Clutch – Earth Rocker

Clutch - Earth Rocker

Il leur aura fallu presque quatre ans à ces salauds pour le pondre, ce « Earth Rocker ». Quelques années passées à fignoler une petite poignée de titres (11 morceaux, pas plus), des titres efficaces, pas trop longs, juste ce qu’il faut (45 minutes au garot, old school style). Quand on demandait au groupe il y a quelques mois de nous décrire leur album, ils disaient qu’il serait plus rock, plus direct, plus basique… c’est ce que disent TOUS les groupes de rock pour répondre à une telle question, c’est rigolo… Sauf que eux, ils l’ont fait.

Preuve en est, le single éponyme joue un rôle fondateur d’introduction de la galette, il constitue une passerelle impeccable mêlant du Clutch typique (couplet scandé par Fallon, rythmique groovy) avec des bases rock déjà prégnantes (refrain aboyé comme jamais, riff vicieux). Et bim ! c’est parti. Pas plus tard que sur le titre suivant, le bien nommé « Crucial Velocity », on prend une claque dont on aura du mal à se relever dans la demi-heure suivante : on se demande d’ailleurs très légitimement si Tim Sult, en plus de 20 ans de carrière, a tout simplement déjà joué riff aussi féroce que sur ce refrain, ou que Dan Maines a déjà eu une attaque de cordes aussi véloce (on le sent serrer la mâchoire rien qu’en l’écoutant porter le superbe solo de Sult vers la fin du titre…). Et ensuite, ben on a beau chercher, ça débande pas. « Mr Freedom » avec ses airs de « Burning Beard » en plus groovy, « D.C. Sound attack » et son impeccable accompagnement d’harmonica (sans Oblander aux manœuvres) qui amène un refrain assez dantesque que l’on s’imagine déjà hurler en concert… Et dès que la tension feint de revenir à un niveau normal, ils enquillent un épileptique « Unto the breach », lui aussi doté d’un excellent solo de gratte avec un effet de pédale saccadé (putain, Tim Sult a le charisme d’une moule neurasthénique, mais quel joueur !).
Là où un groupe de rock normal aurait collé une balade « prétexte », un truc sirupeux, Clutch place en plein milieu de son disque un petit joyau électro-acoustique, « Stone cold », sobre, ambiancé, modeste, où chacun se met en retrait à l’exact opposé des autres titres. Le grand écart est réussi. « The face » remet les montres à l’heure, et permet de mettre en valeur le jeu de batterie de Gaster, qui sur ce titre alterne les styles de jeu : frappe de mule, envolées de charley, nappes de cymbales, le bonhomme joue sur tous les tableaux, toujours à bon escient, sans jamais dépasser ses prérogatives de modeste joueur rythmique.

Le dernier tiers de l’album n’est pas le plus percutant, mais peut-être le plus intéressant. « Book, Saddle, & Go », du Clutch pur jus, met la barre assez haut en termes d’efficacité. En dégainant ensuite « Cyborg Bette », même s’il n’y paraît pas, Clutch explore des territoires assez inédits : son riff de pur rock’n’roll porté par la caisse claire de Gaster, son couplet que Sult accompagne de licks de gratte aux frontières du bon vieux shredding (voir à ce titre son solo « en arrière plan » aux deux tiers du titre)… bref, ça décoiffe un peu. « Oh Isabella » offre lui aussi un écrin impeccable pour permettre à Tim Sult de montrer l’étendue de son spectre musical, et « The wolfman kindly requests… », lui, nous rappelle que Neil Fallon a survolé cette galette sans jamais faire de vagues, tout en la pierre angulaire du « genre Clutch ».

L’inconvénient de ces albums « plus rock », est que l’on s’en lasse plus rapidement. Après plusieurs semaines d’écoutes, je suis désormais assuré que ce n’est pas le cas de ce disque éblouissant, décidément une réussite sur tous les tableaux. Un sans faute que l’on n’osait attendre. Même l’artwork est réussi (ce à quoi le groupe ne nous avait pas forcément habitué). Ce retour aux basiques fait chaud au cœur, et à ce titre, « Earth Rocker » est un titre parfaitement adapté pour qualifier cet album. Enfin, personnellement j’avais une meilleure idée, mais on me souffle que le titre « Pure Rock Fury » était déjà pris, il aurait pourtant été parfaitement approprié…

Surtr – Pulvis et Umbra

Surtr – Pulvis et Umbra

Le trio doom hexagonal est de retour avec sept nouvelles compos massives. Je m’attendais à me retrouver comme enterré vivant sous une chape plombée de riffs aux tempi ralentis et incroyablement lourdingues suffocant sous les assauts de nos lascars dont la présentation de ce nouvel effort ventait des titres encore plus inspirés par le doom… Et bien non ! Ce nouvel opus – sombre – foutrement bien foutu m’entraîne plutôt du côté de la période Dio de Black Sabbath.
Déçu ? Absolument pas ! C’est un sacré panard que je prends en hochant de la tête entraîné par les riffs ensorceleurs déployés par ces français. Débutant en douceur par ‘Rise Again’, cette plaque fait partie de ces disques qui montent en puissance progressivement durant l’écoute. Cherchant d’abords à comprendre la démarche artistique qui voit une formation orientée doom teinter ses titres de plans épiques et de nappes synthétiques typées seventies, je me retrouve subjugué par l’enchaînement de trois titres absolument fabuleux : ‘Sonic Doom’, ‘The Call’ et ‘Rebellion’. Ces joyaux du style possèdent la totalité des ingrédients nécessaires à un bon titre de doom abordable par le commun des mortels et ne tapent pas du côté drone de la force.
Les riffs de Jeff Maurer, poutrement efficaces, se posent sur des structures rythmiques lentes et puissantes envoyées par Julien Kuhn à la basse ainsi que Régis Beck à la batterie. Les parties vocales sont presque déclamées ce qui me convainc nettement plus que – attention je vais être iconoclaste – certains plans de Lee Dorrian ou de Ronnie James Dio qui ont tendance à en faire trop comme tous les vocalistes orientés metal pur sucre ! Ces presque trois quart d’heure de gros sons s’achèvent avec ‘Fred Karno’s Army’ qui s’étire sur huit minutes. Cette dernière plage débute sur des rivages proches d’Heaven & Hell puis, à force de changements de rythme bien ordonnés, va s’aventurer dans un océan pas très éloignés des meilleures formations francophones de stoner psychédélique instrumental où la basse prend le lead avec brio.
Surtr nous balance là un putain d’album qui foutra la gaule aux fans du Grand Iommi !

Karma To Burn – Live In Brussel

Karma To Burn – Live In Brussel

J’ai souvent reproché à Karma To Burn de ne pas avoir sorti de réel album live audio vu la piètre qualité des titres présentés par le trio sur certaines de ses productions passées : les bonus de ‘Mountain Mama’s’ en sont la crasse illustration ! Me voilà comblé avec la sortie simultanée de cet album et de son alter ego ‘Live At Sidro Club’ qui fait l’objet d’une autre chronique sur ce site.
Ce live est une énigme en soit ! Je me suis rendu au concert de Genève en espérant trouver l’autre live au stand merch. L’objet convoité ne s’y trouvait pas, mais le CD ici chroniqué était mis en avant par le vendeur habituel : Rich Mullins. Comme c’est Karma To Burn, je l’ai acquis et suis satisfait de cet achat dont je n’avais jamais entendu parler.
Il faut dire que question promo, il y a à redire : enregistré à Bruxelles en octobre deux-mille-douze, ces onze titres ont été masterisés et sortis par une structure suisse qui n’a pas de site internet et seule l’enseigne de vente de musique virtuelle arborant la pomme croquée semble commercialiser cet objet en dehors des stands du groupe lors de ses concerts.
Passées ces considérations toutes marketing, qu’en est-il de ce live ? Il s’agit de morceaux capturés lors de la dernière tournée européenne des Ricains. Enfin la dernière avant celle du début d’année deux-mille-treize et de son retour durant l’été suivant. Il faut noter que la formation est omniprésente sur le Vieux-Continent depuis son retour aux affaires. Cette rondelle est aussi la première trace discographique avec Evan Devine qui a succédé à Rob Oswald derrière les fûts. Pièce-maîtresse du groupe, le batteur avait conquis de nombreux fans et c’est naturellement que l’on peut s’interroger sur la partie batterie de cet album. Et bien les enfants, c’est pas mal ! Certes, le touché de Rob manque côté cymbales, mais ça cogne juste et puissamment.
Hormis deux nouveaux titres ‘Unheard Before’ comme c’est écrit sur la couverture, le tracklist est très traditionnel et le groupe ne prend pas de gros risque en balançant des morceaux moult fois éprouvés sur scène : ça s’enchaîne naturellement et efficacement à tel point que ‘Fifty Three’ et ‘Fifty Four’ – les nouvelles compos – semblent figurer sur les setlist de KTB depuis la nuit des temps. ‘Nineteen’, ‘Twenty Eight’ et ‘Twenty’ (en bouquet final) font leur effet usuel sur l’auditeur addict que je suis.
Question son, ce live est de bonne qualité – voire très bonne pour les mecs qui comme moi ont bouffé durant des années du pirate pourri choppé sur un walkman depuis le public – on entend les quelques interactions de William Mecum avec le public et quelques sifflements de fans. Une belle surprise au rayon live pour un groupe qu’on ne présente plus.

Karma To Burn – Live At Sidro Club

Dwellers

Le trio US ne m’avait jamais réellement impressionné côté album live. Certes le dvd capturé lors de leur grand retour m’avait bien fait kiffer, mais au rayon audio je restais, comme tant d’autres, sur ma faim. Je me rabiboche sur le coup avec ce groupe génial dont deux productions live sortent simultanément : cette production et le ‘Live In Brussel’ dont la chronique figure aussi dans ces pages.
Nos potes italiens sortent ce live uniquement en vinyle et avec la manière s’il vous plait : une série du noir usuel pour ce format et une autre colorée en rouge ! Les collectionneurs peuvent bondir au ciel ! La spécificité de cet objet demeure dans le formatage des pistes à savoir une piste ‘One’ – qui n’a rien à voir avec le titre ‘One’ ni de Metallica ni de Karma To Burn d’ailleurs – et une piste ‘Two’ soit la face A et la face B sans coupure aucune. Envoyé d’un coup d’un seul soit de la même manière que le groupe balance ses shows. Pas de césure entre les pistes qui, à dix secondes près, totalisent le même temps : vingt-cinq minutes et des poussières de stoner rock instrumental du meilleur tonneau.
Techniquement cohérent, ce live a été capturé lors d’une énième incursion en terres européennes le vingt-six avril deux-mille-douze au Sidro Club de Savignano sul Rubicone dans le nord de l’Italie. Soit dans le lieu où le label Go Down a élu domicile. Bien qu’enregistré avant l’aventure belge, en sortant après coup, il s’agit de la seconde plaque avec le remplaçant de Rob Oswald : Evan Devine et il faut dire que la production a mis le paquet pour que l’on entende le nouveau résident de KTB. Contrairement à celui que nous qualifierons de l’autre live, nous entendons clairement les cymbales tout au long des deux faces. Ce petit plus au niveau du mastering nous rapproche du son de nos lascars sur scène y compris depuis l’arrivée du petit dernier qui se défend plutôt bien le bougre ! Cette galette arrive à brûle-pourpoint pour rabattre le caquet à certains sceptiques (qui feraient bien de prendre un antiseptique).
Les compositions inclues dans les deux plages tapent dans le registre usuel que Karma To Burn déploie lors de ses prestations scéniques toujours remarquables. Ca file frénétiquement en envoyant le gros bois pour se conclure en feu d’artifice sur un ‘Twenty’ trépidant qui ravit les inconditionnels dont je fais partie.
La qualité sonore restitue à merveille ce que ces zozos balancent sur scène : c’est carré, ça fait danser la nuque, on entend parfois le public répondre aux quelques échanges provoqués par le guitariste et ça sait être subtil au niveau des arrangements. Une bonne sortie dans le registre enregistrement public pour ce trio loin d’être un débutant de la scène stoner.

Sons Of Otis – Seismic

Sons Of Otis - Seismic

S’il y a bien un truc qu’on ne demandera jamais à Sons of Otis, c’est bien d’amener un peu de variété à ses rythmiques. D’ailleurs qui serions-nous pour oser demander quoi que ce soit aux fils d’Otis ? Non, plombés comme un wagon de marchandise, les riffs tracent inexorablement leur chemin d’un pas de pachyderme sous barbituriques, enfonçant, à chaque boucle, un peu plus le clou. “Nothing gonna change” clame Ken Baluke dès le premier titre de sa voix habitée noyée dans l’écho, entre colère et résignation hébétée, une voix hantée comme la plainte d’une masse de damnés portée par le vent.

Cette atmosphère de plaine glacée fouettée par le vent ne vous lâche pas. Parfois illuminée de quelques errements à la limite du psychédélisme le plus millésimé (“Lessons”), d’ambiances dronesques mais avec un plafond nuageux aussi bas que leurs incursions restent très discrètes (l’intro de “Alone”) avant que l’horizon ne finisse par se dégager un peu et que l’on se surprenne à prendre un peu de hauteur pendant plus de 9 minutes sur l’instrumental hawkwinien “PK”, pure merveille de space rock sévèrement défoncé. Puis, dans la seconde partie de l’album quelques grooves flirtant plus avec le stoner 70s que le doom, histoire de remonter peu à peu à la surface après une telle plongée en apnée(“Never in my life”, “Cosmic jam”).

Ce nouvel album de Sons of Otis prouve, une nouvelle fois, qu’avec plus de 20 ans d’expérience, les canadiens s’y connaissent comme personne quand il s’agit d’insuffler une sérieuse dose de stoner à leur doom historique. La concurrence (on pense notamment à Ufomammut) a encore du chemin à faire avant d’égaler l’inventivité des ainés.

Five Horse Johnson – The Taking Of Black Heart

Five Horse Johnson - The Taking Of Black Heart

Sitôt les premiers accords de « The job », son lick de gratte rond et galopant et son harmonica, j’avoue, j’ai eu le sourire. Five Horse Johnson, c’est un peu le petit plaisir coupable, le combo qui n’a jamais fait du pur stoner, mais qui, par le truchement de ses influences complètement 60s-70s, de ses partenaires réguliers de scène (Clutch, Halfway To Gone, Backdraft, etc…) ou de label (FHJ est l’un des plus anciens combos signés chez Small Stone), se retrouve naturellement (et avec plaisir) directement associé à la communauté stoner. Les voilà nous revenir après plus de six ans d’absence impardonnables, avec ce « The Taking Of Black Heart ».

Le blues rock chargé en grattes du quatuor (rappelons que le groupe n’a toujours pas de batteur attitré) n’a pas perdu en prestance après toutes ces années, et l’efficacité de leur formule est toujours intacte. Instrumentalement, déjà, FHJ est juste inattaquable : leur massif vocaliste Eric Oblander n’a pas uniquement une voix chaude, puissante et impeccablement déchirée, il est aussi un joueur d’harmonica émérite, un vrai (pas un de ceux qui dégainent leur harmonica de la poche arrière de leur jean pendant un solo de guitare « pour faire genre »), et il apporte à ce titre une spécificité remarquable et bienvenue à la musique du combo (pour mémoire, le bonhomme a joué sur plusieurs titres de Clutch, dont le merveilleux « Electric Worry » – allez voir le clip sur Youtube, vous verrez Oblander dans ses œuvres – chair de poule garantie). Le duo de gratteux (dont Phil Durr, qui jouait déjà sur l’album précédent mais a été incorporé en tant que membre officiel) abat des rondins sans temps mort sur les 45 minutes de cette galette, riffs bien tassés, soli acérés, passages de slide bien boogie… Côté rythmique, faute de batteur attitré pour épauler Smith à la basse, le groupe fait appel au vieux pote Jean-Paul Gaster de Clutch, ni plus ni moins. Pour ceux qui ne seraient pas familiers de la subtilité de ce batteur magnifique, ce disque apporte encore un éclatant témoignage de la sobriété du jeu de Gaster, formidable générateur de groove sur chaque titre.

Ainsi doté d’excellents artisans, reste à FHJ à montrer que le fond vaut autant que la forme. Pas de faux-pas niveau compos non plus, c’est aussi un sans faute. Du groove, encore et toujours, des couplets cinglants, des refrains parfaits, des soli courts mais bien placés… Pour tout dire, on ne s’ennuie pas une seconde et le disque défile non stop en boucle sans que le pied ne s’arrête un instant de taper. « Keep On Diggin’ » en parfait exemple de boogie rock sautillant et infectieux, « Black Heart Baby » et son rock saturé tendance sudiste en version énervée, « Smash & grab » mid-tempo empreint de groove tranquille, « Hangin’ Tree » et son riff primaire décliné sur tout le titre… On ne sait plus où donner de la tête. Et lorsque le groupe se lance dans une reprise d’un titre méconnu de Rod Stewart (« You’re My Girl (I Don’t Want To Discuss It) »), il le transforme un hymne de rock sudiste naïf, et convie pour l’occasion le chanteur de Cheap Trick Robin Zander.

Bref, avec « The Taking Of Black Heart », Five Horse Johnson signe encore un excellent album. Un disque modeste, orienté sur le plaisir d’écoute (et manifestement aussi le plaisir de jouer, ça s’entend), un album qu’on écoute beaucoup, qu’on met de côté quelques jours et qu’on ré-écoute avec plaisir. On ne parle pas de groupe culte, on ne parle pas de disque « passionnel », « mythique » ou autres conneries prétentieuses. Juste un putain d’excellent groupe de gros rock qui nous pond aux premiers jours de 2013 rien moins que l’un des albums de l’année, sans se prendre la tête, juste comme ça.

Dwellers – Good Morning Harakiri

Dwellers - Good Morning Harakiri

Le « Tales » du groupe Iota, sorti lui aussi sur Small Stone, il y a quelques années, avait été une excellente découverte. Avec la disparition discrète du groupe, ne nous reste plus à nous mettre sous la dent que Dwellers, le nouveau combo de son leader, le chanteur-guitariste Joey Toscano. Il y a quelques mois sortait donc ce « Good morning Harakiri », premier LP de ce trio composé de Toscano et de deux potes issus d’un obscur combo de doom US. Evidemment, et c’est rassurant en soi, on retrouve bien la voix subtilement ravagée de Toscano tout au long de ce disque, même si elle ne se tire pas la part du lion, les parties chantées étant minoritaires par rapport aux nombreux passages instrus, soli, jams, etc… Concernant le genre musical, on est toujours bien en contrées stoner, avec des jams blues-psyche un peu plus développées que Iota (voir les 10 minutes du lancinant « Vultures » et sa clôture sous forme de jam instrumentale aérienne, ou encore de l’épique « Old honey »). Les autres titres sont virulents, rêches, colériques, fiévreux… Fait saillant, la production de l’ensemble propose un traitement du son assez couillu : probablement pour mettre en avant la qualité intrinsèque des compos, la mise en son est particulièrement homogène d’un titre à l’autre. Basse ronde et juste assez saturée, gratte fuzzée bien comme il faut sur les soli, chant un peu distant… Impeccable.

Au final, ce disque manque peut-être un peu de « coefficient catchy » pour sortir la tête de la mêlée : comparé à d’autres sorties 2012 (dont certaines de leurs confrères d’écurie, Small Stone), le groupe manque d’un élément marquant, de caractéristiques qui feront qu’on l’écoute en boucle inexorablement. Ne nous méprenons pas, ce disque s’écoute avec un plaisir non feint, ses compos sont efficaces et accrocheuses, mais au bout d’une demi-douzaine d’écoutes, on a le sentiment d’en avoir fait le tour. Néanmoins, la qualité du combo et son assertivité musicale me donnent envie d’entendre leurs futures productions, car on sent un très gros potentiel à travers ce, quand même, très bon disque.

Graveyard – Lights Out

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Un peu à la ramasse (comme d’hab’) sur Desert-Rock, on avait un peu zappé le phénomène Graveyard. On avait pourtant bien trippé sur « Hisingen Blues », leur précédent album sorti quelques mois seulement avant ce « Lights Out ». Faute avouée est à moitié pardonnée non ? Un peu échaudés avec le temps par le phénomène Wolfmother (difficile avec le recul de jauger le groupe, entre folle passion 70’s et parodie…), la déferlante Graveyard, elle, ne souffrait d’aucune ambigüité. Les deux premiers albums du quatuor scandinave ne laissaient pas planer le doute quant à leur intégrité ou leur intention musicale : Graveyard sortait des albums de rock authentiques, en faisant tout simplement abstraction de ce qui s’est passé ces 40 dernières années. C’est pas plus bête à comprendre, et c’est aussi bon à écouter !

Alors du coup, ben nos repères n’étant pas pléthoriques, forcément on entend du Deep Purple (il y a du Ian Gillian dans les cordes vocales de Nilsson sur « An industry of murder »), du Led Zep of course (« The suits… »), un peu de Doors (« Seven Seven »), quelques soli un peu patauds à la Sabbath, etc… Musicalement c’est carré, bien fait, sincère, et l’enveloppe musicale a tout pour nous séduire : un gros classic blues rock bien heavy… Tout bon.

Pour autant, je pondère mon enthousiasme : même si ce n’est pas l’actu, j’aurai préféré chroniquer ici « Hisingen Blues », car pour moi ce “Lights Out”, même s’il affirme haut et fort l’identité du groupe, ne dépasse pas son prédécesseur en terme de jouissance pure. Déjà, « Lights out » est un peu « light » (désolé du jeu de mot pourrave), dans le sens où il dure moins de 40 minutes pour 9 titres ; forcément on en voudrait plus. Ensuite, plus de la moitié des titres sont soit des mid-tempi, soit carrément des balades. Tout aussi splendides que soient ces dernières (ce qu’est « Slow motion countdown »), le coefficient headbanging descend un peu sous la moyenne. Je suis bien conscient que ce jugement est non seulement subjectif mais aussi conjoncturel : je pense sincèrement que dans un autre timing (après s’êtres repassé l’intégrale Slayer saupoudrée d’un peu de Meshuggah par exemple), la galette couleur d’ébène de Graveyard enverrait du rêve à revendre. Mais côté boogie, rythmiques galopantes, il y a un petit manque qui pénalise un peu l’équilibre de cet album. En revanche, la qualité du travail de composition laisse rêveur : rarement une telle intensité est apportée à des titres aussi diversifiés. Bref, un très gros potentiel, espérons juste que nos loustics feront un peut plus craquer les têtes d’ampli pour leur prochaine livraison.
A noter pour l’anecdote, derrière la pochette d’album la plus foutage-de-gueule de 2012, un vrai effort de packaging apporté par le groupe à l’objet CD (dans mon cas), avec goodies, digipack, CD imitation vinyl, etc…

The Company Band – Pros & Cons

The Company Band - Pros and Cons

On a pas coutume de chroniquer les EP, sur Desert-Rock. Une de ces règles gravées dans le marbre qu’il nous apparaît aujourd’hui crucial de contourner, au regard de la grosse mornifle récoltée à l’écoute de la sympathique nouvelle prod de The Company Band. TCB, mieux connu comme le side project de Neil Fallon, le velu vocaliste de Clutch, mais surtout comme une sorte de all-star band du stoner ricain, avec Brad Davis de Fu Manchu à la 4-cordes, le gratteux de Fireball Ministry et Jess Margera (CKY) derrière les fûts. Après 2 albums délicieux, le quartette magique nous a pondu il y a quelques mois un petit 5-titres assez remarquable.
Petit album = petite chronique (chiche !). « House of capricorn » introduit fièrement la galette avec un boogie très Clutchien, sur un up/mid-tempo très accrocheur porté par une batterie de mule. « Black Light Fever » démonte la cervelle avec son refrain chargé de groove à en dégueuler et ses grattes cinglantes. On accélère un peu tout ça avec le plus fiévreux « Kill screen », un titre qui déboîte bien, toujours affublé de la frappe sur-bourrine de Margera, et subtilement enrobé de discrètes nappes d’orgue. Le tempo ralentit avec le très accrocheur « Loc-Nar », lui aussi très marqué « Clutch », entre son refrain et le groovy break sur la fin du morceau. On finit à la cool avec « El Dorado », un morceau lent gracile et onctueux (?!!) qui traîne ses 5 minutes sans lasser, et notamment dans sa conclusion particulièrement aérienne.

Très bon, rien à dire. Un peu court, bien sûr, mais très bon. L’association de ces 4 fourbes fait toujours plaisir à entendre. Maintenant on se sort les doigts et on pond un LP.

Solrize – Mano Cornuta

Solrize - Mano Cornuta

Me voilà foutrement embarrassé (pour être poli). Embarrassé parce qu’après une douzaine d’écoutes de ce disque je continue à porter des sentiments ambivalents à son encontre. Enfin, « pluri-valents » serait plus juste tant ma cervelle est chahutée par chaque titre différemment. Précisons avant d’aller plus loin que Solrize est un groupe autrichien que jusqu’ici je n’avais pas eu l’opportunité d’écouter. Il s’agit de l’une des rares sorties du bon label Go Down qui ne soit pas produite par un groupe italien. Autre fait marquant, l’album a été enregistré et produit dans le mythique Sanctuary de Scott Reeder, dans les plaines sablonneuses du haut-désert californien.

Sauf que voilà, Scott Reeder est un bon producteur, mais – attention, casseur de mythes – pas un magicien non plus ! Je ne dis pas que l’album est mauvais pour autant… Preuve en est le percutant « Endurance » en intro, un titre de pur metal ronronnant baigné de lointaines effluves stoner, ce que l’on avait l’habitude d’entendre de la part des meilleurs combos de « stoner metal » scandinaves au début des années 2000. « Blue sky » ensuite est probablement le titre le plus catchy de l’album, avec sa petite rythmique sautillante servie par un lick de guitare que ne renierait pas la petite équipe de Josh Homme. En deux titres on mesure aussi les différentes nuances vocales que peut aborder Elvis Nine au chant… sauf que le chanteur n’est pas forcément le plus gros atout du groupe : sa technique n’est pas non plus spectaculaire, et même si on ne le prend jamais en défaut, on n’est jamais non plus subjugué par ses prestations. Le titre suivant « Speak of the devil », si on fait abstraction du chant, fait lui aussi pas mal penser à QOTSA, 1ère génération cette fois (voir ces couplets portés par une batterie saccadée et des « hurlements » de lead guitar lointains typiques), tout comme le presque instrumental « Ode to the noise » et son refrain plein de boogie typique, ou encore « I am the warrior » et son son de gratte… sauf que par ailleurs la rythmique de ce titre nous rappelle plutôt un morceau de pur heavy metal germanique des années 90 ( ??? OK, j’exagère un peu) doté d’un gros refrain stoner. Bref, un sacré foutoir.
En milieu d’album, « Eternal lie » sème furieusement le trouble, en singeant en tous points une chanson de Danzig. Le son de gratte, la construction du morceau, le riff du couplet typique, jusqu’au chant faussement nasillard emblématique du lutin ricain… Déstabilisant… Les titres suivants alternent entre grosses torgnoles metal (ex : « Enemy »), et titres de stoner plus accrocheurs.

Doté de ce que l’on peut sans peine proclamer « pire pochette de l’année », Solrize est un combo qui ne laisse pas indifférent : il fait preuve de tant de qualités et de talent que l’on ne peut décemment pas les détester… pour autant, même si on en a une furieuse envie, on n’arrive pas à tomber amoureux… En resserrant un peu les lignes, en se concentrant sur les compos dans un soucis de rationaliser un peu tout ça, gageons que le potentiel de ce groupe est très fort et attend d’être complètement révélé. Dans l’absolu, « Mano Cornuta » reste toutefois un très bon album tel quel.

Infernal Overdrive – Last Rays Of The Dying Sun

Infernal Overdrive - Last Rays Of The Dying Sun

Même si une partie des groupes chez Small Stone évoluent dans un territoire musical assez balisé, une autre partie est constituée de combos abordant l’ensemble des nuances stylistiques liées de près ou de loin au stoner (pensez à Acid King, Abrahma, Five Horse Johnson, Dixie Witch, Suplecs, etc…). Infernal Overdrive fait partie de cette dernière catégorie : le groupe ne « sonne pas » Small Stone, mais la qualité de sa production musicale ne trompe pas sur son label d’appartenance. De la bonne came. Faut dire qu’on retrouve à la tête du quatuor de Boston le chanteur / gratteux de Antler (un groupe qui nous avait laissé une excellente impression il y a quelques années) et son frangin à la basse.
Le combo dégaine en (seulement) 8 cartouches un petit délice de heavy classic rock, une sorte de mix entre le Aerosmith des années 70 et le Fu Manchu des années 90 (écoutez ce mélange épatant vous exploser au visage sur « Duel ») voire même un Motörhead (voir la rythmique galopante de « The Edge »). Les guitares sont finement ciselées (pas vraiment le trip craspec et riffs graisseux, si vous voyez ce que je veux dire…), juste heavy comme il faut, et les morceaux débordent de boogie entraînant. Le titre « Motor » qui conclut la galette culmine à 12 minutes de jams épiques qui devraient finir de convaincre tout récalcitrant.
Sans être une sortie transcendante non plus, ce disque est un bonne production Small Stone, le genre de disque qui procure assez de bons moments musicaux pour aisément justifier la petite poignée d’euros que représente son achat. Ni plus ni moins.

Tracer – L.A. ?

Tracer - L.A. ?

On avait franchement aimé « Spaces in between » l’an dernier, la première vraie galette des australien de Tracer. C’est donc avec plaisir que l’on récupère le nouveau skeud de ce power trio qui n’a pas froid aux yeux. « L.A. ? », toutefois, n’est pas vraiment leur dernière production. En effet, pour battre le fer tant qu’il est chaud (« Spaces in between » a bien cartonné et le groupe a bouffé du bitume pendant des mois et des mois pour le promouvoir sur toutes les scènes de la planète), le groupe a décidé de re-sortir « proprement » son premier E.P., agrémenté de quelques titres en rab’ pour faire bonne figure.
Quoi qu’il en soit, le CD trouve instantanément sa place dans mon lecteur, et c’est sans surprise que l’on retrouve la musique du combo. Pas de changement à ce niveau : le heavy rock des australiens a toujours quelques relents grunges (franchement, dur de ne pas penser à Soundgarden dans le break de « Don’t forget my name » et l’intro de « All look the same », ou aux vocaux harmonisés typiques de Alice In Chains sur « Get Free »), mais les fans de stoner y trouveront leur compte (ne me dites pas que le riff de « Wrecking ball » ne vous fait pas penser au QOTSA des années 2000… tout comme il y a du Fu Manchu dans « Such a waste »). Ce qui frappe en revanche, c’est la subtilité de ces modestes « allusions musicales », car après réflexion, cela ne représente que quelques sonorités semées ici ou là au fil des titres, parfaitement assumées, mais en aucun cas fondatrices des compos.
Quoi qu’il en soit, il doit y avoir quelque chose dans l’eau que boivent les musiciens australiens, qui leur procure cette aisance à composer des titres définitifs, des riffs stellaires et lumineux, complètement décomplexés. Regardez voir AC/DC, Airbourne, Electric Mary, Wolfmother, les Vines, Powderfinger… Les morceaux de Tracer sont dans la même lignée fulgurante, francs du collier, tous impeccablement construits, taillés dans l’amour du gros son. Boogie et groove à tous les étages, riffs impeccables et soli « in your face » en veux-tu en voilà, Tracer est généreux dans l’effort, pas de doute.
Un regret cependant : à 32 minutes chrono en main (pour 7 chansons), cet E.P, même agrémenté de quelques titres bonus… reste un E.P. ! On aurait forcément aimé se manger quelques mandales supplémentaires. Pour agrémenter la frustration, le groupe nous laisse sur notre faim en clôturant son offrande par un super-mielleux « Sleep by the fire », balade éclectro-acoustique bien torchée, certes, mais clairement pas ce que l’on attendait pour la « dernière goutte »… Cette relative faute de goût passée (et pardonnée), ce disque pêchu en diable et foutrement excitant, même s’il ne contentera pas le stoner-addict pur jus, devrait botter quelques culs sur son rapide passage. De la bonne came, honnête, directe, bien foutue, superbement produite.

Goliath – Goliath

Goliath - Goliath

Le concept de Goliath a tout pour nous plaire : une sorte de super-groupe de musiciens de la scène stoner-space-psyche rock italienne, à l’initiative de Marco Bortoletto, batteur de groupes comme Maya Montains ou Tundra. 25 bonhommes donc se partagent les « featurings » sur les 11 pistes de ce CD, enregistrées au fil des deux dernières années. On se frotte les mains en imaginant les jams psychédéliques les plus déjantées, les plans aériens et les compos épiques générées par ces tarés du fuzz…
Sauf que bof, quoi. Ben ouais, là où une poignée de super musicos peuvent accoucher des Desert Sessions avec quelques morceaux mythiques (et quelques déchets, ça fait partie du deal…), là on a l’impression que derrière l’artifice conceptuel, la sauce ne prend pas. Il n’y a aucun lien entre les morceaux, et du coup, faute de ligne directrice et d’homogénéité stylistique, on cherche désespérément une ambiance « fil rouge », un état d’esprit… Ben là aussi, chou blanc, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Pire, on ne sent pas le fun, tout ça est trop sérieux.

Il y a des morceaux intéressants toutefois : « Driving Directions » et son riff que l’on croirait absurdement pompé sur le « Wallet Chain » de Devin Townsend / Punky Bruster, l’instru « D.B.S. » fort bien gaulé… Mais l’atmosphère qui se crée retombe comme un mauvais soufflet (voir « Smoky Boondocks » qui enchaîne après « D.B.S. » sur une sorte de gros heavy punk au chant beuglé qui se voit sludge mais n’en a pas la texture, ou « Dontlistendontsee » du même tonneau en pire, vodifération sludgesque stérile).
Si l’on est heureux qu’un label comme Go Down existe et assume pleinement sa vocation de soutien à l’excellente scène stoner italienne, on ne peut pas encenser cette galette moyenne. Il faut dire que l’on espérait mieux de ce projet ambitieux et sexy, sur le papier. La déception est à la hauteur de l’attente, je pense. Ne noyons pas non plus le bébé avec l’eau du bain, il y a de la bonne came sur ces 50 minutes, mais qui ne suffit pas à ramener le niveau global à la hauteur des meilleures prods de ce label.

The Sword – Apocryphon

The Sword - Apocryphon

Avec une vision un peu simpliste des choses, partageons les fans de The Sword en deux catégories. La première regroupe ceux qui ont été un peu (beaucoup ?) déçus par l’album Warp Riders. La seconde, vous l’avez immédiatement compris, a totalement adhéré à l’évolution du groupe depuis le mythique Age of Winters. Si vous faites partie de cette dernière catégorie, il vous est presque inutile de lire cette chronique. Apocryphon, quatrième effort du combo retrouve à mon sens toutes les qualités de son prédécesseur et devrait vous plaire à coup sur. Attention, loin de moi l’idée de dire que le groupe nous a pondu un Warp Riders volume 2, oh que non. Le groupe poursuit son évolution avec des compos toujours plus travaillées et une véritable envie de se renouveler. Pour ceux de la seconde catégorie, je ne saurai que trop leurs conseiller de laisser une chance à cet album (et par la même occasion d’aller réécouter Warp Riders). Car là où il y a similarité dans ces deux albums, c’est que l’un comme l’autre gagne à être écouté un bon nombre de fois pour être pleinement apprécié. La déception venant peut être de ces riffs dingues du premier album que chacun essayait de retrouver mais qui sont ici moins évidents, plus subtils mais au combien jouissifs pour qui prête l’oreille attentivement. Rien n’est facile dans cet album, il ne se donne pas comme ça. Et si Age of Winters attirait facilement l’amateur de riffs et de gros son, Apocryphon captera plus l’attention des auditeurs exigeants. Les compos sont particulièrement bien travaillées, les arrangements tout aussi brillamment œuvrés (même si l’intro du dernier titre est à mon avis le seul reproche à faire à cet album) et la production, à l’image du précédent album, totalement monstrueuse d’efficacité.
C’est bien simple, dans cet album, chaque titre pris individuellement est une pépite, certes plus ou moins grosse, mais on navigue entre le très bon, l’excellent et le parfait. Difficile de faire la fine bouche devant, prenons un titre au hasard, Execrator et son refrain de toute beauté, ses effets de guitare, ses riffs faciles et plus complexes. L’exemple parfait en fait. On l’écoute une fois, ok, ça sonne bien mais bon, faut pas crier au génie quand même. Et puis au fur et à mesure des écoutes, vous allez commencer à secouer la tête sur le refrain, ça c’est sûr, vous allez vous régaler de la partition de batterie sur certains moments, planer sur un ou deux solos bien envoyés et la liste est longue…
Franchement, c’est parce que je n’ai pas la thune pour ça, mais je rêve un jour de balancer dans une chronique un truc du style « si vous n’headbanguez pas à la sortie de l’intro de Eyes of the Stormwitch sur le premier riff et le premier couplet, je vous rembourse l’album ! »

La partie n’était pas gagnée, changement de label, changement de batteur, The Sword est pourtant au rendez vous et remporte le challenge haut la main. Quand vous voulez pour le cinquième album !

Junkyard Birds – Ride From The Junkyard To Hell

(2003)

A l’image de la pétrolette l’illustrant, ce premier jet de la formation du sud-ouest de la France démarre sur les chapeaux de roues ! ‘Fibula Fibroid’ qui ouvre le bal de manière frontale est un rock bien carré dans un registre à quelques encablures des Helvètes de Mean avec qui ils ont partagé l’affiche lors d’une poignée de dates en compagnie d’Atomic Bitchwax. Rien de nouveau sous le soleil diront certains, mais une recette qui continue à faire ses preuves à mon sens ! Un coup de sélecteur vers le haut et on attaque avec le gros morceau de la production qui s’étale sur plus de huit minutes. ‘Beyond My Tombstone’ est un morceau entêtant qui tourne sur lui-même de manière agréable, un peu comme les versions live de ‘The End’ des Doors, et sert de trame aux questions existentielles du chanteur et parolier de la formation. Avec ‘Graveyard Blues’, on pénètre une zone plus sombre aux relents doomesque soutenus par de grands coups de basse bien appuyés. ‘Wall Of Gold’ nous ramène dans la zone rouge avec ses plans efficaces. Les deux morceaux qui le suivent ‘Evangile Apocryphe’ ainsi que ‘The Last’ renouent avec l’univers sombre dans lequel le groupe nous avait déjà baladé précédemment. Pour clore ce premier essai autoproduit par le groupe et mixé ainsi que masterisé par Eric Diez en 2003, ces drôles d’oiseaux ont extrait le mordant de leurs titres les plus véloces et la noirceur de leurs compos les plus lancinantes. ‘Eternal Sunrise’ est une synthèse assez représentative du potentiel du quatuor.
Même si la galette a déjà quelques années, gageons que ce groupe toujours en activité n’a pu que se bonifier avec le temps et les expériences scéniques. Les amateurs d’Halfway To Gone vont apprécier.

Contact:
http://junkyardbirds.free.fr/
www.myspace.com/junkyardbirds

Chris

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