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Après 2 ans d’absence, revoilà nos frenchys normands de Headcharger, avec le successeur du très bon « The end starts here ». Intitulé « Slow motion disease », ce quatrième opus s’éloigne (définitivement ?) des frontières du stoner avec lesquelles son prédecesseur flirtait et établit clairement ses quartiers dans le monde du rock n’roll gras et couillu. Le titre d’ouverture « All night long » donne d’ailleurs le ton et pose clairement cet album en digne du successeur du précédent effort, tant il est imprégné de ce que laissait déjà entrevoir « The end starts here ». Les 12 morceaux de cette galette sont donc autant de titres hard-rock pur jus que n’aurait pas renié The Almighty. Certaines sonorités me font d’ailleurs immanquablement penser au gang de Ricky Warwick. Résultat : ce « Slow motion disease » est beaucoup moins « complexe » que le(s) précedent(s) opus, et donc plus facile d’accès……pour un plaisir immédiat. Le seul reproche que l’on peut faire à ce disque vient, en l’occurence, de son côté finalement assez conventionnel : « Slow motion disease » n’apporte pas grand chose de nouveau au sujet et a déjà été entendu par le passé à maintes reprises. Les amateurs d’AC/DC (cf « Should be runnin’ ») et consorts peuvent donc se jeter les yeux fermés sur cet album qui ne manquera pas de les satisfaire, d’autant qu’une édition avec un DVD bonus (et live) et disponible dans le commerce. Quant à ceux que font frissonner les expériences musicales nouvelles : passez votre chemin.

7 Weeks, un groupe français que nous apprécions particulièrement en ce lieu, a saisi une opportunité séduisante : composer (et jouer en live) une bande originale alternative au film de Bob Clark “Dead Of Night” (aussi connu sous le nom de “Deathdream”). Ce film dérangeant, sombre, typique des films d’horreur des années 70, allie une puissance formelle (un peu surannée, mais toujours marquante) à un sous-texte assez virulent et des analogies intéressantes (allusions à la guerre du viet-nam, etc…), à l’image de certains films de Romero ou Fulci… Bref, un matériel particulièrement stimulant, dont la bande originale originelle (désolé pour la répétition) était déjà intéressante ! Sacré challenge, donc. A noter par ailleurs que le groupe considère cette expérience comme un album parallèle dans leur carrière, et non pas forcément dans la continuité de leur excellent “All channels off”. Passé ce constat, à l’heure d’émettre un avis, je me trouve partagé entre deux points de vue et me refuse à trancher. Je vous propose donc deux visions de cet album, atypique :
Point de vue n°1 : le pur fan de stoner.
7 Weeks n’a jamais été quoi qu’il en soit un groupe de “pur” stoner, il s’agit plutôt d’un groupe de metal sous grosse influence stoner, entre autres… Donc dans tous les cas, si vous n’aimiez pas auparavant, passez direct votre chemin : les éléments stoner de la musique des limougeauds ne transparaissent quasiment jamais via cet exercice. Evidemment, on espère que ça ne présume pas de l’évolution musicale du groupe (on garde un regard amer sur le début de carrière de Bukowski…), mais on se doit d’apporter un regard neuf sur cette production, d’où…
Point de vue n°2 : les autres.
Confronté à ce genre d’opportunités, un groupe aussi ambitieux que 7 Weeks ne peut pas refuser de se frotter à l’exercice de style. Exercice intéressant (on se rappellera de groupes comme Mÿguk qui s’y sont essayé avec réussite sur “Le dernier des hommes”, un classique muet cette fois de Murnau), potentiellement casse-gueule. Quitte à se laisser un peu emporter ?… En effet, le groupe laisse un peu en retrait sa propre musique pour servir un propos qui n’est pas le sien, se mettant complètement au service d’un film en l’occurrence. Or le désormais trio s’en sort bien. Il faut dire aussi que le groupe évolue accompagné d’un claviériste très présent : synthés et samples occupent une place qui pour ma part me paraît un peu préjudiciable à la dimension même de la prise de risque. En effet, il aurait été d’autant plus remarquable de retranscrire les ambiances sordides du film armé de leurs simples instruments… Mais c’est mon goût personnel (j’avoue que tout clavier conçu après 1979 ne trouve que rarement grâce à mes yeux…). Passé ces considérations pédantes, je me dois de reconnaître la qualité de ce disque, qui ne s’écoute certainement pas comme un album de rock : morceaux déstructurés, ambiances différentes, logique et progression musicale inexistante… Hors sujet ! D’ailleurs, l’album ne retranscrit que la moitié de l’exercice, puisqu’il ne dure que 45 minutes alors que le film en dure le double. Dans ce format, on notera une poignée de riffs intéressants (voire captivants), notamment sur “Andy” (séparé en 2 parties) probablement le morceau le plus accrocheur, “Coming home” ou encore le très rock “At the drive-in”. “Four again” qui clôt la galette est probablement ce qui se rapproche le plus d’un titre “classique” de 7 Weeks, et il dépote pas mal. Le reste n’est qu’ambiances glauques et ténébreuses, tension nerveuse musicalement induite, sons de guitare hantés…
Bref, ce disque qui ne ressemble à aucun autre est particulièrement intéressant, et je le recommande chaudement aux esprits les plus ouverts. Attention toutefois aux fans de stoner, ils pourraient être échaudés…
Troisième galette pour Hermano, pas la moins attendue. Pas la plus mauvaise non plus. Inutile de vous faire languir, si vous avez apprécié “Dare I Say”, vous aimerez ” Into The Exam room”. En revanche, si vous espériez un retour en grâce vers la période de “Only A Suggestion”, pas la peine de rêver.
L’album commence donc par un brûlot que beaucoup connaissent déjà via la page myspace du groupe, “Kentucky” : pas vraiment “neo metal”, ce titre au riff sec bastonne quand même pas mal. “Exam room”, qui suit, ressemble juste à un exercice de style, original et pas forcément raté, et il reste en mémoire après seulement 2 à 3 écoutes.
On croisera à partir de là trois types de compos sur cet album :
– les morceaux plus lents, proches des power balads (de l’acoustique au très électrique), sur lesquelles Garcia pose ses lignes de chant suaves et chaudes : superbement gaulées, bien jouées, au final, on préfère quand même les morceaux avec plus de pêche (“Dark Horse II”, “Out of key”, “Hard working wall”)
– les mid tempos rageurs : le groupe sait qu’il excelle tout simplement sur cet exercice. Les riffs sont acides; les rythmes lancinants (voir l’impeccable “Left Side Bleeding”), les arrangements nickels. Vraiment, Hermano n’a rien à prouver sur ce terrain, ils maîtrisent ces compos à la perfection : riffs, breaks, soli, chœurs, tout est impeccable. (“Don’t call your mama”, “Adoption boy”)
– les morceaux plus pêchus, giclées metal bien fournies, dernières cartouches dont Hermano a gardé la marque de fabrique. Même si cette dernière catégorie, la plus jouissive aussi, ne représente pas la majorité des titres de l’album, loin s’en faut, des morceaux comme “Our desert home” dépotent quelque chose de bien. Que le “revenant” Mike Callahan soit à l’origine du riff “support” de ce dernier titre ne surprendra pas ceux qui, comme moi, voient en ce jeune guitariste discret l’un des plus grands maîtres riffeurs metal de la nouvelle génération.
Au final, on regrettera dans cet album la trop forte proportion de tempos intermédiaires, qui rendront notamment le “ventre” de cet album (les morceaux du milieu) un peu mou. En revanche, les amateurs de mélodies, de compos hard rock aux petits oignons, y trouveront plus que leur compte !
Quid des amateurs de stoner ? Ne nous leurrons pas, ce n’est pas parce que Garcia a fait partie de Kyuss qu’il porte le “sceau sacré” sur tout ce qu’il a touché depuis : Hermano n’est pas un groupe de stoner, et ils le confirment avec cet album.
Concernant l’évolution du groupe, il faut aussi se faire une raison : tandis qu’en 1997/1998 Hermano représentait le projet le plus bandant de la planète, il est devenu avec ses deux derniers albums un groupe, avec des musiciens dédiés : plus professionnel, plus carré, on gagne en confiance en soi des musiciens (plus mûrs aussi) ce que l’on y a perdu en rage et en “urgence”. Ce n’est ni une perte, ni une évolution “naturelle”, simplement un constat sur un autre contexte musical, qu’il faut accepter. Tant qu’ils font toujours des albums bien foutus.
Chroniqué par Laurent

The Muggs était un groupe d’illustres inconnus pour moi avant d’enfourner leur présente galette dans mon lecteur CD. Trio étrange natif de l’industrielle et austère Detroit, ces gars-là avaient tout pour accoucher d’un brûlot graisseux, un uppercut froid et rèche, à l’image de la vie dans cette ville désolée, où la musique est trop souvent uniquement un exutoire. Et bien non. La musique de The Muggs est légère, datée (ou plutôt “hors du temps”), subtile…
Trio de formation presque classique (guitare, batterie… et orgue/basse Fender Rhodes !! Typique des 70’s !), les Muggs ont manifestement un peu bloqué sur les années 70 pour abreuver leur son et leurs compos : le son de gratte, impeccable, est juste saturé comme il faut, le chant est clair et légèrement rocailleux. La basse tout comme la batterie accompagnent le tout très discrètement, comme au bon vieux temps, à l’époque où il était commun que la paire rythmique assure modestement le taf dans le fond de la scène, hors des spotlights, mais sans effort et avec classe… De temps en temps, un solo de gratte venu de nulle part vient emmener l’ensemble, sans trop en faire. A noter une prod particulièrement croustillante, avec un son impeccable, un peu de slide ici ou là, du piano…
Les compos sont à la hauteur de ces premières louanges : le sympathique “Slow curve” entame de manière joviale les hostilités, la bave aux lèvres, et ouvre la voie à des titres plus mid-tempo (“All around you”) voire des balades étonnamment pas trop chiantes (“Curbside constellation blues”, “Never know why”), même si le soufre n’est jamais très loin avec des titres bien plus enlevés (“Get it on”, “Down below”).
Ce disque est à recommander aux fans des vieux Aerosmith (pas ceux de maintenant, ceux qui avaient 30 ans de moins !), et des autres anciens combo hard rock de la grande époque. Les fans de doom ou de stoner traditionnel n’y trouveront pas leur came, mais les plus ouverts d’esprit y prendront la même dose de plaisir qui fut la mienne lors des dizaines d’écoutes de ce disque.

J’adore SHEAVY, ils sont vraiment excellents. Si je devais donner quelques noms de groupes pour décrire le “bon” stoner, je citerai SHEAVY (tiens, je crois avoir répondu à ce genre de question récemment sur le forum, et je les ai peut-être oublié… oups !). Ils ont l’originalité, les influences qui vont bien, l’attitude, le son, le talent… Ils déchirent.
Bref, alors que j’ai pas encore mis la main sur leur nouvelle offrande, “Republic ?”, j’ai quand même dégoté leur nouveau DVD, “Republic ? at the Masonic Temple”… et j’aime ! Déjà un groupe de notre “sphère” qui sort un DVD, ça a de quoi réjouir, c’est assez rare pour être noté. Mais en plus un DVD aussi orgasmique, c’est le panard.
Niveau interactivité et autres, pas la peine de se caresser en y pensant : c’est du live, que du live, et l’interface du DVD est limitée à sa portion congrue : un menu d’accès aux chansons.
Mais on est pas là pour jouer aux billes, on enfourne la galette dans ce pauvre lecteur DVD pas trop habitué à cracher du bon son du 5.1 !! Ben ça lui fait tout drôle (et aux voisins aussi, tiens).
Niveau concept, ça va pas chercher non plus méga loin : c’est un concert filmé, le 10 mai dernier pour être précis. Un concert qui ressemble un peu plus à une sorte de répétition pour potes, dans une grande salle dans leur bonne ville de St John (Canada), avec le public autour du groupe. Un public trié sur le volet d’ailleurs, puisque l’événement était uniquement accessible sur invitation. La salle grouille de cameramen en herbe, disséminés un peu partout, ce qui donne au final un DVD jamais ennuyeux car filmé sous plein d’angles différents. L’image est donc cool, de bonne qualité.
Au niveau du son, ben rien à dire, le public étant particulièrement calme, on dirait une sorte de concert “rien que pour moi” de SHEAVY, ce qui flatte à la fois mon ego et mes oreilles. C’est du tout bon, et faire passer ça par une demi douzaine de haut-parleurs autour de moi me donne des frissons dans tout l’échine !
En ce qui concerne les chansons, je le répète, je n’ai pas encore le dernier album, mais cette petite merveille le reprend en intégralité, ce qui explique que sur 18 chansons (oui 18 !!! Y’a pas vol sur la marchandise !), je ne les connaisse pas toutes. Et elles sont bonnes, ces nouvelles chansons, sacré bon sang de bonsoir ! Franchement, déjà ça joue super bien, mais les compos assurent velu. Musicalement, ça balance, avec en plus l’ajout d’un second guitariste pour permettre à Dan Moore de tricoter les soli cristallins dont il a le secret. Entre le petit nouveau batteur Kevin Dominic (physiquement l’antithèse du cliché du rocker : un petit ventru moustachu avec une calvitie bien entamée : on l’imagine plus en voisin de palier des Bidochons que derrière les fûts d’un groupe de rock – et pourtant, il martèle, le fou !) et Keith Foley, bassiste impeccable, la rythmique est impeccable.
“Scéniquement”, pour reprendre un terme devenant très Staracadémien, il n’y a que le vétéran Steve Hennessey, le chanteur, qui court un peu partout, saute, tourne, bref, bouge un peu sur cette scène, les autres paressent un peu trop coincés ! Mais il est là, lui, et il assure. Or c’est quand même lui la voix du groupe, sa marque de fabrique. Son timbre, que l’on a si souvent comparé à celui d’Ozzy (qui nous manque tant depuis son décès, RIP Ozzy…), est irremplaçable, et représente vraiment la première marche, la plus apparente, vers l’inévitable comparaison à Sabbath. Mais ils ressortent grandis de cette comparaison, y ajoutant une fougue, une originalité et une franchise dans le propos qui ne peut que toucher le plus mélomane.
A noter que pour ne pas voler le consommateur (on croit rêver !!!) SHEAVY s’est même fendu de quelques sympathiques séquences “historiques” de leurs débuts, ou même plus récentes lors de leurs enregistrements. Encore une fois, honnête, fun…
Bon, bref, je vais pas en faire des tonnes (ah merde, quelqu’un me dit que c’est trop tard, que j’en ai déjà fait des tonnes) : tout ce temps que je passe à taper cette chronique sur mon clavier, je le passe loin de ma TV, et j’ai “Kill Queens Go Disco” qui m’attend ! Si vous connaissez pas SHEAVY, achetez leurs skeuds, et tant que vous y êtes, prenez le DVD. Si vous connaissez (et, donc, évidemment, appréciez) SHEAVY, magnez-vous de dégoter ce DVD. Aucune retenue à avoir. C’est un investissement sûr. C’est tellement rare, de nos jours.
Straight to the point! Ou droit au but, si vous préférez. Les vikings suédois de Deville débarquent ici de leur drakkar avec un second opus planqué sous leurs oripeaux. Si le premier album très prometteur ne débordait pas de fioritures, celui-ci se profile en droite ligne dans une veine épurée et hypnotique à qui mieux mieux. Les voyages forment la jeunesse, disaient-ils… forts de plus de 70 dates à travers l’Europe, Deville a pu regagné ses pénates pour nous pondre cet excellent Hail The Black Sky fraîchement mûri dans le bois des barriques en cale.
Les riffs simples et implacables s’abattent sur l’auditeur comme le marteau de Thor. Tel Aegir en parfait hôte des dieux, les membres emmènent leur public dans des eaux troubles et sombres pour des rencontres avec des sirènes animées des pires intentions. Et on y plonge la tête la première pour en ressentir la noirceur et la mélancolie des meilleurs morceaux de Black Sab, Kyuss et Soundgarden.
Pas si évidente de prime abord malgré une recherche évidente d’un style dépouillé, la plaque nous révèle une facette plus introvertie du groupe. Ce qui est frappant au fil des écoutes, c’est cette apparente obsession du riff ultime permettant, sans grands changements, de faire office de plage à lui seul. Un exercice périlleux dont Deville s’acquitte très honorablement.
Le son est d’excellente facture et le mix ne souffre aucune faiblesse. Les 4 membres jouent en parfaite osmose. Que demander de plus? Ah oui! On donnera une mention toute particulière à la voix et aux intonations d’Andreas, ces dernières étant si typées que le quatuor en conserve une personnalité réelle en dépit des groupes-phares citées plus haut. Envoyez la commande!

Le premier album de Baroness n’avait pas laissé les membres de desert-rock indifférents ni même le publique avec un bon accueil de manière générale. Les voici donc de retour pour un second effort au titre toujours aussi minimaliste puisque les gaillards entrent dans leur période bleue.
La première chose à dire c’est que l’album est très varié. En partie grâce aux interludes plus calmes que l’on trouve disséminés tout au long de l’album. Je ne vous cacherai pas que certains risquent de trouver cela un peu mou mais objectivement c’est tout de même bien écrit et loin d’être désagréable. N’en reste pas moins que cela donne une impression de continuité pour un album qui semble avoir été pensé dans sa globalité. Les compos par contre semblent assez inégales. Que ce soit d’un titre à l’autre ou au sein d’un même titre, on se prend parfois à être imprégné par leur musique pour décrocher ensuite et se sentir extérieur à ce bruit. La faute à mon avis à quelques facilités, en particulier dans les soli de guitares que j’attendais plus travaillés. Ne boudons tout de même pas notre plaisir, cet album est au dessus de la moyenne et saura séduire plus d’un amateur de riffs mais ne vous attendez pas à une claque.
Baroness sans décevoir ne nous balance pas le disque ultime que certains attendaient. On attendra donc la période verte… ou orange… ou noire…

En l’espace de 6 mois, ce Full Fathom Five est la troisième offrande live de Clutch. Mais contrairement au Heard it All Before et au Live at the Corner Hotel, ce nouvel album est une compil d’extraits de différents concerts de la tournée 2007/2008. Cerise sur le gâteau : il est disponible dans une version DVD.
Bon, c’est vrai que de prime abord, les objets ont de quoi laisser perplexe : il n’y a pas de livret d’accompagnement, le menu est minimaliste sur le DVD. Mais après tout on s’en fout, et Clutch aussi, car l’essentiel reste la musique qui nous est proposée. Et autant le dire tout de suite : ce n’est pas aujourd’hui que je dérogerai à l’habituel « Clutch est énorme », yada, yada, yada…..
Pour paraphraser feu Claude François, comme d’habitude le combo du Maryland fait parler la poudre. Les enchaînements sont simplement parfaits de maitrise et diablement efficaces (« The Dragonfly »/« Child of the city », « The Soapmakers »/« Burning Beard »….). Et que dire des « The Mob goes wild », « The Elephant Riders » ou « Electric Worry » (avec Eric Oblander à l’harmonica)
Bref, pour passer un chouette moment dans son canapé devant sa télé, ou dans sa voiture dans les bouchons, ce Full Fathom Five est indispensable pour tous les inconditionnels du groupe, ainsi que pour les amateurs de musique groovy.
Et si vous êtes vraiment réfractaire à l’idée de posséder un album patchwork d’extraits live, rabattez-vous sur un des nombreux concerts de Clutch déjà disponibles.
Ce DVD est sorti dans le plus remarquable anonymat ces dernières semaines, et il se fait même bien discret dans le fond des bacs de nos disquaires. Et pourtant, un DVD de Karma To Burn, voilà qui en aurait fait fantasmer bon nombre d’entre nous pendant des semaines ! Un rapide coup d’oeil au contenu du disque et déjà, la bave nous vient aux lèvres : pas moins de 3h30 de vidéos live, excusez du peu !
Comme son nom l’indique, l’essentiel de la galette propose un captage vidéo lors de la dernière tournée de reformation du trio, tournée qui a laissé des marques chez ceux d’entre nous qui ont pu les voir sur scène à cette occasion. Le concert est essentiellement filmé près de leurs terres de prédilection, en West Virginia, et est complété de onze titres glanés ici ou là sur d’autres dates ricaines. Pour remplir le DVD, le groupe a fouillé dans ses archives personnelles, pour en ressortir des perles filmées entre 1997 et 1999 : pas moins de 17 titres en rab !
Niveau qualité vidéo, rêvez pas quand même : sur votre nouveau téléviseur de 2 mètres de large full HD de la mort machin truc, ça va être limite baveux ! Franchement, le filmage est de qualité sommaire : les concerts 2009 sont filmés à plusieurs caméras, mais dans un petit club, avec peu de place pour évoluer. Il y a donc pas mal de caméras sur pied (dont une rigolote du fond de la salle, sans doute posée sur un haut parleur car elle tremble à chaque coup de grosse caisse !), quelques caméras mobiles, et le montage est assez discret. Pas une très grosse prod, c’est sûr, mais pas pourri non plus ! On peste surtout sur les éclairages minables de la salle, tout en nuances magenta bien pourraves, dommage. La prise de son est très correcte.
Concernant les vieux concerts, là en revanche, la qualitré est plus modeste : généralement une seule caméra, parfois le son est repris depuis la table de mixage, mais globalement, les vidéos ont plus valeur de témoignage que de démonstration technique ! Du travail de fan probablement. Tout à leur honneur, notons l’honnèteté du groupe, qui mentionne sur le track listing au dos du DVD que ces vidéos sont filmées avec une seule caméra ; pas leur genre d’arnaquer les fans. Ces derniers extraits filmés sont quand même bien sympas, et notamment une reprise du “La Grange” de ZZ Top avec Neil Fallon de Clutch au chant ! Autant vous dire que ça déboîte…
Au final, pour une modeste poignée de brouzoufs, ce DVD saura en donner aux fans pour leur argent, et permet à tout amateur de stoner de s’offrir un DVD live (ce qui déjà est bien rare) permettant de passer d’excellents moments à headbanger au coin du feu pendant les soirées d’hiver.
J’avais évoqué ce fameux ( quasiment mystérieux pour ma part jusqu’à ce début d’année 2007 ) groupe dans ma chronique de ‘Hex’ de Bigelf. Je n’étais malheureusement pas encore en possession de leurs albums ( car oui, le second vient déjà de sortir, j’adore découvrir des groupes déjà établis, ça fait toujours plus de merveilles à se procurer d’un coup ) mais la donne a changé ! Qui plus est, les températures estivales trop largement en avance cette année en font un parfait compagnon d’écoute.
Quid donc de ce fameux trio se cachant sous le nom à rallonge ‘Golden Pig Electric Blues Band’ ? Je pourrai me la couler douce et dire qu’il résume parfaitement leur musique. Mais bon, d’un, c’est faux et de deux, il faut bien que je me décarcasse pour vous donner envie d’écouter ce groupe de stoner plus qu’un autre.
Imaginez donc un trio de chevelus, un brin écolo, qui comme Bigelf, aurait comme idoles Black Sabbath et les Beatles. Comme Bigelf, la fusion des styles est plaisante, mais bien plus primitive et sauvage, les musiciens n’ayant pu museler leur coté redneck surgissant de la forêt profonde qui transparaît à la fois dans un son metal stoner/doom tétraplégique, des refrains endiablés alcoolisés et des solos sudistes pas piqués des hannetons.
Avec un tel son, on pourrait classer cet album sous la rubrique heavy rock parmi un nombre incalculable de disques, mais la particularité du GPEBB tient dans son chant. Des vocalises en chant clair, complètement bancales, qui donnent une touche attachante à leurs compositions et qui, je dois dire, a beaucoup joué dans mon appréciation.
Chaque morceau, composé de riffs hargneux et rocheux, devient une sympathique comptine décalée aux mélodies persistances dès que les voix entrent. Leur formule est tellement bien rodée que même leur reprise des tontons Lennon et Cartney s’en retrouve transfigurée, arabisée, pour un résultat des plus délectables, me faisant penser, à moi le non-fan ( oui, nous avons tous nos tares, moi c’est (entre autres) de ne pas accrocher au quatre de Liverpool ) que plus d’heavyness dans leurs classiques aurait fait de moi un amateur inconditionnel.
En jouant la carte de la simplicité et de la franchise (pas besoin de chercher bien loin leur influences tant elles sautent aux oreilles), le Pig orchestra signe un album original même si peu novateur (paradoxal ? Pas plus que faire côtoyer le Sabb’ et les Beatles à mon avis), mais surtout rafraîchissant et loin de toute ambition autre que le plaisir de faire de la musique.
Voici que nous arrive la nouvelle livraison de Brant Bjork And The Bros, peu après la sortie du mini album acoustique Tres Dias. Michaël Peffer a quitté le groupe et est remplacé par Alfredo Hernandez (ex-QOTSA, ex-Kyuss) à la batterie. Ami de longue date, il a déjà collaboré plusieurs fois avec Brant Bjork (Ché).
Sans être radicalement différents, chaque album de Brant Bjork est une pièce unique doté de son identité propre. Il est donc assez difficile d’anticiper la première écoute de ce nouvel album sobrement intitulé Somera Sol. Saved By Magic sorti en 2005 était un excellent album, celui-ci sera-t-il confirmer la direction musicale entamée deux ans auparavant ?
Turn Yourself On ouvre le bal de façon parfaite avec son rythme simple et efficace et nous plonge directement dans le bain. Agrémenté d’un solo fort sympathique qui montre à quel point l’ami Brant peut maintenant à juste titre être considéré comme guitariste à part entière, cet excellent titre laisse préfigurer de ce que sera le résultat final. Si je devais résumer en quelques mots je dirai que ce n’est pas révolutionnaire mais que c’est bougrement efficace.
L’ensemble de l’album est très varié. Tantôt calme, tantôt rock, cette variété tourne autour de plusieurs points communs : la qualité d’écriture, d’interprétation et de réalisation.
Cette variété prend tout son sens avec des titres comme Lion Wings et Blood In The Gallery. Le premier avec la présence du saxo pourra surprendre mais assurément pas décevoir. Ce titre laisse entrevoir de nouvelles possibilités. Une sorte de test grandeur nature que tente là Brant Bjork. Et que dire du deuxième, écrit conjointement par Dylan Roche et Mario Lalli, qui titille notre imaginaire en nous laissant penser qu’une implication plus importante des membres du groupe dans l’écriture de nouvelles chansons permettrait au combo de passer un cap supplémentaire.
Bref, difficile de trouver un point faible à ce disque, mais très simple de trouver dix raisons de vous le procurer (les dix titres de cet album bien sûr). Les Bros ont une nouvelle fois été capables de confirmer tous les espoirs et ont, mine de rien, laissé présager d’un avenir musical varié et riche. On attend déjà le prochain album avec impatience.

Les Transalpins de Reverend Bizarre avaient décidé de mettre un point final à leur tribulations dans le petit monde du doom après leur tournée de l’automne deux-mille-six et un album à enregistrer début deux-mille-sept. Comme mentionné sur leur site internet : ‘Christs may come and Christs may go but Caesar is forever’.
Cette troisième et ultime plaque, balancée par un moribond, était sujette à fortes spéculations auprès de la congrue communauté des amateurs de doom. Alors-là ça me troue le cul parce que non seulement ce skeud sort, mais en plus il s’agit d’un double cd qui totalise cent-trente minutes de rock suffocant et lancinant. Loin d’être en panne de verve, le trio fasciné par ce qui a trait au morbide, sort un objet homogène de bonne qualité.
Les vocalises de Magister Albert sont d’outre-tombe ; elles sont graves et distillées avec parcimonie ; elles résonnent dans la tête de l’auditeur et lui pompent son énergie vitale. C’est à ce même lascar que l’on doit les lignes de cette basse omniprésente sur les huit compositions livrées par le trio. La quatre-corde dicte les tempi lentissimes au reste de la formation et ne passe que rarement aux avants-postes le temps de quelques envolées bien compressées.
Les riffs assénés par Peter Vicar sont accordés bien au-dessous de ce qui se pratique dans le rock plus traditionnel. Ils s’enchaînent avec une extrême lourdeur comme embourbés dans le maelström musical qu’est cette production dont trois titres explosent allègrement la barre des vingt-cinq minutes. Seules quelques incursions dissonantes viennent rompre avec la monotonie orchestrée par ces Italiens.
La batterie d’Earl Of Void suit le reste de ce magma en en martelant les bases. Quelques cymbales viennent ponctuer les parties lyriques çà et là. Pour le reste, le clic est réglé sur lentissimo et le type aux baguettes peut tranquillement exercer son art sans stress…
Cet album posthume ou presque saura trouver son public parmi les adorateurs de ce style presque visqueux tant on a l’impression qu’il peine à s’emballer et les autres peuvent sans autre se faire une idée en se passant ‘Caesar Forever’ qui est certainement le meilleur titre que nous propose la bande sur cette dernière production.
On se fait avoir comme des bleus à chaque fois : tous les ans ou presque, Wino nous sort un nouveau disque / projet, on s’attend à une resucée, et paf ! On la prend quand même en pleine tronche. Il nous avait fait le même coup successivement avec Spirit Caravan, The Hidden Hand, Place Of Skulls. Le bonhomme s’était néanmoins un peu dispersé ces derniers temps, avec Shrinebuilder (superbe projet qui sentait bon le souffre sur le papier, mais qui s’est avéré sentir un peu le pétard mouillé au final) ou son disque « solo » un peu mou, mais bien foutu. Wino reprend donc les chemins assez balisés du gros stoner dont il a le secret pour sa traditionnelle sortie annuelle. On ne va pas s’en plaindre ! Il s’allie pour l’occasion avec un très bieux pote, Jim Karow, qui partage avec lui les guitares (et quelques lignes vocales). Le groupe s’est fait accompagner par quelques musiciens « prétextes » pour sortir ce disque sous le décidément très inspiré label Volcom Entertainment.
Même si musicalement on ne tombera pas à la renverse, on reste bluffé par le talent du bonhomme : sans jamais se détourner de son genre musical de prédiction, il parvient à nous pondre une galette variée, intéressante, sans temps mort. Une sorte de quintessence du genre, sans trop d’efforts, où les titres déroulent leurs riffs dans un flux ininterrompu, servant des titres efficaces, à la prod balaise et modeste à la fois (du gros son, mais pas de chichi). Les compos, on le répète, vont taper un peu partout dans l’historique plus ou moins récente du père Weinrich. Le riff introductif de « B.E.A.U.T.Y. » est superbe de doomitude subtile, un mélange impeccable de vieux Sabbath noir et de St. Vitus, tout comme « La Hachicera ». «Hard To say » rappelle plutôt The Hidden Hand baigné des licks de guitare infectieux de The Obsessed (et oui, Premonition 13 est l’une des premières expériences de Wino à deux guitares), « Clay pigeons » rappelle un peu de Spirit Caravan. Bref, on va pas vous la faire par le menu, vous avez compris : c’est du Wino dans le texte, et on va pas s’en plaindre. Passés ces premiers titres parfaitement réussis et assez conventionnels, le bonhomme se fait quand même plaisir avec cette paire de guitare pour pondre un gros morceau de rock n roll fuzzé (!!) avec « Deranged Rock’n’roller », ainsi qu’une sorte d’hymne pop-stoner (!!?!) avec le détonnant et naïf « Modern Man ».
Avec un peu de recul, Wino donne (à son habitude) l’impression au premier abord de se reposer un peu sur ses acquis, mais au bout de quelques écoutes, et à travers quelques titres en particulier, on note que le chanteur-guitariste se renouvelle, innove, et renforce ses acquis. Le tout en se faisant plaisir, et sans trahir sa fan base. Belle performance (et accessoirement, bel album).
Fulton Hill m’en avait touché une sans bouger l’autre. De la part d’un si bon groupe, l’album faisait figure de léger dérapage incontrôlé, notamment à cause d’un nouveau chanteur (John Weills) un peu “aléatoire”. Et bien il n’aura pas fait long feu : un album et puis parti ! Il est remplacé par le redoutable Kyle Thomas (Floodgate, Exhorder, pas une tafiole, quoi). Bingo ! Ils l’ont trouvé, le remplaçant de Throckmorton, enfin ! Effectivement, tandis que leur premier vocaliste s’imposait en vomissant ses tripes à chaque concert (et sur chaque album), avec conviction et attitude, Thomas assure, lui, essentiellement grâce à une technique imparable : dans des registres chant clair, ou bien dans des hurlements, jusqu’aux beuglements primitifs et aux râles les plus viscéraux, le bonhomme excelle (écoutez l’étendue de son registre sur “Words of the dying man”).
Les chansons défilent, et l’évolution du groupe se fait remarquable. Fini l’amateurisme, ATP devient un “gros” groupe de metal. Les compos sont brillantes, bluffantes même de qualité : les riffs sont ciselés, aux petits oignons, d’une précision et d’une efficacité que l’on n’est pas habitué à retrouver en telle quantité sur une même galette. Impossible d’ailleurs d’en lister un ou deux qui sortent du lot, ATP est totalement “riff-based”, une folie. Une leçon à chaque nouveau titre.
Finalement, le plus surprenant dans cet album est effectivement le professionnalisme, la qualité intrinsèque du groupe : la qualité de la prod est à tomber, et la technique (instrumentale) du groupe est stupéfiante. Auparavant, ATP passait en force, emportait l’adhésion au forceps, par son attitude et sa vigueur surtout. Désormais, on est obligé de noter la performance de la structure rythmique (Bryan Cox est excellent), et surtout les soli tout simplement hallucinants de Ryan Lake (qui repose sur la machine à riffs Larson, ça aide !).
Ma réserve intervient au bout de 12 écoutes successives (ponctuées de frénétiques headbangs) : le groupe signe avec “Open Fire” son meilleur album, sans hésitation. Le quintette se révèle plus fort que jamais, à un niveau de qualité technique et de composition que l’on ne pouvait soupçonner. En revanche, je regrette “mon” Alabama Thunderpussy, ce groupe poisseux, empreint de l’atmosphère sudiste dans le moindre de ses soli, qui se reposait sur la puissance de ses riffs pour tailler des montagnes instrumentales qui savaient séduire le fan de stoner, partageant le même goût de l’aventure musicale permanente, cette incertitude de tout moment avant de poser ses doigts sur un manche de gratte. On peut craindre d’avoir perdu ce ATP là. Mais j’attendrai de les voir en concert pour en juger. Dans l’attente, j’appuie à nouveau sur “play”.

J’avais adoré le précédent méfait de Demon Cleaner, ‘The Freeflight’. En jouant le jeu à fond, tels Fu Manchu, Dozer ou autres groupes de stoner ‘pur jus’, Demon Cleaner prenait le parti ‘d’assurer le coup’, sans grande prise de risque, mais en faisant très bien ce qu’ils savaient faire ; musicalement, c’était une réussite. Les voilà aujourd’hui qui franchissent un vrai grand pas, en ajoutant à ce genre qu’ils maîtrisent désormais à la perfection cette prise de risque, justement, qui leur faisait sans doute défaut. Et c’est réussi ! Alors évidemment, du coup leur album est moins immédiat, et j’ai moi-même mis du temps à l’apprécier à sa juste valeur. Mais après quelques écoutes à peine, les compositions, plus subtiles, moins linéaires, font tout autant mouche que les précédentes, mais sont amenées à durer, à s’apprécier tout autant, sinon plus, sur la continuité, ce qui apporte un réel changement. On se laisse donc prendre à fond par la ‘frénésie stoner’ habituelle du groupe, avec des morceaux comme ‘Freedom’s prize’, ‘The seven’ ou ‘Ruby’, ou encore la beauté du planant instrumental ‘Black river’. Le seul point faible du groupe est sans doute encore ce chant, un peu trop ‘conventionnel’ et étouffé par un mix qui fait la part belle au son de guitare (fuzzzzz !). Un bien sympathique CD, vraiment, très recommandable en tout cas.
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