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Quatre ans depuis le fort (et) bon Skygods, un changement de bassiste et de guitariste, nous étions sans trop de nouvelles d’un groupe qui, depuis ses débuts en 2009, s’est fait étonnamment plutôt discret de ce côté-ci de l’Europe. Rassurés par un passage remarqué à Paris l’an dernier, nous allons tenter si vous le voulez bien de définir si Seaweed, troisième LP de DDJ (pour les intimes, dont nous sommes), est synonyme du fameux album de la maturité.
Ce qui frappe (fort) d’emblée, outre le riff martelant dès l’intro du single “Taxbear”, c’est cette production massive, où guitares et basse ne font qu’un dans un déluge de fuzz comme on les aime. Et quand ce premier morceau se trouve brutalement balayé par un “Heavy Chase” soudain et bien plus stoner, on comprend qu’on va être cuisiné à plusieurs sauces durant ces trois quarts d’heure. Car la force de ces finnois est là, savoir varier leur couleur musicale, quitte à surfer avec la schizophrénie. Mariant un doom/sludge noir et méchant à des moments plus rock ‘n roll, DDJ n’hésite pas à nous offrir des bouffées d’air frais en maniant les sons clairs avec des plages carrément planantes. La fin de l’épais morceau titre glisse habilement vers l’interlude “Cavity” et sa superbe ligne de basse, le lourd “Pure Cold” et son solo court mais ravageur fond en douceur sur “Saturnday”, où mélodie et furie cohabitent avec brio. Des notes d’espoir en quelque sorte dans un univers sombre mais pas désespéré; on est même gratifié d’un surprenant banjo sur “Backwoods” et sa cowbell. Une batterie par ailleurs très binaire, un jeu axé sur la lourdeur qui est en grande partie responsable du côté monolithique du quatuor.
On s’achève, comme pour résumer, avec le bipolaire “Peninkulma”, et globalement l’album s’enchaîne de bout en bout et forme un ensemble compact et indivisible, même si chaque morceau à été composé avec soin pour afficher une personnalité propre. Enfin… propre c’est vite dit, quand ce chant hargneux caractéristique du combo, fondu dans la masse, éructe des paroles véhémentes sur la dureté de l’hiver finlandais ou les travers de l’être humain.
Un soin tout particulier à été apporté au mixage où chaque élément est à sa place, sans être pour autant figé. Ainsi la basse sait se faire plus présente au besoin, et les leads et soli de guitare, moins systématiques que sur les opus précédents, s’intègrent à merveille dans un espace sonore bien exploité et rempli.
Ce sont tous ces éléments, dilués et maîtrisés, qui font de DDJ un groupe original et de caractère, qualités somme toute assez rares de nos jours. Sans changer leur recette, les finlandais l’ont affinée en travaillant chaque détail avec minutie, jusqu’à l’artwork, singulier et symbolique très réussi, faisant de ce Seaweed une bûche hivernale fort bienvenue pour nous réchauffer.

Si vous connaissez et appréciez déjà The Machine grâce à l’une de leurs excellentes productions précédentes alors vous pouvez foncer les yeux fermés car ce dernier opus confirmera tout le bien que vous pensez de ce trio hollandais. Et bien sûr, si vous ne connaissez pas encore, la phrase d’intro de cette chronique aura certainement piqué votre curiosité.
Groupe instrumental que je rapprocherai de Earthless par exemple, les trois hollandais nous délivrent à l’instar du trio californien un rock psyché bien charpenté et qui laisse la part belle aux envolés « jammesque » que l’on apprécie tant. Le premier titre de ce Offblast ! dure plus de 16 minutes et illustre parfaitement les (nombreuses) qualités et (rares) défauts de ce combo. Cela commence par un rythme de batterie simple, déjà entendu mille fois, peut être un chouïa trop évident… mais ensuite nous y voilà, le rythme est lancé, la basse se met à l’œuvre, la guitare aussi et la sauce prend. Et nous sommes partis pour un jam d’excellente facture, à mi-chemin entre l’impro et le travail d’écriture de fond. Le guitariste s’en donne à cœur joie en usant des effets de pédale sans en abuser. Le morceau fait un break en sa moitié pour une seconde partie plus psyché, plus lente mais tout aussi intéressante. Bref, 16 minutes de bon stoner à la fois psyché et heavy… tout ce que j’aime !
Les titres suivants sont plus courts (et incluent le chant) mais nous montrent que le groupe est tout aussi à l’aise sur ce format. Et franchement, ça tient la route, ça négocie les virages comme il faut en se permettant quelques drifts au passage, ça fait des pointes de vitesse quand il le faut tout en négociant le ralentissement à la perfection quand besoin est.
Le groupe termine l’album avec un autre morceau très psyché dépassant les 10 minutes et conclue de fort belle manière un album riche, varié et bougrement efficace.
L’ensemble est réellement convaincant et même si une liberté plus grande pour la batterie n’aurait fait qu’améliorer le tout, ne boudons pas notre plaisir, The Machine fait le job et le fait bien. Très bon cru que ce Offblast !!!!!

Ah ben l’effet de surprise est passé… Il y a deux ans, le premier effort du trio san-franciscain sortait chez Riding Easy et étalait frondement sa synthèse de tous les sous-genres du stoner, contenus dans une approche expéditive, quasi punk dans son exécution. Et bien ils nous refont la même chose, sous la bannière du label Ripple désormais. Voilà. Merci, au revoir.
On ne va pas non plus broder : l’essentiel est bien là, et Hornss, avec un peu plus d’expérience cumulée, trace encore plus profondément son sillon. Ils ne sont pas les seuls à évoluer dans cette sorte de synthèse de stoner-doom-fuzzé, qui rappellera autant Saint Vitus que Kyuss, Pentagram ou Monolord, en gros (amis du grand écart, on vous salue). Sauf que le trio y associe une approche que l’on retrouvait notamment chez des groupes plus nerveux, type Discharge, Grief, voire Eyehategod et consorts… A l’écoute, on est pourtant loin des tombereaux hardcore-crasseux produits par ces dernières sommités (quoi que, le premier segment de « In Fields of Lyme », quand même…), mais on retrouve une vraie volonté d’urgence dans ce sens de la concision (3min17 pour le morceau le plus long de l’album) qui détonne franchement chez Hornss comparés à leurs homologues directs en terme de style musical. Résultat : pas de gras ! L’édifice que constitue chaque compo exploite LE riff en pierre angulaire, et une structure simpliste en termes de rythmique et d’arrangements. Rien d’affriolant à première vue, et pourtant s’ouvrent de toutes nouvelles perspectives en termes d’écoute pour l’auditeur un peu « formaté ». Aucun ennui à l’horizon, on peut enquiller la galette une bonne demi-douzaine de fois d’affilée avec un réel plaisir. Même les titres moins performants passent comme une lettre à la poste quand ils ne durent que deux minutes ! A l’inverse, les meilleurs titres sont réduits à leur substantifique moelle, et aucun risque qu’ils ne soient pervertis par le solo de trop, le break qui fâche, l’arrangement qui pollue… Voir à titre d’illustration le très classique « St Genevieve », et sa structure couplet-riff-couplet-riff-break-riff. Il en va de même pour la plupart des autres titres. Niveau son, le fuzz le dispute au gras, en gros, et on est globalement bien lotis, pour peu qu’on ne cherche pas la subtilité d’un son cristallin.
Bref, ce Telepath ne postule pas au titre de meilleur album de l’année, mais en se positionnant en parallèle des standards prépondérants dans le genre, il apporte une alternative à la production actuelle. Ça rafraîchit. A ce titre uniquement, l’album mérite que l’on y apporte une oreille intéressée. Si on y ajoute le plaisir musical tiré de cette demi-heure roborative de musique (compos efficaces, exécution impeccable), l’acquisition de ce disque prend tout son sens.

Ça fait désormais bien longtemps que j’ai arrêté de chercher à comprendre Fistula. Leur discographie tout du moins. Le quintet s’est en effet fendu de plus de 30 publications en 15 ans d’existence et après avoir publié Longing For Infection cet été sur Patac Records (label de Dan Harrington, leur chanteur) sans pour autant le presser en vinyle, ils reviennent cet automne avec un nouveau méfait, paru lui chez Totem Cat Records (et bien sûr lui pressé en LP). Reste que côté musique, The Shape Of Doom To Cumm))) est une réussite absolue. Une vraie bagarre. Un pugilat même. Sans déconner quel disque ! Explorant toujours un peu plus la plaie béante du sludge sale, fouillant les moindres recoins du style à la lame de canif, le quatuor d’Akron, Ohio ne laisse aucun répit à nos oreilles, déjà bien salies cette année. The Shape Of Doom To Cumm))) est par ailleurs un disque au cœur de l’actualité, comme le montrent les caricatures de Trump et H. Clinton, représentés comme deux têtes sales et menaçantes d’un même monstre. Le ton est donné depuis de nombreuses années sur ce sujet. Mais les préoccupations sont, au final, loin d’êtres politiques : il suffit pour cela de jeter un œil aux titres des chansons, parmi les plus hilarantes du genre : « Serial Vapist » ou « Sabbath Want To Do A Split With Me » (se déclinant en trois parties, portant les noms délicieux de « Saving Myself For Bobby Liebling », « Outta Time/Outta Print » et « Can I Get My Bullshit Existence Validated On Some Splatter Wax »). Bref du génie. Côté son la crasse coule sans discontinuer, tartinant de doom leur mixture punk, Hardcore avec un H majuscule. Harrington éructe, surine de ses vocaux rocailleux les pires insanités. Et il le fait avec un aplomb tel qu’il est impossible de ne pas se secouer les cervicales tout du long. In violence we trust annonce fièrement le groupe, ils ne sont pas les seuls et du riff lourdissime de « Tough Guy » aux élucubrations sludge de « Negative » et son pont génial, l’album en entier respire la baston de bar. Un album assurément dans ce qui s’est fait de mieux cette année.
Coté vinyle :
Totem Cat sait faire plaisir aux collectionneurs. Pour cette sortie dont le premier pressage est limité à 500 exemplaires, le label propose une version jaune splatter limitée à 100 exemplaires, une version verte limitée à 200 exemplaires et une autre noir à 200 exemplaires également.

Adorateurs de Satan et jouisseurs multicolores vous convient à leur fête païenne, hallucinée et “tritonnesque” sous la bannière arc-en-ciel de l’église du squelette cosmique. Les sept cavaliers de la perfide Albion composant cette congrégation, ayant fourbis leurs armes en d’autres combos de qualité auparavant (Mammothwing entre autres), on ne sera pas surpris par la qualité technique de ce « Is Satan real ? ».
Si la dépression et la poisse guident vos envies musicales en ce moment, passez votre chemin, atone personne que vous êtes. Church of the Cosmic Skull navigue entre chœurs chevelus, à l’instar des tignasses croc-love de Hair ou de ses cousins pop de The Polyphonic Spree, et un heavy rock plein d’envies 70s. On assiste donc, au cours d’une quarantaine de minutes enlevées, à une grand messe bariolée, haute en envolées mélodiques, guidée par un maître orgue, ordonnateur des saintes partitions.
Il est indéniable que le format court de la galette participe à la fraîcheur de l’édifice. Trop de voix auraient engluer les compositions dans une béatitude forcée et un effort contrarié. On ne sera pas contre, pour les prochains essais, pour un peu plus de noirceur sabbathienne à l’image de ce « Black Slug » délaissant les nappes vocales pour plus de guitares inventives et sombres.
Il court le long de ce premier effort une ironie, un humour pince-sans-rire typiquement british qui démarque assurément le combo de ces pairs. En refusant de se prendre au sérieux, Church Of The Cosmic Skull insuffle une légèreté faisant, par moment, cruellement défaut dans notre scène fétiche.
Rien que pour cela, on les remercie de se demander si Satan est réel.
Au final, Church Of The Cosmic Skull prouve en 8 morceaux et quelques prières qu’il est possible de boire le sang de ses ennemis tout en suçotant un buvard de LSD. Qu’il est possible aussi de concilier heavy-métal et mouvement hippie. Surprenant, non ?

Le premier album de The Well nous avait bien marqué, par son audace, son intégrité, son originalité. Pas un album à mettre entre toutes les mains, certainement, difficile à digérer pour certains, il jetait en tous les cas un pavé dans la mare un peu stagnante du genre musical. Tout juste deux ans plus tard, le trio nous revient avec ce Pagan Science, deuxième album, donc, toujours chez Riding Easy.
Toujours pas une once de compromission à l’horizon, The Well trace sa route, et approfondit même le sillon : le groupe évolue toujours dans cet « entre-deux-mondes » difficile à cerner, entre rythmiques langoureuses et morceaux percutants, des plans de gratte metal sournoisement fuzzés, tout en subtilité, des riffs sanglants enrobés d’atours de production chiadés… Insondable en première approche, mais constant dans la démarche, indéboulonnables même quand ils enquillent onze titres (dix et demi plutôt) dans la même veine, pour une rondelle de trois quarts d‘heure riche et mastoc, qui ne laisse aucune place au remplissage. Ils s’approprient même l’emballant « Guineverre » de Crosby, Stills & Nash, qui devient par leur entremise une conclusion classieuse, délicieusement dark et sournoise à leur opus.
Pour distinguer Pagan Science de son prédécesseur, on mettra d’abord en avant cette cohérence stylistique ré-affirmée, de plus en plus maîtrisée et assumée. Cette approche les met à l’abri de la moindre comparaison, étiquette ou autres rapprochements d’influences. On devra aussi reconnaître au groupe une qualité de composition de haut niveau, probablement pour partie liée à l’expérience scénique accumulée ces derniers mois. Dans les faits, ça riffe dru (« Skybound », « Drug from the banks »…), et le travail de structuration mélodique est probant (« Byzantine », « A Pilgrimage »…).
On est toujours autant bluffé de constater la profondeur du son et l’élaboration du travail de production être l’œuvre d’un « simple » trio (bon, il y a des lignes de guitare doublées, à voir le rendu live…), encore moins d’un trio de texans (difficile de projeter le clichés de vulgaires rednecks évoluer dans une veine aussi classieuse). Autre ravissement auditif, la systématisation des vocaux travaillés à deux voix (masculin / féminin, l’œuvre du guitariste Ian Graham et de la bassiste Lisa Alley) reste l’une des signatures du groupe : chœurs, alternance, harmonies, tout y passe, avec à chaque fois un rendu final absolument inédit.
Bref, nul doute que le stoner racé et élégant du trio texan ne laissera toujours personne indifférent : les amateurs exclusifs de son brut, d’énergie primale et de gros riffs qui tâchent n’y trouveront sans doute pas leur bonheur. Les autres, patients et ouverts à d’autres horizons musicaux, devraient être réceptifs aux compos de The Well, qui nous propose avec ce Pagan Science rien moins que son meilleur album à ce jour (une conclusion un peu hâtive et gratuite pour un groupe qui ne compte que deux albums au compteur, j’en conviens).

Il est des questions auxquelles apporter une réponse serait l’œuvre de toute une vie. L’oignon fait-il la force ? Le mariage est-il la principale cause de divorce ? Plus complexe encore, pourquoi l’excellent album de Khemmis sorti l’année dernière, Absolution, a t-il échappé à notre radar pourtant réputé infaillible ? Mélange de doom et de heavy à la sauce épique, Absolution avait pourtant tout pour séduire ceux qui écoutent leur musique coiffé d’un heaume et muni d’une épée fantastique. Heureusement, le groupe de Denver nous offre gracieusement une seconde chance en sortant Hunted. Le chroniquer ici bas nous paraît être le premier pas vers l’expiation. Que Dieu en soit témoin.
Comme celle de son prédécesseur, l’artwork fantasy d’Absolution laisse présager quelque chose de grand, comme un voyage à travers un multimonde à dos de buffle bardé de fer. Pour arriver à la hauteur de ce qu’il prétend être, Khemmis allie l’emphase du doom mélancolique à la Pallbearer avec une bonne dose de heavy, usant à bon escient d’harmonies entre deux guitares bien affûtées. Les deux gratteux se partagent aussi les parties vocales, la plupart du temps claires et puissantes comme un Conan pointant sa hache vers le ciel, mais parfois plus gutturales et abyssales. Vous l’aurez compris, Khemmis voit large.
Les morceaux traversent donc un vaste paysage émotionnel, même si la langueur et la tristesse restent le panorama dominant. Impossible de refréner notre chair de poule sur le refrain de « Candlelight », aussi beau que poignant. Même constat sur celui de « Beyond The Door ». Khemmis est décidément fort pour nous accrocher l’oreille, et le cœur. Heureusement, l’inspiration du groupe ne se limite pas qu’aux refrains, très loin de là. Tous les morceaux sont de véritables encyclopédies du riff. L’introductif « Above The Water » nous en apporte d’entrée de jeu la preuve, se permettant aussi de nous balancer un solo des plus rock’n’roll. « Three Gates », dont on pourrait croire que l’intro a été composé par Matt Pike, montre le groupe sous un jour un peu plus sombre mais toujours aussi surdimensionné et immersif. « Hunted » et ses 13 minutes de démonstration d’un style toujours polyvalent viennent clôturer cet album d’un point final de toute beauté.
En quelques mots, Khemmis nous livre ici un album gigantesque, sérieusement brillant et brillamment sérieux. Les compositions sont bourrées d’idées et ne répètent pas deux fois le même pattern, ce qui apporte un côté décousu et une petite touche progressive plutôt savoureuse. Chaque écoute semble être la première. Si l’on peut émettre un seul reproche à Absolution, c’est qu’il ne contient que 5 titres. Une telle qualité d’un bout à l’autre nous laisse sur notre faim. La prochaine fois les gars, faites un album plus long, ou moins bon.

Après sept ans de carrière, un premier album aussi lunaire qu’ébouriffant (sorti il y a un peu plus de deux ans) et des prestations scéniques sur-amphétaminées aux quatre coins du continent et ailleurs (en solo ou en premières parties prestigieuses), on est plutôt enthousiastes de retrouver notre quatuor OVNI parigot. Inquiets aussi : qu’est-ce qu’ils vont encore nous sortir ? Vont-ils rentrer dans le droit chemin et nous pondre un album plus accessible, plus « direct » que son prédécesseur halluciné et hallucinant ?
Et bien non… mais on les aime quand même ! On les aime avant tout parce qu’ils sont fidèles à eux-mêmes et intègres, mais aussi parce qu’ils ne prennent pas leurs auditeurs pour des lanternes. Ce que propose Dot Legacy est toujours aussi barré, mais jamais gratuit ni stérile. Leur musique en appelle à l’intelligence de l’auditeur, mais n’oublie jamais de flatter ses sens reptiliens ; l’intuitif et le primitif comme courroie de transmission d’un cortex cérébral poussé dans ses retranchements. Pour autant, attention, pas de méprise : ce n’est pas parce que les musicos sont intelligents et doués qu’ils pondent du jus de cervelle étriqué et imperméable. Les gars sont dans le plaisir, pas la prise de tête. Leur principal outil dans cette démarche de destructuration massive tient dans leur travail de composition. Et du coup, côté compos, il y en a pour tout le monde : certains titres sont redoutablement efficaces dès les premières écoutes, à l’image du furieux “211” (sorte de glaviot fuzzé aux sonorités Truckfighters survolté) qui annonce des moments de joie dans le pit, ou encore le très marquant “Story of Fame” qui traîne ses riffs tour à tour sablonneux et fuzzés en enrobage de plans mélodiques quasi pop. En revanche, il faudra quelques écoutes complémentaires pour commencer à s’imprégner des autres petites perles que sont les infectieux “Pioneer”, “Dakota” ou encore “Horizon”… et encore ! Pour tout dire, on a l’impression à chaque écoute de n’avoir jamais fait complètement le tour : des sons différents, des plans inédits, des propositions surprenantes apparaissent petit à petit, toujours bien vues, comme des petites évidences. Chœurs, effets sur la voix, piano (“Pioneer”), sons de gratte travaillés, licks de guitare atypiques, arpèges venus de nulle part (“5314”), vocaux presque rappés (tendance Beastie Boys sur “5314” ou “Horizon”) ou scandés (mode “tribal” sur “5314” encore), etc, etc, etc… Avec des titres oscillant en moyenne entre 4 et 5 minutes, le groupe ne tombe toutefois jamais dans le confortable piège des titres prog-péteux à rallonge. Bref, la juste dose de barré, sans verser dans la prise de tête. Notons aussi que chaque titre se distingue clairement de ses congénères, si bien que les huit morceaux de l’album couvrent un vaste spectre musical sans que jamais l’on ne puisse identifier la moindre répétition.
Complètement impossible à décrire dans un semblant de synthèse, To The Others développe tellement de sonorités, tant de genres musicaux, que la première approche peut en être perturbante. Pour autant, sa richesse se dévoile un peu plus à chaque écoute, et l’auditeur curieux se trouvera vite conquis par la passion et le talent de nos quatre déglingos. Mieux travaillé encore que leur premier album To The Others annonce aussi des prestations live de haute volée, le véritable terrain de jeu de Dot Legacy.

L’année dernière, le combo doom Mammoth Weed Wizard Bastard (que l’on appellera MWWB à partir de maintenant, pour économiser mes doigts et vos yeux) sortait un premier album de trois titres comprenant notamment « Nachthexen », morceau long de 30 minutes. Sans pour autant s’affranchir d’un des dix commandements du doom : « si ton morceau ne fait pas plus de 6 minutes, il est nul », le groupe revient cette année avec un album plus concis et surement plus accessible, Y Proffwyd Dwyll, traduit du gallois par « faux prophète ». À tort ou à raison ?
Avec un tel nom de groupe, deux solutions sont possibles : soit les mecs sont sérieux et décident de ramasser tous les stéréotypes du genre pour servir une soupe très quelconque, soit les mecs font preuve d’ironie et tendent ainsi leur majeur aux codes établis dans le domaine. Quelques minutes d’écoute suffisent pour situer MWWB dans la deuxième catégorie, la formation galloise n’entendant pas suivre un chemin déjà balisé. Si les bases sont classiques (du gros riff qui bave, beaucoup de basse, une rythmique écrasante), la présence d’un claviériste emmène le groupe ailleurs. Sur l’instrumental « Gallego », on croirait entendre la dernière formation sludge de Jean Michel Jarre, où se mêlent synthé 80’s, vortex guitaristique et distorsion. Sur l’éponyme « Y Proffwyd Dwyll », on croise aussi un alto suivi de tir de blaster de Stormtrooper. Ou un truc qui y ressemble.
Mais MWWB ne s’arrête pas là. À la question « qu’est ce qui pourrait coller avec des grosses guitares testostéronées, une basse bien grasse et ronflante et un batteur qui dérouille ses fûts ? », le groupe nous répond : « une voix féminine perçante ». Évidemment ! Le pire, c’est que ça fonctionne. La voix de Jessica Ball, aérienne et fort généreuse en réverbération, téléporte les compositions de la bande d’un univers inquiétant à un autre plus mystique et ensorcelant. Exemple, le génial « Testudo » et son intro planante, où le titre d’ouverture « Valmasque ».
Sur le papier, tout cela peut sembler un peu bordélique. Mais MWWB réussit à faire de ce patchwork d’idées un univers très cohérent, évidemment très psychédélique, presque expérimental, grâce au bon dosage de chacun de ses ingrédients.
Pour preuve, une fois que l’on a cerné l’ambiance du groupe, on trouverait presque tout ça trop linéaire. Les morceaux se ressemblent parfois un peu trop et aucun ne sort vraiment du lot. Malgré tout, ils sont tous prétexte à une nouvelle trouvaille sonore et on se laisse très facilement embarquer par l’univers si particulier du groupe.
Dans un genre où il est difficile de sortir des sentiers battus, MWWB nous prouve que beaucoup de territoires restent encore à explorer. C’est rassurant.

Geezer, trio venu de Kingston, dans l’Etat de New York, est de ces noms qui reviennent sans cesse dans la bouche des dénicheurs des talents futurs de la scène fuzz, et pas seulement parce que leur patronyme rappelle le bassiste de Black Sabbath. C’est en effet bien plus à leur statut de vieux routard du hard rock qu’ils doivent leur nom (désignant en argot un vieux déjanté, souvent un ancien hippie ou drogué). Le moins que l’on puisse dire c’est que la bande de Pat Harrington (et sa longue barbe blanche) n’ont rien de nouveaux venus : quarantenaires et bourlingueurs, les trois musiciens de Geezer n’ont eu de cesse de faire parler d’eux depuis la publication de Cage chez STB en 2016. Leur split The Second Coming Of Heavy partagé avec Borracho chez Ripple Music l’année suivante aura fini de les installer dans la liste aussi passionnante que foisonnante de la nouvelle génération de fuzz américaine (Wo Fat, Goya, Wounded Giant, Duel, Mothership, Demon Lung, Ancient Warlock, Hornss, Mondo Drag, Druglord ou Khemmis entre autres). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est chez ces deux labels que sort leur second album éponyme, publié chez les Californiens pour la version numérique et CD ainsi que chez le label New-Yorkais pour ses versions vinyles.
Ceux qui comme moi avaient eu l’occasion de jeter une oreille à Cage avaient découvert un groupe heavy rock de grande qualité, maniant la fuzz avec la même habilité que sont distillées les influences bluesy d’un groupe à placer quelque part entre The Sword et Black Rainbows. Sans pour autant respirer l’originalité, le trio avait clairement placé – déjà – assez haute la barre de l’exigence. Ce second effort quant à lui s’avère en tout points plus intéressant que son prédécesseur. En effet, doté d’une production des plus solide (et d’un excellent son de basse), Geezer, l’album, impressionne. A mesure des écoutes il apparaît d’ailleurs de plus en plus clairement qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’un disque de blues rock par la fuzz maltraité. Le feeling d’Harrington à la guitare (quelques uns de ces soli sont parmi les plus réussis de cette dernière décennie de stoner) et le groove renversant de la paire rythmique Tourseull/Turco placent alors Geezer bien au dessus de la mêlée. Il suffit pour s’en convaincre de s’attarder sur la pièce sublime qu’est « Dust », titre lancinant qui restera comme l’un des titres de l’année. Le trio alterne l’urgence (l’imparable boogie de « Sunday Speed Demon », « Hangnail Crisis ») et les voyages dans l’espace (le plus stoner « Sun Gods », « Bi-Polar Vortex ») tout au long d’un très solide album. Gageons que dans les prochains mois Geezer sera sur toutes les lèvres et ce ne sera que justice.
Point vinyle :
Pour sa version vinyle c’est chez STB Records qu’il faudra regarder. Comme à son habitude, 4 versions sont proposées : la Die Hard Edition (100 ex Yellow, Pink and black splatter), OBI Séries (125 ex clear with colour and black splatter), (Not So) Standard Edition (175 ex bleu ciel) et World Wild Distro (200 ex blancs). Les disques sont tous en 180g, de différentes couleurs et ont, selon les éditions quelques spécificités qui régaleront les spécialistes. Les prix varient bien sûr en fonction.

Dans la lignée de cette Amérique déclamée, raconté par ses poètes, à l’instar de All Them Witches, se présente à nous ce trio issu de Rochester dans l’état de New-York, officiant sous le patronyme de King Buffalo depuis 3 ans déjà. Véritable premier long effort autoproduit puis soutenu par Stickman Records en Europe, « Orion » est une véritable petite merveille, une histoire lumineuse qui, de sa première majuscule à son point final, nous emmène loin, liant notre imagination à la route sans fin de sa narration.
Première majuscule référente et floydienne de par le titre éponyme « Orion », sept notes arpégées portées par un groove maître, blues en diable, qui le long de la galette portera de sa langueur les envies du trio. La force du combo réside dans sa simplicité. Il étire de manière limpide de petites idées mais qui, par un équilibre juste, prennent une ampleur savoureuse. On se laisse aisément bercé par les grands espaces déployés au travers de compo telle que « Sleeps on a vine », chauffé par la chaleur de la voix, élevé par la guitare étoilée, rassuré par le touché permanent de cette basse subtilement mise en avant. Un guide à la force tranquille.
Il y a chez King Buffalo ce petit sens du détail qui lui permet de toujours rendre une évidence moins accessible, moins directe qu’elle n’y paraît. Le traitement d’un son, l’ajout d’une mesure, une inflexion vocale, tout un ensemble de micro-points qui font de chaque écoute une redécouverte.
Arrivé, comme ça, quasiment de nulle part, King Buffalo livre un premier long effort bluffant. Un voyage simple, attachant, d’une qualité rare à ce niveau. Un voyage de trois quart d’heure aux creux d’éléments blues, psychédéliques et de stoner aérien. On est tout émoustillé à l’idée de les suivre, de pouvoir les voir un jour sur scène et on ne saurait que trop vous conseiller d’en faire une de vos écoutes de chevet en cette année. Ne nous privons pas de regarder le ciel quand l’occasion se présente, « Orion » nous y invite en tout cas.

Poissard parmi les poissards, Ruben Romano traîne avec lui cette réputation de talentueux et gentil loser, depuis qu’il a contribué à enfanter Fu Manchu, qu’il a quitté dix ans après, avant le succès qu’on leur a connu depuis. Il lança alors avec son compère d’infortune Eddie Glass les géniaux Nebula, qu’il quitta là aussi après dix ans, dans des conditions pour le moins opaques. Marre probablement de se sentir impuissant derrière ses futs, le gaillard – manquant moins de ressources ou de talent que de chance et de bonne fortune dans ses décisions de carrière – décida donc il y a une petite dizaine d’années maintenant de se doter d’une six-cordes, de se caler derrière un micro, et d’initier son propre projet : The Freeks. Plutôt conceptuel au départ, l’objet se transforme progressivement en véritable groupe (à temps partiel, quand même, même s’il s’agit du projet principal de Romano), qui accoucha il y a trois ans de leur second LP « Full On », un LP qui a séduit pas mal de monde (à une échelle relativement confidentielle, la sortie du disque bénéficiant d’une distribution mondiale… à la hauteur des moyens financiers du groupe à l’époque !). A part quelques concerts sporadiquement organisés dans divers clubs sud-californiens principalement, l’activité du groupe était difficile à tracer ces dernières années… jusqu’à l’annonce de la sortie de leur troisième LP, « Shattered » ici présent, sous la bannière décidément volontariste du label italien aux dents longues de Heavy Psych Sounds.
Musicalement, deux points de vue sont possibles selon votre background : si vous connaissiez « Full On » (voire son prédécesseur, musicalement plus diffus), ce « Shattered » ne vous déstabilisera pas. Pour les autres, le CV de Romano détaillé plus haut risque de vous donner une fausse idée du groupe. Car le désormais guitariste (qui a quand même pris à ses côtés Tom Davies, bassiste renégat de Nebula et autres formations stoner occasionnellement à la recherche de mercenaires de la 4-cordes) s’est associé à des partenaires pas forcément issus des même mouvances musicales directes, notamment d’anciens (ou ponctuels) membres d’autres formations chaotiques comme Backbiter ou Roadsaw. Le mélange de cette bande de joyeux drilles en provenance d’horizons musicaux disparates (le nom du groupe – les monstres de foire, en gros – n’est pas dénué de sens…) donne donc un ensemble un peu chaotique, un patchwork de tendances et de sons. Et les bonhommes ne font même pas semblant de créer une cohérence factice à l’ensemble. Donc oui, il y a des choses qui raviront les fans meurtris et frustrés de Nebula là-dedans, directement sur certains titres (« Sylvia », ou « La tumba », qui comme « Strange Mind » et ses plans space rappelent aussi Monster Magnet) ou de manière plus éloignée sur d’autres titres qui puisent dans les mêmes sources d’inspiration, entre des bases très blues et des plans instrus très jam. Mais il faudra qu’ils acceptent de « cotoyer » sur la même galette des titres plus directs, plus rêches et pêchus : les plans quasi-punk, au son vintage bien garage, représentent une autre composante importante de la musique du groupe (« Tiny Pieces » ou « Uncle Jack’s Truck » en droite provenance de la mouvance Hellacopters, avec notamment de discrets mais jouissifs passages de piano, « I’m a mess » qu’on croirait sorti d’un album de Mondo Generator, vocaux compris…) . Le reste est constitué de titres efficaces, mélodiques, voguant dans des eaux plus hétéroclites encore (« Where did you go », le presque 50’s « The Space Bar »…).
Passée l’éventuelle surprise de se voir baladés musicalement dans tous les sens, force est de reconnaître que nos Freeks ont bien soigné leur production, et que leurs compos, même si parfois un peu décousues, s’y entendent dès lors qu’il faut sortir le riff qui va bien ou le solo qui déchire. Tout ceci est parfaitement outillé, et interprété avec talent.
Il ne reste donc qu’à espérer que ce nouveau label et sa distribution/promotion plus performante (l’impact très modeste de « Full On » avait sans doute pâti du manque de moyens d’un Romano seul derrière les manettes de son propre label, créé un peu à l’arrache…) donne un nouvel essor à The Freeks, un groupe au statut underground qui mérite clairement mieux. Et avec un peu de chance, ça permettra même peut-être de les voir venir souiller les scènes live européennes ? On n’espère rien de moins.

Howling Giant présente donc son « Black Hole Space Wizard part.I » et on est plutôt content qu’il le fasse. Le trio américain tease velu son savoir-faire au travers de 4 titres assez disparates mais tous parfaitement composés et exécutés.
Au fil du EP on va penser Elder, The Sword, Kvelertak. De par sa durée, la mini-galette évite l’écueil du « fourre-tout » mais les américains seraient bien inspirés de trouver une ligne esthétique qui leur soit propre. Pas sûr en effet que les multi-références tiennent la route sur un effort plus long.
Reste que cette première partie nous met en haleine. Mélodiquement le trio est un expert en la matière, il blaste comme il faut quand il faut et sait faire monter la sauce quand la salade en a besoin. Aucune raison de mettre en exergue un des quatre titres puisqu’ils sont tous excellents. Fracassez donc vos tympans experts sur la galette de Howling Giant, vous ne le regretterez pas.
« This is not the end » comme ils le disent si bien.

Soufflé je fus lors de la publication, l’année passée, du premier opus d’Holy Serpent, quatuor de skateurs Australiens à peine pubères et sortis de nulle part. Leur musique, mêlant fascination pour Sleep, intérêt pour les mondes alternatifs et riff de pachyderme, avait fait tilter les amateurs les plus éclairés de sons plombés. Ma chronique enthousiaste se finissait d’ailleurs sur cette question : « Avons-nous affaire à un one shot ou à un groupe amené à compter dans un futur proche ? ». Temples, second volume d’une belle discographie en construction, apporte à mes interrogations une éclatante réponse. Car Holy Serpent a fait encore mieux. Affranchi de ses plus évidentes influences, servi par un son de mammouth (quelle prod’), ce disque pousse plus loin encore la mixture du groupe, entre ciel et terre, vocaux planants et rythmique implacable, moment fuzzés et lourdeur doom impitoyable.
Cinq nouveaux titres donc et rien à jeter, de l’impitoyable « Purification By Fire » à « The Black Stone » et son parfait dosage entre son clair et saturation totale. On retrouve, de ça de là, un grain de folie non sans rappeler Cathedral, et toujours ce travail vocal que l’on croit bien emprunté à Uncle Acid. Le résultat, relevé par une prod bien plus massive que sur le premier album, est saisissant, faisant des miracles sur « Sativan Harvest », titres aux accents de blues post apocalyptique (jusqu’à un final aux violons, improbable mais bienvenu). Tout ici suinte le doom surfuzzé aux relents de rock acide, équilibre parfait, le yin et le yang, caresses et mandales.
Par bien des aspects la trajectoire d’Holy Serpent me rappelle Elder, jeunesse insolente et musique incroyablement mature, garçons dans le vent à qui tout réussit. Mais ces derniers ont su très vite s’exporter et envahir clubs et festivals, espérons qu’Holy Serpent eux, auront la possibilité de bientôt sortir de leur île.
Point Vinyle :
En sus de 30 test press (évidemment) déjà introuvables, Riding Easy a fait presser Temples en quatre éditions : Une clear (100 ex), une Opaque Majijuana Green (300ex), une gold (500ex) et une noir, classique.

Sobrement nommé II, voici le second album des polonais de Weedpecker.
Varsovie n’est pas spécialement réputée pour ses groupes de stoner rock mais voici bien l’exception qui pourrait tout changer. Après un premier album de qualité les quatre compères confirment et de fort belle manière les espoirs qu’ils avaient fait naitre.
D’un premier abord cela sonne un peu psyché et bluesy par moment sauf que le tout est relevé d’une pointe bien heavy et de riffs que ne renieraient pas des groupes réputés plus lourds. Bref un joli mélange parfaitement dosé et maitrisé qui donne un résultat très convaincant. Wyro et Bartek aux guitares, l’un jouant sur un mode bien gras et l’autre plus psyché, s’accordent à la perfection et nous livrent une prestation réellement prenante et intéressante. Les solos de l’un répondent à la rythmique de l’autre, la combinaison des deux étant la colonne vertébrale des compos du groupe. La basse et la batterie accompagnent le duo sans pour autant s’effacer et l’ensemble est d’une cohésion bluffante. 7 titres pour 42 minutes qui passent en un instant et qui une fois terminés, vous donne juste enfin de repartir du début.
Leur premier album m’avait fait attendre le second avec impatience, autant dire que l’attente est encore montée d’un cran pour le troisième qui je l’espère, ne tardera pas trop.
Un album qui s’écoute sans modération et sans lassitude, un vrai petit bijou.
A découvrir sur Bandcamp
Le point vinyle :
Comme toujours chez Pink Tank Records les albums ont le droit à un pressage sur galettes à l’ancienne.
Vinyle blanc mate (180g – 100 copies)
Vinyle noir (180g – 300 copies)
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