Vega – Vivid Sound Demo

(2005)

En 1997, un certain Damon Garrison tenait la basse au côté de John Garcia dans un groupe appelé Slo Burn.

Huit années plus tard, ce même Damon Garrison nous revient en tant qu’auteur, compositeur, guitariste et interprète. Son nouveau projet s’appelle Vega et possède indéniablement la patte désertique californienne.

Entouré de Jamie Hargate (guitare), Greg Gregor Saenz (batterie) et Joseph Wangler (Basse), notre ami nous offre 4 titres ma foi fort bien ficelés. Et on se laisse donc facilement prendre au jeu à l’écoute des morceaux qui composent cette demo intitulée Vivid Sound. Dès les premières secondes de ‘Daly City’, on est heureux de constater que l’esprit Palm Desert est toujours bien vivant. L’influence Slo Burn est indéniable musicalement et est ici associée à un style rappelant le rock simple et direct des 70’s. La production sans artifice de la demo renforce encore plus cette impression. Bref, un pur bonheur pour les amateurs du genre.

Par contre, Damon Garrison ne possède pas la voix exceptionnelle de son ex-acolyte John Garcia. Du coup, on peut regretter par moment un manque de pêche des morceaux (surtout flagrant sur un titre comme ‘Sunbird’) qui ne parviennent pas à capter notre entière attention. Il n’en reste pas moins que Vega semble promis à nous offrir de belles choses, si toutefois un label s’intéressait à eux. Espérons que le bouche à oreille permette à nos 4 lascars de Palm Desert de pouvoir venir fouler le sol du vieux continent très prochainement.

Contact:
www.myspace.com/vegarising

Stonerpope

Activator – Both Barrels

(2002)

Découvert vraiment par hasard sur le net il y a 2 ans, Activator m’avait d’abord fait bonne impression à l’écoute du single Bashtari et de son riff d’intro bien doom à 2 l’heure. Mais ayant fait plusieurs fois le tour de leur album Both Barrels, je reste très perplexe. Ca tourne en rond, ça tâtonne par-ci, s’aventure par-là pour, au final, ne pas avoir beaucoup de saveur ni d’originalité. Tantôt doom, tantôt boogie en passant par le heavy voire le punk, Activator ne séduit pas au contraire de la superbe calendre de Cadillac qui orne leur pochette.

Rien de bien grave (sauf le son) mais rien de transcendant non plus. On reste avec un goût de trop plein ou de suranné selon les points de vue. Pourtant, les 2 mecs d’Austin Texas n’ont pas l’air de débutants et les morceaux sont correctement balancés.

La voix, claire et rageuse, parvient à donner plus de nuances aux morceaux sans pour autant les faire décoller. On regrettera aussi le mauvais goût lors des râles gutturaux d’un des musiciens façon death metal. Ca n’ajoute rien. Au contraire, on a envie de rire.

Ok, c’est pas très positif tout cela. Alors, je pousse la curiosité de lancer une recherche sur le net pour savoir où en est le groupe. Plus rien, plus de site, pas de my space, plus une trace. Un petit tour dans la section distro de Stoner Rock.com: rien! Leur album a disparu! M’est d’avis que les gaillards ont mis fin à leur voyage commun. Enfin, on leur souhaite d’officier maintenant dans d’autres groupes où ils auront trouvé leur bonheur.

Thib

Jolly Roger – Cactus

(2006-2007)

Productifs et engagés nos amis de Barcelone! 15 titres et pas des moindres en autoprod pour nous convaincre du bien-fondé de leur démarche et de leur énergie débordante. Ca commence sur une intro à la wah-wah et un riff couillu façon Fu Manchu. La voix dynamique nous fait comprendre que le groupe à décider de s’exprimer dans sa langue maternelle: l’espagnol.

Le gratteux soliste prouve fissa qu’il est à l’aise sur le manche. Les 3 autres musicos ne sont pas des manchots non plus. Une belle patate pour ce quatuor fondant son image sur la chaleur des cactus, ce qui est d’ailleurs le titre et le graphisme de cette autoprod. Leur musique est chaleureuse et c’est dans cette fournaise que le groupe nous offre une séance de desert rock de très bonne facture.

On évolue ensuite dans un style grungy mais toujours furieux et rageur. Rien à voir avec les clones et autres avatars-suiveurs pourris de l’ère Nirvana. Le 3e morceau est un petit clin d’œil bien sympathique au Green Machine de Kyuss. La suite nous offre des chansons diversifiées dans des durées oscillant de 1:30” à plus de 7″.

Ce qu’on leur souhaite, c’est de nous mettre cela en boîte le plus vite possible avec un mix de qualité faisant de leur chaleur musicale un élément imparable.

Tantôt heavy, tantôt psyché mais toujours desert rock, Jolly Roger (ça me fait penser au nom d’un cheval) nous offre une superbe chevauchée pleine de fougue aux effets de mescaline à travers les terres arides du royaume d’Espagne. Un bon trip.

Contact:
http://jollyrogertheband.multiply.com/
www.myspace.com/jollyrogertheband

Thib

Horkaos – Démo éponyme

Horkaos, c’est l’armée d’un seul homme, le travail d’un musicos qui s’est démené comme un diable pour nous pondre cette plaque. Revendiquant haut et fort ses influences sabathiennes, il enfonce le clou dès le premier riff dans un envoi made in Iommi. Que ce soit dans les passages envolés comme dans les moments plus retenus, on retrouve la marque de fabrique du maître.

5 morceaux sur cette démo et l’on évolue dans des schémas assez étirés pour des durées allant de 5 à 8 minutes. Impressionnant de découvrir comment un seul gars peut arranger, composer et jouer de tels chansons. La batterie et la basse sont sans reproches.

Les guitares sont très soignées, peut-être au point qu’elles sonnent un peu trop propres (avis personnel). Je trouve que les morceaux gagneraient en puissance si le son était moins compressé et si les chorus et autre soli très clean étaient évités. Ceci a d’ailleurs un peu tendance à donner un côté FM à l’ensemble. Mais bon, cela relève de choix perso de l’auteur et d’autres y trouveront certainement leur bonheur. Disons que la gratte me dit que la part belle est faite à la période 80’s du Sab.

La voix est sobre et dessert correctement la zique, un petit accent frenchy étant à noter sur les lignes vocales dans la langue de shakespeare.

Si Horkaos signe une première démo très correcte, il ne lui reste plus qu’à nous faire entendre cela sur scène (après recrutement des musicos, le modèle Rémy Brika étant épuisé…).

Sites du groupe:
www.myspace.com/horkaos
http://horkaos.chez-alice.fr

Thib

Kubota – Kubota

(2004)

A en juger par la voix d’outre-tombe de leur vocaliste en chef, c’est dès leur plus tendre enfance que ces types-là ont commencé à écluser le Jack Daniel par grandes rasades et à tirer sur les gauloises bleues de leurs parents par paquets entiers dans la cour d’école. Biberonné au rock’n’roll de Lemmy depuis toujours, c’est naturellement à Motörhead que l’on pense en premier lieu à l’écoute de ces quatre titres tant au niveau du timbre rauque de la voix qu’en ce qui concerne vrombissement de la basse.

Basée dans l’Ouest de la France, la formation a germé dans les cerveaux de son batteur Capt Y et de son guitariste El Borbah. Le quatuor s’est consolidé avec l’arrivée de Dr Justice au micro et Serb à la basse au printemps 2004. Rapidement le groupe a posé ses amplis sur scène dès le 21 juin suivant pour fêter les musiques. Afin d’assurer sa promotion, le groupe a mis en boîte le présent objet sous la houlette de Thomas Nedelec (Ultra Vomit) et El Borbah.

C’est avec une rythmique bien carrée et vrombissante que tout commence avec l’instrumental ‘Loneliness Of The Long Distance Truck Driver’, qui n’a rien à voir avec un titre au nom presque similaire écrit par la vierge de fer. ‘Guts’, le second morceau, démarre sur les chapeaux de roues avec son groove tout en lourdeur qui lui colle à la peau jusqu’au dernier accord. L’auditeur est un peu désorienté à l’arrivée d’’Unmask The Sultans’ qui démarre de manière un peu plus légère pour embrayer au bout de quelques secondes seulement dans le style de prédilection du groupe et qui ne quittera sa lourdeur que le temps d’un refrain d’obédience plutôt punk. On termine dans la poésie avec ‘Pissed Drunk (& Drive Blind)’, morceau le moins abouti à mon sens de cette quadrilogie, les riffs sont très rock’n’roll, mais l’enchaînement couplet/refrain manque un peu de profondeur ; les amateurs de gros rock qui tache seront quant à eux aux anges.

Au final, une autoprod sans concession, furieusement lourde et jouée pied au plancher avec des incursions de guitares que ne renieraient pas les New-yorkais de Sonic Youth.

Contact:
http://www.myspace.com/kubotapunk

Chris

Ultimate Dragons – Player´s Handbook

Ca me fend le cœoeur de faire cette chro si tard, pas seulement parce que ce skeud est sorti en 1999 mais surtout parce que le groupe a splitté en 2003. C’est donc avec une pensée émue mais quand même une note exaltée que je vais encenser Ultimate Dragons à titre posthume.

Bon, les gars n’ont pas inventé la poudre mais savent faire parler la fuzz. Là, on en a pour son pognon! J’adore ce style tranquillos que les zicos ont. On se pointe, on se branche et on envoie le bois. Surtout, fais en sorte que les fioritures soient pas trop nettes, j’ai ma réputation! Pas de virtuosité mais que de tubes balancés sans se prendre le chou. Du groove, du groove, du groove… et 2 couches de voix claires qui se superposent pour marteler la bonne parole. On n’a pas affaire à des ténors mais l’ensemble sonne de manière très crédible.

Et la part belle est faite aux contre-temps. Ultimate Dragons nous les sert à tout-va sans vergogne dans ce constant déluge de fuzz. Les tempos ne pressent pas le pas, parfaitement à l’image de branleur jenfoutiste que ce formidable groupe semble vouloir véhiculer. Mais ne nous y trompons pas, une écoute attentive des morceaux nous révèlent des structures bien calibrées avec des solos très psyché qui préparent bien le terrain pour balancer des riffs imparables. Vraiment dommage qu’ils ne soient plus.

Voix d’outre-tombe:
www.myspace.com/ultimatedragons

Thib

Alcohsonic – Never Drink Without Sonic Element

(2005)

Il s’agit de la première démo pour ce groupe hexagonal formé actuellement de Pierre M. à la guitare, de Ben à la batterie, de Pierre G. à la basse ainsi que de Seb aux chants et à la guitare. Débutant leur aventure sous l’impulsion des deux grateux de la formation en deux-mille-cinq, Alcohsonic a rapidement rejoint les studios en duo pour graver ce premier jet en décembre de la même année.

Le manque de recul et l’empressement de cette bande à rapidement sortir une autoprod pourrait rebuter les sectaires qui ont une vision très étroite de la musique et ne s’intéressent qu’exclusivement aux groupes ‘en place’. Que ceux-ci se rassurent, même s’il plane une certaine fraîcheur spontanée sur cette plaque, il n’est pas question ici de bidouillage de débutants au son négligé.

Alcohosonic ouvre les hostilités de ‘Never Drink Without Sonic Element’ avec une petite intro style sonnerie de portable pour ado et tape tout de suite dans le dur avec ‘Alcohsonic Days’. Ce titre groove bien et les incursions de slap lui donne un relief particulier qui le détache un peu des influences des Mushroom River Band et Spiritual Beggars dont le groupe est proche musicalement. Suivent deux compos ‘Big City Life’ ainsi que ‘No Brain’s Land’ que je préfère dans un style très fuzz avec des parties vocales plus fluides que sur le premier morceau. Les alternances entre mid tempi et gros murs de grattes saturées sont du plus bel effet. Suit un titre acoustique, ‘Bloody Whiskey’, avec des guitares comme trame et une grosse voix cassée posée dessus. Cette vision feu de camp bluesy ne m’a guère convaincu et une pression sur skip fait rugir ‘Doctor Rock’ repris de Motörhead. Pas franchement fan de la bande de Lemmy, je concède que même chanté par des francophones, ce titre a plus de classe qu’avec la voix de l’homme au poireau !

Une nouvelle incursion dans le monde acoustique arrive rapidement après avec ‘Life’ qui s’éloigne résolument du stoner pour marcher dans les traces des fameux Unplugged de manière très agréable. L’électricité reprend ses droits sur ‘Schizo Man’ qui est assez punk’n’roll avec son déluge de riffs interprétés pieds au plancher dans un trend assez proche des Hellacopters. Pour en finir avec ce premier effort, ‘Alien Sex Generator’ prend le relais avec pour introduction la fameuse déclaration de Bill l’amateur de cigare au sujet de sa relation avec Monica. Bien couillu, ce titre évolue dans un registre passablement en vogue dans la scène stoner scandinave, style Dozer, Truckfighters ou Honcho, et me plaît donc particulièrement surtout avec ses parties de synthé au bon vieux son typé mélotron.

Une bonne entrée en matière dont la suite (live) est chroniquée dans ces pages

Contact:
www.myspace.com/alcohsonic
www.alcohsonic.net

Chris

Gravity Field – Album éponyme

(2009)

Tel un vin aux arômes multiples, complexes et suaves, la plaque de Gravity Field doit être abordée avec patience et concentration. On navigue dans des schémas différents des ritournelles couplet/refrain/couplet/refrain/break pour des compos privilégiant l’intensité et la longueur. Et la sauce prend très bien dès la 2e plage. On note un goût sûr pour le riff tranchant, incisif et saturé mais plein de groove avec, en parfaite harmonie, des atmosphères psychédéliques et des lignes vocales lancinantes.

Le son est bon, vraiment bon. On distingue bien tous les instruments et l’horizon sonore qui s’offre à l’auditeur est vaste et recherché. La palette prend de belles couleurs dans les envolées rythmiques et jamais la guitare ou le clavier ne se perde dans des soli aussi inutiles que chiants.

Point de vue unité rythmique, on doit particulièrement souligner le travail d’orfèvre des musiciens qui nous ont savamment ciselé un ensemble parfaitement en place et qui se montre très à l’aise dans les contre-temps et autres subtilités. Au risque de me répéter, tout est vraiment en place.

L’auditeur potentiel doit bien comprendre que cette plaque vaut la peine d’être écoutée minutieusement. Ici, point de mélodie catchy – même si mélodie il y a – et point d’occasion de reprendre les refrains en chœur ou de taper du pied. On est face à un ensemble musicale tout de même abordable mais riche et complexe. Comparable à un grand Bordeaux bien charpenté.

Contact:
www.gravityfield.co.uk
www.myspace.com/gravityfieldmusic

Thib

Epstein Superflu – The War inside Darktown

(2007)

Epstein Superflu, avec un nom tiré du manager des Beatles (Brian Epstein), est un groupe surprenant par la combinaison de sa touche sonore et de ses choix musicaux. Avec son 1er riff entre heavy rockab’ et punk’n roll, il y a de quoi décontenancer l’auditeur de prime abord, surtout que la gratte est bien lourde et qu’une voix grave surplombe l’ensemble avec des intonations d’outre-tombe.

La suite prend des accents psyché et nous réserve quelques fonds sonores assez planants. C’est original mais ça pourrait être plus abouti. Il y a de bonnes idées et surtout une réelle envie très respectable de se différencier du reste. Néanmoins, les idées explorées avec courage doivent encore être approfondies.

J’aborde la 3e plage de cette plaque de 4 titres et je tombe sur une suite d’accords qui me rappelle quelque chose: le célèbre Master of Puppets de qui-vous-savez mais ici avec un monologue caverneux à l’arrière-plan et des strates sonores aériennes pour couvrir le tout. Surprenant à nouveau! On peut se demander ce que ça fout là mais bon, je vous avais prévenu: Epstein Superflu, en plus de son nom farfelu, étonne dans ses choix musicaux.

La 4e plage est un remake de la précédente mais dans une mouture légèrement différente. Pas vraiment essentielle car l’effet de surprise s’est estompé.

A ce stade, on digresse certainement par rapport à la politique éditoriale de ce site. Mais bon, ces mecs sont inqualifiables et l’on va se laisser entraîner par le courant. Ce groupe n’a visiblement pas fini de faire son cirque. Tant mieux.

Contact:
www.myspace.com/epsteinsuperflu

Thib

Flesh And Dust – Dark Season

(2009)

Du lourd ! Enfin du lourd ! Une bonne grosse ambiance plombée pour une autoproduction qui écrase sa chatte ! Le combo parisien ne fait pas dans la demi-mesure et ça ramone violemment les ouïes.
Actifs depuis deux-mille-six, Flesh And Dust est en quête de distributeur pour un cinq titres qui est une autoproduction uniquement parce qu’aucun label ne se charge de propager cette plaque. La production, la finition ainsi que la qualité de cet objet est à mettre du côté des productions voir même des grosses productions. Les cinq activistes qui font parler la poudre durant une vingtaine de minutes n’ont pas ménagé leurs efforts pour proposer un objet aboutit d’une qualité aussi redoutable que leur son.
Enregistré au Midilive Studios par Stéphane Buriez de Loudblast à qui l’on doit de bonnes références au rayon metal, ces vingt minutes de déluge sonore ont été masterisées par Spirou qui s’est déjà chargé de grosses sorties dans le registre streetpunk hexagonal. Si on ajoute une cover signée par Tom Denney déjà l’auteur de visuels pour Sourvein ou Soilent Green ont voit rapidement qu’on n’a pas affaire ici à une bande d’amateurs éclairés, mais à un groupe qui s’apprête à bouffer tout cru la planète metal.
Musicalement actifs du côté bourrin du stoner, leur son ravira les inconditionnels de Crowbar ou Down avec ses sonorités metaaaaaaaaaaal ! Ce petit bijou que je me plais à passer et repasser avec le loudness dans le rouge (les voisins me remercient toujours pour mon sens aigu du partage…) débute avec le tonitruant ‘Owner Of The Sun’ qui est la compo la plus orientée vers le metal. Les vocaux gutturaux me rappellent agréablement ceux de Sepultura du temps où Max s’égosillait dans cette formation et les riffs acérés me laissent k.o. ! On abandonne le côté bien blastant avec ‘Miss Failure’ qui est un gros tubard heavy rock asséné avec force dans un registre proche de celui de Clutch. ‘Afflicted’ fait dans le concis bien brut dans la plus pure tradition stoner originelle : c’est donc un morceau de choix.
A l’image du ‘Indian’ d’Anthrax, le ‘Indian Fire’ de Flesh And Dust débute de manière tribale avec de bons gros riffs de six-cordes. Cette plage me rappelle à la fois Black Label Society pour les grattes presque pompier bien mises en avant par la prod et Spiritu pour le rendu final ainsi que l’ambiance. Comme tout a une fin, cet objet en a une et elle se nomme ‘Local Pain’. Cette composition envoie le bois dans un style saccadé balancé avec fureur qui prend ses distances avec le stoner.
Plus qu’une découverte, cet objet est une révélation que je vous conseille de vous procurer au plus vite pour headbanger comme un possédé là où bon vous semble !

Contact:
www.myspace.com/fleshanddust

chris

Shevil – Legalize Fuzz Legalize Murder

Au départ formé en tant que duo, Shevil a atteint le line-up actuel de 3 musiciens basés en Italie. Si une première écoute nous révèle un son fuzz plus à ranger du côté de la Swedish stoner touch, la suite nous réserve de belles surprises qui, disons-le d’entrée de jeu, permettent au groupe de se départir du mouvement cité ci-avant;

Fort d’un membre bassiste mais aussi bidouilleur/claviériste/arrangeur, Shevil nous fait découvrir un visage tout en expérimentations sonores diverses. Le son bien graisseux et baveux se trouve soudainement plongé dans des éléments atmosphériques de space rock tandis que la batterie fait varier les grooves dans ses mid-tempos.

Une voix grave et monocorde dessert les morceaux mais à quand même tendance à enlever de la dynamique aux chansons qui peuvent si bien prendre à force d’écoutes. Ou peut-être est-dû au mix un peu cheap de l’ensemble? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, ce groupe a un son bien reconnaissable mais des arrangements qui lui permettent de se frayer un chemin dans le domaine.

On continue l’exploration de cette plaque contenant 7 morceaux. La batterie se fait plus oppressante et assène l’auditeur de délectables pluies de cymbales. La recherche sonore de Shevil va bon train et l’on comprend dès lors que les musiciens ont une très bonne maîtrise de l’instrumental dans les longs breaks qui parsèment leur album.

L’Italie ne manque de pas de nous réserver de belles surprises en ce moment avec des groupes ayant une volonté d’aller de l’avant dans la recherche et le développement de leur approche musicale. Surtout continuez!

Contact:
Site officiel Shevil
www.myspace.com/shevildoom

Thib

Atomic Workers – Embryonic Suicide

(2006)

Reçue un peu sur le tard, cette démo datant de 2004 n’est pas l’œuvre de débutants. Atomic Workers n’est pas un groupe iranien mais le résultat de la rencontre entre Michele Rossiello, bassiste de That’s All Folks !, et Gary Ramone, leader de Sun Dial ayant occasionnellement travaillé avec Coil et Current 93.
« Embryonic Suicide » va puiser son inspiration dans la fin des 60’s, quand les 13th Floor Elevators inventaient le psychédélisme, tout en donnant un traitement beaucoup plus garage au son. S’appuyant sur une section rythmique métronomique laissant une place de choix à la basse, les guitares au son vintage bourré de reverb peuvent s’exprimer en toute liberté dans ce qui ressemble plus à de longues impros qu’à des riffs bien structurés. Une touche de sitar ou quelques percus viennent enrichir les huit compos variées qui oscillent entre l’évocation d’un Velvet enfumé avec « White » et sa rythmique délicate sur laquelle viennent se poser des nappes de guitares vaporeuses et des morceaux plus nerveux tels « Far Away » ou « No Reaction » qui nous renvoient aux heures de gloire du Glam avec ses handclaps et son riff T-rexien. Certains titres auraient presque pu figurer sur les compils Nuggets sans que personne ne se rendent compte de l’imposture et le seul bémol vient des vocaux qui, bien que partagés entre trois chanteurs, ne parviennent jamais à totalement convaincre.

Contact :
www.myspace.com/atomicworkers
www.nasoni-records.com

Jihem

Samsara Blues Experiment – Samsara Blues Experiment

(2008)

Nouveau projet teuton né sur les cendres encore chaudes de Terraplane, Samsara Blues Experiment s’apprête à conquérir le cœur des amateurs de plans psychédéliques bien lourds. Ce deux-titres téléchargeable gratuitement est une ode saturée à la noirceur de l’âme et les fans de Mammatus ainsi que d’Earthride vont prendre un gros panard en se les passant le vu-mètre à fond dans le rouge !
Qualifiant leur style de ‘Heavy Psychdelia’, le trio de Berlin ne trompe pas son monde sur la marchanise avec ses vingt-et-une minutes de riffs alambiqués et distordus qui semblent tout droits sortis des catacombes avec une bonne grosse touche doom comme emballage sonore. Très travaillé au niveau des textures, ce projet pas très éloigné du jam sous acide est ponctué de sonorités orientales qui se lient à merveille avec la débauche de décibels balancés par ses guitares débarquées des seventies et les martèlements qui claquent à la batterie. Utilisées comme un instrument, les lignes vocales demeurent très en arrière et sont incorporées à la trame de base qui sert de fondation aux deux plages qui composent cette plaque.
Articulé autour de Christian Peters qui assure les guitares, les sitares et les vocalises, ce projet compte en son sein le bassiste Richard Behrens qui fait vrombir son instrument sans retenues lors des grosses montées en puissance que le groupe opère et l’ingénieur du son Thomas Vedder à la batterie à qui l’on doit non seulement des plans survitaminés mais aussi un son de toute grande classe.
Cet objet évolue avec maestria dans l’héritage musical que Sleep a laissé derrière lui sans pour autant cloner la formation ricaine. Les bourrins qui fréquentent ces pages feraient bien d’aller explorer ‘Singata’ et ‘Double Freedom’ de bout en bout ; ils n’en sortiront pas indemnes.

Contact:
http://www.myspace.com/samsarablues

chris

Poncharello – Turn On Tune In Drop Out With

(2007)

Pratiquant un style à mi-chemin entre le stoner bien propret des formations US, le rock’n’roll empreint de punkitude de certains groupes scandinaves et le hard rock traditionnel européen, le quatuor lillois nous propose un nouvel album six titres où tout est dit au bout de vingt minutes. Dans une formation très classique pour ce genre de style, c’est Bob qui se colle aux chants ainsi qu’à la six-cordes tout comme Nico, Bertrand est à la batterie et Mr Poule à la basse. Actif depuis deux-mille-trois, le groupe écume les clubs du nord depuis ses débuts et a même tapé l’incruste à la Fête de l’Humanité en deux-mille-sept.
Déjà auteurs du sept-titres ‘Fuzz You’, les Lillois se sont enfermés au Red Studio de Douai avec Cédric Jouginaux pour enregistrer ces nouvelles compositions qui furent mixées au même endroit par Olivier Anicaux. Loin d’être un énième clone des groupes qui naviguent dans le sillage des Hellacopters et autres Gluecifer, Poncharello développe son propre style très rock savamment mâtiné de bon vieux fuzz des familles sur certaines compositions.
On entre dans le vif du sujet de cette plaque avec ‘Tune In’ un brûlot de rock traditionnel presque mené pieds au plancher dans un style assez léger qui ratisse assez large au niveau des influences. Le second titre, ‘Drugs’ attaque bille en tête avec un bon plan fuzz de base lent et péchu ; on évolue pas loin des Truckfighters ou de Dozer avec les accords plaqués fougueusement durant le refrain qui s’insère entre des couplets bien débridés dans la plus pure tradition du heavy rock. Suit ‘I Got Da Blues’ qui excède à peine deux minutes ; ce morceau au riff ramonisant sonne très seventies avec ses gros roulements de tambours et ses guitares criardes et nous ne sommes pas loin de leurs compatriotes de Zoé. On rétrograde au niveau du tempo avec ‘Laser Gun’ qui attaque sur un riff fuzz qui groove bien. Cette plage, à qui va ma préférence, se rapproche des univers explorés par QOTSA ou Fu Manchu avec sa base simple et efficace qui dépote bien ainsi que ses envolées catchy assénées par des guitares juste overdrivées comme il faut et sa basse hypnotique. Exit le stoner et ses sous-genres avec ‘Remember You’ qui est un peu le résultat d’une collaboration entre Motörhead et Little Richard ; ça se rapproche donc des Ramones y compris au niveau du timing. Cette galette s’achève avec le très abouti ‘Kidney Thieves’ à la rythmique plombée et au rythme ralenti qui se trouve à nouveau dans un registre proche de la scène fuzz du nord de l’Europe.
Une bonne bouffée d’air frais !

Contact:
www.poncharello.com
www.myspace.com/poncharellorocks

chris

Aluna – Crystal Voyage

(2007)

Cette petite plaque riche de 3 titres nous vient d’Angleterre et a été mixée/masterisée à Birmingham, ville des membres originaux du légendaire Black Sab. Comment ne pas y faire référence ou plutôt leur rendre hommage à travers ces 3 chansons? Loin d’être une copie conforme ou un clone douteux, Aluna se distingue par une voix féminine à la fois douce et lancinante. Si la voix tient la route, peut-être qu’un peu plus de variations dans les tonalités vocales desservirait mieux les morceaux.

Ca flaire la lourdeur du métal que l’on coulait dans le nord de l’Angleterre jusqu’à ce que cette industrie périclite. On retrouve aussi des plans typiquement 80’s à la NWOBH (New Wave of British Heavy Metal) en évitant soigneusement les brushings puffés et les pantalons moule-bittes qui vous font couiner le chanteur dans le micro.

Là où le bât blesse, c’est au niveau de la dynamique du son. Le mix et la prod sont beaucoup trop faible et donne l’impression qu’il y a une couverture sur les enceintes de votre sono. Pour sûr que ce genre de chose ne doit pas se produire en live mais c’est dommage que le groupe en fasse les frais sur ce 1er jet. Le couple basse/batterie, d’ailleurs bien ficelé, manque de patate pour la raison explicitée ci-avant.

Le groupe est toujours en auto-prod mais sortira un des titres de cette démo sur une compil ainsi que sur un split 7” (avec Queen Elephatine) sur Catacomb Records. Aluna ne doit pas hésiter à utiliser tout le spectre sonore quitte à ce que ça dégueule par-ci par-là. Bonne route à vous!

Contact:
www.alunaband.co.uk
www.myspace.com/alunatheband

Thib

Se connecter