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Mettons tout de suite les choses à plat : Grifter joue du Rock n’ roll .
Voila, je développe ou ça vous suffit ?
Je vais étoffer un peu quand même, sinon je vais passer pour un feignant…
Une fois le disque sur la platine on s’imagine sans mal au guidon d’une Triumph ou d’une Royal Enfield en train de bouffer des insectes sur les routes Anglaise d’il y a 40 ans. ça vous aiguille un peu plus ?
Il s’agit ici d’un bon gros rock sans complexe avec une voix bien claire et juste, étonnant pour un style où tout le monde essaye d’imiter Lemmy et se retrouve à aboyer.
Les gars nous offrent un disque plein de sincérité, vous savez le petit truc en plus qui fait qu’on accroche instinctivement à la musique qu’on entend. La personnalité est présente aussi, rien de notable ni de révolutionnaire mais ça prend, ça me suffit dans ce genre de cas.
Niveau production c’est un peu trop propre à mon goût, la batterie me semble trop compressé et gonflée et suivant l’endroit ou j’écoute ce disque la guitare est parfois un peu trop en retrait. Ca ne retire rien aux compos qui garde quand même leur efficacité et leur capacité à me donner envie de mettre un blouson en cuir.
Entre deux morceaux, on tombe sur une partie de slide bien sentie (“Paranoiac blues”) qui permet de varier les ambiances, la voix manque un peu de charisme sur ce passage mais dès que le reste du groupe arrive le problème s’efface.
A mon sens l’album souffre d’une baisse de régime juste après le fameux “Paranoiac blues”, en effet il est suivi par “Princess Leia” qui lui ressemblent un peu trop placé ainsi. Il faut attendre une ou deux autres chansons avant de se remettre dedans, dommage car en soit les deux morceaux sont très sympa.
L’album se termine sur une grosse prise de risque, reprendre du Black Sabbath n’est jamais chose simple… et ils s’en sortent à merveille en choisissant d’interpréter “Fairies wear boots” avec simplicité et encore une fois avec sincérité qui font de cet exercice une réussite sans prétention, ça fait toujours plaisir d’entendre un morceau qu’on aime avec une oreille nouvelle, bravo messieurs .

Depuis 2012 et la publication de “A Eulogy For the Damned”, Orange Goblin est de retour au premier plan et personne ne va s’en plaindre. Les Londoniens ont pris leur envol, quitté leur job, mis fin à leur collaboration avec Rise Above il y a quelques années et sillonnent le monde histoire de rappeler qu’eux aussi ont droit à leur part du gâteau. Ils sont présents depuis les premiers frémissements du genre, ayant, avec “Time Travelling Blues”, “The Big Black” et surtout “Frequencies From Planet Ten”, écrit quelques uns des meilleurs albums du genre. Mais voilà, en ne tournant que peu et en publiant des albums inégaux, le quatuor s’est peu à peu perdu dans la masse. Ce n’est donc que justice de voir aujourd’hui que le logo du combo refleurit un peu partout, se retrouvant en bonne place sur les affiches des meilleurs festivals. On parle tout de même d’un groupe qui n’avait quasiment pas bougé d’Angleterre entre 1999 et 2009, qui n’avait joué qu’une seule fois chez nous, à l’Arapaho en 99 en ouverture de Cathedral et qui depuis 5 ans a fait 2 Hellfest, sillonné la France et multiplié les tournées aux Etats-Unis.
Il est loin le temps où le groupe jouait un blues crasse et fiévreux, tartiné à la fuzz et partageait splits et scènes avec Electric Wizard. Aujourd’hui devenu un melting-pot heavy tout à fait valable, érigeant les préceptes Motörheadiens comme des tables de la Loi, Orange Goblin publie à intervalles réguliers un nouveau disque, et la fournée 2014 se nomme “Back From The Abyss”, comme une métaphore de leur parcours donc. Sans changer de formule (production Jamie Dodd, distribution Candlelight), le gang poursuit sa reconquête, offrant une première partie de disque pied au plancher, mariant riffs pour bikers et refrains entêtants (“Sabbath Hex”, le single “The Devil’s Whip” aux accents Ace Of Spades) avant de ralentir un poil le tempo et de se montrer – finalement – bien plus plus pertinent. À partir de “Demon Blues”, les Anglais retrouvent leur goût pour les digressions fuzzées, font groover les wha-whas et servent quelques belles pièces ayant de quoi faire vibrer la corde nostalgique des fans de la première heure. Essayez donc de résister au refrain de “Heavy Lies The Crown” par exemple. Malheureusement, la troisième partie du disque, à partir de “Bloodzilla”, est clairement dispensable, perdant en longueur et en titres redondants à la fois l’énergie de l’entame de disque et la qualité intrinsèque de la seconde partie.
À l’instar de son précédent effort, dont il est la suite logique, “Back From The Abyss” est réjouissant à défaut d’être surprenant. Ce constat atteste donc de l’évidente filiation avec Motörhead. Souhaitons leur une carrière similaire, ils le méritent plus que nul autres.

En vie depuis 2006 puis un premier album “Super Van Vacation” en 2011, 1000Mods avait sorti une pochette qui résumait le pitch : une route, un van déboulant de l’horizon et fonçant droit sur une donzelle dont seule les cuissardes nous apparaissent… on sent déjà le groove sexy remplir l’atmosphère. On pouvait y ajouter du “Garage” et ce qu’il faut en psyché ou en solo pourfendeurs avec comme influence (entres autres) Monster Magnet.
Pour “Vultures”, si la teinte reste agressive, on change de perspective et on se tourne vers la partie du faciès qui, au vu du titre, permet d’épier. Mais à vos interprétations !
On attaque avec un début classique mais tellement efficace : “Claws”. Une boucle rapide à la guitare qui tourne et tourne jusqu’à récupérer peu à peu les autres instruments et enfin la voix. Ensuite, ils déroulent et le voisinage déboule. Au trois quarts, changement de tempo. Ils ralentissent la cadence et quelque chose arrive. Seulement quelques salves. Juste suffisantes. Pour “Big Beautiful” la recette est répétée avec quelques expérimentations supplémentaires. “She” au contraire commence doucement et avec peu de fioriture. La voix et la guitare sont indépendamment mises en avant avec un côté plus intimiste très agréable. Néanmoins, la seconde moitié de ce morceau de 6 minutes sait monter en intensité et réserve un bouquet final sonique. “Horses’ Green” est également à un format mid-tempo mais avec un côté plus immédiat. Passons à “Low” qui cherche à se faire désirer avec une intro anormalement longue d’environ 90 secondes avec du bon déroulage et également un joli final.
Voici maintenant un duo psychédélique entrecoupé du morceau le plus court et de facture assez classique mais toujours efficace, “Modesty”. C’est ici que l’album commence à décoller ! “Vultures” est tout en retenues et en ruptures. Avec ce qu’il faut de delay et d’ajouts de nappes sonores discrètes et un timing impeccable d’apparitions pour une bien bonne libération qui s’étouffera peut-être un peu tôt.
Et nous voici au dernier étage de la fusée dont la pointe recèle les secrets du psychédélisme primaire : “Reverb Of The New World”. Une voix provenant des profondeurs cosmiques nous informe que l’exploration fait partie de notre nature. La basse prend alors le relais. Des sons indéfinissables nous parviennent. L’apesanteur se fait sentir. La guitare revient, mais lointaine. Et les rétro-fusées s’allument. Les “G” ressentis sont colossaux et la route est encore longue. Il est possible que nous ne puissions endurer cela mais on tente le coup et la suite s’avère pourtant encore plus ardue. Encore quelques minutes et on arrive à destination la bave aux lèvres… voilà ce qui s’appelle un voyage !
8 morceaux, 40 minutes plus tard et avec un final qui me fait encore trembler, voici une bonne façon de voyager pas cher sur les routes ou dans le vide intersidéral.

Loin de moi l’idée de vous refaire le coup du swinging London mais force est de constater qu’en ce moment, tout Camden frissonne gras, et pas seulement un week-end fin avril. Car, des organisations de concerts fuzzées – répondants au doux nom de Desertrock Scene – jusqu’au Desert Fest, à Londres tout est affaire d’une poignée de passionnés, que l’on pouvait retrouver depuis déjà quelques temps à l’arrière des bars, à faire chauffer les amplis. En tête de série, à défaut de tête de gondole : Sedulus, Gurt et Steak. Si les premiers sont encore trop confidentiels, les seconds ont clairement créé un pont indestructible entre le sludge et les vidéos de chatons cutes. Et que dire des troisièmes, pour qui les premières parties de prestiges se sont succédées, amenant presque sans prévenir à une signature chez Napalm Records, refuge à la mode pour les formations de rock plombé. Mettons à leur crédit que leurs deux premières démos ne manquaient pas de mordant, quoiqu’il semblait urgent de se démarquer de l’influence Kyussienne omniprésente, laissant la désagréable impression de nerf dans le cœur de viande. Sur ce point, “Coma”, morceau d’ouverture de ce Slab City ne va pas calmer mes appréhensions. Rien à dire, Steak est un groupe puissant, organisé comme une armée Spartiate et ses musiciens sont beaux comme autant de Leonidas tatoués aux cheveux gras. Le son de leur premier effort est remarquable, le quatuor ayant eu le bon goût de confier la prod à Harper Hug (Vista Chino, Brant Bjork, Oliveri) et si quelques moments glorieux émaillent l’album (“Liquid Gold”, ou “Machine” qui de trouvait déjà sur l’Ep précédent), l’ensemble pêche par un terrible manque d’originalité. C’est en effet sans jamais tellement se détacher de ce glorieux aîné du desert que nous affectionnons tous que les Anglais déploient leur vision d’un stoner urbain mais à la tête trop tournée par le desert californien. Le constat est si flagrant que lorsque le groupe s’octroie le featuring du label mate John Garcia sur “Pisser”, on croirait entendre un bon morceau de Vista Chino (la production made in Hug n’aide pas), resté planqué dans le Napalm. Car oui, c’est ici que se trouve toute l’ambivalence du premier album de Steak : il s’agit d’un des meilleurs plagiats de l’année, aussi brillant qu’il manque de personnalité. Il ne tient donc qu’à vous, et à votre conscience, de vous positionner. Enfin pour beaucoup je suppose que la pochette vous avait déjà dissuadé.

N’y allons pas par quatre chemins, Earthless est pour moi l’une des plus grosses sensations musicales de ces dix dernières années. C’est le groupe instrumental incontournable et toutes leurs productions studio ou live m’ont emballé. Voilà donc un peu mon état d’esprit lorsque je découvre pour la première fois ce nouvel opus de ce trio californien, un mélange d’impatience, d’excitation mais aussi de peur. Vont ils une fois de plus nous sortir le truc de fou, l’album qui mettra tout le monde d’accord?
Violence Of The Red Sea ouvre le bal. D’entrée on reconnait le son Earthless. La guitare, la batterie, la basse sonnent comme sur le précédent album, nous sommes en terrain connu… mon enthousiasme s’emballe déjà. Il s’emballe comme ce titre et ses variations de rythmes de batterie, il s’emballe comme cette ligne de basse qui n’en finit pas de me prendre aux tripes et il s’emballe comme Isaiah Mitchell qui s’éclate sur sa guitare comme si sa vie en dépendait. D’une richesse encore une fois indéniable ce premier titre est un monument à la gloire de la musique rock instrumentale. Pas un instant de répit, de la première à la dernière note les trois compères nous livrent la première des quatre pépites qui composent cet album. C’est bien simple, tel un air connu à l’opéra, j’ai envie d’entrée de bisser ce morceaux avant de passer à la suite! Quel titre mes amis, quelle puissance, quelle authenticité!
Uluru Rock prend la suite… avec son intro de guitare planante et son rythme résolument plus lent, limite lourd, le titre s’installe tout doucement, exactement comme ils savent si bien le faire. La capacité qu’a ce groupe à la sortie d’un morceau rapide et prenant, de vous transporter immédiatement avec un rythme lent et planant est incroyable. Instantanément on change d’état d’esprit, le groupe nous emmène ailleurs et on est plus que ravi de les suivre. Et puis petit à petit, le groupe accélère, nous emmène de plus en plus vite vers un final parfaitement maîtrisé et impeccable. Encore une réussite totale. Jusqu’où iront ils?
Equus October fait figure d’exception avec même pas six minutes au compteur. Telle une pause avant de mieux repartir, c’est un titre planant de bout en bout que nous offre le groupe, une bien belle façon de nous laisser reprendre notre souffle avant le bouquet final.
Et quel bouquet final mes amis…plus de trente minutes… wahou!
Déjà découvert sur leur Live at Roadburn, From the Ages confirme avec sa version studio tout le bien que j’avais pu en penser à l’écoute de ce live (que je vous recommande chaudement au passage). Pendant une demi heure, le groupe nous sort tous ses arguments, joue carte sur table et dévoile son jeu. La recette est connue et fonctionne toujours aussi bien. Un petit rythme anodin, bien trouvé, pas trop complexe mais loin d’être simpliste que l’on triture dans tous les sens. Le groupe prend tellement de plaisir à voir évoluer son idée de départ, à la faire évoluer. Et c’est avec plaisir qu’on les accompagne, se laissant surprendre, transporter. Après un long passage bien planant, le groupe décide de reprendre sa chevauchée pour un final de toute beauté très accès sur la batterie dans un premier temps avant que la guitare ne vienne nous cueillir…
Earthless nous sort ici un troisième album maîtrisé de bout en bout. L’entreprise est d’autant plus remarquable lorsqu’on pense au niveau déjà atteint sur les deux précédents opus du groupe. Troisième album donc et troisième incontournable.

Ecouter le dernier Lonely Kamel, c’est comme rentrer in medias res dans un Die Hard où John McClane, marcel ensanglanté, nous servirait de guide dans le stoner burné des norvégiens.
Parce que d’emblée, le combo nous sulfate le faciès avec le titre éponyme « Shit City ». Un morceau direct, au tempo Motorheadien à souhait, à la voix éraillée secondée par du solo rock qui, en trois minutes et des brouettes, a eu le temps de coucher milles ennemis.
Mais quid de ce blues suintant qui parcourait les galettes du chameau solitaire auparavant ? John n ‘est pas soucieux et à l’écoute de « White lines » et « Is It Over », je comprends pourquoi. Lonely Kamel ralentit le rythme pour faire groover ses guitares comme il le fait si bien depuis ses précédentes livraisons. Cette voix empreinte de soul est toujours présente et les zicos savent bien ce qu’il y a de sexy dans un bend.
Mais résumer l’album par ces éléments serait une erreur. Lonely Kamel, dans chacune des neuf compositions, réussit à glisser de petites prouesses scénaristiques enrichissant considérablement son univers. Ménager le suspens par un bridge tout en basse, provoquer l’ellipse par une inversion rythmique, enrichir l’image sonore par un contre-chant habité, cisailler la focale par une interprétation animale de tous les instants, rien de superflu dans cette production. On est limite frustré par certaines fins de morceaux – celle de « Seal the Perimeter » par exemple – tellement abruptes que la chute d’Hans Grüber à la fin de Piège de Cristal semble douce et sereine.
Le format court de l’album détonne au regard de la profondeur des morceaux. Un « Falling Down », par exemple, surprend durant son écoute par les multiples strates qui le composent. L’appel Hendrixien, la rythmique Creedencienne, ce jeu de double-voix rappelant Electric Six, un boogie sans fausse note qui, une fois les caméras éteintes, se confie en blues intimiste…pour mieux relancer l’action en un mur de son puissant et choral. Le chameau est bien plus que ce qu’il veut nous faire croire.
Ce qui frappe tout le long c’est la qualité d’interprétation. Au risque de me répéter, les norvégiens cisèlent au coutelas de précision leurs riffs puis nous les assènent au char d’assaut. On est terrassé par ce blues-rock rustre et délicat, symptomatique finalement des quatre Lonely Kamel. Dans une des dernières interviews que j’ai lu d’eux, ils avouaient vouloir rendre cet album le plus merdique possible. Quatre bûcherons aux mains d’orfèvres, à l’humour rasant mais au talent haut. Shit City, un album loin d’être merdique, un album riche et surprenant. Ypikaï Motherfuckers !

Il paraît qu’avant c’était mieux… Ah nostalgie quand tu nous tiens. Il est vrai que de vivre l’essor d’une scène musicale est un privilège. A l’inverse l’avantage d’une scène qui se veut « revival » de l’époque, c’est qu’elle crée un mélange unique des précédentes incarnations. Si ce mélange d’influence est de qualité pourquoi on se priverait après tout. Prenons ici Electric Citizen pour exemple. Dès les premières notes on sent que quelques choses s’opèrent dans nos conduits auditifs. La production sonne d’époque mais pas datée. Chaque instrument sort du mix, juste équilibre entre la rondeur de la basse, la saturation de la gratte, les toms naturels de la batterie et l’enchanteresse voix. Sans oublier un clavier sur lequel nous reviendrons plus tard. Le son est naturel… oui ça existe encore et cela démontre bien l’approche artistique du groupe totalement assumée de faire revivre, de transmettre et de partager leur passion pour les années 60/70.
Prenez le psychédélisme de la côte ouest américaine auquel vous insufflez l’énergie et les riffs des pionniers du heavy anglais, vous obtiendrez une idée de ce que nous propose le quatuor de Cincinnati. Chaque titre semble aux premiers abords payer son tribut à une référence, un riff à la Sabbath, une intro à la Doors, un clavier à la Purple, une approche à la Hawkwind, une énergie à la Maiden, l’atmosphère rock-psyché de l’époque ressort. Finalement tout est bien assimilé. Oui Electric Citizen ne crée rien qui n’a déjà été fait mais ne copie pas non plus simplement. Ce n’est pas parce que deux chefs utilisent les mêmes ingrédients ou préparent la même recette que les deux plats sont identiques.
Qu’est ce qui fait ressortir ce Sateen du lot ? Un sens mélodique, le petit gimmick qui ne vous lâche plus et une voix féminine qui en impose. La mode est peut être à avoir une frontwoman, mais quand ça chante aussi bien à mi chemin entre l’incantation à la bête et l’énergie garage, pourquoi s’en priver. Les riffs ne révolutionnent pas le genre et la production ne met pas la guitare en avant, c’est l’ensemble guitare/basse/clavier qui crée l’envoutement mélodique et à Laura Dolan de son chant de finir de nous séduire. Pas présent sur tous les morceaux, l’apport du clavier nous rappelle qu’à la grande époque ce n’était pas cheap mais source de richesses, et démontre ainsi toute l’intelligence dans les arrangements dont le groupe sait faire preuve. Dès « Beggar’s need » cela fait effet. Riff joué conjointement avec le clavier, break qui re-dynamise pour aboutir sur un court solo bien senti, refrain accrocheur, outro doomesque, le tour est joué. « Magnetic Man » et son couplet aux trois lignes mélodiques, « Queen of Persuasion » au rythme plus incisif qui déboule sur un feeling bluesy pour se ré-affoler ensuite. « Savage » aux reflets punks, je pourrais décrire tout l’album ainsi jusqu’à « Burning in Hell » qui clôt le débat d’un groove désuet et d’un break psyché à souhait, un régal.
Pour un premier effort c’est une belle entrée en matière surtout pour quatre jeunes gens qui œuvrent ensemble depuis moins de deux ans ! Laissons les effets de mode à ceux que ça intéresse, Electric Citizen a un potentiel à faire parler. Au groupe maintenant de démontrer qu’ils peuvent frapper plus fort et que l’on ne se trompe pas sur tout le bien que l’on pense d’eux. Un disque « classique » mais qui fait du bien par où il passe.

Sorti de manière discrète en 2007, le second album de White Hills, Glitter Glamour Atrocity se voit réédité en format vinyle suite à l’utilisation par Jim Jarmusch d’un des morceaux de l’album pour son film « Only lovers left alive » . Le label Thrill Jockey records a mis les petits plats dans les grands et du coup l’album dispose d’un nouveau master adapté au LP!
Alors c’est vrai que niveau nouveauté on peut faire mieux … mais pour les retardataires comme moi qui ne connaissaient le groupe que de nom, voilà une bien belle façon de rattraper le temps perdu !
On plane ici entre Space Rock, Trip Psyché et Stoner version méchamment stone.
Une sorte de mélange improbable entre Acid Mother Temple et The Album Leaf .
L’album démarre sur un plan typiquement Stoner, à la Sungrazer sur lequel on aurait ajouté des nappes de synthé et autre bidouille noise parfaitement barrés, ça fonctionne direct et le ton est donné . On part ensuite sur une rythmique encore plus marqué par l’école japonaise où se croisent rock 70’s et champignons hallucinogènes. Pour en finir avec AMT, on retrouve ici le même genre d’atmosphère vaporeuse, où l’on s’amuse à varier un même thème/rythme jusqu’à plonger l’auditeur dans une sorte d’hypnose consentante. A noter que chez White Hills cet état second ne s’accompagne pas de malaise et de nausée mais d’une sorte de bien être mélancolique, un genre de spleen, m’voyez ?
Les mélodies quasi pop, agréables et non mielleuses, se posent sur une musique à l’opposée, construite sur une base plus underground et moins accessible. Les chansons naviguent sur un océan d’effet plus barrés et spatiaux les uns que les autres posés sur des instruments rock, qui nous envoient un bon pâté de riffs et de plans répétitifs quasi envoûtant comme il se doit.
Quitte à me contredire, le point fort de ce disque réside dans le fait que l’ensemble n’est pas trop chargé, les morceaux reste lisibles et s’apprécie sans étouffement. Dans ce style de musique, ce n’est pas si courant. En milieu d’album on trouve même une plage de 5 min construite autour d’ une gratte acoustique et de ces fameux collages sonores pour l’accompagner, créant ainsi une sorte de pause qui permet de reprendre sa respiration avant de replonger dans la 2ème partie de l’album où nous attendent encore de très bonnes choses.
Le côté calme et ambiancé de ce disque ainsi que sa personnalité très marqué et son développement sans changement brusque, font de cette musique un choix assez évident pour être incorporé dans un film comme Only lovers left alive. On retrouve ici le même type de déroulement que chez Jim Jarmusch. Il se passe toujours quelque chose même lorsqu’on a l’impression de faire du sur place et les passages violent/radicaux/experimentaux sont bien présent mais présentés d’une manière presque poétique qui permet de les incorporer en douceur.
Comme souvent, pas besoin d’en faire beaucoup pour en dire long.

Une intro douce… douce mais froide… ce son paraît lointain plein d’effets… une mélodie répétitive, incantatrice… des cymbales font leur apparition, discrètes… la tension monte… la bête invoquée approche… un grondement… une claque… et ainsi commence le voyage.
RidingEasy Records le label qui nous veut du bien nous présente aujourd’hui Monolord. Monolord c’est quoi ? Monolord c’est le froid saisissant de la Suède conjugué à une orgie bacchanale sous fond d’Electric Wizard et de Sleep. Je pense que tout est dit… mais ce n’est pas fini ! Ce serait trop réducteur de classer ainsi le trio. Monolord avec Empress Rising balance LE pavé heavy qui nous faisait défaut cette année. Un doom de facture classique mais avec une petite touche « baffe dans ta gueule » qui fait toute sa richesse. 5 titres pour 46 minutes de plaisir et l’adepte de jam que tu es commence à avoir l’œil lubrique.
Ce qui saisit après la claque, c’est l’énormité du son. Froid, précis et en même temps débordant de gras. Le son «fait dégueuler ta fuzz » au service du doom. La dynamique des riffs est respectée, la saturation maîtrisée, ça résonne quand ça doit résonner et ça coupe net pour accentuer la distribution de coups assenée par une batterie sèche mais vivante. Riffs hypnotiques répétés jusqu’à totale soumission de l’esprit, voix sous échos hallucinés, l’envoutement est totale. Mais le groupe se la joue « stoner dans l’âme » avec des coups de butoirs réguliers, des breaks « sourire aux lèvres », une basse qui reprend les riffs seule avec tellement de wah wah et de fuzz qu’on ne peut que jubiler et une batterie qui glisse entre ses frappes métronomiques, des roulements et contre-temps qui maintiennent ainsi l’esprit conscient qu’il est en plein voyage. Les variations ne sautent pas aux oreilles dès la première écoute, le côté trippant prenant le dessus aux premiers abords. Le risque serait de condamner cet effort à être un ersatz des ténors du genre, la forme étant dans le fond différent.
Ca pourrait paraître répétitif, pourtant chaque titre se distingue les uns des autres. « Empress Rising » chanson éponyme de l’album ouvre les festivités, morceau qui démontre toute la dynamique dont sait faire preuve le groupe en 12 minutes. « Audhumbla », instrumentale, est la plus courte chanson (seulement 7 minutes) de l’album mais c’est finalement là qu’il y a le plus de variétés car quand la machine prend plus son temps c’est pour faire virevolter la conscience. « Harbringer of death » pourrait être l’enfant caché du Fu et du Wizard. « Icon » et son break « sortez vos morts » à coups de cloche glaçante. « Watchers of the waste » et sa construction en deux parties pour clore l’album d’un riff grande non-classe.
Monolord sans prétention s’est attaché à respecter les bases d’une bonne recette qui a fait ses preuves : Un riff, un son, des arrangements. Si le riff est bon pourquoi ne pas le faire tourner jusqu’à totale annihilation de la volonté de l’auditeur. Si le son est bon, qu’il suinte de tous les pores de la peau, qu’il se ressente dans les tripes. Si les arrangements sont efficaces, pourquoi ne pas en faire usage de manière subtile pour que la richesse du morceau ne s’offre qu’aux plus attentifs. Rien de nouveau sous le soleil donc, parce que le soleil est caché par une épaisse fumée mystique sortie des instruments du trio de Göteborg.
Un putain de trip doom hallucinatoire à l’image de la pochette : glaçant, fumant, psychédélique.

Passionné de littérature fantastique, rompu aux jeux de rôles et aux livres de la mythique et défunte série Gore, dont il se revendique avec sa propre maison d’édition Trash, Julien Heylbroeck est tombé dans la marmite stoner, trouvant dans cet univers fait de grosses cylindrées et de légendes désertiques un terrain parfait pour planter le décor d’une aventure romanesque. Stoner Road est la résultante de ces deux univers, rassemblés pour donner vie à ce Road Trip improbable, prenant le prétexte de la musique et du désert californien comme univers pour un Buddy movie trash, mélangeant références à la musique que nous affectionnons à l’univers propre à la littérature populaire. L’idée est donc de rassembler les clichés inhérents au genre, des trips sous acide en passant par le désert et les grosses bagnoles américaines. Dans ce décor de série HBO, Josh Gallows et Luke Lee unissent leurs forces pour retrouver deux jeunes filles, portées mystérieusement disparues après une générator party toxique. Tout au long du récit les noms de Kyuss ou de Fu Manchu sont cités et de nombreux codes mis en avant, empruntant au genre stoner (disquaires indés, musiciens barbus, styles vestimentaires) mais surtout au genre littéraire (dealeurs bicéphales, asiles de fous et références fantastiques) inspiré du genre cinématographique slasher. Car ne nous y trompons pas : la musique est ici utilisé comme décor pour un récit qui est avant tout un pur produit de genre. L’idée est donc de rassembler un maximum de clichés et de plonger l’auditeur dans une aventure rocambolesque, peuplé d’un bestiaire bigarré. Le stoner comme toile de fond, puisque la quête des héros se fait au gré des rencontres avec les groupes. L’innovation se fait sur la mise en page : En effet, les chapitres du roman portent le nom d’un morceau de stoner (ou de rock 70’s), illustrant l’histoire tout en dessinant un chemin initiatique au néophyte, ou une playlist pour les autres. Une initiative maline, ancrant cette histoire un peu folle et sacrément prenante dans la nébuleuse de cette contre-culture hissant le cool au rang d’art. Résultat : Un mariage parfait entre un style littéraire et une musique partageant une valeur essentielle : celle ce ne pas se prendre au sérieux.
http://www.editions-actusf.fr/julien-heylbroeck/stoner-road
Iro22

Personnalité tortueuse que celle de John Garcia. Il est certainement le vocaliste le plus célèbre du petit monde du stoner, ayant atteint un statut proche du culte, un statut entretenu par le comportement toujours mystérieux et ténébreux du personnage. Ce statut, il ne l’a pas volé, ses performances vocales ayant marqué à vie plusieurs milliers d’entre nous via son implication dans des groupes majeurs. Ces dernières années toutefois, ses choix de carrière ont pu faire froncer les sourcils de certains, en particulier lorsqu’ils ont empiété sur la sphère juridique (le contentieux sur le nom « Kyuss »…), voire morale (les pass VIP payants pour Vista Chino…). Le lui reprocher basiquement serait oublier au moins deux facteurs. D’une part, nous autres desert-rockers avons cette vision de Garcia comme d’une diva, une rock star… C’est un peu vite oublier le contexte, à savoir une notoriété limitée à notre « petit monde musical » (minuscule sur le grand échiquier mondial), et une tendance du marché du disque proche de la sinistrose, où les maigres revenus proviennent désormais quasi exclusivement des concerts. Or sachant que le gars enquille à peine quelques dizaines de concerts par an au mieux, autant dire qu’il ne roule pas sur l’or, et que sa retraite n’est pas assurée… Ses décisions de carrière doivent donc être mises en perspective : tout le monde n’a pas la même pyramide de Maslow… Autre facteur à prendre en compte : Garcia a souvent vu sa carrière largement freinée ou bousculée par des événements imputables à d’autres personnes que lui : Kyuss s’est arrêté sur la seule décision de Josh Homme alors que le groupe commençait à avoir du succès. Plus tard, le disque de Unida, signé sur une major encore plus grosse que QOTSA à l’époque, a vu sa sortie annulée suite au rachat du label, qui a gelé toutes les sorties planifiées. Enfin, le premier album d’Hermano a été bloqué plusieurs années du fait du contrat d’exclusivité qui liait Garcia au label de Unida (même s’ils ne voulaient pas sortir l’album…). Clairement, le gars a toujours été victime d’éléments externes et n’a jamais pu développer la carrière qu’il a voulue. On peut donc comprendre la farouche volonté du bonhomme à prendre son avenir en main tout seul (cf. notre interview dans ces pages). Dans tous les cas, et malgré les réserves que l’on pourra formuler dans certains cas, on n’a jamais pris le chanteur à défaut artistiquement : il a toujours été au niveau des attentes, délivrant des prestations vinyliques généralement impeccables, ou scéniques purement habitées. La question du jour doit donc être uniquement : ce disque solo est-il à la hauteur des attentes ?
Pour le choc, en tout cas, on repassera : « My Mind » qui introduit le disque ressemble fort à une émanation de ce que serait Hermano aujourd’hui si le groupe était toujours actif. Et rien d’étonnant à ça, étant donné que Dave Angstrom et Dandy Brown sont les deux grands ordonnanceurs « de l’ombre » de ce disque : ayant respectivement assuré la plupart des guitares et des basses (même si leur implication n’est pas forcément mise en avant par un Garcia qui veut donner l’image de l’acteur principal), ils ont aussi assuré la plupart des arrangements des compos. La filiation est donc naturelle. Une intro plaisante, à prise de risque modérée, donc, et un choix de premier single logique. « Rolling Stoned » qui vient ensuite surprend plus : compo intelligente, travail mélodique remarquable, cette chanson des petits protégés de Garcia, le groupe Black Mastiff, montre d’une part que Garcia sait faire des choix uniquement motivés par la dimension artistique, mais aussi qu’il fait de bons choix tout court. « Flower », « The Blvd », « His Bullets Energy », « Argleben » ou « Saddleback » qui viennent ensuite au fil de l’album reprennent un peu / beaucoup la veine Hermano, avec ce groove tout à fait caractéristique sur les rythmiques et les riffs, qui a toujours fait que Hermano n’était pas un pur groupe de headbanging, à l’image de Unida. Notons que Garcia n’hésite pas à atténuer son chant derrière une barrière d’effets si le titre le justifie, signe aussi qu’il préfère mettre en avant les compos ou les instrus plutôt que lui-même uniquement. Lesdits effets sont toutefois peut-être un peu trop récurrents sur les titres, mais au final ça ne dénote pas trop.
« 5000 Miles », la compo de Danko Jones pour son pote Garcia, est un mid-tempo qui ne surprendra pas les afficionados du canadien : complètement charpenté sur deux très gros riffs (respectivement de deux et quatre notes !), le titre déroule sa rythmique sournoise avec une belle efficacité. « Confusion » vient ensuite un peu perturber l’auditeur : ce titre lent est porté à 99% uniquement par un riff pachydermique craché d’une gratte blindée de disto et la voix entêtante de Garcia (basse fantomatique, et batterie quasi-absente). Perturbant, mais encore une fois, pari payant. On ne pourra pas le taxer de se la jouer facile. Avec « All These Walls », il a voulu réhabiliter le « Cactus Jumper » des trop tôt disparus Slo Burn (un titre qui n’avait jamais connu de sortie vinylique), et il a bien fait, injectant une qualité de production réjuvénatrice à ce titre qui avait déjà un gros potentiel en l’état : gros son de guitare, arrangements et effets bienvenus, la basse brute et saturée de Nick Oliveri en guest, et pour le reste le chant net, percutant et maîtrisé du maître, jamais plus efficace que quand il ne laisse pas ses vocaux traîner en longueur. Un choix qui fera plaisir aux puristes, bien sûr, mais aussi aux autres. La conclusion de l’album revient un peu opportunément à ze ballade, un titre dont tout le monde a entendu parler, « Her Bullets Energy », le titre accueillant le jeu de guitare acoustique de Robby Krieger, le guitariste des Doors. Même si le titre n’est pas inintéressant, il faut relativiser la contribution de Krieger, qui n’apporte rien à la composition ou la structure du morceau (la plupart des guitares ne sont pas jouées par lui), mais effectivement des petites impros solo qui contribuent bien à l’identité de la chanson.
Trois petit quarts d’heure et vient donc l’heure du bilan : c’est un bon album. Il va être de bon ton dans les prochains mois de cracher sur le disque juste parce que – ô surprise – ça ne ressemble pas à Kyuss ou même à Unida ou autre. Que les choses soient claires, effectivement il n’y a rien de Kyuss là-dedans, le seul rappel constant sur la plupart de l’album le lie à Hermano, un lien souhaité par Garcia (même si manifestement il a tendance à cacher ce point dans sa promo) puisqu’il a réuni deux tiers du groupe sur la quasi-totalité de l’album… Ainsi épaulé, et en choisissant très intelligemment ses invités sur l’album, Garcia développe un disque où les rythmiques groovy propices à son type de chant sont omniprésentes, le tout sur des compos globalement bien foutues. Il y a très peu de choses à jeter sur ce disque. Même si consciemment ou inconsciemment on aurait chacun aimé y retrouver “autre chose”, ce qui est proposé ici est d’un bon niveau, et constitue un excellent album.

Contrairement au personnage de Bénicio del Toro dans Snatch, il ne manque absolument aucun doigt au quatuor sudiste qui balance avec une aisance technique indéniable son Vol.II. Une galette heavy, rock, justement balancée, qui oscille entre différents styles sans pour autant perdre la cohérence du propos développé. On pense à Clutch parfois, à Wolfmother de temps en temps, à la scène grunge de Seattle aussi. La production est puissante, le mix très bien équilibré et les compositions très bien écrites.
L’album déroule sa graisse le long de ces 9 incandescences sans faiblir, cependant deux points m’auront chagriné sur les premières écoutes.
Le premier étant l’accent très « français » du chanteur marquant distinctement la musicalité anglo-saxonne des mots et mélodies. Bon, ce point s’efface au fil des écoutes laissant place à une bonne mise en place et un chant très maîtrisé et puissant. Finalement ce détail ne dérangera que les français dans un premier temps.
Le second point est, me semble-t’il, plus persistant. L’ensemble de l’édifice est très bien construit mais pour ma part trop propre. J’aurai souhaité plus de prise de risque dans le son, et dans la personnalité des morceaux. On traverse une bonne partie de la galette en headbangant certes, mais sans être jamais vraiment surpris par un changement d’accord, par un break malsain ou une mélodie déviante. Le quatuor mériterait de mettre du désordre et de l’inattendu dans son heavy-rock…
Et finalement commence à le faire avec « Let me down again » et son pont où la basse ronfle à contretemps d’une rythmique guitaristique généreuse et cassant sont 4/4 habituel. De ce titre déroule les trois derniers morceaux « Always », « Roller Coaster » et « Bloodties » qui mettront enfin le surplus de gonade nécessaire à la prise de risque. Du riff gras, lancinant qui suinte, du chorus malsain, des chœurs placés et puissants et toujours, par contre, cette technique irréprochable des zicos
Le Vol.II de Franckie IV Fingers se laisse donc agréablement écouter. On a envie de rejoindre le pitchoun et sa planche de surf pour en découdre avec le furieux clapotis de la Méditerranée tout en buvant de la bière. Surtout, c’est qu’à l’écoute de la fin de cette autoproduction, on se dit que si le quatuor persiste à rester velu ça augure du tout bon pour la suite.
Flaux
http://franckie4fingers.bandcamp.com/

Au levé du soleil, tranquillement la batterie s’installe, pose le rythme et prépare le terrain afin que l’auditeur est le temps de se mettre à l’aise, la guitare lâche quelques notes en douceur, nous permettant d’enfiler la combinaison spatiale qu’on avais mis de coté au cas ou. La basse entre à son tour, appuie les propos tenu par ses confrères et pendant que l’atmosphère s’échauffe on vérifie que le dosage d’oxygène est bien réglé sur «humain». A peine le bouton de mise à feu enclenché que tout le bordel se mettre en branle, ça tabasse !
Bon pour être plus clair et compréhensible, on navigue en direction de la planète instru situé dans la galaxie Monkey 3, la planète la plus proche (habité) se nomme Tool . Et oui, on pense souvent qu’on va avoir affaire à une bande clone de Karma to burn quand on parle de Stoner instrumental mais ici ça n’est vraiment pas le cas, on est bien plus du coté prog / psyché / groovy que dans le délire motards burné qui envoie du gras à tout bout de champ .
Vous avez déjà entendu parler de The Bakerton Group ? Ouais, ben c’est dans la même veine, bien dansant mais riche et réfléchi .
Ici chaque instrument vis sa vie indépendamment des autres tout en se débrouillant pour épauler le voisin, rarement un musicien joue la même chose que celui d’à coté mais le résultat réussi à me faire me dandiner sur mon siège, cools non ? Lorsque tout le monde se prend a envoyer le même riff en même temps c’est qu’il est l’heure de secouer la tête, ça ne va pas durer et on va vite repartir dans des contrées plus détendu et se permettre de divaguer au point d’oublier l’étiquette Stoner. A tel point que certains plan rappel des groupes tel que Cynic, vous savez ses passages un peu envoûtant, très mélodique et mystique ? Ben voilà c’est ça, on est en plein dedans . Les gars on décidé de tourner autour du thème de l’espace et c’est plutôt réussi, en partant du principe que l’espace c’est sympa, coloré et joyeux, pas froid, sans son ni possibilité de respiré bien sur … un petit effort s’il vous plaît .
Histoire de râler, je trouve le son un peu sourd, les sonoritées de chaque instruments étant bonne je pense qu’il aurai fallu clarifié l’ensemble avec un mastering plus ouvert. Enfin que ça ne vous décourage pas, les 22 min du disque passe toute seul sans qu’on est le temps de s’en rendre compte .
Sur ce comme disent nos amis Italien : Excuse me, I have to go to space now.

A environ 8 666 kilomètres de nos terres françaises se trouve San Francisco. Ca doit venir de l’eau courante de la cité californienne mais il y a quelque chose qui rend la musique du coin… énOrme. Pour peu que deux des membres du groupe soient originaires d’un petit havre de paix proche du désert nommé Palm Spring et là vous commencez à vous dire qu’il n’y a certainement pas que l’eau qui fait la différence…
Hornss débarque avec un premier album sous le bras qui met un gros pavé dans la mare stoner. Formé en 2010, les trois membres n’en sont pas à leur coup d’essai. Précédemment dans diverses formations plus ou moins underground, dont une avec un certain Chris Cockrell (allons vous connaissez ce nom), ces messieurs ont déjà roulé leurs bosses et ça se sent, ils manient les ingrédients et les ustensiles comme des chefs. La recette : prenez tous les groupes originaires du coin (je ne vous ferai pas l’affront de vous les citer), mixez le tout avec un petit piment artisanal de leur confection et vous obtenez un bon gros stoner-doom-punk-groovy-psyché.
Les chansons sont sur des formats courts, l’urgence punk est de mise. 12 titres en moins de 36 minutes, tout est dit. Cette concision amène à la recherche d’efficacité, arrangements directs, jamais simplistes toujours dans l’essentiel. Ne vous méprenez pas en relativement peu de temps breaks assassins, mélodies enchanteresses, refrains accrocheurs et solos sont tout de même de mise. Ca pourrait sonner foutraque, c’est juste parfaitement maîtrisé. Imaginez vous en moto, les paysages défilent et ne se ressemblent pas, pourtant vous ne quittez pas la région et vous faites même quelques pauses en chemin. Les riffs sont variés, massifs, légers, on nous entraîne de la monocorde aux arpèges psychédéliques sans crier gare d’un morceau à l’autre. Effets sur la voix, effets pour enrober certaines chansons, ça sent l’album qui a bien muri au soleil, gorgé de feeling et d’un souci constant apporté aux détails.
Débuter un album par le titre le plus long s’avère toujours risqué, ici avec « The Red Death » et ces 4 minutes 26 secondes au compteur (bâ quoi c’est le titre le plus long !) Hornss vous présente le menu de ce qui va suivre. Comme si l’on connaissait ce groupe depuis le début des années 90, les noms des pionniers de la scène vont faire POP dans votre esprit en permanence. Le groupe peut se targuer de manier aves justesse le desert-rock avec tout ce qu’il a connu comme déclinaison, d’en faire une synthèse avec les influences précédentes et de cracher le tout à la tronche façon «nous sommes Hornss et on va vous botter l’esprit». « Maker of the Moon » évoque le fantôme de Sleep (il faut dire que la voix y est pour beaucoup), « Ejaculation of Serpent » s’offre une voix féminine pour alléger le propos et mieux vous envouter dans les méandres enfumés de son psychédélisme. « Vine priest » donne une leçon de riff bucherons, ne pas headbanguer est synonyme de mort cérébral. Et ainsi chaque titre déborde d’une classe non-classieuse de première bourre.
On aimerait parfois que le trio prenne plus le temps de se jouer de nous de leurs riffs arides aux arrangements groovesques (ou vice versa) et en même temps épurer à leurs substantifiques moelles, les morceaux n’en gagnent qu’en impact. No Blood No Sympathy serait sorti il y a 20 ans ce serait un classique, un vaccin contre toute mauvaise idée d’écouter autre chose. Sorti le 13 mai chez RidingEasy Records (précédemment EasyRider Records) c’est aujourd’hui une piqure de rappel de pourquoi vous aimez cette musique et de ce qui en fait son essentiel. They are Hornss and they’re gonna kick you mind!

1995. A l’heure où la mécanique Kyuss rend l’âme, une grosse cylindrée nommée Clutch pointe le bout de son nez, sans crier gare et après un premier effort prometteur, dans la planète stoner. Il y a donc déjà presque 20 ans que le brûlot « Clutch » s’offre à nos oreilles et il était donc temps de faire une petite place dans nos colonnes à ce deuxième album du combo du Maryland.
Dès les premières notes de « Big news I », le moteur de cette belle cylindrée laisse entendre son joli ronron. Après ce titre groovy et funky à souhait, Clutch passe la deuxième avec le bien nommé « Big news II », avant que le moteur s’emballe sur l’abrasif « Rock n’roll outlaw », véritable hymne rock’n roll sur lequel Fallon, outre ses qualités vocales exceptionnelles, nous montre toute l’étendue de talent d’écriture.
Mais le groupe ne s’arrête pas là : il en a encore sous le capot, monte d’un cran dans les tours et enquille les morceaux de bravoure. Que du très lourd : « Spacegrass », « Tight like that » ou bien le furibard « I have the body of John Wilkes Booth ». On vient à peine de passer la moitié de l’album que l’on est déjà à genoux, converti et priant corps et âme devant l’autel Clutch. Et c’est justement le moment que choisit le groupe pour asséner le coup de grâce avec l’excellent « Animal farm » sur lequel Fallon déverse toute sa rage.
C’est l’heure de finir en roue libre cette virée et de ralentir la cadence effrénée imposée depuis le début de l’album. « Droid » et la rythmique plombée de « The house that Peterbilt » sont là pour nous faire redescendre progressivement avant que « 7 Jam » et « Tim Sult vs. the Grey » ne fassent office d’atterrissage en douceur.
Cet album, en avance sur son époque, est donc incroyablement bien ficelé et témoigne d’une maîtrise hallucinante pour un groupe finalement relativement jeune. Une rythmique mi-funky, mi-burnée, des riffs ravageurs, des paroles ciselées, une puissance vocale imparable, voilà donc la recette qui fait de Clutch un groupe racé, inattaqué et inattaquable, inégalé et inégalable depuis plus de deux décennies.
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