EyeHateGod – EyeHateGod

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La scène Sludge américaine regorge de formations cultes à la musique aussi radicalement poisseuse que dangereusement indispensable. De Weedeater à Sourvein, le moindre Redneck, racaille du sud des Etats fédérés, paye un lourd tribu à l’un des plus illustres précurseurs de cette coulée de boue empruntant au punk hardcore autant qu’au heavy metal ou au southern rock : EyeHateGod (EHG). Un groupe pour qui il ne sera pas vain d’utiliser le mot gang, eut égard aux casiers judiciaires de ses protagonistes. La formation de NOLA est la quintessence de ce que l’on appelle un groupe culte : après avoir dessiné dès 1988 les contours d’un genre musical, le quintet livre trois opus considérés comme des références et reste l’un des groupes les plus créatifs des 90’s, jouissant d’un succès critique honorable mais d’un rayonnement trop discret. Installés comme l’un des fleurons de la scène metal alternative américaine, EHG se torpille à l’aube du siècle nouveau, la faute à l’ouragan Katrina, aux démêlés judiciaires et narcotiques de Williams ainsi qu’aux incessantes tournées de Down pour Bower auront plongé la misanthropie musicale de ce fabuleux combo dans un coma narcotique sans réveil programmé. Il était écrit qu’EyeHateGod ne devait pas voir les années 2000.
Pourtant, après la sortie de prison de Mike Williams le combo donna quelques shows éparse et il fallut que le Hellfest en 2009 réunissent tout un tas d’improbables conditions (incluant une dérogation à l’ambassade des Etats-Unis et l’invitations de tous les groupes de la scène NOLA) pour permettre à l’improbable éventualité d’un concert d’EHG en Europe de devenir une réalité.

Lorsque l’annonce d’une tournée et d’un nouveau single (« New Orleans is the new Vietnam » ) en 2012 finirent de réveiller une bête depuis trop longtemps assoupie et les espoirs d’un retour définitif des maîtres du sludge sur le devant de la scène devenait enfin une réalité. Malheureusement, le décès brutal du batteur Joey LaCaze au lendemain d’une tournée Européenne qui a sillonné la France plus que décemment, semblait porter l’estocade à un combo jusque là habitué à changer seulement de bassiste.

Reste que la meilleure façon de rendre hommage à un musicien est encore de continuer à faire vivre ce à quoi il a contribué. Ainsi, alors que les pistes enregistrés avec Billy Anderson l’année passée ne semblaient pas convaincre Mike Williams et sa clique, il fut confié à Stephan Berrigan de reprendre l’affaire en main, le tout dans le studio d’Anselmo, qui publiera d’ailleurs aussi l’album via Housecore Records. Les parties de batterie de LaCaze seront conservées, parfois retouchées par son remplaçant Aaron Hill mais les autres pistes seront revues par celui qui est derrière les deux derniers Ep de Down ou les enregistrements d’Anselmo & The Illegals. Nommé sobrement du nom du groupe, comme un testament mais pas seulement, ce nouvel album, 18 ans après le monument Dopesick, est une bénédiction, d’autant plus lorsque l’on se remémore toutes ces péripéties.

A l’image de la force de frappe déployée par « Agitation ! Propaganda ! » (EHG a toujours eu du goût lorsqu’il s’agit de débuter ses opus avec brutalité), cette quatrième livraison est un concentré de savoir faire made in bayou. Enchainant breaks massifs (« Worthless Rescue ») et saillies marécageuses en terrain doom (« Robitussin and Rejection » rhabille la dernière décennie de Down), EyeHateGod se permet même d’envoyer quelques riffs originaux (« Nobody Told Me ») dans un genre qui n’est pas voué à se renouveler, se replaçant tranquillement en patron, écrasant la concurrence de son évidence supériorité. Puisqu’il est d’usage de mettre un titre plus en avant que les autres, « Parish Motel Sickness » a des allures de chefs de gang, épais comme une peau d’alligator tannée et vicieux comme une cuite au bourbon.

Résonnant comme un hommage post mortem à l’une de ses pièces maitresses tragiquement disparue, cette nouvelle livraison apparait également comme une renaissance, tel que son titre – tout en sobriété – et son écrin permet de l’envisager. EyeHateGod démontre avec brio que l’on peut être classieux sans perdre une once de hargne, exercice qui ici relève du génie.

Gasmoney – S/T

Gasmoney
En provenance direct de la perfide Albion… ah non c’est de la sympathique Albi en fait, voici Gasmoney ! Faut dire qu’avec en jaquette un barbu à l’œil vif se délectant d’une bière (que l’on sent fraîche) et des annotations pour chaque membre du groupe qui dénote d’un certain sens (et d’un sens certain) de l’humour, il ne pouvait rien avoir de perfide dans cette offrande musicale ! Réunion de leurs deux premiers EP pour un total de 6 morceaux, ce disque offre 23 minutes de délectation semblable à une bonne bière fraîche (on y revient) un soir d’été caniculaire. Le son est chaud et limpide (un grand soleil dans un ciel bleu) et les chansons sont bien fraîches. Une voix qui rappelle le rock indé Anglais de ces dernières années, ce petit charme désuet d’un petit accent couplé à un phrasé « nonchalant ». Des compos bien ficelées, des refrains accrocheurs, des mélodies efficaces, pour un premier millésime, ça sonne bigrement bien.

Parce que nos Albigeois démontrent au fil de ces six morceaux un stoner classieux. Celui qui est au plus proche de ses racines blues. Mais un blues qui a su digérer les décennies de musique à fort volume et qui transpire la sincérité. Pêle-mêle on pense à QOTSA, Soundgarden, Led Zep et aussi (et ceux qui me connaissent reconnaîtront là un grand compliment) à Clutch. Cette classe du « qui peut le plus, peut le moins ». Pas d’esbroufes chez Gasmoney, des riffs justes qui entrent en têtes, des arrangements simples (mais pas simplistes) et du feeling. On sent le potentiel et l’osmose qui se dégagent entre les membres du groupe.

Alors on n’excusera un ou deux refrains un peu trop « léger » à mon goût parce que toujours contrebalancés par un pont groovy ou un riff boogie qui ne peuvent que résulter à une frénétique envie de battre du pied. Chaque chanson recèle sa surprise et son lot de subtilité. Vous pouvez l’écouter en boucle que vous ne vous lasserez pas. Ca se boit comme une bière bouteille glacée mais ça se déguste comme une bonne bière pression d’abbaye.

N’y allons pas par quatre chemins, c’est un album qui fait du bien. La France a du talent. Beaucoup même. Des groupes il y en a pléthore, de qualité il y en a moins, qui sont reconnus et de qualité alors là ba euh voilà quoi… Un premier vrai album est en chemin, du stoner blues de cette qualité : je suis preneur!

Ain’t One

Brant Bjork – Local Angel

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Quatrième album solo de ce touche à tout qu’est Brant Bjork et très certainement son album le plus personnel à ce jour. Il est, j’en conviens, assez bizarre de parler d’album plus personnel lorsqu’on sait que, tout comme pour ses trois précédents efforts, Brant enregistre la quasi totalité des instruments seul. Mais Local Angel est assurément un album bien plus intimiste. Dans cet album plus épuré que ces précédents opus, Brant s’attarde plus longuement sur la guitare acoustique et réduit les arrangements au plus simple appareil. L’ensemble sonne alors parfois un peu simpliste et risque de décevoir certains auditeurs qui s’attendent à un album rock.
Point de guitare électrique ni même de batterie sur certains titres et ceux qui en comportent ne sont pas des plus rock’n roll.
Local Angel est un album que vous prendrez plaisir à écouter pour vous détendre, pour vous relaxer et Mr Cool nous offre ici de quoi l’être. Les amateurs de son second album pourront apprécier par ci par là quelques sonorités qu’ils prendront plaisir à retrouver. Mais passez votre chemin amateur exclusif de grosse guitare, de batterie que l’on matraque sans pitié. Brant est à mille lieux de cet état d’esprit. Soyez prévenu.

Fange – Poisse

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Fange, Poisse, Grêle molle, Ammoniac, nuances de gris, âmes tourmentées, larsens, si avec tous ces indices tu t’attendais à du Stoner-rock tout beau tout chaud c’est que t’es vraiment à coté de la plaque … ici on aime quand c’est sale, que ça bave, que ça suinte et que ça renifle. Si toi t’es plutôt adepte du rock sage qui plaît aux filles, va falloir refourguer ce disque à un de tes potes rapidos sinon tu vas t’enfiler une petite déprime de derrière les fagots.

Maintenant qu’on est au parfum, partant du principe qu’on aime ça. De toute façon j’aime ça alors bon je vais pas faire semblant hein ? Plus c’est crados, vicelard et déprimant ou haineux, plus j’accroche alors bon allons y.

Avant d’appuyer sur play j’avais déjà une vague idée de ce qui m’attendait, évidemment, les gars ont commencé à faire parler d’eux avant même d’avoir sorti quoi que ce soit, et vas y que untel joue dans Huata, et machin dans Brain pyramid et que tout ce petit monde aime Iron Monkey, les Melvins et Halo (merde je suis pas le seul à aimer ce groupe !).

Bon pour être franc à la 1ere écoute j’ai été un peu déçu, c’était à partir des mp3 promo, dans une bagnole et pendant le boulot, conditions optimums quoi ! Pour commencer le son m’a semblé hyper brouillon, des cymbales hyper en avant et une voix complètement noyée derrière le reste pour un rendu un brin bordélique … bon c’est pas gagné, je vais attendre de recevoir le cd, c’est plus prudent.

J’ai bien eu raison, les cymbales reste ultra présentes mais hormis ce point, le rendu est bien plus cool que j’en avais peur. Un son cradingue mais adapté au contexte et une atmosphère bien opaque pour nager entre crust, black, sludge et quelques touches de doom.
Une impression de brume, de brouillard et d’enfermement prend au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent, l’image d’une cave humide en parpaing nu ou on te forcerait à écouter du Electric Wizard et du Black Shape of Nexus en même temps se dessine… bonjour la partie de plaisir !

Le disque a un coté très sérieux, en général quand on cite les Melvins il y a toujours un coté à l’arrache et cool, ici absolument pas, on reste dans l’esprit black underground, sombre et pas déconneur pour deux sous. Un peu à la façon Pig destroyer sur Prowler in the yard ou avec Terryfier, une sorte de mise en scène dont on ne sort pas.
J’imagine qu’en live ça doit être une autre histoire, tendance parpaing et migraine en fin de soirée. J’espère voir ça sans tarder ! Vu comme c’est parti l’occasion ne devrait pas tarder.

Je vais finir la chro comme l’album, de manière brusque et presque sans prévenir.

Blood Red Water – All the Ills of Mankind

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Blood Red Water, quartet venu tout droit d’Italie, ne fait pas dans la gaudriole. Pourrait-il en être autrement d’un groupe dont l’artwork représente une bête à cornes vindicative entourée de gens en train de vivre, manifestement, un moment pas cool ?

Les cinq titres qui me coulent dans les oreilles sont lents, gras, lourds, influencés par Electric Wizard et un je-ne-sais-quoi de grunge, ce sens de la mélodie et de l’intro en son claire, notamment sur Megalophobia. BRW fait dans l’doom, dans le riff lancinant et répétitif mais en insufflant suffisamment de groove dans ses lignes pour que les morceaux ne tombent pas dans la monotonie pachydermique. Je reste sur ma faim concernant la voix. Elle est, à mon sens, un peu « surjouée» et trop étirée. Par contre quand elle rencontre des lignes de guitares plus binaires et moins liées, elle prend du corps et du coffre, en particuliers sur The Outstanding loss et Bad Trip in a Toxic Mind.

Ah ! Bad Trip in a Toxic Mind, si l’on doit retenir un morceau de cet EP c’est bien celui-là, notamment à partir de 3min29 (la précision est chirurgicale vous en conviendrez) où le groupe fait preuve d’une insolente compétence à ériger des murs de sons épais comme la matraque d’un CRS. Tout concorde dans cette fin à vous fouetter le faciès, la ligne de basse sourde, la voix qui, enfin, rugit naturellement, la mélodie dégoulinante et cette guitare soliste bien noise comme il faut.

Cette guitare est d’ailleurs l’un des bons points de l’album. Elle ne verse pas dans le solo chiant mais se fait constamment bruitiste, criarde, apportant une touche d’aiguës biens sentie dans le spectre sonore très grave des italiens. Je rajouterai à ça le timbre de la caisse claire, j’aime sentir le fût sonner (on ne rigole pas !).

Blood Red Water finit sur Thundersnow in Venice, histoire de faire comprendre que leur ville est trop petite pour eux et qu’ils partiraient volontiers faire dégueuler leur grattes partout sur la route.

Un bon EP donc, un groupe sympa aussi qui mérite qu’on lui ouvre les Alpes en deux pour les découvrir par chez nous.

Flaux

Jupiter Zeus – On earth

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En provenance de la lointaine Australie, voici venu Jupiter Zeus.

Entre heavy et stoner ambiant l’album démarre sur un morceau tendance épique qui n’est pas pour me déplaire (j’ai de nouveau 15 ans !) la voix flottant au dessus de ce morceau ajoute un effet bien sympa et laisse augurer du meilleur pour la suite.

Malheureusement ce n’est pas le cas. Si la voix rend très bien sur les passages calmes ou lorsqu’elle se pose en nappe et est soutenue par le clavier ce n’est pas la même chose le reste du temps. Assez souvent elle se contente de suivre les riffs de gratte et lorsqu’elle n’est pas un peu trop hachée on se surprend à décrocher du fait de lignes un peu fades et lassantes.

En ce qui concerne la musique, on navigue entre deux eaux : une palme dans le heavy, une dans le stoner bien propre, et une dans le hard fm (oui je porte 3 palmes lorsque je me mets à l’eau, on est jamais trop prudent). Pas de chance, le heavy me laisse de plus en plus froid et le hard fm ne m’a jamais parlé…

A coté de ça, le son est assez cool quand le groupe tape dans le metal à la Grand Magus, lourd, sec et efficace.
Certains arrangements sont bien plaisants, comme l’ajout d’un synthé ici ou là, une mise en place bien sentie avant d’arriver à un refrain ou ce genre de chose. Par contre les morceaux se perdent parfois dans l’empilage d’idées, on passe d’un plan qui fait taper du pied à un autre où on a envie de soupirer pour repartir sur une interlude bancale avant d’arriver sur un couplet bateau et à moitié pop… un peu plus de concision aurait raccourci les chansons mais les aurait rendues plus digestes à mon sens.

Si je voulais avoir l’air prétentieux je leur conseillerais de bosser la cohérence des compos, de laisser le hard fm de coté, les ballades pompeuses, et de se concentrer sur leurs penchants heavy. Et même si je ne suis pas agent immobilier je me permettrais de dire que le groupe possède un certain potentiel, ne reste plus qu’à le développer.

Pendant que j’y suis, je m’enfonce un peu plus et je conclurai sur cette déclaration : bon ben c’est pas divin cette histoire…

Greenleaf – Trail and Passes

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Bon, Greenleaf, donc. Je sais pas s’il faut vous la refaire, on va donc la jouer express : all star band, stoner, groupes plutôt scandinaves, noyau dur = Dozer. Voilà, en gros quoi. On vient de gagner cinq minutes, bien mieux mise à profit pour écouter ce très bon album. Le statut du groupe reste assez nébuleux, si ce n’est que les années passant, on constate qu’il prend presque plus d’importance que son père adoptif Dozer : fréquence d’albums plus resserrée, tournées en bonne et due forme (alors que l’on n’avait droit jusqu’ici qu’à des concerts ponctuels, quasi événementiels, du coup)… Et puis après avoir discuté avec le père Tommi Holappa, le bonhomme ne cache plus vraiment qu’il place Dozer en seconde priorité lorsque Greenleaf est “actif”… A voir maintenant ce que l’avenir nous réserve.

Ce “Trails & Passes” en l’occurrence, voit enfin le line-up du “projet” (“groupe” ?) se renouveler largement depuis l’album précédent, avec l’incorporation de deux nouvelles têtes : Sebastian Olsson à la batterie (un batteur suédois peu renommé, dont on retrouve la trace il y a de nombreuses années dans des productions death metal de jeunesse, mais plus récemment chez les stoner-progueux 70’s de Thalamus), et Arvid Jonsson au chant (chanteur de groupes aussi obscurs que Humfree Bug Art, Mozkovitch…). Un frisson d’excitation nous parcourt l’échine à la perspective de cette prise de risque, c’est bien.

Bon, ladite prise de risque s’avère limitée, car dès les premiers accords, on entend bien que le groupe ne s’est pas fondamentalement remis en question musicalement : le quatuor suédois propose toujours la même veine de stoner bien classique et propre, avec des connotations blues rock groovy typiques des années 70. Et de ce côté-là, Holappa connaît son affaire : ses compos sont impeccablement ciselées, et arrangées au scalpel. Ca respire tout autant le talent que le professionnalisme. On est embarqués dans une affaire sérieuse, ce n’est plus un projet un peu hasardeux.

Là où à mon avis le bât blesse un peu, et les premiers avis sur l’album me paraissent passer sous silence ce point, c’est clairement sur la performance vocale de Jonsson (alors que l’on ne prend jamais Olsson, le nouveau batteur, à défaut, lui : son jeu est riche, varié, carré… en un mot parfaitement adapté). Le chanteur est toujours sur la retenue, il chantonne tranquillement dans son coin, il se bouscule pas… Là où la performance de Cedermalm nous avait techniquement bluffé sur la galette précédente, clairement on a descendu plusieurs marches ici. Du coup, ben tous les artifices de production viennent enrober, soutenir, compléter les lignes vocales un peu faméliques (et insipides) du bonhomme : chant en canon discret sur “Ocean Deep”, chœurs, effets divers et variés (écho / delay, reverb, etc.)… n’en jetez plus ! Faut voir le gars tout tranquille porter timidement un titre comme “Our Mother Ash” (posture presque criminelle alors que les sonorités soul étaient propices à pousser la voix au taquet dans des envolées puissantes), tuer le refrain de “Humans” (qui aurait mérité un excès rageur et puissant, qui devient penaud et poussif) ou du sublime “Bound To Be Machines”, d’une mollesse énervante.

Mais derrière cette lacune ponctuelle, se cachent quand même une forêt de compos prodigieuses, qui ne prennent pas complètement ombrages d’un chant un peu sous-performant. On l’a dit, Holappa est un compositeur hors pair, et cette galette ne fait pas exception (ne nous leurrons pas, même si le groupe entier est crédité pour le songwriting, tout le monde sait bien qui est la machine à riffs dans le quatuor…). Les neufs chansons sont très variées, tantôt heavy tantôt groovy (souvent les deux), les compos sont aussi performantes sur des tempos rapides que moyens… En tant que gratteux, le MVP de la rondelle tire là aussi son épingle du jeu notamment en distillant des soli empreints d’un feeling remarquable (voir le super-groovy solo basse-guitare de “Ocean Deep”, le déluge de wah-wah sur “Humans”, mais aussi “The Drum” ou le lumineux “Trails And Passes”).

Bref, on est quand même là sur un album de très haut niveau, porté par quelque chose qui ressemble plus que jamais à un vrai groupe (d’ailleurs, on pourra les voir en chair et en os sur les planches sous peu…), et même si pour des raisons que je ne vais pas rabacher ici je ne pense pas qu’il s’agisse de la meilleure production du combo (ou en tout cas de la plus solide), ce disque est déjà l’une des sorties remarquables de l’année. Pas complètement indispensable, mais foutrement jouissif. Vous en tirez les conclusions que vous voulez…

Earthless – Rhythms From A Cosmic Sky

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Pour cette chronique, replaçons nous dans le contexte de l’époque…
Petite soirée entre ami chez Feeb, l’excellent batteur de Glowsun. Forcément chez lui, c’est l’assurance que la musique de fond sera de haute volée et que vos oreilles vont se régaler autant que votre gosier. “C’est moi ou c’est le même morceau qui tourne depuis un petit moment là”… réponse de l’intéressé : “c’est le dernier Earthless, tu ne l’as pas encore écouté?”. Parfois je me demande bien comment je peux passer à côté de choses comme ça… heureusement que les amis sont là pour vous aider!
Donc le voilà, après le monumental Sonic Prayer, voilà le tout nouveau Earthless qui s’offre à moi. Et mes amis, c’est tout bonnement le disque de l’année. Rhythms From A Cosmic Sky est un chef d’oeuvre absolu, un monument à la gloire du jam, du riff et du fuzz. C’est la pépite absolue. Sonic Prayer m’avait franchement emballé, celui ci enfonce non seulement le clou mais repousse encore plus loin les limites du jam comme on les aime.
Godspeed… durant les 3 minutes de l’intro où chacun fait un peu ce qu’il veut dans son coin, on sent que la pression monte, on sent qu’il va se passer un truc, c’est inévitable. Et là, sincèrement, c’est le trip complet. La première fois que vous entendrez ce riff de dingue, cette batterie déchaînée et cette basse qui assure méchamment vous aurez l’impression de toucher à l’essence même de ce que l’on appelle le stoner rock.
C’est quoi pour vous le stoner? Pour moi c’est Godspeed de Earthless à 2 minutes 58. Tout est dit, tout y est.
Et la prod mes amis, mais quelle prod! C’est un bonheur comme il en existe peu d’écouter telle musique si bien rendue.
Et puis voilà, la machine est lancée, ça riff de partout, ça tape sur les fûts en veux tu en voilà, ça torture ses cordes de basse à vous en donner le tournis. C’est un truc de dingue. Et puis mine de rien on avance dans le morceau et on se retrouve vers 6 minutes avec un riff qui me donne la chair de poule instantanément.
On change de mouvement un peu plus loin (il y a 5 parties distinctes dans ce titre) et on continue dans les trouvailles et variations absolument gigantesques. Ce morceau est un chef d’oeuvre, un incontournable immédiat.
Sonic Prayer commence (c’est au passage le titre du premier album)… Je suis illico plongé dans le bain. La ligne de basse est hyper efficace, la guitare vient vous piquer les tympans… On est sur du tempo plus lent pour commencer et ça sonne tellement bien. Beaucoup plus atmosphérique que le premier titre, celui ci vous donne une autre étendue des possibilités de ce groupe. Un titre très bien écrit et construit. Earthless a décidément tout pour devenir à mon sens le meilleur groupe instrumental dans notre genre musical de prédilection.
A noter sur la version CD un titre bonus, Cherry Red, une excellente reprise de Tony McPhee.

Earthless, Rhythms From A Cosmic Sky, déjà un incontournable.

Blondstone – Mass Solace

blondstone
Le trio Lorrains Blondstone mérite une grosse quantité d’adjectifs. Un son excessivement lourd et puissant aux influences Stoner et Grunge. Une voix nonchalante capable d’intensité, de délires, d’intimité, de mélancolie et là encore de puissance. En fait, le groove au sein de la formation est tout simplement phénoménale. Ce premier album provoquera les mouvements frénétiques des membres de tous les organismes dans le périmètre d’impact des fréquences sonores. On note aussi des passages atmosphériques et psychédéliques (« Danze Me”) pour nous faire planer juste ce qu’il faut. L’album est d’une homogénéité absolue et ne dénote aucun remplissage sur les 11 morceaux qui le compose. Ils s’enchaînent avec facilités grâce à de subtiles transitions (« Lazy” suivi de « All My Flaws”). La production aurait difficilement pu faire mieux. Les morceaux ont été enregistrés en live avant mixage ce qui me permet d’utiliser un nouvel adjectif : authenticité. On ressent très bien le sentiment d’urgence latent qui nous fait d’autant plus apprécier les montées et les explosions qui suivent (« Shoot Shoot Shoot”). On pourra retrouver de nombreuses influences tout au long de l’album et certaines sont plus évidentes que d’autres (QOTSA et en particulier « I Think I Lost My Headache” sur « On Your Own”), mais la vision du groupe est toujours présente. Ces mecs sont capables de tenir la comparaison avec leurs modèles, oui. Pour ne rien gâcher, l’artwork est bien cool.

Quand j’ai relu le premier jet de cette chronique, je me suis dis que je m’étais enflammé. Puis j’ai de nouveau écouté l’album et j’ai compris que c’était normal.

Cosmic Mo

Spider Kitten – Cougar Club

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Cougar club.
Non, c’est pas ce que je pense ?
Ben si.
La pochette le confirme, on parle bien d’un lieu où un barman torse nu sert des verres d’absinthe à des femmes d’âge mûr en quête d’un petit jeunot à se mettre sous la dent.
Entre cette pochette (d’ailleurs très bien foutue, sobre et classe) et le nom du groupe, on comprend d’office qu’on a affaire à un groupe de mecs qui n’ont pas peur de déconner. Plutôt rare dans cette branche Stoner/Doom. On imagine mal Electric wizard intituler son prochain album «granny’s little secret» par exemple…
En fait c’est particulièrement présent dans leurs pochettes, photos, et leur façon de communiquer (avec le cd j’ai reçu un petit mot sur lequel était dessiné à la main une araignée barbue en train de fumer la pipe…) niveau zik par contre, aucune raison de ne pas les prendre au sérieux.
On tape dans un registre lourd mais mélodique et aérien, c’est sans doute pour ça que je parlais d’Electric Wizard juste avant . On y retrouve ce coté doom enfumé propre aux Anglais (qu’ils sont également) mais sans le côté seventies. Ça fait du bien au milieu de tous ces groupes qui tapent allègrement dans cette vibe nostalgique.
Il s’agit là d’un disque assez court, 5 morceaux pour 37 min et 37 sec (tiens… c’est soit un truc ésotérique soit c’est juste marrant . Au choix) chaque morceau possède son identité et son feeling propre, du coup le tout semble plus riche et plus dense que ce à quoi on pourrait s’attendre.
Ce qui lient les morceaux et donne une cohérence à l’album ce sont cette voix bourrée de delay ainsi que les rythmes lancinants qui reviennent immanquablement.
La voix est d’ailleurs un des points fort de ce disque, on sent que le groupe a du vécu et que le sujet est maîtrisé. L’autre qualité évidente est la prod, simple mais bien foutue et adaptée au groupe. Chaque élément complète l’ensemble et trouve sa place .
Je regrette le côté trop propret de la batterie mais on est quand même loin d’une superproduction à la ricaine et ça reste très crédible.

Ce coté froid et propre du son associé au coté répétitif des compos rappel vaguement les vieux groupes d’indus à la Ministry (période The mind is a terrible thing to taste).
Enfin pas toujours, juste après une reprise de Saint vitus (Dark World) on a droit à une ballade façon cowboy agonisant shooté à l’ether. D’ailleurs l’album entier semble avoir trempé dans l’ether, en tout cas ça expliquerait pourquoi tout est si diffus et vaporeux.
L’album se termine sur un bon gros morceau doom à rallonge comme on les aime.
Passage lancinant où la basse martèle sans cesse un riff et ses variantes survolées par une gratte qui n’abuse pas des larsens mais les place ici et là au gré du vent pendant que la batterie s’amuse et se disperse à l’image du chant : on pose une ambiance, on disparaît, on revient, hop on introduit le violoncelle, hopla le clavier de Tangerine Dream vient faire un petit coucou, zou un petit larsen, et vas y que la basse qui s’acharne toute seule, allez go, tout le monde s’y remet puis on meurt tous ensemble.
Grosse réussite et grosse ambiance sur ce final.
Si un jour en passant devant une vieille maison en pierre éclairé par les flammes d’une cheminée ou d’une bougie bien coulante vous voyez des ombres qui bougent lentement dans la pièce, si alors vous entendez de la musique qui attire votre attention, vérifiez bien la forme de ces ombres : si elles passent tour à tour, de menaçante (cthulhu n’ co) à des formes plus incongrues (Mickey ou carrément le profil de Maradona) vous pouvez être sûr que vous écoutez du Spider Kitten !

Ha oui, au fait ils ont aussi monté leur propre fest à Cardiff : Loserpalooza ! Ça s’invente pas, les Anglais et l’humour je crois que c’est indissociable en fait.

The True Dukes Of Burgundy – The True Dukes Of Burgundy

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Hey mon ami,
si tu aimes les riffs bien gras, le gros ronron d’une basse, et un timbre de voix qui n’est pas sans rappeler celui de sir Lemmy, arrête ton chemin et jette une oreille attentive aux 6 titres de cette autoprod éponyme de The True Dukes of Burgundy.
Le trio dijonnais nous cuisine, en 2012, cette belle galette qui titille les papilles bien plus que la moutarde de la même ville. ‘Brain toaster’, ‘Burn in Hell’ ou encore ‘Lucifer’s sister’, les titres sont sans équivoque possible : headbanging et devil horns sont de rigueur à l’écoute de ce brulôt d’une petite demi-heure. Les Dukes jouent lourd, les Dukes jouent dur, les Dukes groovent.
Et quand les Dukes plannent et psychent sur ‘Roadspin’ et ‘Rockfish King’, c’est encore meilleur.

Stonerpope

Hark – Crystalline

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Trois possibilités s’offrent à vous à la première écoute d’un album. La première, aucun plaisir n’en découle pas la peine d’insister. La deuxième, le plaisir coupable tellement instantané qu’on se demande comment on a pu vivre sans. La troisième, le plaisir retenu… des petits guiliguilis dans le bas du ventre, un goût de « reviens-y » mais rien d’immédiat. Généralement les vraies perles, qui vieillissent bien avec le temps, appartiennent à cette dernière catégorie. A l’heure du tout, tout de suite, un plaisir qui se cherche, qui se découvre patiemment, qui se bonifie et qui n’en devient que plus intense, ça mérite qu’on s’en donne la peine.
Hark avec Crystalline répond parfaitement à cette définition.

Aux manœuvres : James « Jimbob » Isaac, leader de feu Taint et graphiste de talent de surcroît. Tout comme ses œuvres illustrées, les morceaux que nous offrent le trio sont riches, détaillés, plein de surprises. Dix titres pour autant d’invitation au voyage. Oui, le Pays de Galle n’est peut être pas votre destination de choix pour vous évader mais le son qui ici nous en parvient est son meilleur ambassadeur. Je ne vous parle pas d’un voyage touristique plan-plan, non, c’est une épopée à travers les Terres Anciennes. Chaque morceau tient du mythe où l’on traverse marécages, forêts et plaines, gravie montagnes, dévale collines, tels les héros d’une légende celte gravée dans la roche.

Crystalline déboule avec un son aussi gras que précis (Kurt Ballou de Converge aux manettes). La basse, fuzzée à ras bord, fait figure de solide assise pour les rythmes riches imposés par la batterie et les riffs ciselés de la guitare. Venu du fin fond des poumons, le chant de Jimbob est digne d’un chef de clan exhortant ses hommes, mais aux lignes plus subtiles que de simples cris de ralliement. Dès l’ouverture avec Palendromeda le groupe étale son savoir faire. Hark fait dans la science du détail. Des arrangements complexes pour voguer de riff en riff. Brisez votre nuque aux premières mesures, vous apprécierez les respirations offertes pour mieux reprendre votre gym ensuite. Les montagnes russes émotionnelles ne s’arrêtent pas en si bond chemin. Les neufs titres qui suivent, usent de la même recette : un stoner/sludge progressif ! Osons le terme et assumons-le dans le bon sens. Pas de démonstration gratuite ou de passage où l’on s’écoute jouer, le groupe a pris son temps pour parfaire son œuvre et ça se sent.
Black Hole South West est un parfait exemple de ce foisonnement. Le riff d’intro déboite et enfante un riff « plus sludgesque tes tripes sont à l’air » pour ensuite se laisser envouter par une ligne de basse qui emmène à un gros pavé qui permet au riff d’intro de revenir finalement achever le déboitage de masse. Complexe et limpide à la fois. Le final doom de Sins of Sleeve parti d’un début à la Unsane, l’intro métal speedée de Breath and Run qui aboutit à un riff pesant pour mieux clore le titre, le groove de Mythopoeia, des breaks planants, des solos rock incisifs, et j’en passe et des meilleurs. Pour clore l’album Clear Light Of… s’offre en guest Monsieur Neil Fallon. L’association des deux voix est bluffante, à ne presque pas pouvoir les distinguer tout en s’enrichissant mutuellement. Précédé par un interlude instrumental, ce dernier morceau en trois actes parfait notre odyssée.
Chaque pièce de l’album conjugue lourdeur et aérien, beauté d’un solo et laideur d’un riff, détresse d’un chant et émotion d’une mélodie, tout est épique !

Crystalline est un disque exigeant. Les titres ne coulent pas de source et ce n’est pas pur comme de l’eau de roche. Après plusieurs écoutes vous vous sentirez pénétrer par cette œuvre, les enchainements deviendront naturels et les différents riffs et passages vous trotteront en tête en permanence. Trois orfèvres sont à l’ouvrage ici, du grain du papier aux enluminures, un grand tome vient d’être publié.

Battle Gun Paper – Man Over board

Battle

Quartet originaire de Montpellier, pillards du Languedoc et bouffeurs de pierre invétérés, les batailles flingue papier envoient un stoner lourd comme un galion, épais comme une caravelle. Il ne s’agit pas dans cette autoprod de découvrir de nouveaux territoires à la manière d’un Magellan du riff mais bien de tirer à boulets ardents dans le sens de ses illustres aînés. Pour moi, les montpelliérains sont à catégoriser dans le massif, le charpenté, cousin de Truckfighters, Steak ou autres Queens of the Stone Age.
BGP dans son EP fait tout à l’envers et le fait bien. Mendia Agences ouvre le bal par une outro (écoutez, vous comprendrez) lointaine, in medias res. Déboulant sur un début Red Fangien à souhait, période Murder the Mountains, le morceau taille du break et du changement de riffs à la pelle associés à des chœurs invitant le public à hurler dans sa bière. D’emblée, on se prend un mur de guitares dans la gueule, à vous déchausser les chicots. Le son est énorme pour une autoprod et je n’ose imaginer la production qu’ils pourraient nous pondre avec plus de temps et de moyens. Mais attention ! N’oubliez pas les hauts médium et les aiguës gentils sudistes. Je trouve que l’ensemble de la galette en manque parfois et ceci donne un effet d’ écrasement par moments.

Le second morceaux, n’en est pas un. Il s’agit plus d’une transition tranquilou, un petit passage guitaristique pour nous emmener plus loin encore dans le heavy. C’est très bien vu, car sur 6 morceaux, deux sont en fait des respirations qui aèrent l’EP et permettent d’ouvrir les bronches pour mieux respirer la poudre des canons. …Let go amène donc Bite or…une fois de plus, inversion de logique et placage rythmique. Bite or…et Though Week sont deux anciens morceaux revus et remixés pour l’occasion. Bonne nouvelle, ils ont pris du gras et du muscle ce qui renforce la complexité de leurs structures. Le Battle ralentit et ça lui va bien. Les deux guitares croisent le fer tout en souplesse et se font rouster le fion par une basse conquérante et une batterie « bourreau fait ton office ». Bon point que le mix de la section rythmique au passage qui régale sur les quatre morceaux. Sur Though Week, BGP part dans le Kyuss et étire son morceau en wah-wah et autres gourmandises d’effets stoner. On entendra même un hommage à ZZ Top au détour d’une mesure. Petit point cependant, il me semble qu’il y ait trop de « petites voix » par ci par là, des petits ajouts vocaux pas nécessaires et qui détournent l’oreille de l’intérêt des morceaux, ainsi qu’une voix lead un peu chancelante, hésitante par moment.

L’Ep se finit sur Leave et Man Over Board. BGP fait prendre à son stoner de l’épaisseur iodée car quel désert plus immense que l’océan ? Les deux morceaux forment un mouvement immersif du clapotis apaisant aux vagues monstres et tempétueuses des guitares. Le chant est plus posé, la structure moins complexe mais le groupe grandit dans cette nouvelle compo. Il gagne en maturité et, en simplifiant la carcasse du rafiot, permet aux riffs d’être plus efficaces et d’étaler leur qualité d’écriture au grand jour.
Man Overboard est donc un EP de qualité, à la production massive, qui laisse entrevoir de belles promesses concernant Battle Gun Paper. C’est technique, c’est lourd, c’est bien écrit, je ne doute pas que le groupe arrivera encore à s’améliorer et j’ai hâte de les voir sur scène. Si leurs lives sont aussi cool que l’artwork, alors je veux bien faire partie de l’équipage.

Flaux

Mos Generator – Electric Mountain Majesty

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Mine de rien ça fait un petit paquet d’années que les loustics de Mos Generator nous balancent leur hard-stoner-collerl’étiquettequevousvoulez-heavy-rock de qualité dans les oreilles. Et leur dernier opus en date me fait dire qu’ils ne sont pas prêts de s’arrêter. Faut dire que la machine ronronne bien et qu’elle semble increvable. Car oui les rockeurs américains nous balancent encore ici une bien jolie galette, remplie ras la gueule de fuzz comme on l’aime et pétrie de bonnes intentions. On sent que les zicos y ont mis tout leur coeur et même leurs tripes dans cet Electric Mountain Majesty très riche et particulièrement réussi. Alors non je ne crierai pas au chef d’oeuvre quand même, faut pas charrier, mais soyons clair, dans le style c’est quand même bien fichue cette affaire.
Du riff en veux tu en voilà, du solo qui te surprend et te donne le sourire, la batterie qui tambourine quand il le faut et se fait subtile au bon moment et une basse qui n’est pas en reste en s’octroyant quelques jolies petits lignes bien heavy. Par dessus cela on y place un chant habité et prenant (pour moi le seul bémol à vrai dire, un peu comme pour Sheavy, j’ai du mal avec la voix de Tony Reed mais certains adoreront j’en suis certain!). Bref, c’est de la belle oeuvre.
Vous êtes amateur d’intro à la gratte qui envoie sec et de riffs simples et efficace? Beyond The Whip est là pour ravir vos esgourdes. Vous êtes plus amateurs de mid-tempo tout en voulant être surpris par du solo qui tue tout? Jetez donc votre dévolu sur Nothing Left But Night. Hum, vous voulez un peu plus de subtilité et un morceaux tout en douceur et puissance (si si c’est possible), alors c’est Enter The Fire qu’il vous faut. Voilà pour les trois premiers titres de cet album… le reste je vous laisse découvrir.
Reste à voir si cet album passera l’épreuve du temps et des multiples écoutes sans lasser. Mais une chose est sure, si vous laissez de côté cet album, il y a fort à parier que, quelques années plus tard, lors d’une redécouverte vous vous reprendrez la même claque en vous demandant pourquoi il n’a pas tourné plus souvent sur votre platine. Du coup je vous évite de suite de vous poser la question, Electric Mountain Majesty est à écouter sans modération!

The Gentlemen Bastards – The Gentlemen Bastards

tgbThe Gentlemen Bastards, Huntsville, Alabama. Pour le cours de géographie qui ne se tiendra pas ici nous sommes au Sud des États-Unis d’Amérique. Maintenant, parlons un peu musique. Les petits gars ont quelques influences de bons goûts. On trouve chez eux une dose assez prononcée 70’s que vous pouvez piocher chez Black Sabbath. On rajoute une touche 90’s mais pas trop avec du Soundgarden ainsi qu’un petit saupoudrage de feeling QOTSA. Le mélange n’est pas dégueulasse du tout. Un groupe de Hard-Rock à consonances Stoner pourrait-on dire d’une oreille distraite. Mais il me semble que leur son est plus fourni en graviers du désert que cela. Oui, il n’y a pas de révolution mais il reste un plaisir efficace. Un peu comme des retrouvailles avec un(e) ami(e) qui a vécu(e) quelques trucs depuis la dernière rencontre.
Alors qu’est-ce qu’on y trouve ? Des riffs oldschool bien ciselés tout d’abord. Une rythmique toujours efficace pour continuer. Et un soliste qui s’amuse pas mal enfin. L’originalité pourrait en fait venir de la voix qui semble parfois sur le fil du rasoir mais authentique et qui montre pas mal de possibilités. A ce niveau je m’arrêterais sur la production. Globalement c’est bon mais certains morceaux mériteraient juste un peu plus de puissance pour vraiment nous prendre. La première moitié de l’album est plutôt classique et pas mal “Hard-Rock” puis on monte en psychédélisme et en expérimentations. Des morceaux comme “NMR” (quasi 11 minutes) ou “Big Bad Wolf” compte parmi les très bonnes surprises. Tendez y une oreille pour entendre !

Cosmic Mo

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