. Du passage aérien de « Raiders » aux frappes sourdes en basse de « Burning Scales », de l’esprit desert-session de « Long Coma Slow » à l’urgence tout en wah-wah de « A God To Feed », chaque titre porte en son sein un marqueur de pierre qui offre un contrepoint intéressant à la sourde mélancolie du grunge.

Le groupe imprime via « The Dead-End Host » une identité forte et marquée. Une patte sonore tranchée, forcément à double tranchant, car elle fait tomber de temps en temps le quintet dans la redite mélodique. L’écoute dans ces cas-là marque un temps où l’on pourrait décrocher et considérer l’album comme une belle étape, sans plus. Temps suspendu que Soundcrawler s’empresse d’ensevelir par un tiercé de compositions salvatrices. « Civil », tout d’abord, où la guitare s’acoquine avec de la modélisation synthétique et creuse un sillon plus dégueulasse qui sied aux mélodies du groupe. « Infinite Genocide » ensuite, car Remy Pocquet, le lead singer, se décide à hurler, comme si sa vie en dépendait, un « everywhere, anytime, fiiight » de belle facture où la luette s’apparente à une énorme paire de couilles. « And All The Seconds Left » enfin, car il clôt acoustiquement et de manière onirique le tout nouveau 9 titres, proposant ainsi une patine plus viscérale et sincère à la galette.

« Elle était comment la bête ? » demande Caïus Pupus dans les 12 travaux d’Astérix. Et bien la bête est cohérente, très bien exécutée avec un sens poussé de la composition et un codex des genres très bien assimilé. On fait face à un exercice finement troussé qui, s’il arrive à pousser plus loin sa personnalité pourrait accoucher d’un monstre massif dans le prochain essai. « The Dead-End Host » par Soundcrawler, s’il ne bouleversera pas vos horizons musicaux, risque fort de vous faire passer un sombre et agréable moment.

Elevators To The Grateful Sky – Cloud Eye

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A ce rythme l’Italie va devenir l’autre pays du stoner. Sans citer tous les excellents albums sortis de la botte, arrêtons-nous à Palerme d’où sévissent depuis 2011 Elevators To The Grateful Sky. Le quatuor attaque très fort dès le premier étage avec « Ridernaut » et son intro sablonneuse appuyée par un harmonica. Tout semble dit: Riff en provenance du désert californien qui embarque votre nuque dans une bourrasque de headbanguing béat. S’enchaine un break plus lourd pour finir sur un passage au psychédélisme serein. Seul ombre, le chant manque de puissance pour atteindre les gardiens du temple kyussien. Voilà le talon d’Achille de cet album : le « Grateful Sky » est atteint dès le premier titre. Rien d’anecdotique dans les suivants mais rien qui ne parviendra à atteindre la force de celui ci.

Le groupe propose ensuite un gros stoner-rock riffu à la Dozer, toujours avec une parfaite maîtrise instrumentale qui dégage un joli groove et des solos de premier choix. S’autorisant un passage repris par une trompette sur « Red Mud » (qui est tout sauf gratuit quand on voit l’alchimie qui s’en dégage), on sent tout de même les Elevators en pleine possession de leurs moyens mais avec une propension à parfois vouloir trop en faire. Le bien arrangé « Mirador » propose un bon moment instrumental et jusqu’à « Handful of Sand » l’album maintient un équilibre entre toutes les idées du groupe. Rien à jeter (excepté le gimmick reggae) par la suite mais les palermitains finissent par se perdre et l’album à tirer en longueur. Lorgnant du côté des QOTSA/Foo Fighters égarés dans des effluves de rock simplistes injectant de fulgurantes inspirations par brefs moments.

Sorti en 2013 Cloud Eye marque des débuts très prometteurs pour The Elevators To The Grateful Sky, avec une belle production. La suite est en cours d’enregistrement souhaitons que le groupe réussisse à canaliser sa créativité pour gagner en efficacité sur tout un album.

Lucuma – Destruye La Ciudad Psicológica

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2014

Seconde production du groupe, Destruye La Ciudad Psicológica (détruire la ville psychologique) nous arrive directement de Buenos aires (Argentine pour ceux qui allaient draguer pendant les cours de géo).

La première impression qui se dégage de leur musique c’est que ces gars débordent d’idées et d’énergie, on passe d’un riff hard rock bien burné à des plans mélodiques typés Iron Maiden en passant par des idées que Mastodon n’aurait pas renié à l’époque de « Blood mountain » ! Pendant que je cite 15 groupes, les grattes me rappellent aussi Scorpions période « Virgin killer ».

Une fois passé l’écueil de l’Espagnol , qui ne sonne pas si mal dans ce contexte, le chant semble relativement plat comparé au reste des instruments, je retrouve le même « défaut » que chez Spiral Architect (coucou à nos lecteurs métalleux) : le chant est maîtrisé mais ne semble pas s’intégrer dans la musique au niveau du placement, comme si les textes étaient écrit bien avant le reste et qu’il fallait absolument les placer dessus, on obtient une sorte de déclamation monotone vaguement mélodique.

Lorsque ce n’est pas le cas on est face à un chant typé hard fm un peu détaché du reste, dans lequel le chanteur semble pourtant mettre beaucoup de passion et de sentiments, le contraste est assez étonnant.

Le principal atout du groupe réside dans ses guitares qui s’entremêlent façon Maiden/Mastodon. Leur jeu bien prog mais super poilu (Prog poilu = Isis, Keelhaul etc…) apporte une personnalité assez intéressante au groupe.

La prod générale est assez sèche, très heavy 80-90, mais correct tout de même, chaque élément ressort comme il faut et grâce à la qualité globale des compositions et de l’interprétation la sauce prend très bien.

Donc on résume : si vous n’êtes pas fermé au prog, au metal ou à l’espagnol, ce disque aux racines stoner burné mais riche en influence s’adresse à vous .

Mutonia – Blood Red Sunset

Après une démo live en 2011 et une studio en 2012 Mutonia décide de passer aux choses sérieuses avec un album complet. Il ne faut pas se le cacher, malgré ses quelques années d’existence le groupe semble encore très jeune . Les morceaux de l’album s’éparpillent dans différentes directions sans réussir à trouver de cohésion.

Cela dit, la motivation et l’envie sont bien présentes chez notre trio Romainsqui sillonne l’Italie de manière assidue depuis maintenant 4 ans. Sur la route, l’orientation et l’inspiration a changé au fil des années et partant du punk, Mutonia passe au rock alternatif en sortant « Gain From Waste », leur seconde production en 2012 , puis s’intéressent aujourd’hui au Stoner et au Grunge.

Après une intro interminable et bancale reprenant des samples de tous horizons, pleurs de bébé, discours d’Hitler, de Churchill etc… la musique démarre sur un riff de guitare écrit dans l’unique but de faire taper du pied, la voix entre à son tour, accent traînant et gimmick venant tout droit de Seattle, on comprend clairement leur amour des 90’s.

L’enregistrement relativement correct a quand même un coté assez amateur, la guitare sonne très pauvre et synthétique, la basse et la batterie s’en sortent plutôt bien, peut être aurait il fallu doubler les prises de guitare pour donner de l’ampleur à l’ensemble. La voix souffre du même défaut, bien exécutée elle manque malgré tout d’épaisseur dans le traitement.

Avec l’expérience accumulée ces dernières années, le groupe devrait se trouver sans tarder et gageons que la prochaine sortie sera supérieure à celle ci.

Temple Of Deimos – Work to be Done

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La scène stoner italienne produit depuis quelques temps déjà une tripoté de bons, voir très bons groupes (coucou Ufomammut). Temple Of Deimos est italien, Temple fait dans le stoner, Temple est pas mal du tout. Son « Work to be Done », sorti en 2014, lorgne plus que de raison chez le mastodonte Queens of the Stone Age et l’artwork nous gratifie d’un panneau « Welcome to Sky Valley » en proie aux flammes d’extraterrestres belliqueux. Le décor est donc planté, les influences assumées, la galette peut-être écoutée.

En effet, les tympans voyagent en terres connues dès les deux premiers titres « Excuses and lies » et « Lady Squirt Cadillac ». Fuzz creusée dans les médiums, breaks de trois notes, accords martelés et mélodies prononcées nous renvoient directement chez le grand roux. Les titre sont efficaces, accrocheurs sans être vraiment novateurs, la nuque imprime tout de même un mouvement de va-et-vient, synonyme, vous en conviendrez, de groove fume-ta-grand-mère.

Le quatrième morceau, « Work to be Done », donne de l’air à l’ensemble en soufflant de la clarté 70s dans le chant et la guitare et une pointe de candeur toute 60s que ne renieraient pas les Fun Lovin’ Criminals. Cette respiration fait grand bien puisque dès le morceau suivant la fuzz factory se remet en branle et sulfate à nouveau ses rythmiques binaires et martelées rappelant en un sens les crocs rouge de l’Oregon.

Le deuxième album des Gênois est bien équilibré dans le mix mais souffre cependant d’un manque de basses. On navigue dans les médiums soutenus par une voix claire qui nécessiterait plus de reliefs et de grain à mon sens. Du coup, l’ensemble manque d’impact et mériterait de nous faire entrer un peu plus dans les « basses fonds » de son assise rythmique. Ceci n’enlevant en rien la qualité de composition, « Questi Cazzi di Vespone » portant une belle superposition de guitares, en est un bel exemple. On passe un très bon moment à l’écoute des dix titres de ce deuxième album, on en ressort frustré cependant.

Frustré car les italiens ont un réel sens de la composition, un savoir-faire dans l’enchevêtrement des lignes de guitares. Ils sont efficaces dans les titres courts et quand ils insufflent un esprit 60s, « Better Take the Bike » par exemple, leurs morceaux prennent de l’épaisseur. Mais ils doivent encore se démarquer de leurs aînés, trouver ce petit truc pour personnaliser leur son et sortir du moule, à l’instar de Triggerfinger. « Work to be Done » n’en reste pas moins un bon album, qui passe bien et promet de belles heures au trio italien.

Masthar – Masthar

Masthar Cover

En provenance direct de Nantes (Louisiane, Etats-Unis) voici Masthar. Sorti en cours d’année 2014, leur premier album tape direct dans les tympans à grands coups de sludge bien métallisé. Le groove est frontal avec des riffs southern à souhait et surtout par la section rythmique qui ne fait pas dans le détail. « Be Kate » vous plonge sans crier gare la tête la première dans un bouillonnant festival de cymbales et de roulements de caisse claire, rondement soutenue par une grassouillette basse. On pense à toute la bande de NOLA au fil des titres, avec des soupçons des gaillards d’Atlanta. Pas étonnant que Masthar est fait les premières parties de Crowbar lors du dernier passage de ces derniers en France.

Pas étonnant par l’affiliation musicale mais pas question d’omettre la qualité des morceaux. Le riffing tape juste, lorgnant souvent vers des influences purement metal. Les refrains sont tous « stadophiles » (du grec qui signifie « qui aime les stades », utilisé souvent pour souligner la capacité de quelque chose à soulever un public en délire). Force est de constater que le quatuor a prêté attention à la qualité des arrangements. Les breaks varient l’impact et surtout la physionomie de chaque titre, tantôt plus rentre dedans, tantôt plus ambiancé. Masthar ne fait pas que dépoter du riff à tour de grattes, les nantais ont mis un point d’orgue à proposer des titres à l’énergie live mais soigneusement écrits. Mention spéciale au bel organe vocal qui, bien arraché comme il se doit (qui a dit Anselmo ?), déclame chorus et refrains avec force et maîtrise. De toutes évidences une des pièces distinctives de la machine à tubes Masthar.

Quand le tempo se fait plus lent comme sur « Mammoth Tang », le groupe révèle un nouveau visage, plus en retenu, plus sombre. C’est là que l’album devient le plus intéressant, car au milieu de certaines compos « trop » metal-qui-groove, ces titres plus posés font vraiment office de sillon à creuser pour la suite. A noter que la production surpuissante de l’album tend vraiment à accentuer le côté gros-metal made in USA. Dommage à mon avis que ça ne sonne pas plus organique. Pourtant enregistrer en « one shot » en condition live, l’énergie passe mais le traitement du son dessert parfois la profondeur de certains morceaux. A voir où ces messieurs décideront de nous emmener au prochain album en cours d’enregistrement, car se prendre des grands coups de titres dans la tronche comme ça à l’occasion c’est bien bon.

Broken Down – First Spit

broken_downNouvelle sortie pour Altsphere  (et PlasticHead au Royaume-Unis) afin de commencer l’année en lourdeur toute martiale (un peu comme l’ambiance du moment) : les Français de Broken Down. Sur le papier, cette production donne moyennement envie, mais elle excite ma curiosité et le bon goût de la structure proposant cette plaque a enfoncé le clou pour que je me plonge rapidement dans l’enfer conçu par cette bande du Sud-Ouest.

Formé à la belle saison en 2014, cette formation décrite sur la bio comme étant active dans le registre de l’industrial doom metal. Registre qui, vous en conviendrez, n’est pas tellement en adéquation avec nos pages digitales, sauf en ce qui concerne le doom dont nous nous sentons assez proche. Se targuant de décomposer les signaux sonores en composants primaires (j’invente pas, je l’ai lu !) comme base pour élaborer ses compositions, Broken Down attise mon intérêt avant même d’investir mon lecteur cd avec ce premier crachat sonore. Le patchwork décrit dans la présentation ratissant extrêmement large (musique industrielle, doom, down-tempo, sludge, hardcore US, southern metal, black ou stoner), l’univers musical dans lequel se déploie l’art de ce groupe se devait d’être au minimum hyperbarré et, après quelques écoutes attentives, je peux affirmer sans voir mes joues rosir que c’est effectivement le cas.

Cette première déclaration belliqueuse envoie sept missiles ravager l’intérieur de ma boîte crânienne à grands renforts de riffs distordus aux tempi ralentis qui d’entrée de jeu provoquent des vas-et-viens au niveau de ma nuque. L’univers musical ici exploré transpire la crasse. Les titres se succèdent de manière fort cohérente en amenant tous leur lot de lourdeur féroce rendue glaciale par l’adjonction de gimmicks industriels qui jamais ne prennent le pas sur le doom jouissif pratiqué par les Hexagonaux.

Hyperstructurées, les compos balancent du gras et la mise en arrière des murs de grattes laisse pas mal de champs à une voix plutôt claire qui donne un rendu remarquable à ce premier effort. Côté titres, en débutant par la fin, nous avons droit à un instrumental de deux minutes pour clore cette production : « Southern Wave Of Goodbye » qui poutre en diable avec un riff à quelques encablures de celui de l’ « Empereur Tomato Ketchup » (si ça c’est pas de la référence stoner…), à deux relectures plombées : « Like A Witch (Daddy Doom) », un cover burné du standard « Daddy Cool » qui avance à un rythme bradycardiaque en dévastant tout sur son passage, et « Doom », le tubard discoteux d’Eiffel65 sur un beat ralenti de moitié et avec un gros son distordu comme trame de fonds ; c’est plutôt drôle à la première écoute…

« On The Way To Be Yourself » qui mêle sonorités acoustiques, rythmiques organiques, distorsions légères et chants hallucinés propose presque 5 minutes de doom sombre très classique et forcément imparable ; exit l’anecdotique et bienvenue en terres traditionnelles ! La troisième plage de cette galette : «  How Could It Be » est l’ovni de cet ovni ; un titre bref, empreint de sauvagerie et presque trop rapide par rapport au reste de l’album. Les deux premiers titres sont ceux à qui vont ma préférence : « A Pill Hard To Swallow », un brulot vitaminé très dark ,qui se déploie crescendo et dont les riffs ainsi que les parties vocales éclipsent le volet industriel, et « You Covetous, I’M On A Roll » : l’incarnation du pachyderme dans la boutique de verroterie vénitienne.

Une sortie improbable, qui écrase sa chatte comme on dit par chez nous, se rapprochant de Ramesses pour la sauvagerie, de Ufomammut pour le rendu bidouillé, de Doomraiser pour le volet lancinant et les vocaux ainsi que de quelques anciens Neurosis pour ce qui est de la texture industrielle. Une production qui s’adresse donc à un public averti, amateur de sensations aussi délicates que le décrassage du canal auditif à la perceuse-frappeuse.

Sungrazer – Sungrazer

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De 2009 à 2013, Sungrazer, trio Hollandais a, comme tout combo de l’équipe Elektrohasch Records, envoyé un stoner psychédélique à souhait et multi-référencé. Deux albums studios, « Sungrazer » et « Mirador » à leur actif, un split album avec The Machine, des festivals de prestige (Roadburn et Dunajam en tête) et puis, tchao pantin, clap de fin, le groupe met un terme à ses circonvolutions acides. Malheur donc, car l’album éponyme ici présent est un extraordinaire pont entre Colour Haze et Kyuss.

En effet, dès « If », premier titre de l’album, on assiste à 7min d’assises stoner pures et dures, héritières directes du fameux combo de Palm Desert. Le son des guitares, les lignes de basse, ce fameux groove ardent, brûlé et sablonneux, tout nous renvoie en Californie dans ce titre. Pourtant, l’on ne peut accuser de plagiat Sungrazer tant il surprend dans ce premier album. « Intermezzo » et « Somo », les deux titres suivants forment un riche et surprenant diptyque où le jour jazzy et psyché du trio se révèle. Par l’entremise d’un saxophone et le jeu « aux frontières du réel » du batteur Hans Mulders (désolé pour la blague), les notes grasses laissent place à une montée progressive que ne renierait pas Causa Sui pour finir, à nouveau, dans un déluge de fuzz. Les morceaux du groupe, bien que jeune, trouvent un équilibre intéressant entre travail de structuration, détails pop et plages improvisées. « Sungrazer », l’album, sonne très mature. 6 titres pour 40 minutes, la galette est justement calibrée et ne souffre d’aucun temps mort ou d’idée pompeuse. L ‘écoute de « Zero Zero » saura vous en convaincre. Ajoutez à cela une bonne dose de savoir-faire mélodique, toutes les parties chant étant extrêmement justes (doublé d’un je-ne-sais-quoi Foo-Fighterien) vous obtenez l’un des meilleurs albums paru en 2010.

Puisque qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir de bons groupes, je vous conseille vivement «Sungrazer» de Sungrazer. Trop tôt disparu des radars, bien malheureusement, le trio savait composer de réelles pépites comme on les aime, fuzzées mais aériennes, pleines de gras mais qui élèvent l’âme.

Earth – Primitive and Deadly

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L’éloge de la lenteur.

Ou le credo porté par Earth depuis tellement moult déjà. Est-il besoin de revenir sur l’histoire du groupe, sur son parcours opiacé, croisé de Cobain, père spirituel de Sunn O))), élève appliqué de l’accord épuré et de la recherche du temps sur-présent ? Les bios sont déjà écrites et leur parcours à portée d’oreille.

Aujourd’hui, on prend ce temps disséqué pour écouter « Primitive and Deadly », sorti en 2014, et annonçant le retour de Earth dans ses marécages lancinants de poisse tellurique. Dylan Carlson donne du gain à moudre dans ce nouvel opus et dès le morceau d’ouverture « Torn by the Fox of the Crescent Moon » (tous les titres ont de quoi faire pâlir d’envie tout post-rockeur à la recherche de formules littéraires complexes), on sent son envie d’érailler, de salir son drone-kingchair. L’ouverture de l’album fait dans le post-apocalyptique, dans le Morricone steam-punk. Le soleil tape fort sur les accords égrenés à la vitesse d’une tortue neurasthénique. On balance instinctivement la tête, les yeux fermés à l’écoute des nappes tissées par le trio. On y retrouve la science de Earth, à savoir cette faculté à dresser des mantras instrumentaux vous incitant à la réflexion. Le temps rythmique du groupe, ces tempos lents doublés à l’apparente simplicité des morceaux, ouvre et élargit le champs de réflexion. Puisque la respiration se cale à la vitesse du trio, le diaphragme observe cette petite danse chamanique et emporte le corps avec lui. Principe de la transe, on perçoit d’ailleurs la batterie d’Adrienne Davies plus comme un vecteur, un marqueur rythmique, qu’une section ludique et marteleuse. « Primitive and Deadly » est traversé le long de ses 47 minutes par ces murs de cordes saturées, guitare et basse formant à l’unisson ces lignes de fractures.

La nouveauté (si tant est qu’elle soit nouvelle, Kurt Cobain ayant déjà chanté pour Earth sur le morceau « Divine and Bright») est la présence de Mark Lanegan et Rabia Shaheen Qazi sur trois des cinq morceaux de l’album. Considérant ces chants comme des prières, sourates aériennes soutenues par l’édifice religieux construit par les musiciens, les titres s’avèrent alors réussis. Mais dès lors que vous cherchez à intégrer les deux chanteurs dans le tout musical, il se dégage un décalage entre les deux parties, une césure difficilement explicable, comme si le micro chant se trouvait à l’autre bout du marécage, loin très loin du sillet des guitares. Finalement, le meilleur des chants sur cet opus s’avère être les multiples soli-solos blues-bouseux sur « Even Hell has its Heroes ». Une guitare expressive et plaintive qui s’épanche sur quasiment 10 minutes. Une ode à la dépression de fin de journée, quand le soleil se couche et réveille la solitude de la nuit.

« Primitive and Deadly » se perçoit comme un compagnon de route silencieux. Il est la présence réconfortante de cet ami mystérieux, puissant mais taiseux qui rassure dans les périodes de doutes. Un album d’esprit qui transcende et calme. Le stoner est animal et viscéral. Earth lui colle une conscience depuis plus de 20 ans.

Kalamata – You

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Kalamata, port grec, lieu d’échange et de partage, évoque les splendeurs des cités mythiques de l’Iliade. Ses oliveraies à perte de vue nous bouleversent et son nom résonne comme une invitation au voyage. De voyage il en est question avec ce trio allemand qui derrière ce nom, pratique un stoner instrumental de première facture.

Périlleux exercice que la musique instrumentale, savoir évoquer sans lasser. Les allemands ont opté pour une formule empreinte de psychédélisme, invoquant les naïades des groupes pionniers des 70’s. Mais le trio ne se contente pas de suivre un courant et mène leur navire au travers d’eaux plus saturés. Voguant parmi les flots stoner pour une bonne raison : des riffs velus parcourent l’ensemble de l’album au gré des vents provoqués par la ronde basse et des marées de mélodies psycho-tropiques.

Si, sur les 7 titres que présente ce « You », les idées ne fleurent pas l’originalité et ne renouvellent aucunement la navigation moderne, l’odyssée n’en ai pas moins agréable et un charme certain se dégage de l’ensemble. D’abord par le mixage très en avant de la basse qui, à la barre, pilote l’embarcation poussée par les guitares qui se jouent d’arpèges incantatoires tout en sachant tempêter de gras riffs, grattant aux écoutilles du doom. Ensuite par les émotions que provoquent le groupe, également par les titres de leurs morceaux formant bout à bout une phrase empreinte de bienveillance : « You » « Have » « To » « Die » « Soon » « Mother » « Fucker ».

Ce premier album sorti en 2014 suite à une tournée dévoile tous les atouts de cohérence et de maîtrise du groupe. Les morceaux les plus longs offrent un vrai développement même si on souhaiterait souvent avoir le souffle coupé par plus de folie ou d’initiative. Deux titres plus courts en fin de galette dévoilent un autre aspect du trio, plus direct, plus franc. Toujours sous les embruns des pontes du genre, l’efficacité de ces titres nous laisse entrevoir l’arsenal à disposition de Kalamata ; et espérer qu’en intégrant cette énergie plus opportunément, l’identité du groupe n’en serait que plus affirmée. Du potentiel à revendre, à suivre de près.

Slow Season – Mountains

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Hey Babe, saute dans le van VW on part en randonnée. Les montagnes nous appellent. Forces de la nature, aussi belles qu’imprévisibles. Allons nous connecter à elle et retrouver notre nous profond. La route qui nous y mène est rockailleuse. La « Sixty Eight » est directe, ombragée par le(d) zeppelin qui y offre refuge sous son groove soyeux à la Bonham. Tu vois là bas, la communauté « Synanon » ? Des gens bienveillants, sous influence plus sabbathienne, avec toujours ce sens du groove un côté plus heavy en sus. Et comme depuis le début de notre périple, toujours ce sens de la mélodie et du riff propre aux origines  de notre hard-rockeuse de mère nature.

Nous voilà arrivé. Commençons l’ascension avec en contrebas « King City », décidément les points de vus sont plus variés que ce que l’on pensait et les refrains toujours accrocheurs. Cette virée est tout en fluidité. La nature du son est pure, sans fioritures. Respire cette ronde basse qui nous tend les bras depuis  le début. Ca « Shake » vraiment pas mal par ici. Ils ont été bien inspiré de jalonner tout le chemin de ces riffs de classic-rock. On ne risque pas de se perdre, le terrain semble connu depuis les 60’s. Pourtant on ne s’ennuie pas à le pratiquer régulièrement, faut dire qu’avec ses incursions bluesy, ces dénivelés folks, le chemin paraît maintes fois rabattus mais est ici d’une fraîcheur vivifiante. Il est bon de revenir aux sources, de leur rendre hommage tout en sachant les réinterpréter. Attardons nous sur ce «Ain’t Gonna Listen ». Tu vois depuis que les pierres qui roulent ont formé ce « Sympathy for the Devil », on n’en avait pas vu des comme ça. Un piano, des clappements de mains, des « ouh ouh », et surtout une saine énergie.

Déjà quelques 6 titres que nous nous sommes échappés de toute contemporanéité, c’est flagrant une randonnée avec les équipements d’époque ça apporte une chaleur, une spontanéité et un charme que l’on ne croise que trop rarement de nos jours. Ici l’« Endless Moutain » nous tend les bras, abandonnons nous dans sa sincérité, son efficacité. Toi aussi tu te surprends à fredonner ses refrains depuis que tu t’es laissée une première fois à arpenter les monts et merveilles de cet album. Ils t’accompagnent comme autant de classiques, mais d’aujourd’hui. Les derniers titres jusqu’au pic ne sauront démentir la vitalité de notre échappée, à quelle point elle est riche, rythmée, référencée mais toujours inspirée.

Slow Season a tracé un chemin où il fait bon se délecter des éléments essentiels : du riff, du groove, des arrangements, une voix. Symbole d’une renaissance de la nature même d’une excellente sortie.  Je vais me reprendre une bouffée d’air, profites en babe, des excursions aussi classieusement menées, ça fait du bien.

Gonga – Concrescence

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Il faut bien chercher ces derniers temps pour trouver un trio instrumental un peu excitant… Karma To Burn est devenu une petite usine à bûchettes, producteur de riffs efficaces exempts de groove (on ne se sépare pas de la paire rythmique Oswald / Mullins sans sacrifice), et leur production vinylique ne tient plus la distance. Yawning Man fait le même album depuis dix ans sans que personne ne constate la supercherie. Tia Carrera tient encore le flambeau, mais ne pose jamais ses amplis au-delà d’un rayon de vingt kilomètres autour de leur piaule. Certes, on a aussi Domadora (en presque instru) qui pointe derrière. Quoi qu’il en soit, il y a désormais une place à prendre sur ce segment musical un peu sinistré et pourtant plein de potentiel. Ni une ni deux, les anglais de Gonga déboulent sans fausse modestie, avec l’arrogance de jeunes cons frondeurs, et proposent ce Concrescence qui fait du bien par où il passe.

Six titres seulement, entre six et dix minutes par tête de pipe, en gros, ça donne une idée du bébé : trois gros quarts d’heures de riffs, de grosse rythmique, de soli, etc… En fait, très vite, on constate que Gonga propose quelque chose de pas fondamentalement original (avouons-le, le genre ne s’y prête pas… et n’en a pas besoin non plus !), dans le sens où il propose une synthèse de plein de choses foncièrement excitantes… “Miasma” déroule ses dix minutes au gré d’un riff presque doomeux, en direct héritage des grandes heures du Sabbath Noir, pour se transformer sur sa seconde moitié en une emballée digne de Karma To Burn. Et là où la synthèse confine au brillant, c’est quand, sur ce socle riffique roboratif, le groupe s’aventure dans des jams impeccables, entre la pure improvisation d’un Tia Carrera et les passages bien charpentés d’un My Sleeping Karma. Jouissive outro. “Calumet Altar” traîne dans le sillage de son fuzz dégoulinant des sonorités désertiques et un groove que ne renieraient pas Brant Bjork ou Yawning Man. Comme tous les titres de la galette, ce morceau “poupée russe” nous emmène sur plusieurs séquences dans des ambiances différentes, sans jamais que ne pointe une once d’ennui. Même chose pour “Another Day Gone”, doté de quelques passages en arpège plutôt bien foutus, donnant une subtile connotation prog rock à ce titre, avant de retomber dans un traquenard fuzzé comme on les aime. “Mount Gonga” engage les hostilités sur une séquence qu’aurait pu revendiquer Karma To Burn (ligne de basse bien groovy à l’appui), même si le titre tire un peu en longueur à la fin. Pour finir, “Tungsten Gold” balade ses six minutes de plans groovy fuzzés complètement jouissifs, avant de passer le relais à “Solar Maximum”, un mid-tempo qui commence par des plans très Kyuss-iens, avant d’engager une séquence plus aérienne, chargée en soli encore une fois redoutables d’efficacité.

C’est vraiment quand on s’y attend le moins que les claques discographiques sont les plus percutantes, ce qui est le cas ici. Sur son dernier album, Gonga étale sa parfaite maîtrise de l’exercice bien précis lié à sa configuration à trois têtes. Le groupe est encore jeune, et certains plans peuvent sonner un peu bâclés ici ou là, mais on est quand même dans le haut du panier. Du très bel ouvrage, et surtout un très gros potentiel, à suivre de très près.

Mass Driver – Mass Driver

Mass Driver - MASS DRIVER - cover

Gros riffs + grosses fuzz + gros groove + grosse basse + grosse cloche +gros matraquage de fûts, le tout catapulté électromagnétiquement = Mass Driver par Mass Driver !

Sans détour, à l’énergie, des titres qui fleurent bon le jam velu, voilà ce que nous proposent les Mass Driver. Trio sans prise de tête, en directe provenance de Knoxville Tenessee, les gaillards balancent du stoner survitaminé au cours de ces 8 titres. Sans prétention mais avec efficacité, ça s’enchaine méchamment en 30 minutes. Du Fu Manchu, du Clutch, du Sabbath, la petite influence punk-hardcore qui va bien dans les vocaux et vous tenez votre apport en fuzz pour la journée. En plein hiver ça s’écoute toutes fenêtres ouvertes à en faire vibrer les murs. En voiture c’est pied au plancher sur une route déserte. Dans la salle de bain, c’est la pomme de douche à la main pour scander les refrains assassins. Dans la cuisine, c’est la poêle bien calée pour air-guitar sur riff qui dépote. Dans la rue, c’est en courant et en martelant chaque poubelle en chemin.

Bref une musique qui fait transpirer et se réhydrater à grandes lampées de bière du soir au matin. Des bons breaks, des bons solos, ce qu’il faut pour ne pas sombrer dans la répétition. Ne réduisez pas le groupe à une usine à riff qui tourne en rond, non il y a de la variété et de la compo ciselée derrière cette sueur !  C’est taillé pour le live et ils l’ont bien compris parce qu’après un premier EP sorti en janvier l’année dernière, cet album sorti en mai, ils ont même pondu un live en juillet. Ca paraît prétentieux ? Non c’est lucide et approprié. Evidemment sur album ça sonne bien plus massif et clair grâce à une prod soignée et puissante, le live étant un bootleg  concentré brut de la substantifique moelle de leur seule prétention : qu’on prenne notre pied avec eux à chaque instant !

La révolution n’est pas en marche mais que ça fait du bien de se laisser décrasser les tympans par un trio qui suinte l’amour du rock fuzzé.

Shit The Cow – Rissna

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Il ne faut pas tortiller des fesses pour ch#&* droit dit-on, démonstration en est faite par Shit The Cow et leur 3ème EP. Le nom du groupe déjà : attitude punk ? 15ème degré sur l’échelle de l’humour je-m’en-foutiste ? Qu’importe finalement, qu’on adhère ou pas le ton est donné ! Le quartet suédois a pris pour habitude depuis 2012 d’envoyer une salve de titres énergiques tous les ans via un EP et 2014 ne dérogea pas à la règle avec Rissna du nom du petit village paumé où l’effort a été enregistré.

« This is the shit » lance les hostilités et ne vous laissez pas endormir par la première électro résonnance. Quand la grosse artillerie balance le riff stoner-garage, il y a pas à titiller ça fait effet. L’envie de sauter frénétiquement et de faire parler votre corps sera trop forte! Au milieu de tout ça une atmosphère cold wave se dégage grâce aux effets justement dosés. Oui du stoner-garage-cold wave, difficile à imaginer je vous l’accorde. Un break bien senti redonne du souffle avant épuisement de toute force vitale, gang vocals pour appuyer les refrains. C’est efficace tout ça.

Au fil des 5 titres, Shit The Cow laisse plus ou moins échapper ces relents de pop-rock, plus particulièrement sur « Common Enemy ». « Legions of death » embraye ensuite et le groupe tente la synthèse parfaite de son aspiration garage aux ambiances surannées des 80’s. Imaginez la rencontre de DEVO, de MC5 et de Fatso Jetson. Vous y êtes ? Titres courts, équilibrés entre débauche de niaque, efficacité des refrains, souci du détail dans les breaks qui enrichissent et font mouche à coup sûr. Chaque titre a son approche tout en restant fidèle à un groupe qui n’a pas les pieds dans le même sabot.

Les suédois ont une vraie identité qu’ils défendent à merveille. La production soigne chaque instru et la qualité des compos ne faiblit pas le long de l’EP. Un disque qui s’écoute en boucle, d’abord accroché par les aspects plus incisifs de certaines compos, puis charmé par les atours plus nuancés des arrangements propres à leur son. Il ne leur reste qu’à le développer sur tout un album. Parce que 15minutes ça ressemble plus à un teaser face à de telles qualités.

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