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(2006)
A l’image de leur pochette et artwork général, ce quintet italien entend jouer dans le grand cirque du stoner. Et ils y sont les bienvenus. Dans un très bel exercice de style, cette première démo nous fait découvrir le groupe tout au long de ses 6 morceaux.
On pense à Orange Goblin dans les envois de bois mais le band peut aussi produire de très belles nuances musicales via des breaks atmosphériques. La voix est enlevée et possède un beau registre tonal lui permettant de soutenir la note sans devenir criarde. A noter ici que le chanteur s’exprime dans la langue de Shakespaere avec des lignes de chant proche de Wino (chanteur de The Hidden Hand) parfois.
Les 2 grattes sont 100% stoner sans fautes de goût avec un son plein et bien chargé en basses émissions sonores. Le duo basse/batterie est précis. Il reste à ces musiciens de continuer à jouer ensemble pour se définir un univers musical plus personnel, pour développer leur marque de fabrique.
On monte en qualité à travers l’écoute successive des plages, ce qui me confirme que le pays de Dante possède de très bons groupes qui ne demandent qu’à sortir des albums et tourner dans les bars et les clubs tant sur le continent européen qu’ailleurs.
La 5e plage (Let Shit in) est vraiment bonne et permet d’apprécier toute la dimension rythmique d’Il Malpertugio. C’est d’ailleurs sur ce morceau que le mix est le plus au point.
A ce sujet, la section rythmique, bien que sans faille au plan technique, souffre un peu d’un manque de prod au niveau notamment de la puissance. Ayons bien sûr à l’esprit que c’est une autoprod et que ce genre de problème n’arrivera certainement pas dans le cadre d’un album produit par un label. On leur souhaite d’en trouver un le plus vite possible. Ils le méritent certainement.
Contact:
www.myspace.com/ilmalpertugiostoner
Thib
(2008)
La formation genevoise a débuté ses activités musicales il y a à peine deux ans, mais il ne s’agit pas vraiment de débutants puisque j’ai vu sur scène la plupart des groupes au sain desquels les divers protagonistes du groupe collaboraient durant les eighties alors qu’un duvet commençait à peine à voir le jour sous mon appendice nasal. Ce quatuor de vétérans est formé de Manou aux chants, David à la guitare, Jessie à la basse et Pascal à la batterie. Dans un monde où règne quasi sans partage des formations exclusivement masculines, c’est toujours agréable d’entendre des parties vocales féminines comme c’est le cas sur cette prod.
Musicalement parlant, les Romands pratiquent un rock qui pourrait paraître daté pour certains en puisant ses racines dans le southern rock, le rock seventies psychédélique et le bon gros hard rock. Le séduisant résultat final est un mélange de Black Label Society, de Led Zeppelin, de ZZ Top et de Black Crowes ; avec le succès actuel de ces-derniers on peut se réjouir du potentiel qu’il reste pour ce style qui était un peu tombé en désuétude auprès du grand public.
Ce premier jet à la production rutilante, aligne onze compositions en à peu près trois quart d’heure et il devrait bientôt faire l’objet d’une sortie sous forme de premier album. Roadfever se distingue par son sens aigu de la mélodie : leurs compositions gorgées du soleil aride du sud des Etats-Unis qui éclaire la riviera du Lac Léman sont de véritables pépites même si certaines me touchent plus que d’autres.
Cette plaque explore le style de base sous toutes ses coutures en passant par la ballade lancinante avec ‘Runaway Train’, le hard rock presque glam avec ‘Do The Right Thing’ ou ‘Hellbound’ et le blues avec ‘Death Valley’. Ma préférence va nettement aux titres plus burnés comme ‘Outside’ qui se rapproche de l’univers musical du trio de Billy Gibbons avec son groove d’enfer ou le concis ‘Roadfever’ qui dépote comme le faisait la bande à Angus Young à ses débuts.
Le point d’orgue de ce skeud c’est ‘Wheels On Fire’ : un brûlot de plus de cinq minutes qui attaque sur un gros riff distordu avant de partir en mid tempo pour laisser le chant et les soli de gratte se mettre en place avant que toutes les forces soient jetées dans la bataille pour un incroyable rendu final.
Les inconditionnels d’Hypnos 69, de Spoiler, de Red Aim ou de Dixie Witch devraient apprécier si tant est qu’ils ne soient pas réfractaires aux vocaux clairs et aériens de Manou.
Contact:
www.roadfever.ch
chris
(2006)
Je vous avais déjà causé de ces types dans ces pages virtuelles et bien pendant que d’autres s’amusent à pianoter sur leurs ordis à longueur de soirées, ils ont continué à bosser leur son et les voici déjà de retour. Enregistré par Jean Cataldo au ‘Rock On’studio et produit par Johnny Cat et le groupe ce second effort sous ce nom (hé oui souvenez-vous avant ils étaient Zo$o et faisaient des reprises de Led Zeppelin) fait suite rapidement à leur première demo de l’an passé.
On retrouve exactement les mêmes protagonistes que par le passé sur ces 13 plages dédiées aux dieux du rock’n’roll. A l’exception d’un cover des Stones (‘The Last Time’), le groupe joue ses compos très orientées vers le punk’n’roll sur lesquelles on aimerait un peu plus de lourdeur quand-même. Le parallèle avec des formations comme les Backyard Babies est évident sauf sur le bluesy ‘Freedom Heaven’ qui avance bien lentement et surtout sur ‘Angel With Silver Wings’ qui lorgne carrément vers le desert rock.
Je ne manquerai pas de vous tenir au courant des prochaines tribulations de cette bande de joyeux drilles furieusement rock’n’roll !
Contact:
www.silverdirt.com
www.myspace.com/silverdirt
Chris
(2005)
Encore un ! La Scandinavie nous livre à nouveau un groupe neuf à l’énergie aussi séduisante qu’efficace. The Hearsemen, dont je souligne au passage la qualité du site web, sont originaires de Suède. Comme tous leurs congénères, ils manient mieux leurs guitares que les bouquins de cuisine, mais bon on n’est pas là pour parler bouffe.
Formée durant l’été 2005, la formation n’a pas perdu son temps puiqu’elle s’est enfermée deux mois plus tard au New World Sound Studio pour mettre en boîte trois titres furieusement rock’n’roll. Organisée de manière très classique en quatuor avec Kriller à la guitare, Martin à la basse, Johan à la batterie et Daniel aux chants, cette bande suit la voie qu’ont tracée ses paires à la fin du siècle passé.
Cette demo débute avec ‘Backbone’ et son riff acrocheur dans la lignée des derniers opus de Monster Magnet pour citer une référence au niveau du son. Les voix sur cette compo sont dans un registre assez proche des Backyard Babies. Le second titre intitulé ‘Forget Your Dreams’ est nettement plus carré et rentre-dedans ; les lignes de batterie me font penser à Dozer et le mur de guitare saturée en arrière fond se calle bien dessus. Dernier morceau de cette production, ‘Acausal’ lorgne vers le punk au niveau des textes et vers le punk’n’roll en ce qui concerne son rendu général proche des Hellacopters sans toutefois être soutenu par un clavier.
Une première trace des plus prometeuse, dont je me réjouis d’écouter la suite.
Contact:
www.thehearsemen.com
www.myspace.com/thehearsemenfromsweden
chris
Upsal (en suédois Uppsala), cité universitaire à 70 bornes au nord de Stockholm et jadis siège du paganisme et des rois de Suède (venus y effectuer des sacrifices aux divinités), regorge-t-elle pour ces sombres raisons de jeunes têtes blondes au regard innocent mais aux noirs desseins musicaux? On ne va pas mener l’enquête jusque là et mobiliser toutes les troupes de Desert Rock pour éclaircir ce mystère. Tant que la musique en vaut le détour.
Ici, on sort du carcan généré par Dozer et surtout ses avatars. Les riffs et tempos oscillent entre stoner et doom un peu à la façon de Bongzilla. Le côté un peu cradingue des guitares renforce d’ailleurs cette connotation. L’ombre d’Electric Wizard plane d’ailleurs sur l’ensemble si l’on considère les strates bruitistes qui viennent parachever l’édifice sonore.
Le caractère plus ralenti des tempos n’empêche pas au set de libérer une dynamique très appréciable. La voix, quant à elle, trouve son chemin dans un registre tantôt clair tantôt crié (sans tomber dans le criard). On aimerait néanmoins qu’elle ait plus de présence au fil des morceaux. La section rythmique est sans reproches.
Qu’on ne s’y trompe pas! Sur cette démo composée de 3 titres, le groupe révèle de multiples facettes et une superbe maîtrise des tempos et changements de rythme. Le son est de très bonne facture et ce groupe, s’il est tout récent, comprend en son sein des musiciens d’expérience ayant déjà officié dans les groupes Douglas Fir et Deviant dans le passé. Mais ceci relève d’un autre exercice de style.
Des brefs contacts que j’ai pu entretenir avec eux, les musiciens semblent particulièrement motivés, ce qui, avec cette très bonne démo, vous donne une excellente raison de checker régulièrement les adresses ci-dessous.
Contact:
www.sankterik.info.se
www.myspace.com/sterik
Thib
(2007)
Formation bicéphale australienne animée par Ben à la batterie et Toby à la guitare, ces nouveaux venus dans le monde du stoner bien barré débarquent avec une première autoproduction totalement instrumentale.
Les tordus qui hantent ces pages feraient bien d’aller voir sur leur myspace ce qui s’y trame car ce groupe attiré par les côtés psychédéliques, sludge et doom du style fomentent des compostions du plus bel effet qui ne sont pas sans me rappeler Om par l’aspect oppressant dans lequel elles évoluent.
Le premier des six titres présents sur cette sortie, “ The Porch” fait tourner un riff simple durant plus de quatre minutes en diversifiant ça et là les lignes de batterie dans un style qui n’est pas sans rappeler “Gardenia”. Suit “Massolli” dans un registre voisin, mais avec force-insistance sur les cymbales et une guitare très saturée. On passe à “Get High Motherfucker” qui démarre à fond de cinquième avant de baisser les tempi pour s’aventurer dans un style nettement plus doom et vicié avant de laisser la place à “Sutter Cane” qui part aux antipodes tant il semble léger après la litanie qui l’a précédé ; qu’on ne s’y trompe pas non plus, ce morceau demeure dans un style bien tordu même s’il s’achève de manière rapide avec son martèlement dans la plus grande tradition du schlack-boum-schlack que les keupons affectionnent par-dessus tout.
L’avant-dernière plage plonge une fois encore dans les tréfonds du côté obscur et ses riffs nous ramonent carrément la boîte crânienne…on n’est pas ici pour rigoler. “7 Minutes Of Tape”, qui porte un nom mensonger puisqu’il faudra attendre un peu plus pour voir s’achever cette composition dont la genèse est un larsen qui ravira vos voisins lorsque vous l’enclencherez avec le vu-mètre dans le rouge, s’adresse aux amateurs de sensations fortes et hypnotiques en condensant les aspects les plus inabordables des autres morceaux de la présente plaque. Un must quoi !
Mis à part le son volontairement grailleux et parfois sourd, ce premier jet devraient rapidement conquérir son public. Vivement la suite !
Contact :
www.hotelwreckers.com
Chris
(2008)
Ca vient du pays des surgelés et ça se décline dans un registre sonore déjà bien balisé et connu, nos 4 suédois nous balancent ici une sauce grasse et visqueuse aux grooves et percussions très agréables à l’oreille. Pas vraiment l’occasion de s’étendre sur le sujet sans éviter le bis repetita de chros précédentes tant le son et la prod – corrects, disons-le – nous sont familiers dans le monde du stoner scandinave. Disons ici que leur musique a plutôt tendance à flirter avec le doom, voie même le sludge par-ci par-là, par sous de justesse.
Alors quoi ici? Cliché habituel? Ressassé de chez ressassé? Pas tout à fait… The Graviators nous évoluent certes dans des mid-tempos caractéristiques mais l’originalité se trouve dans l’usage subtil du rythme 7/4 très surprenant pour ce genre d’exercice (si vous vous demandez ce qu’est un rythme 7/4, écoutez le riff du couplet dans le tube Money de Pink Floyd sur l’album Dark Side Of The Moon). On tombe vite dans le piège qui consiste à deviner avec condescendance l’étendue du riff lorsque, tout à coup, on s’aperçoit que celui-ci comporte une mesure supplémentaire et on est bon pour revoir sa copie et surtout son opinion au sujet des compos de ce groupe. Vraiment surprenante, la construction des morceaux nous fait vite comprendre que le stoner scandinave est toujours capable d’explorer des voies encore vierges pour le plus grand plaisir des amateurs du genre.
Côté influences, on pense à Witchcraft, Sleep et Electric Wizard de prime abord. Tout est bien en place, absolument rien à redire sur la qualité des musiciens si ce n’est que l’on aimerait un peu plus d’originalité dans la texture du son. Le mix de cette autoprod est très correct mais n’a rien de bluffant non plus.
En bref, ça doit vraiment valoir la peine de voir ces gaillards se démener sur scène à l’écoute de cette démo convaincante.
Sites du groupe:
www.myspace.com/graviators
Thib
(2007)
Puisque les Ricains ont planté les cépages du bordelais dans la Napa Valley c’est un peu le juste retour des choses qu’une formation de la Gironde sorte ces jours une première plaque de heavy rock de derrière les fagots qui fleure bon les influences californiennes. Mother Of Pearl s’est constitué l’an passé à Bordeaux autour de Guilain à la batterie, Olivier à la guitare, Rolando à la basse ainsi que Fabrice au chant. La formation a écrit depuis une bonne dizaine de titres originaux et elle nous en livre cinq sur cette galette qui atteint presque la demi-heure.
Mise en boîte en une journée à grands renforts de bière et de fumigène, cette démo a été prise live à l’exception des chœurs et, même si l’ampli du gratteux a décidé de faire des siennes la veille de la session, le rendu est de bonne facture au niveau technique. Je ne sais pas si c’est l’urgence – environ six heures d’enregistrement studio -, la maturité des membres du groupe dont la moyenne d’âge tourne autour de trente-cinq piges ou le fait de devoir dompté un nouvel ampli guitare, mais l’énergie que dégage ce premier effort est bien séduisante dans un registre à la fois fuzz et rock’n’roll tout en restant bien heavy.
On débute les hostilités avec ‘Bloodsuckers’ qui groove dans un trend assez proche de Monster Magnet ou d’Atomic Bitchwax ; ça balance bien et les parties rapides alternent avec des instants plus lents. Les refrains repris en chœur et les soli de six-cordes très présents sur ce premier titre nous en disent long sur ce que ces seniors ont pu écouter durant leur adolescence. La seconde plage intitulée ‘So tired’ débute de manière lancinante avec une partie vocale presque grandiloquente qui lorgne vers le rock progressif jusqu’à que des murs de guitares appuyés d’une rythmique lourde ne viennent se joindre à la partie. Plutôt lente, cette composition laisse à nouveau le champ libre à la gratte solo juste avant de se terminer et c’est le titre qui me laisse le plus froid sur cette autoproduction que j’ai écouté en boucle une bonne quinzaine de fois.
Avec ‘Mud Cum fire & Blood’ on change un peu de décors. Cette plage qui excède les sept minutes débute sur un bon vieux riffs de basse bien distordue à la Cliff Burton puis, après deux trois accords qui envoient du bois, rétrograde pour aller défricher des horizons intimistes qui pourraient bien vite lasser si un énorme déluge de décibels ne venait l’interrompre régulièrement avec une énergie bien communicative. Ce titre détonnant bascule dans un jam d’enfer carrément excellent dans un style assez proche de Sparzanza ou On Trial. Passons à mon préféré : ‘Makin A Livin’, cette compo énergique bien burnée tourne juste et bien ; le côté Kyuss de ce titre est particulièrement appréciable et séduisant. La partie vocale plus énergique et compressée que sur le reste du disque adhère admirablement à la trame musicale juste heavy comme il faut. Avec ‘Little Eagle’ on a droit à une intro et un riff de base à quelques encablures de ‘God Is In The Radio’ de QOTSA avant que cette plage ne prenne une direction nettement plus furieuse pour se terminer de manière bien psychédélique. Les Doors ne sont pas très loins de cette composition bien à l’esprit bien seventies.
Au final, ce premier jet ne dépareillera pas le moins du monde dans la discothèque des amateurs de Spoiler et de Black Nasa. C’est donc avec une certaine impatience que j’attends la suite des tribulations de ce quatuor hexagonal dont la première trace dans le sillon est des plus prometteuse et l’on se demande bien pourquoi ce genre de groupes doit faire preuve d’un véritable acharnement pour pouvoir se produire sur scène dans sa région vu ses qualités évidentes.
Contact:
www.myspace.com/motherofpearl1
chris
(2007)
Belle performance pour ce tout jeune groupe belge formé au début de l’année 2007, j’ai déjà entre les mains une démo autoprod riche de 9 titres. Nos amis nous annoncent la couleur à partir de la 2e plage et m’offre une belle plongée dans les réminiscences grungy de mon adolescence. On pense à Soundgarden, Alice in Chains, Stone Temple Pilots, Silverchair, Nirvana et autres héros tantôt oubliés tantôt disparus. La voix trouve d’ailleurs son timbre et ses sonorités après des défunts Kurt Cobain et Layne Staley. On remarque sur chaque morceau un souci constant de la phrase vocale typée et percutante. Timer a bien raison de concentrer aussi ses forces sur l’organe vocal.
Si le grunge bien enlevé de leur compos peut trouver sa place – aussi étroite soit-elle – dans les colonnes de Desert Rock, on peut peut-être se poser des questions sur les quelques rares passages funky de certaines plages. Mais bon, cela reste le choix des musicos.
La prod et le mix sont corrects pour une autoprod. On regrettera peut-être un peu le manque de patate général même à haut volume. Mais bon, je vais me calmer avec les critiques négatives car, si l’on considère qu’il en est à ses tout débuts, ce groupe possède un bon drive et des qualités mélodiques indéniables.
Patience, travail et longueur de temps dans un mix fait de force et de tempête devront en tout cas être de la partie pour permettre à Timer de se personnaliser et trouver sa voie.
Contact:
www.myspace.com/timermusic
Thib
(2007)
Elevé sous le soleil de la région PACA, No Shelter a suivi le cursus habituel des groupes de rock de province depuis deux-mille-un en se produisant un peu partout où il pouvait et en subissant un turnover régulier dans ses rangs. On est rocker ou l’on ne l’est pas et ces types-là le sont plutôt puisqu’ils ont persisté à vouloir se défouler sur leurs amplis pour assurer la bande son bruyante de leur existence et c’est sous forme de trio qu’ils ont rejoint les studios afin de réaliser ce premier ep de sept titres.
Au menu de cette plaque un mix de stoner et de rock garage bien lourd pour près d’une demi-heure de rock authentique qui sait être à la fois subtil ou aérien et terriblement heavy en blastant dans les règles de l’art. On aborde cette expérience musicale réalisée par les deux David et Yohan avec l’excellent ‘José’ qui met en place des textes en français sur une trame musicale heavy-rock bien burnée à la Dozer ; c’est rondement mené, sans fioritures et concis. On enchaîne dans un registre plus entraînant exécuté à grands coups de rythmiques martelées avec ‘Without A Sound’ qui oscille entre fuzz et rock indé couillu. ‘Alien’ relâche un peu la pression pour explorer un univers d’abord acoustique qui évolue à mi-morceau dans un délire sonique bien foutu.
Pièce maîtresse de cette livraison ‘Rappel’ – qui est le titre le plus long – est délivré tout en décibels sans la moindre trace de partie chantée avec une efficacité monstrueuse ; on s’approche grandement de l’univers de Monkey 3 avec la rigueur et la précision de ces riffs qui tournent en se métamorphosant autour du thème central : du grand art. ‘Pretty Face’ prend la relève dans un registre très groovant qui s’emporte par moments ; ce titre très influencé par le garage a des aspects qui me séduisent, mais l’empressement de l’exécution de certaines parties lui donne un rendu presque bâclé ce qui est dommage car il y a du potentiel. Alors on skip sur le bref ‘Fuck You’ qui est un déluge de sons très punkisant s’éloignant assez du style traité dans ces pages virtuelles, mais qui n’est pas franchement mauvais. On termine avec le titre éponyme qui est nettement plus fuzz et pugnace à la fois dans la plus pure tradition de groupe comme Halfway To Gone.
Un premier essai très convaincant qui envoie bien le bois avec vigueur et passion.
Contact:
www.myspace.com/groupenoshelter
chris
(2008)
Même si les rois-mages ne sont pas allés en Galicie, il nous arrive quand même une sympathique plaque autoprod de la péninsule ibérique sous le doux patronyme de Supa Scoopa inspiré de la chansons de qui vous savez.
De prime abord, il y a lieu de poser un constat ou plutôt un contraste musical propre aux compositions: Supa Scoopa alterne les passages atmosphériques limite intellos avec des gros riffs bien cinglants appuyés par des envois vocaux directs et sans finesse.
C’est vous dire que l’on est un peu malmené dès le début mais il y a lieu de faire remarquer que le band ose s’aventurer en eaux troubles et prend des risques, ce qui est un bon point. Et ils prennent en assurance au fil des plages, les musicos! On se surprend à des essais aux accents drone qui apportent une belle couleur à la palette sonore de leur plaque.
Au niveau de la qualité du son, on regrettera un peu le manque de mordant dans le son des grattes et le manque de patate au niveau des fûts. La basse n’offre pas non plus toutes les rondeurs appréciables mais, dans l’ensemble, il n’y a rien de catastrophique. Faut se dire qu’en autoprod, on fait aussi avec les moyens du bord.
Ok, je vous laisse le soin de découvrir ce groupe coolos qui se doit de nous offrir encore de belles et agréables surprises.
Contact:
www.supascoopa.com
Thib
(2009)
Après un premier effort intitulé ‘Démo Live’, le trio de Pantin sort une autoproduction éponyme bien soignée tant en ce qui concerne le contenant que le contenu. Tout débute avec une intro slidisante fomentée sous le soleil de plomb de l’Ile-de-France. Cette charmante petite attention écoulée on embraye sur le lourd. En effet, ce groupe formé de Pierre-Loup à la voix et à la gratte, de Sylvain à la basse ainsi que d’Olivier à la batterie affectionne le gros son bien burné et c’est tant mieux parce que ça leur réussit bien !
Hormis l’intro et un interlude nommé ‘Dreams Of A Dying Seed’, les Franciliens proposent quatre compositions qui envoient du gros bois quelque part entre Down et Orange Goblin sur cette nouvelle plaque mixée et masterisée par Manu Rousseau au White Wasteland Studio. De gros riffs distordus bien burnés se calent sur une rythmique carrée et efficace dans la plus pure tradition du heavyrock. Les textes sont balancés avec force hargne et se fondent brillamment dans l’ensemble sans jamais prendre l’ascendant sur les parties de six-cordes. Lorgnant parfois vers le thrash avec une exécution rapide et saccadée, les plans de gratte de base côtoient quelques parties moins distordues qui donnent un peu de relief aux morceaux imaginé par cette formation créée en deux-mille-sept.
Les influences metal du groupe se ressentent sur des titres comme le furieux ‘Revolver’ ou l’incroyable ‘Phoenix’ qui frôle les plans sludge à plusieurs reprises sans jamais passé du côté obscur. Mais le point d’orgue de cette autoproduction réside dans le déluge savamment orchestré qu’est ‘Lapidation Of The Weak’. Constituant le dernier titre de cette galette, cette tuerie prend son envol sur un gros riff carré bien lent dont le tempo s’emballe rapidement pour provoquer un mouvement d’aller et retour dans mes cervicales. L’ombre de Crowbar et de 16 plane sur cette composition percutante qui s’étend durant plus de six minutes en empruntant aussi les méandres du mid tempo. Du tout bon dont la suite est annoncée pour l’an prochain !
Contact:
www.myspace.com/thedyingseed
chris
(2008)
Espèce d’ovni dans le paysage du rock dur hexagonal, le groupe du Nord pratique un savant mélange de power rock, de rock psyché, de thrash, de hard rock et de fuzz. Difficile donc d’affilier cette formation à un style particulier car les plages explorent différents registres et leurs constructions assez alambiquées leurs donnent un rendu très spécifique. Certains gimmicks très heavy metal des années quatre-vingt côtoient des murs de grattes qui résonnent de manières bien stoner et le tout a un rendu final assez proche de Brain Police ou de Mustasch même si certaines lignes de batteries sont à des années lumières de ces groupes.
Cet ep promotionnel qui est la première étape avant un long format en deux-mille-neuf débute de manière très métallique avec ‘Mandrake’ et son riff plombé qui ouvre la voie à des vocaux compressés lesquels cèdent le pas à des chants clairs lorsque le groupe relâche un peu la pression en embrayant sur une structure plus calme durant laquelle les guitares ont le champ libre. Nettement plus fuzz, ‘Rose’ succède au premier titre en le prenant presque à contre-pied : les Nordistes font dans le moins bourrin et osent le français dans le texte avec cette plage foutrement en place qui tourne bien. Avec ‘Mayfly’, le combo ne lésigne pas sur les effets pour mettre sur les rails un titre qui évolue agréablement tout en retenue à la manière d’une bonne vieille balade lézardée de soli de guitare. Ce quatre titre se termine sur ‘Golden Wave’ qui est un titre de bon vieux hard français sur lequel Madrigal aurait jeté son dévolu il y a une vingtaine d’années.
Alors même si Crackmind n’est pas un groupe de stoner – et qu’ils ne revendiquent d’ailleurs aucune affiliation avec ce style – ils partagent les mêmes influences que la plupart des groupes présents sur ce site. Les aficionados de formations très orientées metal comme Crowbar ou Monstermagnet devraient retrouver leur compte avec ce groupe du cru !
Contact:
http://www.myspace.com/crackmind
chris
(2006)
On traverse différents courants musicaux fortement corrélés à travers l’écoute de cette plaque autoprod composée de 8 titres. Entre le grunge, le noisy et le teintes de desert rock, on a parfois un peu de mal à s’y retrouver. Non pas que mélanger les genres et les influences soit une hérésie mais l’ensemble, loin d’être décousu, donne une légère impression d’indolence, même si l’on sent bien que les musiciens en veulent et se donnent vraiment. A voir sur scène certainement.
Je poursuis ma 3e écoute attentive à différents volumes sonores et je commence à piger ce qui ne va vraiment pas: le mix. On a l’impression d’écouter la zique avec un couverture sur les enceintes, ce qui donne un son étouffé où toute forme de fréquences extrêmes a été rabotée? Mais le son stoner pur jus est sourd et lourd, me direz vous à juste titre! En effet, rien n’est plus vrai, à l’énorme différence près qu’on ne compresse pas le spectre sonore de cette manière pour aboutir à un flux javelisé/aseptisé. Il y a sérieusement matière à aller trouver le mixer…
A part cela, on retrouve une voix qui parfois s’aventure dans les expériences post-grungy de Melissa Auf Der Maur. Qu’on se rassure, ça ne finira pas en duo avec le père Sirkis d’Indobidule. Les grattes sont saturées et fortement compressées mais exécutent un exercice correct. L’ensemble basse/batterie souffre énormément de la légèreté ambiante et ne parvient pas à faire décoller le zinc. Dommage parce que je serais bien curieux de voir ces musiciens se démener furieusement sur scène. Ce putain de son gâche vraiment les nuances des compos qui laissent pourtant entendre de belles phases.
Bon, les filles et les gars (groupe mixte), retour au studio pour nous sortir un bon 4 titres mixé aux petits oignons svp!
Sites du groupe:
www.myspace.com/stakeoffthewitch
www.stakeoffthewitch.com
Thib
(2007)
L’Italie est vraiment à l’honneur ces derniers temps. Il doit se passer quelque dans ce pays à la botte sacrée. Ici, la gratte balance ses effluves directement sans concession et la section rythmique lui emboîte le pas fissa. De bons grooves, beaucoup de précision, un stoner faisant la part belle aux plans très dynamiques façon Fort ou encore Solace.
On a vite pigé que, ici, la prod et le mix ont été abordés avec une attention toute particulière puisque cette petite galette de 5 plages peut aisément rivaliser avec d’autres albums produits dans le genre. La batterie est très bien soignée et sa limpidité couplée à sa profondeur revêt des allures de bulldozer sans pitié.
Tout est bien en place: les séquences sont alternées avec précision et l’on s’aventure parfois dans les eaux des 2 premiers albums de QOTSA lors des breaks. La guitare et les autres instruments se font d’ailleurs plus légers et plus subtils pour l’occasion, un peu comme des mauvais garçons aux têtes bien peignées marchant religieusement vers l’église pour leur messe dominicale. Mais c’est pour mieux induire l’auditeur en erreur puisque le feu reprend de plus belle dans des riffs enlevés et destructeurs. L’autel devant lequel les musicos s’agenouillent est bien celui du rock et non celui d’un charlatan quelconque livré à la bêtise et la vindicte populaires.
La voix est très correcte et évolue dans un registre entre clarté et rage. Ce quatuor doit encore trouver sa voie dans des lignes de chant plus personnelles afin d’imposer sa marque de fabrique. A l’écoute de cette démo, c’est chose faisable indubitablement.
Site du groupe:
www.myspace.com/thebrainwashingmachine
Thib
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