|
|
Il y a de ces groupes qui ne pratiquent pas un stoner pur jus, mais qui ont construit ou construisent leur carrière avec le soutien indéfectible des fans de stoner (on citera par exemple Mastodon, High On Fire, Red Fang…). Valient Thorr est de ces groupes, dont le dénominateur commun est la qualité et l’authenticité musicale. Même donc si vous ne trouverez pas les composantes clés du stoner sur cette galette, nous savons que vous êtes nombreux à apprécier le groupe pour ce qu’il est : une grosse bande de rockers.
Après un très bon “Stranger” qui les faisait en quelque sorte culminer dans leur genre musical, Valient Thorr a décidé de remanier son approche, en commençant par confier sa dernière production à un nouveau : exit Jack Endino, welcome Kyle Spence (musicien chez les heavy noiseux de Harvey Milk, sans expérience significative de production avant… un choix audacieux !). Musicalement, “Our own masters”, sans être le cul entre deux chaises, propose une variation intéressante : il renforce ses points forts, mais y dissémine des atours plus mélodieux (beuark ! Si un jour j’avais imaginé écrire ce mot dans une chronique de VT…). Bon c’est quand même pas du hard FM, rassurez-vous, et en cela les choses n’ont pas tant changé : se taper les douze torgnoles de cet album est aussi confortable qu’une nuit dans un lit king size avec un grizzly priapique. On y retrouve notre confortable dose de riffs bigger than life, des déluges de leads guitars (putain, ça fait du bien de se bouffer quelques soli de gratte non démonstratifs, juste en efficacité pure : à ce titre, Eidan et Sadat assurent grave, et notamment dans les passages en harmonie), des chants beuglés adossés à des chœurs très bien servis… Pas de déception.
Seulement dans ses compos, le groupe glisse désormais insidieusement certains refrains catchy (sacrilège !), des riffs mélodiques (honte…), etc. Témoins : le riff de “Manipulation” (ou son refrain que n’auraient pas renié Turbonegro) ou celui de “Torn Apart (avec son chant clair presque déstabilisant), le solo de mi-morceau sur “Insatiable” ou encore le titre “Call off the dogs” dans son entièreté. Mais la force de cet album c’est qu’on y trouve aussi des pépites punk aussi brutales que “Master Collider” (2min14 au garrot), “Crowdpleaser” (un sympathique air de Lemmy au chant sur ce titre…), “Life hands you demons” (27 secondes de furie furieuse).
Bref, les fans de Valient Thorr retrouveront leur dose d’agression auditive, et avec un peu de chance, le groupe ralliera à sa cause toujours plus de Thorriors grâce à cette subtile prise de risque. C’est tout le mal qu’on leur souhaite !
A en juger par les retours sur les productions précédentes de Tracer, le trio australien propose tout ce qu’il faut pour satisfaire bon nombre de desert-rockers. Si pour autant le groupe n’évolue pas dans les sphères immédiates du stoner rock pur jus, les riffs lancinants du combo, son son de guitare, et d’autres facteurs séduisent bon nombre de stoner-heads. On remarquera avec un certain plaisir la production régulière du groupe : après un album en 2011, un EP “amélioré” en 2012 pour passer le temps, les voici déjà revenir avec sous le bras une nouvelle galette… Ils ne sont pas prêts de se faire oublier !
“El pistolero” en introduction nous fait craindre une propension trop prononcée vers un metal trop classique et trop éloigné de nos contrées sablonneuses de prédilection. Mais très vite, le vent de l’outback commence à gagner nos oreilles… et de manière presque “choquante” : il faut entendre en effet le couplet de “Lady killer” et son effarante reprise de celui du “Odyssey” de Kyuss, dans le riff et la ligne vocale. Pourtant, nos bonhommes ne sont pas débiles, dès lors on hésite entre l’innocence complète, et simplement l’hommage modeste. Passé cet épiphénomène, le reste de l’album reprend un peu de hauteur et on retrouve ce qu’on apprécie chez Tracer : une musique audacieuse, débridée, ample, portée par un son rond et solide, et des vocaux particulièrement marquants (Michael Brown n’a toujours pas décidé de se débarrasser de son encombrante ressemblance vocale avec Chris Cornell – chassez le naturel…). En choisissant le vétéran classieux Kevin Shirley à la production (plus connu pour avoir produit des prod hard rock rutilantes, notamment Maiden, Rush, Journey, mais aussi Slayer ou un DVD de Led Zep’), le modeste combo de l’autre hémisphère affiche haut et fort son ambition. Et côté son, pas de modestie à avoir, ça dépote, c’est propre et c’est véloce. Le groupe ayant ainsi sécurisé la forme, restait à travailler sur le fond, à savoir les chansons, et là encore le groupe ne déçoit pas. Son talent dans la composition n’est plus à prouver, et tout en étant variées, les chansons sont toutes originales, et ont une accroche particulière, une immédiateté que beaucoup de groupes leur envient. Difficile de citer à ce titre quelles chansons sont meilleures que les autres. On mentionnera tout au plus “Dirty little secret” (avec son couplet 100% QOTSA), “Scream in silence” (le mid-tempo qu’on déteste aimer), le percussif “Wolf in cheap clothes”, et le meilleur titre selon moi, “Hangman”, qui mélange refrain à la Soundgarden, passages orientaux à la “Kashmir”, le tout porté par une rythmique ronde et robuste.
Bref, si vous ne devez en aucun cas attendre à travers Tracer la relève du stoner californien, vous pourrez dans tous les cas apprécier la musique péchue du combo qui compte parmi ses influences certains de nos groupes préférés. Apportant leur propre identité décomplexée, ils ne versent jamais dans le plagiat, et proposent au contraire des compos soignées, efficaces, qui ont un potentiel de séduction assez étonnant pour peu que l’on ait les écoutilles grandes ouvertes.

De Bergame en Italie nous vient ce jeune trio issu de la foisonnante écurie Go Down Records. Difficile de trouver plus d’infos sur le groupe dont l’essence même tourne autour de… la bière ! Leur nom, déjà, le nom latin du type de plantes auquel appartient le houblon. La bio du groupe ensuite, qui ne s’embarrasse pas à parler de musique, mais détaille uniquement la passion du groupe pour la bière… Je vous passe le livret intérieur, où nos 3 lascars sont pris en photo couchés sur le sol au milieu des cuves d’une brasserie, et où des dessins voient des éléphants se prosterner devant des chopes… Avouons qu’en regardant la pochette du disque (un éléphant qui porte une bière avec sa trompe) on se demande si Humulus n’est pas un peu le Tankard du stoner transalpin.
Les premières écoutes ne viendront pas contredire complètement ce postulat, malheureusement… C’est gras, grassement stoner souvent, mais très proche du metal, voire du vieux thrash “à l’allemande”. Rien de péjoratif là dedans, mais quand on est familier et appréciatif du stoner italien plus “classique” (plutôt psyche, space rock…), on est surpris (euphémisme). Passé cette surprise, on se laisse aller à apprécier certains titres vraiment pas mauvais, tels le très heavy instrumental “Gums”, “Humuls Synt” en conclusion ou alors “Banshee” et son riff simplissime.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire en première approche, ce disque n’est pas ridicule. En jouant le cliché à fond, finalement ils parviennent à dérouler leur gros metal aux relents stoner de manière décomplexée, peinards. Au bout de quelques écoutes on peut vouloir changer un peu d’air, mais on y revient sans trop de déplaisir. Pas si mal.

Magna Saga est d’ores et déjà précédé d’une belle réputation au royaume de sa Majesté, après avoir notamment ouvert pour Nick Oliveri, Brant Bjork, les Truckfighters ou encore Nebula. Cette réputation repose sur l’intensité de leurs performances live, mais aussi sur la qualité de leurs morceaux. Les 5 titres qui composent The Fox sont la parfaite illustration de ce que le trio londonien est capable de faire en matière de cocktail musical détonnant. Des vocaux tantôt pop, tantôt QOTSA-ien, une musique proprette fleurtant tout aussi bien avec l’aspect poussièreux du stoner de la scène de so-cal, qu’avec le côté « in-your face » d’un Karma To Burn (le combo de West Virginia n’aurait certainement jamais renié un morceau comme l’instrumental ‘The fox’). Le résultat est absolument génialissime et plein de fraîcheur. Entre le somptueux ‘Bellicose’, et son enivrante montée en puissance à faire dresser les poils d’un imberbe, l’excellent ‘First and last’ ou encore l’énorme final syncopé de ‘The night of broken glass’, vous n’aurez que l’embarras du choix pour satisfaire vos oreilles. Après les Beatles et le Sab’, Magna Saga mérite d’être « the next big thing » venue d’Angleterre…..Ces trois là ne resteront pas sans label très longtemps.
Stonerpope

Décidément, il s’en passe des choses en Bretagne, plein d’initiatives intéressantes se matérialisent depuis plusieurs mois en lien avec la musique que nous aimons. Cette fois, c’est un nouveau groupe qui se fait connaître. Brain Pyramid, donc, en provenance de Rennes, est un trio formé il y a à peine plus d’un an maintenant, et compte en ses rangs Ronan, qui joue aussi dans les doomeux de Huata.
Mais point de doom ici : comme son patronyme le laisse penser, on baigne plutôt dans une ambiance psychédélique avec Brain Pyramid, mais pas tendance “planant”, attention : le groupe se pose en directe émanation des groupes de rock des années 60 et 70, dans la veine des guitaristes qui découvraient ou faisaient découvrir la disto et les prémices du fuzz, à la Hendrix par exemple. Dès le premier titre de cet EP, l’instrumental “Bad Luck”, on est pris par ce jeu de gratte, Gaston chargeant ses couplets de wah-wah et enquillant très vite les soli aériens. Derrière, la basse joue impeccablement son rôle modeste de structure rythmique avec ce son rond et chaleureux qui, effectivement, nous fait remonter le temps. “Stone Woman Blues” se repose avec insolence sur une rythmique… de blues (!!) on ne peut plus classique (trop ?), avant de partir sur la fin du morceau sur une jam endiablée renforcée encore par une basse punchy et toujours un jeu de batterie à l’avenant. Même tonalité blues, et même bluegrass sur le (toujours bien nommé) “Mary Jane Blues”, intégralement jouée en steel guitar / bottleneck. Retour dans le rock 70’s avec “Cosmic 1000 years” et son irrésistible boogie, qui vient charger une jam de quasiment cinq minutes non stop, qui finit avec un pied sur l’accélérateur, et une rythmique qui doit avoir les bras qui chauffent… L’EP se termine sur “Electric Spell” et son mid tempo toujours typique des productions sous acide du siècle précédent, qui se conclut lui aussi par un instru sur trois quarts du morceau. Sur le fil de l’album, le chant pour ma part laisse en revanche un peu à désirer : très marginal sur un disque largement instrumental, ce chant presque “parlé”, en anglais “avé l’accent”, noyé sous une tonne d’effets… Il y a probablement quelque chose de mieux à faire là-dessus, espérons que le groupe trouvera ses marques sur ce point.
Léger effet pervers des jams à rallonge qui se glissent ici ou là dans les morceaux : au même titre que des groupes comme Tia Carrera par exemple, on perd occasionnellement la ligne directrice des titres, la structure des morceaux… Difficile de trouver l’équilibre entre le jeu live et la structure rigide nécessaire pour tout support enregistré. Mais il est évident que le potentiel du groupe est bien là, et l’on se prend à espérer de nouvelles productions qui pourront bénéficier de la maturité croissante du combo. Quant au live, c’est une évidence à l’écoute de ces cinq titres, c’est là que le trio prend vraiment vie, et il ne faut surtout pas les rater.
Fans de rock instrumental qui poutre, réjouissez vous : here comes Idealus Maximus, trio originaire de Gant, avec un premier 6 titres autoproduit ma foi fort bien ficelé. Datant déjà de 2009, ce skeud démontre toute la maîtrise d’un groupe pourtant relativement jeune.
Oscillant entre le registre plus subtil d’un Rotor (« Taxi Willi »), et un style plus direct à la Karma To Burn (« Willkommen an Bord »), Idealus Maximus est avant tout un concentré de riffs jouissifs, servis par l’étonnante maturité des compositions. Derrière, la section rythmique assure grave avec, petite précision, un bassiste jouant sans médiator….impressionnant à voir en live.
Bref, si vous avez abusé du ‘4’ ces derniers temps, et si vous n’avez pas la patience d’attendre encore 1 petit mois avant la sortie de ‘V’, allez jeter une oreille à ce sympathique trio belge qui fera assurément parler de lui d’ici quelque temps. A suivre….
http://www.myspace.com/idealusmaximus/music
Stonerpope
Doctor Cyclops est le nom d’un film des années 40. C’est aussi le nom d’un groupe italien, formé en 2005, et proposant une musique 100% issue des seventies. Autant dire que les nostalgiques de cette époque et autres fans de groupes tel que Witchcraft ou Firebird trouveront leur bonheur dans ce 6 titres.
Bon, on va pas vous raconter des bobards en vous disant que ce groupe est « la révélation » de l’année, loin de là. Il n’en reste pas moins que cet EP s’écoute avec un plaisir certain, notamment « My revolution » et cette énorme intro à la fois simple et efficace. Mention spéciale au subtil classicisme de « Angel saviours in the cannibal house » avec sa petite touche de Hammond sur le final.
Bref, une très bonne surprise donc que cet EP. Doctor Cyclops refera assurément parler de lui.
Stonerpope

(2011)
Les français de The Dying Seed n’avaient pas laissé grand monde indemne il y a deux ans avec leur première galette autoproduite (voir notre chronique dans ces pages). Le trio nous revient avec un bien bel objet (un digipack cartonné avec un bel artwork), qui vient taquiner certaines bonnes productions professionnelles…
Le combo a clairement choisi de renforcer sa marque de fabrique avec cette dernière production : pas de remise en cause fondamentale d’un genre que, finalement, peu de groupes maîtrisent. 7 titres pour 45 minutes au compteur, le groupe ne fait pas dans l’expéditif, et ses compos sont chiadées, complexes. Les français ne sont pas avares en ambiances musicales diverses, disséminées au fil de passages aériens particulièrement atypiques dans ce genre musical, et pour autant parfaitement intégrés ici. Musicalement, le trio ne vise pas une seule direction : même si les influences desert rock sont minoritaires, on peut néanmoins entendre ici ou là des passages qui penchent furieusement vers la frange la plus heavy du stoner : High On Fire (des passages de “River’s end”), Buzzov-en sur les passages les plus gras (“Dirty old drunk”), les anciens Sparzanza (“Trees”)… Mais au global, on baigne plus largement dans un post rock costaud (veine Neurosis / Baroness), voire un metal thrashisant bien exécuté, mais qui pourra rebuter les fans de stoner plus planant. Pour les plus ouverts d’esprit, la variété des genres et l’audace du groupe convaincra à coup sûr. Armé de ces nouvelles torpilles, gageons que l’expérience scénique doit valoir le détour.
Laurent
En directe provenance de Bretagne, le très bien nommé quatuor Stonebirds ne faisait que discrètement parler de lui jusqu’ici. Et pourtant, le jeune groupe a mis à profit ces derniers mois pour composer des titres mastoc, bouffer du bitume et de la scène dès que l’occasion se présentait (plus d’une centaine de concerts à leur actif, pas mal pour un groupe “underground”…), et par la même occasion roder leurs morceaux pour les enregistrer sur cette très intéressante galette (bretonne… je sais, elle est facile…).
A noter d’abord, le groupe nous livre avec ce « Slow fly » un album autoproduit contenant pas moins de 10 titres (!), ce qui est remarquable à l’heure où le EP est le format le plus pratiqué dès lors que l’on veut se faire rapidement connaître. Stonebirds a mis un grand coup d’accélérateur, direct : pas de temps à perdre, ils balancent tout ce qu’ils ont sur le vinyle. Ce qu’ils ont est d’ailleurs pas mal du tout. Certes, la prod n’est pas toujours rutilante, le groupe n’a pas une major derrière leurs fesses, mais au final l’enregistrement est de plutôt bonne tenue, présentant certes quelques passages un peu faibles au niveau du son, mais permettant néanmoins de se concentrer sur les titres… que demande le peuple ? Les titres, justement, sont tous plutôt bons. Fait remarquable pour un groupe assez jeune, l’ensemble se tient bien, musicalement c’est fluide et sans accroc. Clairement, on retrouve pas mal le groupe à l’aise dans la veine du triptyque charnière du stoner en fin des années 90 : Kyuss (période « Circus ») et QOTSA (les deux premiers albums). Kyuss pour le son de gratte et les licks de guitare aériens (« Slow fly », « D.F.D.K. » au chant très Goss-ien, « Cosmos Riders »), QOTSA pour les rythmiques lancinantes (« Deepest hole ») ou saccadées (« Subs on my mind »). On est clairement en plein desert rock, et l’on peut penser ici ou là à l’ensemble des groupes de référence du genre, sans que jamais l’identité du groupe français n’en soit diluée… Ce processus de digestion d’influences prend néanmoins un tour assez surprenant à l’écoute du dernier titre « Oh Yeah ! », dont le refrain (comme le titre du morceau le laisse présumer) est une copie à peine déguisée du refrain du « Thong song » de Kyuss… Enfin, il y a pire manière de terminer un album !
Au final, à travers ce disque de fort bonne qualité, Stonebirds laisse entrevoir un potentiel remarquable, un vrai vent d’air frais (enfin, plutôt sec, voire aride et sablonneux en réalité !) sur la scène stoner française. Un groupe qu’il nous tarde de voir prendre son envol (désolé pour le jeu de mot pourrave) en live.
Laurent
Alors que la quantité de groupes stoner et affiliés en France commence à impressionner (ce qui vaut aussi pour leur qualité, soit dit en passant), certains combos passent plus ou moins “sous le radar” : The Coyotes Dessert est de ceux là. Originaires de Marseille, le quatuor n’est pas pour autant un “jeune groupe”, puisqu’il s’est bâti sur les cendres d’un groupe de metal fusion phocéen, Caedes. Bien décidés à se recentrer sur leurs racines musicales, et forts de cette expérience de plusieurs années à arpenter les scènes et à brancher les amplis, The Coyotes Dessert vient donc de sortir un EP digne du plus grand intérêt.
Dès les premières notes, la maturité du groupe saute aux oreilles : petite intro en son clair, gros riff toutes voiles dehors, rythmique endiablée à la QOTSA (naaan, ce n’est pas un cliché, écoutez pour voir), break ambiancé avant de mieux relancer la machine… “Shut” brille par son efficacité. Avec « Vampire » et “That little game”, le groupe montre d’ailleurs qu’il s’est depuis longtemps affranchi de toute influence par trop marquante. Plus audacieux encore : sur un EP où un groupe se doit de mettre “tout sur la table” pour impressionner vite et bien, le groupe se permet de coller un titre électro-acoustique avec “El Rancho”, tendance Lynyrd Skynyrd. Le groupe remet un coup d’accélérateur avec le bien nommé et rageur “American Car” qui, au vu du potentiel explosif de cette compo, aurait peut-être pu être un peu plus boosté par la prod, un peu timide ici. Ce titre n’aurait en tout cas pas dépareillé sur l’une des dernières production d’un groupe comme Hermano. Le EP se termine courageusement avec un enchaînement de deux balades “Perfect” et “Day of sorrow”, impeccablement exécutées.
Ainsi, en 6 titres (et demi) le groupe propose un condensé efficace et ramassé de son savoir-faire. On pense d’ailleurs très vite à Bukowski, qui dans son premier album proposait lui aussi une synthèse remarquable d’un gros rock sauvagement burné et fortement teinté de stoner : The Coyotes Dessert , un peu plus marqué stoner encore, ne dépareille pas dans l’intention (et on lui souhaite très vite la même reconnaissance que Bukowski). Cet EP met donc l’eau à la bouche et donne envie d’en entendre plus.
Laurent
(2010)
Empruntant à son homonyme Daniels son infographie noire et blanche reconnaissable entre milles, le sautillant Jack hexagonal annonce d’entrée de jeu qu’il ne boxe pas dans la catégorie des petits bras. Actif depuis deux-mille cinq, le groupe s’est cherché un bon moment en multipliant les changements de personnel puis s’est stabilisé sous forme de trio au bout de trois ans. La formule semblant convenir aux acteurs de cette aventure musicale, ils se sont rendus durant l’été deux-mille neuf au Stoke Sound Studio de Nantes pour graver les six compos alignées sur cet incroyable ‘Cows And Whisky’.
Composé de Julian Bells à la guitare et aux chants, de Manu Redhead à la basse ainsi que de Chris Dabrown à la batterie, le collectif nantais ne fait pas dans la dentelle, il burine sévère et ça la fait vraiment bien ! Influencé par le rock des années septante et le metal bien heavy, le rendu final devrait envoyer les fans de Down directement au nirvana sans passer par le start ! Le bois est envoyé dans les règles du tout grand art et je suis totalement conquis par ces trois rockers français qui nous proposent ici une bonne demi-heure de gros rock qui tache morceau caché compris.
Amis du rock burné du sud des Etats-Unis, cette plaque devrait vous intéresser avec ‘Dark Beginning’ qui sonne un peu comme la réponse à de ‘Ghost Along The Mississipi’. Je ne vais pas vous détailler par le menu les diverses plages de cette pépite tant je vous invite à sauter dessus. Néanmoins, je me dois de faire le docus sur trois titres qui m’ont laissé sans voix. On débute avec ‘Angel’s Motel’ qui débute comme un bon gros brûlot dopé à la testostérone sur lequel le groupe fonce bille en tête avant de se laisser aller à des soli assassins pour terminer en ralentissant le tempo, mais en conservant une énorme paire de couilles ! Ensuite, il convient de passer à un rythme un peu plus frénétique avec ‘Blow’ qui tape dans le lourd avec un refrain ralenti et bigrement efficace dans un registre heavy sans pour autant s’aventurer dans le bourrin de chez bourrin.
Pour finir, il convient de m’exprimer à propos de ‘Smoke The Clouds’. Troisième compo à débouler lorsqu’on déroule normalement la galette de Loire-Atlantique, elle débute lentement sur un gros murs de gratte qui n’est pas sans me rappeler Sparzanza (époque ‘Into The Sewers’ car je n’ai pas écouté leur dernière sortie dans le détail) ; elle manquerait presque de pêche si le riff n’était pas à ce point réussi et surtout si les chants et la rythmique n’apportaient pas cette dimension de puissance sonore qui, à la bannière d’un bulldozer, nous écrase sous leurs décibels. La virtuosité du groupe lui permet de se flirter avec la ballade en lâchant la pression pour ensuite mieux resserrer l’étreinte à grands coups de riffs plombés. Je suis sur le cul à chaque écoute !
Vivement la suite qu’on s’en retape une bonne rasade !
Contact:
http://www.myspace.com/jumpingjackgroup
chris
(2009)
Le trio de Bretagne a vu le jour en deux-mille six et il a déjà mis au monde un premier jet qualifié de très amateur par ses géniteurs en deux-mille huit. S’ensuit un premier split totalement home made avec son alter ego Asphodel. Asphodel ayant mis le focus sur l’univers du folk, je ne parlerai ici que de Cassiopée qui s’illustre dans un registre nettement plus stoner bien que le premier titre soit une compo issue d’une collaboration entre les deux formations et que son rendu tape d’un registre desertico-acoustique.
Les deux parties du split ainsi que la totalité des enregistrements avec tous les protagonistes est par ailleurs disponible gratuitement sur la toile en téléchargement légal pour pas un kopek. Ainsi vous pourrez faire plus amples connaissances avec Florent, qui officie à la guitare, à la basse ainsi qu’aux chants, Aurélie qui se consacre intégralement aux chants et Julien, qui martèle ses peaux. Ayant suivi le cursus habituel des groupes formés au temps du lycée avec ses vas et viens discontinus, c’est une formation stabilisée depuis deux ans qui se cache derrière ce second jet.
A la lecture des la présentation des membres du groupe, les fins limiers que vous êtes auront capté que nous avons droit à des vocaux féminins avec nos amis du cinquante-six. Loin de moi l’envie de pratiquer une quelconque ségrégation positive (pouah quel terme à la con !), mais ça rompt quand même pas mal la monotonie d’entendre autre chose que des poilus derrière le micro.
Après le morceau collaboratif, on se tape deux instrumentaux pas dégueu qui envoient du bon bois dans le style fuzz. Sur une trame mid tempo, les bretons balance une rythmique bien plombée et des gros riffs distordus : un classique du genre. Les vocalises se pointent à nouveau sur ‘Meet The Monster’ qui continue dans un registre mid tempo appuyé par le binôme basse/batterie. Si la voix rappelle quelque certaines déclinaisons du rock alternatif newyorkais (qui a parlé de Sonic Youth ?), le tout a un gros rendu bien stoner rock.
Pour achever ses auditeurs, Cassiopée a opté pour une énorme plage de vingt-six minutes qui va séduire les fans de gros son. En effet, délaissant quelque peu le monde du fuzz, le groupe se tape une descente dans des profondeurs qui flirtent avec le doom (j’en vois qui bavent). Ce style leur sied à merveille et le collage d’ambiances aériennes, où leur vocaliste tape presque dans la mélopée, et de plan bourrin est plus qu’efficace : il est carrément top ! Ca poutre comme il faut et je suis séduit par cet exercice de style qui tranche avec le plan bidouillage électro-vociférations à base de testostérone-gros riffs-électros aérien mêlant gratte et synthé puis plans rock avant l’apocalypse de fin de titre que de nombreuses formations post-tout s’acharnent à nous livrer ces derniers temps.
Cette conclusion bien barrée, mais ô combien agréable, me laisse perplexe quant à la voie que ces jeunes gens emprunteront pour la suite de leurs tribulations musicales. Une raison de plus de se réjouir de leur prochaine sortie.
Contact:
www.myspace.com/cassiopeetjf
chris

On savait déjà la Belgique ouverte et propice à la propagande stoner. Forts d’avoir fait la première partie de Karma To Burn ou encore de Mister Cool himself, Fenndango, jeune quintette gantois, en apporte, si nécessaire, une nouvelle fois la preuve grâce à un EP 4 titres fort bien ficelé.
« Sleep », le titre d’ouverture de cette autoproduction donne tout de suite le ton : montée en puissance lente et diablement efficace, rythmique solide….il y a du potentiel chez les Fenndango d’autant plus qu’ils possèdent déjà une qualité indéniable et qui fait défaut à nombre de groupes : une capacité à écrire des textes qui restent immédiatement ancrés dans la tête. En découle ainsi un « Tres Mate » de toute beauté.
Des sonorités fleurtant avec celles d’un Monkey 3, des vocaux tantôt susurrés, tantôt chantés à la manière de leurs illustres compatriotes (certes pas franchement stoner) de Channel Zero. Bref, une rencontre quasi impropable entre deux univers musicaux bien distincts, mais qui fait mouche dès la première écoute.
Rafraichissant.
pour plus d’infos :
http://www.myspace.com/fenndango
Stonerpope
(2009)
Ce projet animé par un seul homme – Christophe Marre – s’attaque sur ce troisième effort au monde spatial et psychédélique. Elaboré et réalisé entièrement par son concepteur, cet autoproduit au son cristallin est un bon gros délire instrumental où les guitares saturées et les rythmiques rock traditionnelles flirtent avec des soli et des textures aériennes et terriblement psychédéliques voir même tribales par moments.
Les aficionados de gros lourd qui tache passeront leurs chemins tandis que les amateurs de plans planants vont prendre un sacré panard en se passant cette galette qui me rappelle un peu Earthlings? les voix en moins. Disponibles uniquement en téléchargement, les titres de ce guitariste halluciné s’inscrivent dans une démarche artistique particulière où la spontanéité côtoie les technologies. Fruit d’un travail homemade, les plages sont bâchées en trois jours ; notre camarade se mettant au vert dans le but de concevoir, d’enregistrer et de mixer sa réalisation. Parcourant les horizons musicaux avec curiosité, Christophe s’est arrêté sur les rivages du rock psychédélique le temps d’accoucher ces six titres dont les deux plus anciens datent de l’automne deux-mille huit et les plus récents du début de cette année.
Afin d’explorer le monde de la guitare, qui l’attirait vu l’impossibilité de l’émuler correctement, ce travailleur s’est décidé à apprendre cet instrument il y a trois ans et c’est au moyen de sa Yamaha SG 1000 qu’il nous balance ses riffs et nous égraine ces notes délicates sur des textures apaisées. Par son élaboration et son approche pas très académique du monde du rock, cette plaque se situe quelque part entre Monkey 3, les Desert Sessions et les projets de Gary Arce.
Assez travaillées, les percussions électroniques s’intègrent parfaitement au tout sans taper dans le cheap et cette réalisation s’avère un compagnon idéal pour chiller avec ses quelques incursions bien senties dans le du free jazz et ses pointes de metal seventies (l’ombre de Deep Purple planant derrière le bien nommé ‘Antedated’).
Contact:
www.myspace.com/christophemarre
chris
(2010)
Nouveau venu dans la galaxie doom hexagonale, Surtr est un duo originaire de Lorraine composé de Jeff aux vocalises et à la gratte ainsi que de Régis derrière les fûts. La formation est présente sur la compile ‘Vive La France’ dont la couv’ de toute grand classe est l’œuvre de notre pote Johan – qui devient un incontournable de la scène française -. Ce sampler regroupe un paquet de groupes chroniqués sur ces pages et il accompagne le numéro de mars deux-mille dix du magasine spécialisé Doom Metal Front.
Ce premier jet de doom litanique arrive assez rapidement dans l’histoire du groupe qui a été formé en deux-mille neuf. L’effort principal n’a pas été mis sur l’emballage qui reste bien sobre, mais sur le contenu à savoir trois titres redoutablement lourds aux tempi comme embourbés dans le sombre univers que Surtr a imaginé pour exercer son art.
Affichant vingt-trois minutes dans le player, cette plaque propose deux compositions originales intitulées ‘Part I’ et ‘Part U’ ainsi qu’une reprise. Les titres élaborés par cette structure bicéphale font partie intégrante d’un concept intitulé ‘World Of Doom’. Le moins que l’on puisse dire c’est que nos lascars ne mentent pas une seule seconde. Ce magma sonore se meut très bas dans les bpm. Les percussions donne le ton et pose la structure des plages en en balisant leurs pourtours à grands renforts de martellement pachydermique. Ca et là quelques coups de cymbales viennent en support aux riffs lourdingues que l’on devine bien influencés par Black Sabbath. Pour briser un peu la monotonie – qui n’est pas en soit gênante dans ce style musical – la formation accélère en lâchant les guitares. Les parties vocales sont dispensées à des doses homéopathiques en utilisant un registre très clair assez caverneux sur le premier titre et carrément chanté de manière presque hardrockisante sur le second.
Pour clore ce premier effort, les Lorrains ont tapé dans le répertoire des Dieux de Black Sabbath en reprenant à leur sauce ‘Electric Funeral’. Le titre de ‘Paranoid’ demeure à un tempo équivalent à l’original, mais il s’étale plus longuement. La voix nasillarde et aiguë disparaît au profit d’une voix plus sombre sauf lorsque tout s’accélère à mi- morceau. La dimension de puissance qui se dégage me parle plus que l’original (oh sacrilège je ne suis pas un fans de Black Sabbath).
Les amateurs de Doom traditionnel devraient kiffer ces Français.
Contact:
http://www.myspace.com/surtrdoom
chris
|
|