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(2006)
Après deux albums sortis en auto production dont un Cock Fight and Pony Racing à filer des insomnies à Scott Hill, qui pour le coup aurait pu croire que c’est mecs avaient retrouvé l’inspiration perdue par lui-même depuis quelques années, Mr. Plow sort cette troisième plaque intitulée Asteroid 25399 … en auto production. Les mystères du music-business restant pour nous insondables, nous ne pourrons apporter aucune explication au fait que malgré toutes les critiques élogieuses et le succès grandissant de nos quatre lascars dans leur Texas natal, aucun label n’aie encore eu la décence de les signer après dix ans passés à faire péter le fuzz.
Car oui, Mr.Plow aime le bon gros fuzz qui tache et dégouline de partout, celui-là même qu’ils ont repiqué à leur modèle revendiqué et pleinement assumé, à savoir Fu Manchu. Evitant de se prendre trop au sérieux (le nom du groupe est tiré d’un personnage des Simpsons, ce qui situe directement le niveau), ils se distinguent néanmoins par l’ajout d’une grosse dose de fun à leur heavy-rock tout à fait commun mais totalement jouissif. Allez jeter une oreille sur Master Blaster, un titre irrésistible de l’album précédent pour vous en convaincre. Enfin, çà c’était surtout avant et vous pouvez relire ce qui précède en utilisant l’imparfait car il semblerait que désormais, Mr. Plow soit moins enclin à la franche rigolade et aie décidé de prendre ses distances par rapport à nos amis californiens.
Inspiré du travail de Kurt Vonnegut dont un dessin illustre la pochette, Asteroid 25399 s’ouvre sur un Malachi d’excellente facture mais totalement dénué de la bonne humeur à laquelle ces plaisantins nous avaient habitués. En alourdissant relativement le propos, Mr. Plow range ses riffs immédiats au placard pour nous offrir une vision plus personnelle de sa musique et il faut bien l’avouer, ce changement de direction surprend à la première écoute, même si on retrouve ici toutes les qualités présentes auparavant, mais exposées de façon moins évidente. A côté du titre d’ouverture précité, Ballad of Billy sort du lot grâce à une ligne de basse ondulant tout au long du morceau pour lui coller un groove qu’on ne retrouve nulle part ailleurs sur un album partagé entre titres flirtant avec le doom (on est tout de même encore très loin de Electric Wizard, rassurez-vous) et compos aux riffs plus acérés qu’on pourrait rapprocher de l’orientation prise par Throttlerod sur son dernier album. Il serait malvenu de leur reprocher cette volonté d’évoluer somme toute naturelle, d’autant plus qu’ils n’ont rien perdu de leur talent de composition et de leur force de frappe, mais un ou deux titres plus catchy n’aurait malgré tout pas été superflus. Alors que Cock Fight … invitait à tailler la route, les ambiances distillées sur cet album qui évoquent un tas de références qu’on ne parvient jamais à identifier clairement nous pousseraient plutôt à se poser pour apprécier le travail subtil des guitares qui au passage nous gratifient de quelques très bons solos. Une fois passé le cap de la surprise, Asteroid 25399 révèle lentement ses atouts qui pourtant ne manquent pas et fini par séduire tout autant que son prédécesseur dans un style pourtant fort différent.
Contact:
www.mrplow.com
www.myspace.com/mrplowrock
Jihem

(2006)
Et c’est une fois passée l’étape de la claque en pleine face provoquée par un son puissant que la plupart des disques ne passent pas le cap des écoutes successives révélant des faiblesses dans l’écriture et l’interprétation. Alors vous faites le tri dans vos cds fraîchement reçus et il vous en reste un, un qui a passé toutes ces épreuves sans broncher, sans montrer le moindre signe de défaillance. Et bien, vous vous apprêtez à lire une chronique sur ce disque…
L’histoire de Glowsun ne commence pas en 2005, loin de là. Cela fait déjà quelques années que le groupe existe, mais cette fin d’année pourrait bien voir le groupe lillois écrire un chapitre crucial pour son avenir. En effet, les idées fixes et le line up stable, le groupe semble définitivement avoir choisi sa voie.
Les 4 titres qui composent cette démo ne font pas dans la demi mesure et sont, disons le tout de suite, 100 % stoner. En tout cas, elles représentent exactement l’idée que je me fais du stoner rock. Principalement accès sur l’instrumental (sauf My jesus), style particulièrement difficile, le groupe a su au travers d’influences diverses que chacun voudra bien reconnaître se forger un identité propre.
S’appuyant sur une rythmique solide et sans faille, le guitariste (Johan Jacob) utilise son instrument comme bon nombre d’entre nous voudraient bien en être capable nous sortant des sons aussi puissants que jouissifs. Le bougre semble avoir une belle confiance en soi car ce n’est pas un petit solo à la sortie d’un bon riff bien lourd qui l’effraie et on se dit qu’il doit y avoir pas mal d’heures de répétition derrière tout cela.
Le bassiste (Ronan Chiron) et le batteur (Fabrice Cornille) ne sont pas en reste, loin de là et l’intro de « My jesus » est là pour le prouver et ce n’est qu’un exemple parmis tant d’autres. On retrouve dans chacun des 4 titres des passages où aucun instrument ne prend le dessus sur les autres et où la symbiose semble parfaite. Bref, vous l’aurez compris, j’ai été plus qu’emballé par les compos et l’interprétation faite de tout cela et j’ai trouvé en Glowsun un parfait candidat pour l’avenir du stoner en France. Une mention spéciale au titre « Inside My Head » qui porte bien son nom car il vous obsédera tout au long de ces 7 minutes 37 !
Mais au fait, quand j’y repense, la première chose qui frappe lorsque l’on écoute cela pour la première fois, ce n’est pas forcement la qualité des compos qui après plusieurs écoutes révèlent toutes leurs qualités mais plutôt le professionnalisme de tout cela, que ce soit au niveau de l’interprétation que de l’enregistrement en lui-même. On est ravi d’entendre que les compos du groupe ne sont pas gâchées par un son pourri tout droit sorti d’une caverne et on a plutôt affaire ici à du bon boulot, du très bon même.
Lorsqu’on lit une chronique d’une démo auto produite, on trouve souvent la phrase « Mais ils ne sont qu’amateurs et c’est déjà pas mal ce qu’ils ont fait là ». Et bien moi, je vais plutôt finir en vous disant qu’en plus, ces mecs là en concert confirment tout le bien que je pense d’eux et qu’il serait cruel de ne pas avoir ce EP chez vous ou même de louper un de leur concert s’ils passent près de chez vous, qu’on se le disent !
Contact:
http://glowsun.free.fr/
www.myspace.com/glowsunmusic
Shinkibo
(2008)
On vous avait déjà dit tout le bien qu’on pensait de ce groupe belge dans la chronique de leur démo en février dernier à (re-)lire dans ses colonnes. Et bien, maintenant, ils nous reviennent avec un album complet où l’on retrouve les excellents titres de la démo mais aussi d’autres bombes à se prendre en pleine poire sans rien voir arriver.
Que dire de plus si ce n’est un bis repetita? Les nouvelles compos sur le skeud sont de qualité égale mais nous permettent surtout de comprendre l’étendue du champ d’activité musical des 4 lascars. Si la démo nous révélait un très plaisant côté “in your face”, cette plaque rend une image plus ciselée de l’ensemble par rapport aux premiers grands coups de burin.
Egalement, le mix est formidable, ce dernier pouvant tenir la dragée haute aux groupes labellisés. La qualité de la production de la batterie est à faire remarquer particulièrement: l’intro percutante de la 1ère plage vous impose cette certitude d’entrée de jeu. Les grattes sont toujours aussi épaisses et la voix a toujours des relents de whisky frelaté et de lendemains brumeux.
Le stoner de Ramon Zarate – aux accents tantôt doom tantôt grungy – ne pourra pas passé bien longtemps inaperçu auprès d’un large public. J’en veux pour preuve les nombreuses dates de concerts qu’ils collectionnent depuis la fin de l’année dernière en France, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.
D’ailleurs, on va sympathiquement leur poser un ultimatum en leur disant que nous ne chroniquerons leurs prochains méfaits que dans le cadre d’un sortie sur un label qui aura vite remarqué la grande qualité du band. Ramon Zarate signe un premier album full length de toute bonne facture et gagne en assurance. On ne peut que s’en réjouir.
Contact:
www.myspace.com/ramonzarateband
Thib
(2006)
C’est rock’n roll jusqu’au bout des ongles et jusqu’au tréfonds des cordes vocales. A l’écoute de ces 5 titres bien envoyés, on se dit que les musicos allumé de Los Disidentes Del Sucio Motel doivent carburer à bien autre chose que le pinot blanc d’Alsace, leur région natale. Entre le petit clavier frappant une unique note pleine de candeur pour apporter sa touche rythmique à l’ensemble et les grattes nerveuses au bord de la crise d’épilepsie, des références telles que QOTSA, Master of Reality et Mondo Generator apparaissent rapidement. C’est d’ailleurs l’image d’un Nick Oliveri sur-coké et totalement déjanté qui vient à l’esprit tant la dynamique de ce groupe est impressionnante. LDDSM, ça doit tuer sa mère sur scène!
5 titres aussi bons les uns que les autres se succèdent avec des refrains à hurler et des très belles mélodies alliant le blues, la country, voire même le métal. On a comme une furieuse envie de foutre le feu à la baraque, comme le besoin irrépressible d’ouvrir les vannes d’un supertanker au beau milieu de l’océan. LDDSM n’hésite d’ailleurs pas à jouer certains passages de manière plus “salie” pour faire rejaillir la limpidité et l’innocence d’autres mélodies toutes simplettes.
Le duo basse-batterie est détonant et capable de faire dans le lourd de lourd comme dans la légèreté. On assiste ici à un très bel exercice rythmique tout en nuances. Si les cymbales et les fûts pouvaient porter plainte, le cogneur serait derrière les barreaux depuis longtemps. La basse habille parfois agréablement le spectre sonore de fréquences disto.
Conseil: évitez de jouer leurs morceaux à stock dans votre caisse car c’est l’amende pour excès de vitesse assurée! Si vous êtes dans une Dodge Superbee de 1971, c’est bon pour une fois… Tapez dedans, c’est du bon!
Contact:
www.lddsm.com
www.myspace.com/losdisidentesdelsuciomotel
Thib
(2007)
Un son de gratte super bien gonflé et une patate à toute épreuve via la section rythmique, le trio God Watt Redemption nous plonge inévitablement dans les ambiances dures et glauques de l’épique Master of Reality de Black Sab. La gratte nous invite dans un trip 100% grave et péchu dans des grooves mid-tempo. La basse nous en repasse une couche bien grasse et visqueuse et l’auditeur n’a plus qu’à commencer le headbanging avec une binouze dans chaque main.
Le batteur est vraiment étonnant et détonant. Sa frappe est nette, précise et limpide. C’est à la fois puissant et efficace tout en conservant le groove et en cultivant le sens du contre-temps sans oublier les délicieuses pluies de cymbales. A propos de liquide, on se ressert déjà une autre bière pour attaquer le 2e morceau de cette démo de 4 titres où la voix se révèle d’ailleurs plus affirmée.
Il faut souligner que la prod et le mix sont vraiment très bons si l’on considère qu’il s’agit ici d’une démo auto-prod. Rien à redire, les mecs et leur ingé son ont parfaitement exploité le matos qu’ils avaient à leur portée (ou alors ils ont cassé la tirelire pour mettre le prix).
La durée des morceaux oscille entre 5 et 7 minutes et fait la part belle aux riffs hypnotiques joués ad libidem. Vous aurez vite trouvé leurs maîtres à penser (ou plutôt à jouer) de nouveau. Bref, c’est old school et sans fautes de goût. Nil novi sub sole mais très agréable à l’écoute quand même.
Contact:
www.myspace.com/godwattredemption
Thib
(2006)
Voilà de la demo de chez demo : pas de pochette un cd-r avec les tracks écrits à la main par quelqu’un qui écrit aussi bien que moi (et ça c’est loin d’être un compliment) et une missive dressant l’état des lieus de cette formation originaire du 57 (la Moselle pour les ignares dont je suis). En fait il s’agit d’un objet en pleine maturation puisque cette maquette a été réenregistrée façon “maison” par Emmanuel chez lui après la défection du batteur de l’équipe.
Quatre titres figurent au sommaire de cette autoproduction et elle nous permet d’attendre le prochain enregistrement live du groupe qui sera lui pris sur le vif avec une vraie batterie. Le but de cet objet est de démarcher les labels car nos lascars ont déjà une vingtaine de titres prêts. C’est assez amusant, au passage, de se retrouver face à un objet de ce type alors que la plupart des groupes proposent des autoproductions peaufinées dans leurs moindres détails et je vous vois ricaner derrière vos claviers en pensant que le cette chose doit avoir un piètre son et bien vous vous mettez le doigt dans l’œil car la production de cette maquette est bonne et les arrangements assez subtils font presque oublier la présence d’une boîte à rythme en lieu et place d’un vrai batteur.
On débute avec “Alone In The Desert” qui est une bonne compo stoner aérienne et lancinante ponctuée de soli un peu plus rapide et sur laquelle la voix se pose calmement avec comme un détachement. “Bomba’s Life” suit rapidement dans un registre un peu plus excité qu’on aurait qualifié d’hard rock, il y a quelques décennies. Des cœurs bienvenus lui donnent un petit air de Hellacopters sans toutefois que ce morceau verse dans le punk’n’roll, mais plutôt dans un rock’n’roll énergique et oldschool sur sa fin. Quand les premières notes de “Bloody Spell” résonnent, je pense immédiatement à “Purple Haze”, mais en dehors du riff accompagnant les refrains on est bien loin de Jimi Hendrix et, le chlack-boum-chlack de la fin mis à part, on se rapproche plutôt du heavy rock scandinave de Honcho ou celui des hollandais de Spoiler. Pour terminer, les accords plaqués de “Flower” viennent mettre un terme à ce premier jet dans un style assez progressif.
J’aurais bien aimé en avoir un peu plus, mais il faudra, pour ce faire, attendre la sortie du successeur de ce cd avec un groupe dans une vraie configuration rock’n’roll. Vivement la suite !
Contact:
www.shane-music.com
chris
(2005)
En direct du sud-ouest de la France, Idiome est un quatuor aux influences diverses qui s’autoproclame ‘New emo rock moribond’. Affichant une cinquantaine de dates au compteur, le combo avait sorti une demo en 2003 sur laquelle quatre titres furent gravés.
Désirant continuer cette noble aventure sonique, nos lascars se sont retrouvés en décembre 2004 dans l’antre du Bud Studio avec Mathieu Pascal pour l’enregistrement et dans celle du Conkrete Studio El Mobo pour ce qui est du mixage ainsi que du mastering. Composé d’iO aux chants, de Kenny à la guitare, de Johann à la basse et de Guillaume à la batterie ainsi qu’aux machines, le groupe a monté l’association Idiome Music Association afin de propager sa musique tous azimuts.
Cette seconde production, le projet est né en 2001, s’ouvre sur ‘My Favorite Me’, morceau planant dans un registre progressif régulièrement entrecoupé par des riffs trashisants. ‘Clown’s Death’ le suit en attaquant immédiatement dans le vif du sujet avec un gros son qui s’estompe un peu quand les parties vocales entrent en scène soutenues par une ligne de batterie carrée. On pense immédiatement à Tool tant la construction du morceau est proche des délires de la bande Maynard. ‘3 1/2’ suit dans un registre assez similaire si ce n’est que les paroles sont en français et que quelques lignes de clavier soulignent les parties atmosphériques de la compo. On continue l’exploration du petit monde d’Idiome avec ‘Law Of Gravity’ et son intro toute en finesse. S’étalant sur plus de 6 minutes et demi, ce morceau et ses chœurs pompiers bénéficie d’un son admirable tant dans ses parties intimistes que dans ses envolées lyriques. Suit ‘Purgatoire’, un morceau au format hardcore avec sa minute et demie strictement instrumentale qui peut faire penser à l’auditeur que cette production touche à sa fin. Tout ceci n’est qu’un leurre puisque un assaut rythmique en règle annonce le début de ‘Duplicité’. Cette ultime plage clôt de brillante manière cette seconde trace sonore que la presse spécialisée a déjà encensée.
Pas très psychédélique, ni doom, la formation flirte entre metal et émo sans s’engouffrer dans la brèche du néo déjà fortement exploitée par une multitudes de formations sans grande originalité et au final, on se trouve avec un disque pas vraiment stoner mais très proche de formations comme Isis en moins plombé ou Los Natas sans ses relents enfumés et surtout des génies de Tool !
Contact:
www.idiome.org
www.myspace.com/idiome33
chris
Enregistrée brute de décoffrage en une seule prise dans la salle de répétition en mai 2006, cette démo nous brosse un joli tableau de ce que le quatuor batave de Trunksleeve est capable d’envoyer: une musique tirant plus sur le hard rock que sur le stoner pur et dur. On y retrouve une sorte de Kyuss durci, période Wretch et Blues for the Red Sun. Mais en plus de cette comparaison, l’affiliation stoner est quand même évidente surtout à l’écoute du son de gratte bien graisseux et des parties fines de basse et de batterie offrant un soutien indéfectible et un copieux arrosage de cymbales.
Le son est ok mais on sent bien que le mix est un peu faiblard. La basse est fort en avant ce qui nuit à la patate de la gratte. Mais là, ne jetons la pierre à personne car, comme indiqué plus haut, c’est du fait maison dans une salle qui doit sentir bon la bière et la sueur. Nulle doute que les musicos auront ces détails à l’il ou plutôt à l’oreille lors d’un enregistrement ultérieur dans un studio correct.
La voix est capable de très appréciables nuances. Elle aurait certainement besoin d’une meilleure prod (on le sait, on le sait…) mais elle possède de très belles qualités, ce qui me permet de faire à référence à Chris Cornell sur l’album Bad Motor Finger.
En résumé, on se retrouve face à des musiciens confirmés qui doivent absolument nous mixer cela aux petits oignons lors de la sortie de leur album. Et c’est tout le bien qu’on leur souhaite!
Contact:
www.trunksleeve.com
www.myspace.com/trunksleeve
Thib
(2005)
Heavy Lord, c’est 4 mecs qui nous viennent d’un pays dont plus de la moitié du territoire est sous le niveau de la mer (les Pays-Bas pour ceux qui n’auraient pas deviné). Et elle doit être bien trouble cette eau dans la région de Hellevoetsluis: Heavy Lord explore les relents sludgy avec un aplomb bien doom de très bonne facture.
La voix est caverneuse et rajoute une touche d’angoisse et de malaise à cette note constante de dissonance qui sied tant au genre. Les vocaux prend aussi des accents thrashy, voir même black metal, sans pour autant trop verser dans ces styles. La gratte est bien lourde et nous révèle un accordage faisant la part belle aux basses fréquences. Force est de constater qu’elle garde quand même une belle dynamique car, signalons-le, il s’agit ici de mid-tempos plutôt que des down-tempos. Penser au 3e opus du Sab et vous comprendrez ce que je veux dire. Pensez aussi à Reverend Bizarre, Saint Vitus, YOB et Goatsnake.
Une section rythmique très bien en place balance la sauce quand il le faut et parvient même à s’effacer discrètement pour devenir totalement absente par moments avant de reprendre de plus belle dans un fracas de cymbales très respectable. Bref, cette petite galette de 6 titres est vraiment délectable et j’invite d’ailleurs le lecteur à télécharger les 4 morceaux disponibles gratos sur le site du groupe. En plus d’un bon mix, Heavy Lord délivre un son puissant et de très bons morceaux. Bien joué, les mecs!
Contact:
www.heavylord.nl
www.myspace.com/heavylord
Thib
(2008)
Nouveau venu dans le monde du stoner transalpin, le jeune quatuor de la banlieue de Cuneo s’est formé en décembre 2006 et se tape le luxe de sortir une brillante première demo trois-titres pile poil un an après que la formation se soit stabilisée autour de Simone Rossi (Murco) à la voix ainsi qu’aux percus, Marco Avanti (Marc) à la guitare, Carlo Oreglia (Carlin) à la basse et Luca Bruno (Suzza) à la batterie. Pratiquant un mix de heavy rock assez rapide dans la veine de The Glasspack ou Dozer et des plans aériens et alambiqués à la Pink Floyd, les Italiens m’ont agréablement surpris avec ce premier effort plein de promesses.
Dépassant à peine le quart d’heure les titres enregistrés durant l’hiver 2008 au Taricco’s Studio bénéficient d’une production de toute-bonne facture et gageons que cette première plaque puisse leur ouvrir les portes d’une maison de disque qui aura les couilles de sortir un bon groupe de stoner à l’heure à laquelle la plupart des acteurs de l’industrie du disque pensent plus à leur bonus qu’à la démarche artistique des groupes qu’ils distribuent. Cette galette débute avec ‘Space Queen’ qui démarre sur une ambiance lancinante et spatiale avant de virer en bon vieux rock bien gras et bien lourd où la rythmique s’emballe. Le deuxième titre ‘West Side’ part direct à l’essentiel et l’on croirait presque entendre le dernier Greenleaf jusqu’au break qui tape dans le psychédélique puis cède à nouveau la place aux lignes du début ; une composition bien foutue et foutrement efficace. Pour clore l’album, la formation a opté pour une plage proche de la première dans son architecture, mais en mettant l’accent sur les plans seventies.
Une toute-bonne surprise qui se laisse agréablement écouter et dont on attend impatiemment une suite vu le potentiel de ce groupe.
Contact:
www.myspace.com/spaceparanoidscuneo
chris
(2006)
Créé à l’été deux-mille-cinq sur Paris, Revolver n’a pas attendu longtemps avant de sortir sa première démo mise en boîte à la maison sur un quatre pistes avec l’aide d’une boîte à rythme. Composée à l’heure actuelle de John au chant et de Vince à la guitare, le groupe auditionne à l’heure actuelle des batteurs pour compléter cette formation rock’n’roll se distinguant dans un registre assez proche de Monster Magnet avec des rythmiques bien carrées et des riffs légers qui laissent beaucoup de place aux soli. Les parties vocales, très profondes, me rappellent par certains côtés Type O Negative au niveau de l’intonation.
Composée des deux titres : ‘I’M Your Man’ et ‘Free Ride’, cette première production et, espérons le, le point de départ d’une nouvelle aventure stoner avec une vraie batterie en soutien.
Contact:
www.revolver-jam.com
chris
(2006)
C’est un belle petite démo de 3 titres très énergiques qui nous est offerte par ce trio italien. Non sans rappeler les premiers QOTSA, Cloud Nine évoque une certaine noirceur dans les paroles que j’ai pu percevoir mais la musique est fraîche et percutante.
Avec des refrains à hurler sous une pluie de cymbales et un martèlement de fûts comme c’est pas permis dans les refrains, les musicos nous livrent des titres aux structures relativement simples. On ne peut s’empêcher de faire aller la tête lorsque ça fait feu de tout bois.
Après une intro planante, chaude et moite comme le prélude d’un bref orage tropical, c’est sur un riff hypnotique que Cloud Nine envoie sa première cartouche. D’ailleurs, la marque du groupe semble être cette petite note jouée ad libidem qui parvient après 2 écoutes à vous coller un air de reviens-y dans les cages à miel. La 2e plage en est une parfaite illustration.
Cloud Nine présente ici un mix très correct et des sonorités qui raviront les fans de ces messieurs J. Homme et D. Grohl. Que vous dire de plus? Filez sur leur my space et montez le volume!
Contact:
www.myspace.com/cloud9trio
Thib
(2007)
Formé au début du millénaire sur les cendres encore ardentes du projet expérimental Nexus, le quatuor français avait déjà commis ‘Mademoiselle Al’Dente’ en deux-mille-quatre et a déjà bien écumé les scènes françaises rock. C’est sous la houlette d’Edouard Bonan que la bande s’est retrouvée au Nosfell pour mettre en boîte leur second long format ‘Pachyderme Garage’. Ce disque sortira en automne deux-mille-sept sur Commotion Music et attendant c’est son petit frère ‘Ecce Pachyderme’ qui occupe le terrain.
Articulé autour de cinq compositions originales dans tous les sens du terme, cet aperçu de ce que la formation distille comme rock n’est pas un disque de stoner a proprement parlé. N’empêche que, même si certains puristes pourraient s’arracher le duvet qui orne le sommet de leur crâne, ces lascars sont suffisamment proche de la scène pour ouvrir Brant Bjork à Paris et comme ils évoluent dans un registre à quelques encablures de certaines formations dites limites (qui a dit QOTSA ?) je vais vous en parler un peu.
Débutant sur l’impeccable ‘27’ aux forts relents de ce qu’offre la bande à Josh ou les Suisses de Witch Of Voodoo cet aperçu de leur album à venir commence très fort. Le rythme endiablé sans être violent est d’une efficacité redoutable et les incursions de piano lui donnent un rendu des plus agréables. On pourrait presque écouter ce titre en société sans passer pour de gros lourds. Avec ‘Dirty Little Pretty Scary Thing’ on passe dans un trend un peu plus expérimental. Cette plage groove en diable et le chant presque grandiloquent se marie bien avec les rythmiques syncopées qui lui servent de trame. Perso, ça me plaît plutôt pas mal alors je continue l’exploration de ce que des types de l’American School Of Modern Music peuvent fomenter avec leurs petits camarades. Avec ‘Ultra Pop’, on rejoint la galaxie du grand rouquin avec une touche progressive au rendu presque Klezmer avec ses cordes hurlantes. La basse à la limite du funky enveloppe le tout et lui donne un côté assez unique ; ce côté qui fait que ce groupe n’est pas étiquetable comme l’est un fromage dans un hypermarché.
Suit ‘Dipsomania’ le morceau le plus éloigné de la galaxie stoner et pourtant celui à qui va ma préférence. Fichtrement bien foutue, cette composition sur laquelle on retrouve la touche dissonante d’’Ultra Pop’ à des faux airs de dEUS sans cloner les Belges pour un sous et son refrain se pose avec brio dans une architecture des plus réussies. On arrive au bout de cet en-cas avec ‘Sunday Morning’ qui frise le mélo avec une voix presque pleurnicharde qui se pose sur une mélodie un peu doucereuse à mon goût.
Au final, ce groupe rejetant les étiquettes s’en sort à merveille dans le périlleux exercice de style qu’il s’est imposé pour ne ressembler surtout à personne. C’est quand vous voulez les gars que vous balancez la suite !
www.myspace.com/flyingrats
Chris
(2006)
Elle en a fait des kilomètres cette petite démo pour venir à nous! En direct d’une antre de Phoenix en Arizona, Altar of Earth nous assène de grands coups de doom aux morceaux longue durée sur la caboche. Apparemment le résultat du travail de 2 hommes, ce groupe à quatre paluches maîtrise les mid et down-tempos dans les eaux fourbes des basses fréquences et autres registres down-tuned.
La voix triturée et éraillée fait inévitablement penser aux râles de Bongzilla. Néanmoins, quelques hurlements gutturaux dont l’écho nous parvient d’outre-tombe offre une teinte vocale black métal à l’ensemble. La double pédale vient d’ailleurs ponctuer les coups de grosse caisse de temps à autre. On aime ou on n’aime pas. La musique délivre une orientation principalement doom de bon aloi dans le registre de ces mêmes fumeurs de sticks à la chaîne mais en ayant totalement épuré les samples de bongs et les quelques vapeurs psychédéliques.
Si le son de la gratte bien chargé en basses est convaincant pour une autoprod dans ce domaine, la prod et le mix de la batterie sont faiblards et le jeu manque d’originalité et de frappe soutenue. Le duo grosse caisse/caisse claire me laisse franchement perplexe. Mais bon, sonoriser les éléments d’une batterie n’est pas une mince affaire surtout avec les outils du bord. Gageons qu’avec du bon matos et de la poigne, le pilier de la section rythmique nous délivrera un bel envoi de bois.
Cette démo risque de déplaire aux puristes et de ravir les auditeurs avides de croisements dans le domaine du métal au sens large: une forte concentration de doom, des teintes de drone, une pincée de sludge et des accents vocaux black metal.
Contact:
www.myspace.com/altarofearth
Thib
(2007)
Au milieu des bois, seul, quelque part entre la pénombre et un soleil levant aux teintes rougeâtres, vous évoluez dans un univers incertain où tous vos repères matériels se sont fait la malle pour ne laisser que le sensoriel. Et le chemin ne semble pas avoir de fin… La nature a repris ses droits et le petit bonhomme que vous êtes commence à se sentir bien humble devant cette énergie naturelle. Les éléments ne se déchaînent pourtant pas, sûrs qu’ils sont de leur supériorité multiséculaire. Ils n’ont pas besoin d’éclabousser le bipède pour lui faire comprendre qu’il ferait mieux de se tenir coi dans le respect de l’écosystème qui le tolère.
Voilà en gros le genre de discours que la musique et le visuel de Cervix m’inspirent. Si nous avons perdu certaines valeurs, elles sont certainement à (re)trouver du côté de mère nature.
Les plages sont longues et pas seulement faites de sable fin. Le relief est parfois abrupt, parfois clément, mais toujours surprenant.
Cervix évolue dans un univers psychéstoner instrumental où l’on peut retrouver la touche de groupes tels que 35007 ou encore Ozric Tentacles. Dommage que le mix soit complètement foiré car l’exercice s’avère profond et intéressant.
Site du groupe:
http://cervix.altervista.org
Thib
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