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(2007)
Second effort pour le one man band de la région lyonnaise. Pierre – qui officie aussi dans un power trio depuis quelque temps afin de communiquer en groupe sa passion musicale – nous refait le coup de la plaque intégralement composée, interprétée et produite par ses soins. J’en vois qui sourient dans l’assistance (j’ai les noms) en imaginant un cd-r miteux enregistré dans un sous-sol pourri à côté de la cage d’ascenseur qui pue la pisse avec un post-it dessus annonçant le style musical ; ces mal-pensants se foutent le doigt dans l’œil car si j’avais déjà bien percuté à l’écoute de la première galette d’A Tijuana Trip, je suis carrément subjugué par cette nouvelle pièce. Enfin subjugué est certainement un poil exagéré car si je suis conquis par le style et la qualité des compositions, je suis vachement frustré de ne trouver que trois compositions sur cette demo.
Ce quart-d’heure musical et intégralement instrumental à un sample près, débute avec ‘Good Alcohol Trip’ qui évolue, comme le précédent ep, dans un registre pas très éloigné de Yawning Man avec une bonne grosse touche surfisante bien agréable. Aérienne au début, cette pépite explose à mi-morceau lorsque Pierre fait parler la poudre et nous botte le cul à grands renforts de rythmiques infernales qui servent de fond sonore à des soli bien débridés. On passe ensuite à ‘E-Roïn D-Press’ et son entrée en matière exécutée toutes en retenue ; les cordes de la gratte sont à peine effleurée quelques instants avant que la disto ne prenne le relais tout au long d’une plage où dialoguent guitare sèche et six-cordes saturée durant près de six-minutes. Si ce morceau tourne agréablement, il n’arrive pas à la cheville de l’ultime compo ‘Love Bud’. Avant de nous laisser sur notre faim, A Tijuana Trip se fend d’une perle surfisante envoyée sur fond de clapotis de vagues avec de bonnes vibes bien slide. Touchantes et aériennes, ces quatre minutes de guitare à peine soutenues par quelques percussions mettent un terme à une très belle autoproduction.
Vivement la suite !
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chris
(2006)
Les malfaisants de Partners In Crime ont décidé dès 2002 d’envahir la planète à grands coups de riffs glauques et torturés. Pour ce faire, ils se sont affublé des noms de guerre suivant : Johnny Deported, KKK ainsi que Mr. Void. Ne rechignant pas devant la lourde tâche qu’ils se sont assignés, ils ont déjà semé leur musique aux quatre vents sur les quatre productions qui ont précédé celle que je tiens entre mes doigts boudinés. Ces méfaits s’intitulent ‘First Demo’, ‘Kill For Peace War Forever’ (sortie chez Psychedoomelic Records) et ‘Demo Live’.
Le combo évolue dans un registre très doom lancinant sur lequels vient se greffer quelques riffs tapageurs assénés avec hargne accompagnés de hurlements bestiaux qui lorgnent plus vers le metal radical que vers le stoner rock. Fiers défenseurs du Do It Yourself, la pochette en est un digne représentant, mais le son est nettement meilleur que ce à quoi je m’attendais en déballant la chose.
Cet objet débute par le cri primal qui ouvre ‘Die Sublimo’ ; ce morceau aux rythmiques carrées est très très très doom et me rappelle un peu High On Fire dans la manière dont le groupe s’adresse aux mélomanes qui prêtent une oreille attentive à leur son. Avec ‘On Progress’ on ralenti encore les tempi à l’image de Pellican et quelques larsens viennent briser un peu le cours rampant de cette compo. ‘Q.i’ est du même tonneau que son prédécesseur avec un solo de gratte en plus et un style presque plus heavy. ‘Sabin’ est distillé avec plus de conviction sur un tempi rapide qui lui donne un air presque thrash, mais toujours dans ce registre lourd de chez lourd dans lequel le désormais quatuor a décidé d’évoluer. ‘Solid Sheet Of Luminescent Fire’ est de loin le morceau le plus pachydermie de cet effort : tout est glauque, lourd et malsain ; il devrait par conséquent séduire les amateurs de doom bien barré. La touche finale est apportée par ‘Carnation’, titre au cours duquel le groupe s’éloigne de ses plans habituels pour y inclure une touche d’expérimental sans toutefois oublier le doom.
Comme vous l’aurez compris, cet ovni bénéficiant d’un son plus que correct s’adresse à un public averti.
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Chris
(2005)
Quelle surprise, alors que Caldera annonçait à demi-mots quelques mois de congés sabbathique, de retrouver le groupe nancéen en grande forme avec une nouvelle démo !
Première oreille jetée à l’objet : mmmh, ça fait du bien de retrouver Caldera là où on les avait “laissés” : la basse est ronde et ronflante comme on aime, la batterie la seconde de manière parfaitement complémentaire (beau duo que celui-là, où la batterie initie des breaks merveilleusement emmenés par une basse en symbiose totale). Les riffs sont bons, très bons, lourds et accrocheurs comme nous y a habitué Caldera. Le chant est bon, très bon, et se révèle un invité fort bienvenu dans le mixage final (ça y est, le cap est passé, on n’imagine plus Caldera sans chanteur désormais !).
On regrettera quand même la qualité du son… Oui, on joue les enfants gâtés, je sais que ce n’est qu’une démo, mais… On a assez attendus ! A quand des compos de ce calibre servies par un son qui sache faire honneur aux 4 composantes indissociables et complémentaires de ce groupe remarquable ? ici le son est un peu trop diffus, la basse couvre trop largement une gratte au son trop fluet, et le chant, hanté et lancinant, n’est pas mis en valeur comme il le mérite (en même temps, on vient d’apprendre le départ de Matt du poste de chanteur, alors…).
Et ces 4 chansons, alors, elles valent quoi ? Ma préférée est sans doute la première, “Blood Sweat and Tears”, épique et lancinante, dont la fin sonne étrangement comme la fin de l’excellent “The Outlaw Torn” de… Metallica ! (fans de stoner, écoutez ce morceau avant de mourir bêtes !) Surprenant ! “The Rope” est plus rythmée (dans tous les sens du terme : un peu plus rapide, mais aussi au rythme plus “original” et travaillé). Toutefois, on dirait parfois (intro notamment) que la cadence est presque trop “maîtrisée” On a envie de rappeler au groupe en l’entendant qu’il n’y a pas de honte à accélérer un peu le tempo de temps en temps ! Mais ceci est réparé dès le milieu du titre où une chevauchée guitaristique nous rappelle le potentiel de ces musiciens… juste avant de retomber dans une cadence poussive et des tonalités abyssales… Toutes les facettes du groupe ! “Going To The Grave” enfin finit le CD sur une touche un peu triste : déja fini ? Ben oui, et ce titre nous rappelle tout ce qu’on aime chez Caldera : une chanson épique, une montée en puissance oppressante et finalement un soulagement presque libérateur en conclusion de la chanson. Pfiou !
Une qualité de composition que l’on retrouve rarement chez la “concurrence”, que l’on aimerait (je répète !) voir servie par un son à la hauteur de la prestation musicale ! Alors, à quand… ?
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Laurent
(2009)
Fruit de la collaboration de six amis du Paca, le culte de la pipe-à-eau sort sa première plaque sous forme d’une autoprod réalisée avec soin. Comme mentionné dans le titre de cette plaque, nous retrouvons cinq compositions sur ce cd enregistré durant l’été deux-mille-huit au Def Lab Studio et mixé l’hiver suivant.
La première chose qui frappe c’est les vocaux féminins que K ro suçurent ou hurlent selon les ambiances dans lesquelles la formation s’aventure. La seconde grosse surprise réside dans l’omniprésence de synthé aux agréables relents seventies que Will insère dans des compositions bien carrées dont les influences sont un savant croisement de rock psychédélique, de stoner et de grunge. Le reste du groupe – soit Daweed et Ik Boy aux guitares, Mo à la basse et Kiki à la batterie – balance fougueusement des sonorités plus traditionnelles sur lesquelles l’ombre de QOTSA et de son fameux ‘Songs For The Deaf’ plane.
Dans un style où la testostérone règne presque en maître, la sensualité des parties vocales sur la plage rafraîchissante ‘Acid Punch’ fait l’effet d’une bouffée d’air bien rafraîchissant. Ce titre acoustique et intimiste où les guitares s’approchent des récentes productions de Nick Oliveri en solo est une réussite. Hormis le bourrin ‘Peepshow’ qui est un croisement de Hole et de Hellacopters, les titres proposés par ce sextuor sont dans la plus pure tradition de tous les héritiers de la bande à Josh et Nick. Ce n’est pas franchement original au niveau de la conception, mais ça assure bien.
Une petite pépite arrive en fin d’album : ‘Running With Scissors’ ! Ce titre sur lequel la chanteuse s’égosille à côté de gros murs de grattes et de rythmiques métronomiques possède un groove imparable et il provoque chez l’auditeur que je suis un skip arrière au bout de ses même pas trois minutes de gros sons qui cartonne afin de s’en remettre une tournée ! Excellent comestible comme dirait l’autre.
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chris
(2008)
Première plaque produite avec les moyens du bord pour cette formation parisienne qui balance un bon vieux stoner originel entre les quatre murs de son local de répète depuis déjà trois ans. Le trio composé de Romain à la six-cordes et aux chants, d’Antoine à la basse ainsi que de Pierre à la batterie a opté pour un enregistrement à l’artisanale des douze compos de ce premier effort qui furent capturées entre une grange de Baule et un appartement parisien. Mixés dans la capitale par Romain, les titres ne bénéficient pas d’une production peaufinée à l’extrême, mais ils brillent par la spontanéité et l’énergie que le groupe déploie pour balancer le bois.
Ne ménageant pas ses efforts, les trois hexagonaux proposent une heure de fuzz sévèrement burné avec une basse vrombissante et une batterie plombée qui sont toutes deux bien en avant tout au long de ce cd. Ce choix de mix donne a cette galette un faux air de doom voir de sludge alors que les influences citées par le trio sont les grosses pointures stoner californiennes qui nous ont tous guidés vers ce style musical. Les vocaux compressés alliés aux murs de guitares saturés donnent à ce premier jet un agréable rendu proche de Corrosion Of Conformity ou de Crowbar.
Evoluant dans un registre stoner plutôt bourrin aux forts relents metal sur des titres comme ‘Under Your House’ ou ‘We Don’t Care’ qui raviront les aficionados de Down, le groupe sait aussi lever le pied pour explorer des horizons très proches de Kyuss sur des plages comme ‘Get Away’ ou ‘Until There Is No Landmine’. Les influences des Queens Of The Stone Age du début ne sont d’ailleurs pas très loin de ‘All In Your Head’.
Au final, cette première trace qui dépote est une agréable surprise même si les puristes reprocheront à cette démo son côté bricolage qui a aussi son charme. Pour ma part, je fais confiance à cette formation au fort potentiel qui va nous trouer le cul lorsqu’elle rejoindra un vrai studio pour sortir la suite de ses aventures discographiques.
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chris
(2008)
Three Hours to Coma, c’est le titre d’ouverture et de ce deuxième album autoproduit des nordiques de Devillac. Et quel album ! On en vient presque à regretter que leur premier essai, enregistré après la sortie d’un split prometteur chez Daredevil records en 2001, ne soit jamais sorti.
Mu par une complicité musicale déjà vieille de 10 ans (à l’époque dans des groupes comme Supercruiser ou Fuzzbender), Devillac maitrise déjà bien le genre. De prime abord, les teintures musicales et vocales des titres de cette galette les placent dans la droite lignée d’un Dozer (Winchester, Man without a Spine). Mais en y tendant une oreille plus attentive, certains morceaux comme Mental, au x riffs répétitifs, font parfois penser à du Pelican ce qui est plutôt flatteur et de bon augure pour le combo Finlandais.
Essai transformé donc pour le quintet de Turku, qui, espérons le, décrochera bientôt la timbale et pourquoi pas une distribution plus large.
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Stonerpope
(2005)
Formé de Vince à la guitare, Michael à la batterie ainsi que de Seb à la basse et aux chants, ce trio originaire de Paris sort sa première demo enregistrée live fin 2004. Actifs depuis 3 ans, ces franciliens se réclament de l’indie-rock et revendiquent des influences allant de Kyuss à Monster Magnet en passant par Tool et Ministry. Rock’n’roll dans l’esprit, la formation a décidé de créer son propre label dans la plus pure tradition du diy si chère aux punks. Cette structure nommée ‘Swarm Records’ sera appelée à déborder très largement du contexte musical puisqu’elle devra intégrer à terme des graphistes et vidéastes en plus de musiciens.
En ce qui concerne la demo, celle-ci commence par une intro mi-dub mi-bruitiste de courte durée, avant d’entrer dans le vif directement avec l’implacable ‘Slowdown’ et ses murs de guitares saturées. Très carrée, cette composition toute en lourdeur fait la part belle à des envolées quasi-lyriques qui se marient à merveille avec le déluge sonore environnant. ‘Superseeds’ et ‘Nothing’ sont d’un tonneau presque similaire si ce n’est que ces morceaux sont émaillés de gimmicks rappelant le rock progressif des années septante ainsi que d’intonations déclamée à la manière de Robert Smith du temps de la fameuse trilogie accouchée par les Cure avant qu’ils ne deviennent un des groupes adulé par la ménagère de moins de cinquante ans.Mais nous ne sommes pas là pour digresser sur les icônes kitsch punk des années quatre-vingt quand ‘Swarm’ débute à grand renfort de roulements de tambour. Tortueuse à souhait au début, cette complainte lancinante embraye ensuite sur un rock distordu un peu à la manière de ce que pratiquaient live les Doors. Ultime compo de ce petit format, ‘Night Falls’ flirte avec l’emo et la psyché tout au long de ces six minutes et met un point final à cette première œuvre empreinte des influences de MC5, de Black Sabbath et des Who.
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Chris
(2006)
Sans grand rapport avec la série Joey, la créature issue du cerveau halluciné de Pierre Guilbert a pris vie en novembre deux-mille cinq. Entièrement instrumentale, son expérience le mène dans un univers défoncé se proclamant en dehors des modes et des tendances. A ce jour, huit titres ont déjà été enregistrés et cinq d’entre eux sont au menu de cette première démo dont la suite est déjà annoncée pour deux-mille-sept.
Mixées et masterisées par leur compositeur et interprète en personne, les plages de ce premier jet laissent présager le meilleur pour le futur de ce one man band. Tout débute en douceur avec “Opium” et son accord de base qui résonne dans la plus grande tradition du desert rock dans une ambiance plus ensoleillée qu’opiacée. Très rapidement un riff lourd et puissant prend la relève pour tourbillonner jusqu’au terme de cette plage qui me rappelle Monkey 3. Suite du programme avec “Bad Alcohol” qui est sans conteste le titre le plus efficace de cette galette. L’ambiance déjantée de ce morceau qui se termine un peu à la manière de certaines compos d’Isis est des plus réussie avec des rythmiques qui ne demandent qu’à être plus percutantes, car trop électroniques, pour que ce titre développe réellement tout son potentiel. Du tout bon et ça fait du bien par où ça passe. Troisième essais : “Red Forest” qui est un long voyage oscillant entre ambiances acoustiques planantes et riffs imparables assènés avec force. Ensuite, c’est au tour de l’ovni “Cocaïno-Party” de prendre la relève. Résolument plus conceptuel que les autres titres de cet album, se rapprochant des délires de Nick Oliveri, avec ses cris et son intro à la machine-à-écrire mécanique, cette chose brève tient plus de la bizarrerie que du morceau abouti. Pour conclure, “Desert Ether” et son intro humide nous emmène à nouveau dans le désert américain (au sens réel du terme) pour un long trip fleurant bon le sable et le cagnard tout en finesse avec ses tempi acoustiques bien speedés et ses riffs synthétiques qui sont à mettre dans un registre non loin de Yawning Man.
Trop cool !
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chris
(2007)
Ce quatuor-là est né de la volonté de ses membres de mélanger les ambiances lourdes et planantes du stoner à l’énergie du rock metal dixit leur bio. Fondé en avril deux-mille-six, c’est très rapidement qu’ils ont accouché d’une première démo composée de quatre titres. L’accueil que reçut ce premier jet fut très positif à part sur nos pages pour d’obscurs problèmes postaux qui firent que jamais cette première autoproduction n’atteignit ma boîte aux lettres pour le plus grand désarroi de son expéditeur et de moi-même.
Comme il faut composer avec les échecs et que nous sommes des types plutôt têtus, nous avons retenté l’expérience avec la-dite démo augmentée de deux nouveaux titres. Non seulement l’objet fini par atterrir plutôt rapidement chez moi, mais surtout les deux compléments sont du meilleur tonneau d’où le sourire béat que j’arbore présentement en me délectant de cette plaque.
Je vais cesser ici ces considérations postales et me concentrer un peu sur cette galette agrémentée qui précède un futur huit-titres qu’il me tarde déjà d’entendre. Ces lascars attaquent bille en tête avec ‘The Score’ et son riff épuré qui fait tout son effet. Dans une ligne assez proche de celle de leurs compatriotes de Zoe, les limougeauds proposent une entrée en matière menée tambour battant avec un groove sensationnel : les grattes tournent, la section rythmique carrée assure les arrières en laissant pas mal de champs et les vocaux viennent se greffer avec une grande classe. ‘Down’ suit sur un tempo beaucoup plus lent, mais terriblement efficace qui me rappelle un peu l’univers musical de formations comme Nebula. On repart avec ‘In The Name Of God’, une magistrale plage de plus de cinq minutes qui roule parfaitement et me fait penser à Honcho ou Sparzanza. C’est limpide ainsi que fluide du début à la fin qui est une énorme montée en puissance du riff de base auquel le mix final a parfaitement intégré la ligne de voix avec un rendu proche de Soundgarden. Ultime composition de la première mouture, ‘Living Dead’ est le bâtard du bon fuzz et d’un certain metal thrashisant aux vocaux tour-à-tour parlés puis hurlés.
Passons maintenant aux deux derniers-nés de ces rockeurs. ‘Hooked’ est un brûlot incisif et rapide qui navigue dans des eaux assez proches que celles dans lesquelles mouillent Dozer. Les martèlements y sont pugnaces, la basse vrombit avec maestria et les vocaux sont balancés sans fioritures ni effets de style ; le résultat est donc d’excellente facture. Cette plaque se clôt avec ‘Shadows’ qui s’éloigne du registre stoner, mais qui s’avère un excellent titre de rock dans la veine des Foo Fighters que ce soit au niveau de la voix du frontman de 7 Weeks, au niveau de la sauce qui est particulièrement bien envoyée ainsi que dans l’architecture même de ce titre de juste trois minutes.
Il va s’en dire que j’ai été totalement emballé par ce groupe et par la qualité de cette autoproduction qui rivalise avec nombre de titres écoulés dans le commerce que je ne saurai que trop vous la conseiller. Viiiiiiiiiiiiiiiiiite la suite !
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chris
(2006)
Fondée en deux-mille-deux, la formation allemande a depuis lors jeté l’éponge en tant que Terraplane pour continuer sous le nom de Green Monkey. Le nouveau projet compte dans ses rangs l’essentiel de ceux qui commirent l’autoproduction dont je vais brièvement vous causer.
Après deux singles “Orange Sunshine” et “War”, deux ep “Stonersessions” et “Forlorn” ainsi qu’un long format
“Psychedelic Wonderland” plus quelques participations sur des compilations et autres demos, le groupe nous a concocté un album de plus de quarante-cinq minutes de toute grand classe.
Après une brève intro synthétique, les riffs rapides de “Orange Salvation” déboulent de nul par pour un rapide instrumental très fuzz au groove fort sympathique. On change un peu de registre avec “Once I Was You” où les parties vocales font leur entrée, ce morceau toujours fuzz se rapproche de ce que pratiquent les formations scandinaves et étasuniennes actives dans ce style sans en être une copie pour autant. Le soleil envahit ma platine cd avec “Moonflower Blues Pt.II” dont les premiers accords s’oriente dans un style nettement plus acoustique que les morceaux précédents, la suite me confirme la chose : le désert et sa chaleur plombée règnent sur cette balade toute en douceur qui s’étale lentement sur près de sept minutes et me fait mieux comprendre pourquoi le groupe cite Led Zeppelin comme influence majeure.
On continue avec “Mantra” qui renoue avec les sonorités du début de cet album en un peu plus heavy tout de même et sur un rythme très cool. Exit le fuzz avec “Lower” et sa ligne de batterie très rock’n’rollienne, ses chants bien en avant ainsi que sa fin en décélération constante ; ce morceau ne m’émeut guère et je passe la suite. La suite c’est “Black Mystery”, constituée uniquement de parties vocales et guitares sèches ; l’utilisation de grosse reverb sur la voix et les bottlenecks me rappellent agréablement les travaux récents de Nick Oliveri.
Avant une rapide outro menée pied au plancher par la totalité des protagonistes, on a droit à un imposant morceau qui dépasse allègrement le quart-d’heure : “Into the Unknown”. Plage éponyme de ce cd, elle explore d’autres horizons musicaux en flirtant pas mal avec ce que pratiquaient les Doors – une autre influence de ces germains – le clavier en moins. Bien qu’assez intéressante, cette section-là me laisse assez froid ; peut-être ne suis-je pas dans les conditions nécessaires à l’approche d’un titre de ce type et que le plaisir viendra par la suite car j’ai beau me le repasser plusieurs fois, je préfère nettement les titres plus rapides et fuzzy que la formation nous propose et qui eux me plaisent réellement.
Une bonne autoproduction d’un groupe qui a amplement le potentiel de passer à la vitesse supérieure vu la qualité de ses compositions et son expérience. Je me réjouis d’entendre la suite de leurs aventures avec le nouveau projet qu’anime, entre autres, Christian Oelke leur chanteur et guitariste.
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chris
(2008)
Suite logique à leur première demo ‘Eden : Way Down to Salvation’, cette nouvelle autoprod de la formation belge explore un univers musical assez similaire à savoir un stoner traditionnel, heavy et sans artifice. Sur cette nouvelle plaque, le trio nous propose cinq titres très heavy rock qui sont balancés pour la plupart d’entre eux pieds au plancher.
Le groupe de Namur évite soigneusement la redite sur les dix-huit minutes proposées cette fois. On attaque avec ‘Climb The Mountains’, un titre bien abouti qui rappelle agréablement Dozer sur lequel les guitares sont balancées de manière bien débridées sur une structure rythmique assez rigide et bien lourde. S’en suit ‘Don’t Tell’ sur un tempo ralenti qui mixe agréablement des plans fuzz et des plans heavy à la limite du doom au niveau du rendu avec ses vocaux caverneux. On se téléporte à la moitié de cet opus dans un registre psychédélique avec ‘Dizzy’, un bon gros délire aux forts relents sudistes.
‘Sing Like Johnny’, la plage à qui va ma nette préférence, déboule ensuite à toute vitesse avec une structure assez simple et très fluide ; ça martèle dans les règles de l’art et le groove est de toute beauté. Pour terminer, ‘Dry’ est envoyé en moins de deux minutes d’abord avec une grosse retenue puis dans un gros déluge fuzz.
Je persiste à dire que ces jeunes élevés aux sons de Black Sabbath a un bel avenir dans l’univers confidentiel qu’est le stoner.
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chris
(2006)
Sans titre, sans contact, sans photos des membres du groupe, sans aucune info quant à son enregistrement, sans artifice, sans ballaste et sans gêne la première pierre que ce groupe originaire de Caen apporte à l’édifice du stoner tourne depuis un bout de temps déjà sur ma platine sans aucun complexe. Formé en deux-mille-quatre dans la région normande (si mes notions de géographie française ne sont pas trop altérées), ce groupe compte en ses rangs Fred au chant, Adrien et Vilfrid à la guitare, à la batterie et aux cœurs, Mathieu à la guitare, à la basse et aux cœurs ainsi que Xavier à la basse et à la guitare.
Citant les mythiques Kyuss, Masters Of Realtiy, Beaver et autre Queens Of The Stone Age comme influences musicales, le quintette s’est autoproduit durant l’été deux-mille-cinq. Cette session leur a permis de mettre en boîte neuf titres de bon gros stoner qui tache !
Cette rondelle argentée au son propre débute sur le groovie “Flesh And Bones” aux relents stoner très psychédélique. S’ensuit une bonne plage intitulée “Shoot The Pop” assez proche des compos planantes de Masters Of Reality avec une touche bien désuète au niveau des sons et quelques envolées lyriques assez proche de celles de Josh sur “Go With The Flow”. Dans un style assez envoûtant, ce titre est du tout bon et n’est pas une copie conforme des plans mitonnés par les formations de Palm Spring. Difficile de quitter le second morceau pour se consacrer à l’écoute du suivant. Le suivant c’est “A Spit” qui est mené tambour battant avec des riffs rapides à la sauce Queens Of The Stone Age. Un peu plus heavy “Strange Days” c’est un peu la réponse française à “Ode To Clarissa” avec des vociférations semblables à celles que peut pousser Nick Oliveri. Nettement plus aérien, “So Sweet” est un titre basé sur un plan répété inlassablement jusqu’à l’entêtement en accélération permanente ; débutant en version feu de camp, il se termine pied au plancher à la limite du chaos sonore. Son successeur nommé “Beware” alterne des plans semi-acoustiques à la Orquesta Del Desierto avec des plans nettement plus rock’n’roll proche d’Hermano. J’avais craint une grosse prise de tête avant d’entamer “Masturb Your Mind”, mais ce titre n’a rien d’un plan alambiqué, il s’agit d’un ovni sur ce cd : une longue succession de plans glauques soutenant une partition vocale caverneuse qui ne m’a pas fait forte impression en comparaison des autres sons proposés. On zappe pour l’avant-dernier titre “Defaced Street Light” qui est hypnotisant à souhait avec ses grattes très en avant sur une rythmique assez basique à l’image de “Big Sky Theory” de Dozer. Le dernier chapitre de ce premier jet renoue avec les influences californiennes de “Leg Of Lamb” des reines et il s’intitule “Make Up”, tout y est douceur et volupté à l’exception de quelques soli bien sentis qui donnent un peu de relief à cette composition assez sourde.
Bien que les influences de cette formation soient clairement orientées vers un style spécifique, ses compositions ne sont pas pour autant des copier/coller de ce que livre régulièrement les stars de la scène étasunienne et cette première livraison à tout pour séduire. Vivement la suite.
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www.myspace.com/jabberwockies
Chris
(2005)
Initialement conçue comme un projet périssable, cette formation avait prévu de se saborder en septembre 2005 lorsque son chanteur-guiariste serait exilé en terres canadiennes. Idée saugrenue pour un trio ayant tant de talent…enfin, libres de leur destin, les acteurs de cette courte aventure se réservent le droit d’y donner suite. Ayant fait leurs armes dans des formations à des lieues du stoner : le rock alternatif d’Eyeball pour Pascal (guitare et chant), le ska punk de No Perfect pour Christophe (basse et chant) ainsi que le punk’n’roll de Howling Mad pour Pierrot (batterie et chant) a opté pour ce style sous l’influence des mythes que sont Kyuss, QOTSA (ok on dira ce qu’on veut pour moi ce groupe est intimement lié au style) et Fu Manchu.
En quelques mois d’existence, ces marseillais ont donné une vingtaine de concerts dans leur région, passé plusieurs fois sur des radios régionales (que ce soit au Nord ou au Sud de la France) et gravé ces quatre titres téléchargeables sur leur site.
La présente production débute en douceur sur ‘Spear’ et son groove imparable. Le fuzz est au rendez-vous pour ces quatre minutes de rock rapide et subtil se situant dans un registre assez proche de formation comme Monster Magnet avec une maturité déconcertante pour un groupe récemment actif dans ce créneau. ‘Figure 4’ est un petit bijou assez proche de la dernière livraison de Queens Of The Stone Age avec sa construction d’une fluidité redoutablement efficace. S’ensuit ‘The Final Staccado’ morceau rampant qui démarre de manière intimiste pour se prolonger tout en violence retenue jusqu’à un final dissonant porté par un solo de guitare. Comme toutes les bonnes choses, cet ovni a une fin et celle-ci s’intitule ‘The Scorpion Death Lock’ ; morceau le plus lourd des quatre, il met en avant des parties vocales vociférées à la manière de Kurt sur les premiers efforts de Nirvana qui se fondent sur une rythmique pachydermique.
Au terme de l’écoute, on est en droit de se demander si ce n’est pas le manque de pression dû à l’implication relative des membres dans ce projet limité dans l’espace-temps qui lui a donné cette fraîcheur et cette efficacité presque arrogante dont je réclame haut et fort la suite !
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Chris
(2007)
Même si ce quatuor francilien tire son nom d’une chanson de Noir Désir et si le titre de son album est identique à celui d’une œuvre de Bad Religion, il faudra chercher ailleurs que dans le punk et l’alterno franchouillard pour trouver les influences de cette jeune formation qui nous livre sa deuxième autoproduction en ce début d’année.
Dans une configuration rock très standard, Julien Babin aux chants et à la guitare, David Vincent à la six-cordes, Loïc Monpontet à la basse et Thibaut Paschet derrière les fûts puisent leurs racines dans la scène ricaine des seventies et des eighties. Citant Pink Floyd, Led Zeppelin et U2 comme influences (j’ai heureusement pas trop entendu celle de ces derniers), Moleskin nous a concocté six nouveaux titres de rock vitaminé chantés en anglais. Malheureusement, les vocaux bien chantés sont mis très en avant et l’accent de leur chanteur a quand-même un arrière-goût d’accent français prononcé – je ne ferai pas mieux, voir carrément pire on s’entend – et c’est certainement le seul point faible de cette sortie.
Maintenant que les choses désagréables ont été dites, on va pouvoir étudier cette plaque dans le détail. C’est à “Twilight Fever” d’ouvrir le bal avec un son bien catchy et psychédélique ; ça transpire le rock seventies par tous les pores de la peau, c’est bien carré, sévèrement burné et ça balance bien en me rappelant leur compatriote de Zoe. “A Voice In My Head” plus lancinant réduit un peu la vitesse pour mieux appuyer ses grands accords de gratte et ça tape juste là où il faut et le refrain est incroyablement bien foutu : on l’a assimilé à la première écoute et il ne nous lâche plus. “Out Of Control”, à qui va ma préférence, débute avec un riff bref et facile qui tourne jusqu’à l’entrée en scène des parties vocales ; ensuite de quoi ce titre tourbillonne un peu comme certaines perles de Dozer.
“Scream My Name” est dans un registre assez similaire au premier titre et il ouvre la voie à “Blind Enough” qui est une compo plus lente, voire rude, et qui est admirablement construite avec un refrain qui à nouveau fait mouche un peu à la manière de certains groupes scandinaves que j’admire particulièrement. Cet effort se clôt avec “Save My Soul”, une plage de plus de sept minutes articulée autour d’une ligne de basse hypnotique où les parties vocales commencent par êtres susurrés avant de verser dans un rock débridé presque orgasmique. Vivement la suite!
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Chris
(2007)
Avec un son moelleux, rond, plein et chaleureux comme celui-là, nos 5 amis suédois se glissent parfaitement dans les colonnes de notre webzine. Cette première démo se soumet d’ailleurs à la lecture du laser pour ce groupe formé il y a +/- 2 ans à Söderhamn/Gävle (et qui ne signifie pas “Soudain, j’ai la gaule”) au pays du froid. Leur fuzz rock ne laisse aucune équivoque quant à leur affiliation à la scène suédoise avec les gaillards de Dozer, Truckfighters, Astroqueen et Asteroid comme chefs de file. On est en plein dedans: grooves, envois de bois, pluie de cymbales et riffs fuzzy à caractère hypnotique.
Ok, la démo est bien produite et le mix est très correct. Je pousse le volume et la patate est au rendez-vous. La section rythmique fait dans la simplicité et l’efficacité tandis que les grattes remplissent l’espace sonore de leurs big muffs survitaminées. La voix est à mi-chemin entre le chant et le cri, le tout baignant dans des effets lui donnant un côté lo-fi agréable.
La qualité est indéniable. On regrettera néanmoins un manque de personnalité. Mais bon, le groupe est jeune et doit encore affiner son son et ses structures. Nous devrons donc leur laisser le temps de mûrir (mais pas trop parce que, dixit Pierre Desproges, après le mûri, il y a le pourri). Cette plaque de 3 titres est 100% made in Sweden. Je l’ai entre les mains et au fond des tympans, elle m’assène de grands coups de marteau sur l’enclume quand le métal est bien rouge-jaune après une bonne coulée de fuzzion.
En bref, nous souhaitons à nos amis de continuer sur cette voie en n’hésitant pas à prendre les chemins de traverse pour se forger un nom dans le milieu et nous envoyer des skeuds qui tuent.
Contact:
www.silverdevil.se
www.myspace.com/silverdevilsweden
Thib
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