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Formé dans les années 1990, Snail nous offre leur quatrième album studio. Au premier abord, on aurait presque envie de se dire que le groupe est resté plus longtemps enfermé dans sa coquille que dans un studio. Cela s’explique simplement par le fait que faire de la musique dans ces années-là, et, en Californie, peut vite vous noyer dans la masse. Après avoir repris du poil de la bête, leur hermaphrodisme musical s’est très vite concrétisé en 2009, puis en 2013 avec deux albums plutôt bien réussis. Et aujourd’hui, le trio nous revient avec Feral.
Le premier aspect qui frappe de suite est cette production de très bonne qualité et d’énergie. On est plongé dans un univers bien psychédélique mariant ambiance vintage et moderne. Le duo guitare-basse respire la distorsion fuzz, la rythmique est d’une lourdeur absolue et la voix, élément primordial qui accentue l’originalité de l’album, complète le tout à travers un panel de mélodies succulentes. En effet, le chanteur-guitariste Mark Johnson apporte une réelle fraicheur avec sa voix hyper planante et hypnotique. Et le fait d’avoir intégré la voix dans le mixage de manière à ce qu’elle ne soit pas trop mise en avant (chose très fréquente dans le Stoner) fait qu’on est face à une véritable ambiance fantomatique et mélancolique.
Autre point important, Snail a quitté la chaude Californie pour migrer à Seattle, et, ça s’entend de suite. On est plongé dans du Stoner américain mélangeant de nombreuses influences musicales allant du Grunge, en passant par du Doom. Et du coup, on ressent des brides à la Alice in Chains, à la Nirvana, voire du Melvins. A travers cette énergie tortueuse que le groupe a su puiser dans cette ville pluvieuse, Feral offre huit titres de très bonne qualité. Ce sont surtout les cinq premières pistes, avec des morceaux comme « Building A Haunted House », « Born in Captivity » et les deux gros piliers que sont « A Mustard Seed » et « Thou Art That », qui apportent toute l’originalité et la fraicheur de ce quatrième album. On avouera sans honte que la fin de l’opus décline vers des compositions un peu plus classiques mais non sans intérêt.
Déjà disponible depuis septembre 2015, il serait donc dommage de passer à côté de ce petit plaisir musical qui saura vous replonger dans des souvenirs mais aussi dans des rêves mélancoliques dignes de la scène psychédélique de la fin des années 1960 ayant embrassée le grunge des années 1990.

Dans un désert de pierre, une meute de loups rôde et semble attendre impatiemment le feu vert de leur maître, un guerrier de métal accompagné d’un corbeau peu avenant, pour s’abandonner à un déchainement de violence et de sang. Comme toujours, Conan accorde un grand soin à ses artworks (œuvre du génial Anthony Roberts), toujours très travaillés et en parfaite adéquation avec leur musique. C’est sans étonnement pour un groupe au patronyme directement emprunté à un emblème de la fantasy que l’on retrouve cette ambiance très chevaleresque sur chacun des albums du groupe : un premier split avec Slomatics en 2011, Monnos en 2012 et Blood Eagle en 2014. Et si les moins anglophones d’entre vous ne remarqueront pas que les thèmes mythologiques/merveilleux débordent jusque dans les paroles, la musique seule suffira à vous transporter directement au beau milieu d’une bataille d’un autre monde. Et oui, pas besoin du TOEIC pour comprendre que chez Conan, les têtes volent à coup de hache.
En deux albums, Conan a réussi à se tailler une belle place dans la sphère doom, en grande partie grâce à un son particulièrement fracassant et singulier. En effet, s’il n’existe pas de superlatif à « massif », alors devrait-on l’inventer pour qualifier au mieux la musique du trio anglais et mettre ainsi en garde sur le probable décollement de mâchoire sous l’effet d’une fuzz portée à 11. Les personnes ayant déjà eu la chance de les voir en live pourront d’ailleurs témoigner. Porté par le guitariste et chanteur Jon Davis, seul membre permanent depuis la création du groupe, Conan revient avec un Revengeance qui n’a pas perdu sa fameuse distorsion en chemin. La guitare et la basse se confondent et résonnent en choeur pour former cet épais brouillard dans lequel on entend retentir les cris et les échos du chevalier Jon Davis et de son écuyer-bassiste Chris Fielding. La batterie toujours très présente ajoute de la lourdeur à l’ensemble, avec des cymbales au son froid comme la mort.
Conan n’a jamais fait dans la composition alambiquée et ne s’embarrasse pas d’éléments superflus : les riffs sont simples, presque primitifs, pour une parfaite allégorie de la sauvagerie humaine. Sur ce dernier album, cette philosophie de la bestialité s’avère on ne peut plus vrai. Revengeance est surement l’album de Conan le plus épuré mélodiquement, de fait le plus lourd et de fait le moins abordable. À l’appui, des morceaux comme « Wrath Gauntlet » ou « Thunderhoof », chacun aussi évidents que violents. Le carnage de ce champ de bataille plongé dans la brume atteint son apogée dans un déferlement de brutalité et de rapidité inhabituelle sur « Throne Of Fire » et « Revengeance », et prend fin sur les onze minutes de l’épique « Earthenguard », à l’ambiance menaçante et écrasante. Chez Conan, le happy end n’existe pas.
Pourtant, malgré un léger virage plus heavy encore, l’impression de déjà-vu persiste tout au long de Revengeance. Si les deux premiers albums de Conan pouvaient surprendre par une production sonore d’une puissance nucléaire à faire pâlir Fukushima, la surprise ne prend plus au troisième et la déception de n’entendre pas grand chose de plus que ce que l’on connait déjà rend l’écoute vite ennuyeuse. Revengeance n’est pourtant pas un mauvais album en soit, mais il laisse l’amère impression que le groupe se repose sur ses acquis et nous propose la même chose depuis leurs débuts sans trop se creuser la cervelle. Après les mythiques Monnos et Blood Eagle, peut-être avait-on placé la barre de l’espérance trop haute pour ce Revengeance, un album définitivement en demi-teinte.
À déguster avec : du Galak (bon, mais rapidement écoeurant)

Un premier EP qui date de 2010 et depuis aucun signe de vie… Ils n’étaient pas vraiment partis mais les voilà de retour… La combinaison suédo-hongro-anglaise improbable nommée HAG a balancé ce 8 janvier une brique de sludge-heavy-stoner-noise-post-metal; un premier album qui sort sur un nouveau label (DNAWOT Records) de manière dématérialisée (pour le moment seulement espérons-le) en toute discrétion. Et en jetant cette brique, ils en ont fait tomber le mur de son qu’elle supportait alors.
HAG n’écrase pas par sa production puissante mais par ses 9 morceaux. Aucun artifice pour dissimuler une quelconque baisse d’inspiration. Véritables chiens de guerres aux babines retroussées, le trio arrache les codes de la bienséance, mastique les influences, laissant en lambeaux nos pavillons laminés. Les premières résonnances de « Fear of Man » font écho aux instants les plus posés d’un jam entre Harvey Milk et les heures post-sludge de Mastodon. Aux antipodes « Kingdom O » déroule une intro brise-nuque en contraste total mais qui très vite accouche d’une structure de riffs qui se joue de l’auditeur. Un gros « what the f*** ? » aux bords des lèvres vite avalé pour se voir entraîné par les licks entêtants et les mélodies insidieuses portées pas les cordes et la voix. Si les Melvins partousaient avec High on Fire et Fatso Jeston sur fond de Sabbath sous stéroïdes vous pourriez vous faire une idée de ce que l’album vous proposent. Aussi foutraque et dérangeant que la pochette, Fear Of Man est un album à prendre en pleine gueule.
Ambiance mélancolique mêlée d’un punk glaçant désabusé d’une révolution qui se devra maintenant sonore, « Low » sonne aussi désenchanté et désenchantant que son titre. « Trauma Yauma » ne fait aucun prisonnier jusqu’à son final rouleau-compresseur psyché et son ultime touche presque malsaine « we think you talk too much, do you think you talk for everyone »… tout est dit. Le travail rythmique des trois comparses vous maintient sur le qui-vive, aucun risque de se laisser porter par une redondance, les breaks sont sulfureux. Les cassures âpres sont aussi rêches que les paumes de vos mains usées à tenter de vous désensevelir de l’amoncellement de plans qui s’effondre sur votre tronche. Oscillant entre le pavé, le brûlot et la buche, HAG ne laisse pas indifférent comme sur « Metal Detector Man », plongeant dans un même creuset tous les métaux les plus incandescents. Le groupe maîtrise ses sujets et semble jubiler à la simple idée que l’on puisse essayer de coller une étiquette à leur maelstrom de morceaux. Leur tour de force est de rendre accessible une musique exigeante par leur sens du groove, du refrain imparable et du thème prenant (« Beaten at your own game »). Du stoner-extrème.
Loin du disque de chevet, de l’écoute distraite sur fond d’apéro ou du « 20kg de gros son » sur bitume, HAG vous arrache les esgourdes pour y déverser leur vision éclectique du « eagle-metal » (dixit les protagonistes). Une musique qui vous guette, vous survole, vous arrache du sol, vous dévore et recrache les morceaux les moins bons. Si vous aussi, vous avez déjà envie de dire ce que vous pensez de 2016, commencez l’année avec HAG. Un immanquable anonyme qui mériterait sa renommée.

Quand Witchcraft sort un nouvel album, c’est toujours l’occasion de découvrir de nombreux et nouveaux aspects artistiques d’un groupe qui se renouvelle sans cesse. Bien que le dernier opus Legend avait laissé une certaine perplexité au sein même de la communauté Stoner-Rock, cela prouve que les Suédois ont toujours su prendre des risques dans une volonté d’enrichir leur musique. 2016 s’annonce donc comme la révélation de leur dernier et cinquième bébé du nom de Nucleus.
Ce qui est très frappant, c’est que dès la première écoute, on sent déjà qu’il se passe quelque chose de très puissant au fil des morceaux qui s’enchainent parfaitement bien. Rien n’est à jeter, on a affaire à de très bons, voire d’excellents titres. Car leur répartition est tout simplement parfaite. Résumant formidablement bien la richesse de ce nouvel opus, « Malstroem » ouvre le bal avec une grâce, une prestance associant lourdeur, mélancolie, enchérissement rythmique et beauté musicale. Le tout pour un moment de plaisir dépassant les huit bonnes minutes. Une impression d’être porté par des vagues mélodiques changeantes, possédées par un rythme et un son bien gras. Puis on a le droit à des titres bien efficaces et plus enjoués comme « Theory Of Consequence », « An Exorcism Of Doubts » ou bien encore « The Obsessed ».
Et justement, tous ces bons titres sont toujours associés à une pépite musicale, d’une exquise longueur aux répétitions hypnotiques, jouant le rôle du passage à un nouvel acte, à la manière d’une œuvre théâtrale. C’est d’ailleurs avec la magnifique « Nucleus » que le groupe révèle toute sa force : la richesse vocale de Magnus Pelander et la subtilité rythmique de Rage Widerberg, fortement soutenue par la basse de Thomas Anger, forment autre chose qu’un simple album aux accents « Stoner ». Même constat avec « Breackdown », on pense que c’est un simple petit morceau mélodique sans rien au bout. Erreur monumentale puisqu’à partir de la septième minute, le groupe se joue de nous et c’est la grande envolée. Puis pour les petits chanceux ayant la version vinyle ou CD digipack, on a même le droit de terminer avec la très bonne et entrainante « Chaising Rainbows ».
Dès lors, on comprend que Witchcraft nous offre donc avec Nucleus l’album le plus mature et le plus accompli de leur carrière. Prouvant une fois de plus que la musique n’a pas de limite à partir du moment où l’on ose prendre des risques et expérimenter.

2014
Les normands de Coldworm montrent un sacré savoir-faire dans ce Nothing Ends, totalement autoproduit « à la maison ». Avec des influences comme Qotsa (plus proche de Rated R) et Soundgarden, on pense tout de suite entrer en territoire connu. La première suinte en effet tout au long de la galette, notamment dans le ventre de « A Dying Geek » ou en conclusion de « The Things You Need ». Ces parties Hommesque restent savamment disséminées et très bien exécutées. Josh Homme est d’ailleurs remercié dans les crédits, à bon entendeur !
La surprise est à chercher dans le soin apporté à l’ensemble des compositions et la recherche sonore dans son ensemble. Les morceaux sont ainsi souvent construits de manière complexe. Les ruptures de rythmes, ponts et multiplications de parties sont légions et maîtrisés. Ce qui frappe, c’est surtout l’utilisation intelligente des instruments. Les classiques du genre mais pas seulement. Le deuxième morceau « Charts Breaker » est en cela assez représentatif. Une basse qui slap une boucle courte suivit de près par des « tapes dans les mains ». Le rythme en impose déjà. Mais il est encore des idées. Une montée en puissance, une rupture de rythme, et une flute qui vient apposer quelques digressions. Les instruments sont utilisés avec intelligence et s’en ajoute donc d’autres, plus surprenant. Pour le reste on vous laisse découvrir.
Coldworm prépare la suite de cet opus au Warehouse Studio de Vancouver, on leur souhaite bonne continuation !

Certains groupes ont cette faculté à faire voyager l’auditeur dès les premières mesures, à transporter l’imaginaire loin et très précisément dans leur paysage sonore. Les finlandais d’Huminoita font partie de cette caste, et se classent dans la catégorie « Brahmane » de l’affaire, dans le haut du panier, balançant un landscape-stoner subtil et immersif.
All is Two paru début 2015 chez Luova Records fait office de roadbook à travers la Finlande, se plaçant entre la chaleur jazzy des productions d’Elektrohasch Records, les compos «sur-la-route» d’un Güacho et taquinant le post-rock d’un Caspian, le tout guidé par des chœurs, narrateurs symboliques du voyage. Pas de paroles mais de la mélopée. Le symbole antique et narratif de l’odyssée.
Rares sont les albums cohérents, ne souffrant d’aucun creux dans la track-list. All is Two est global, complet, logique. Les six compositions s’articulent parfaitement et l’on ne s’ennuie pas un seul instant du moment que le noir vinyle se lance. Reste que si vous n’avez pas le temps de vous poser pour écouter l’album dans son entier, lancez simplement « The Pilgrim ». 6 minutes 25 d’entrelacs jazzy, d’envol psychédélique, d’arpège cristallins, de jeux de batterie tout en finesse, de saxophone plaintif, de basse ronde guidant l’ensemble, de flûte traversière virevoltante et de saturation massive. Un titre plein, extrêmement bien écrit et ficelé. Difficile de ne pas partir dans ses rêveries avec cette qualité.
Il faut vraiment être tatillon pour trouver à redire sur cet album. Ni trop long, ni trop court, ne souffrant de fait, d’aucune redite, All is Two pêche peut-être dans le traitement des voix qui mériteraient d’être intégrées plus efficacement à l’ensemble. M’enfin c’est vraiment histoire de taquiner tant l’on passe un excellent moment en compagnie de ces finlandais.
Huminoita. All is Two. Des musiciens talentueux pour un album-voyage classe. Il est certain qu’on ne rangera pas l’affaire dans la section « stoner plein de couilles qui sent la testostérone » mais si vous avez une once de délicatesse et un intérêt certain pour les voyages, les paysages grandioses et l’envie de partir loin, cet album sera votre guide.

Old Man Lizard est un trio anglais, du Suffolk pour être précis, une région ingrate, réputée au moins autant pour son climat avenant que pour le dynamisme de sa vie culturelle. C’est dire. De cette province difficile ne pouvait émerger qu’un combo aigri, âpre, ce qu’est fondamentalement, musicalement, Old Man Lizard, qui se définit lui-même comme une sorte de groupe de stoner sludge « dark » country. Voilà voilà… Amateurs de rythmiques enlevées et de soli cristallins, passez votre chemin. Ça sera sale, rêche, sec et froid ou ça ne sera pas…
La première approche d’ailleurs, est difficile, laborieuse, même. Faut dire que la tessiture vocale de Jack Newnham (qui pourrait faire penser à un vieux rabot oxydé s’acharnant sur un tesson de bouteille, en gros) n’aide pas à l’adhésion enthousiaste immédiate. Compter donc une petite poignée d’écoutes un peu difficiles pour se familiariser avec ce son bien dégueu et froid, et commencer à pénétrer les méandres vinyliques de cette production. Passée cette période d’acclimatation, l’originalité du combo commence à se faire jour. Originalité du son, d’abord, on l’aura compris : des vocaux qui écrasent tout de leur présence (Newnham ne crie pas, il ne hurle pas non plus : il beugle, non stop), un son de caisse claire sec comme un coup de trique, un son de guitare destroy et foutraque au possible (clair, fuzzé, des passages en harmonie étranges, arpèges en son clair… on trouve de tout en rayon), une basse saturée au-delà de ce qu’impose la décence dans le manuel illustré du parfait petit rythmiste… Vous le sentez forcément poindre à l’image de cette chronique pour le moins chaotique : les repères auditifs sont quelque peu chamboulés avec Old Man Lizard.
Ceci étant dit, le groupe ne manque pas d’intérêt (rappelons qu’ils ont gratifié de leur présence pas mal de festoches parmi les plus intéressants, et partagé la scène de Conan, Dopethrone, Honky, Dead Meadows et autres Black Rainbows…), et son disque compte des moments de bravoure plus qu’à son tour. Plus concrètement, certains titres se révèlent assez infectieux, entêtants (plus qu’addictifs). Chaque chanson a une identité propre, et on ne trouvera aucun bouche-trou. On mettra en avant pour la forme (et pour inciter à la découverte) le finalement assez représentatif « Cold Winter Blues », mais on incitera aussi les plus curieux à jeter une oreille attentive à la seconde moitié d’un « King Clone » assez surprenant, ou encore « Old Hag » qui commence par une sorte de blues rock folk crasseux pour finir en boue sludgesque poisseuse.
Old Man Lizard (le groupe et l’album) n’est pas facile d’accès. Il rebutera (autant vous prévenir) pas mal d’auditeurs avides de plaisirs simples et immédiats. Les plus tenaces apprécieront probablement ce qui les attendra au bout de ce tunnel musical difficile d’accès, sombre et humide. Pour autant, l’album ne restera pas dans la postérité dans une période de quelques mois touchés par la grâce du dieu stoner, où la production musicale a atteint des sommets qualitatifs. Il préfigure en revanche un potentiel qu’il nous intéresse de voir se développer dans les prochains mois et années. A suivre de près.

La fin d’une année et le début de la suivante se trouvent être les justes occasions de prendre des nouvelles de ceux que l’on avait « presque » oubliés. Une petite carte nous rappelant avec émotion ce lien fragile qui unit les âmes en ce monde, ou sous forme d’un EP 4 titres comme pour se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps on enrichissait le quotidien les uns des autres. En ce 11 décembre dernier Sonic Medusa nous envoyait ses vœux (en avance) via Ripple Music pour nous donner signes de vitalité créative de ses quatre membres.
Excusez du peu : Greg Rogers (The Obsessed, Goatsnake), Scott Renner (Sourvein, Goatsnake), Steve Darrow (Hollywood Rose “la génèse de Guns n’Roses) et Dirty D (Angus Khan). Si les deux premiers comparses ci-dessus cités nous ont pondu une pièce de premier ordre courant 2015, les deux autres seront certainement passés sous notre radar… Qu’à cela ne tienne, les potos sous la coupe de Scott Reeder (oui oui LE Scott Reeder) avait déjà enregistré quelques titres en 2010 mais comme pour ancrer leurs velléités d’exister les re-voilà avec un EP sobrement intitulé « The Sunset Soundhouse Tapes » enregistré au Sunset Sound Studio. Sobriété = efficacité.
Et que nous souhaite Sonic Medusa pour 2016 : le classique riff-metal-groove n’roll. Déclaration d’amour aux héros de leurs enfances, les californiens font se réunir le doom de Sabbath (« Goblin Suite ») avec les paires de guitares aiguisées typées Iron Maiden (« Medusa »), avec une pointe de Grand-Guignol digne d’un Alice Cooper (« Wolfs Prayer »). Dirty D démontrant une jolie maîtrise vocale aux montées vertigineuses au fil des titres parfaitement exécutés instrumentalement.
Si l’originalité des riffs n’étouffent pas aux premiers abords, c’est quand le groupe se lance dans ses parties les plus jammisantes qu’il fait le plus mouche. L’aspect très NWOBHM des titres se retrouve ainsi contrebalancé par les autres influences marquantes de Sonic Medusa. Rien de neuf sous le soleil californien mais le plaisir d’être ensemble et de prendre son pied transpire le long des 27minutes de l’EP. Une petite entorse à votre régime enrichi en gras ne fait jamais de mal. A la limite de l’album hommage, on n’oublie pas les Classiques ainsi, on a envie de s’y replonger. Le genre d’album qui nous fait nous rappeler que les héros ne meurent pas, ils deviennent des légendes.

J’avais été conquis par le collectif belge lors de la dernière édition du Desertfest Belgium à Anvers où ils avaient balancés un set sludge fort hargneux soutenu par des plans barrés à la trompette sous effets. C’est avec un certain plaisir que j’ai posé leur nouvelle plaque sur mon tourne-disque. Il faut dire que les agitateurs genevois que sont GPS Prod et Hannibal’s Records ont bien fait les choses en sortant cette production en cd et vinyle (et aussi en téléchargement légal si ça intéresse quelqu’un dans la salle). J’ai rapidement retrouvé les sensations qui m’ont habitées durant le set du Plat Pays même si la présence de l’instrument à cuivre s’est éclipsée au profit d’un sludge pur sucre qui poutre diablement (sauf sur « Collapse » ou sur « The Earth Is Flat » durant lesquels ça vient souffler dans le cornet entre quelques hurlements débridés voire quelques bidouillages maison).
Fabrice à la guitare, Piotr à la basse et Thomas à la batterie se sont enfermés au Studio Six pour accoucher de onze titres sur lesquels ils ont convié quelques guest afin d’amplifier encore leurs assauts sonores. Car il est bien question ici de musique pour adultes : ça tabasse redoutablement et ça vocifère avec fureur avec une omniprésence de la quatre-corde saturée généreusement servie par le mix de Nicolas Vandeweyer.
De ce magma sonique et barré ressortent du lot quelques compositions très inspirées qui n’ôtent rien aux autres qui m’ont un peu moins séduite au bout de quelques écoutes menées le VU-mètre dans le rouge. Il y a « Vidar » : l’archétype du titre sludge sur lequel vrombit une basse soutenue par une batterie métronomique ralentie qui éclipsent un peu la guitare et laissent du champ aux vocalises hallucinées ; c’est efficace et tape juste sous le plexus avec panache (tout comme « Black Storm » qui s’inscrit dans un registre similaire). « Follow The Viper » frappe dans un répertoire plus vitaminé et déclenche dès la première écoute des va-et-vient au niveau des cervicales ; il prend à la gorge et ne desserre son étreinte qu’une fois ses derniers accords délivrés ; ce brulot rapide et propice au headbanging devrait délivrer toute sa saveur lors des exercices live du groupe.
Si je devais ne retenir qu’un seul titre de cette très bonne plaque, ce serait « Out Of The Abyss ». Il s’agit d’un concentré du potentiel du trio qui débute avec panache au rayon ralenti sur un riff entêtant avant d’atteindre son apogée dans une débauche de décibels plutôt rapides à la gratte qui côtoient une rythmique pachydermique : une envoi de bois de toute grande classe comme je les affectionne.
La scène belge n’est pas prête de finir de nous faire super plaisir avec des livraisons de cette qualité et les Bruxellois se démerdent bien sur scène : je vous encourage vivement à aller vous malmener les cages à miel avec cette plaque de sludge foutrement bien foutue !

Avant même sa musique, la premier contact avec un groupe se fait par le nom. Ainsi, dans le petit monde du stoner rock, comme pour la plupart des autres subdivisions du metal, l’imaginaire des patronyme est souvent significatif et tourne la plupart du temps autour de quelques thèmes, allant de la drogue au sexe en passant par l’aspect caniculaire ou lunaire (les « moon » et les « sun »), sans oublier, bien sûr, les références à Black Sabbath. Il y a, depuis récemment, une nouvelle redondance stylistique à signaler : l’image du mammouth. En effet, de nombreuses formations nouvelles ont adopté l’image de l’imposant et antique mastodonte poilu pour caractériser leur musique. Jugez plutôt: Mamont, Mammoth, Mammoth Mammoth, Mammothwing, Mammoth Volume, Wooly Mammoth, Aye Mammoth, Mammoth Storm, Motor Mammoth, The Fall Of Mammoth, Mammoth Blues (qui pour l’anecdote est un side project de membres de Bisonhammer, promis je n’invente rien!) ou Tunguska Mammoth rien que pour le stoner/doom et je vous passe les noms d’albums avec des mammouths dedans, ils sont légion. S’il est vrai que le pachyderme, énorme, poilu, gelé et d’un autre temps a de quoi évoquer bien des aspects du stoner rock, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a surreprésentation d’éléphantidés dans le bestiaire du genre. Alors lorsque débarque Mammoth Storm, nouvelle signature de Napalm Records en 2014, je fais partie des méfiants. Pourtant Rite Of Ascension, l’EP du trio suédois, qui n’avait jusque là que deux ans d’existence et une démo sous le bras, fait forte impression et de tous les mammouths cités plus haut, Mammoth Storm est celui qui semble le mieux porter son nom. En quatre titres aussi heavy qu’un fémur pris dans les glaces, la formation de Daniel Arvidson (ancien guitariste de Draconian, ici à la basse et au chant) fait étal d’un savoir faire certain en matière de lourdeur. Suffisamment en tout cas pour faire de la publication de son premier album en novembre 2015, toujours chez Napalm, quelque chose d’attendu.
Fornjot est le nom d’une figure primitive dans la mythologie Finlandaise. Une sorte de géant barbu, un roi guerrier, autant dire une figure tutélaire pour le groupe. Sans aller jusqu’à parler de concept tout au long de l’album, il apparait évident que la mythologie nordique, une fois n’est pas coutume, ait été une influence primordiale lors de l’écriture de l’album (on retrouve par ailleurs Fornjot sur l’artwork, qui est l’œuvre d’Emil Ahlman, le batteur du groupe). Dans la droite ligné de l’EP sus-mentionné, Fornjot déroule sur 50 minutes un son aux inspirations doom nordique (une sorte de fusion entre les poussées mélodiques de Candlemass et des ambiances polaires, rappelant la frange de la scène naviguant à vue aux confins des musiques extrêmes) mélangé à un « je ne sais quoi » de Neurosien dans le tempo et l’utilisation de la guitare lead. L’alchimie de l’ensemble offre un son unique à Mammoth Storm, et les deux plus belles pièces de l’opus, « Augurs Echo » et « Fornjot » offrent un panorama éclairé et passionnant de l’univers du groupe. Si parfois le chant manque de profondeur et d’intérêt, la qualité des compositions et la puissance sonore qui se dégage de l’album suffit à en faire un ouvrage de qualité hautement recommandable.
Point Vinyle:
Sobre mais efficace, Napalm propose le LP en 3 versions: Noir, lilas (100 ex) et violet (100 ex). Il s’agit d’un double vinyle, gatefold.

Ça roule chez The Shrine. Ou plutôt ça skate : le remarqué Bless Off des californiens à roulettes, sorti en 2014, leur aura offert une tournée en conséquence (notamment avec Red Fang en Europe), une solide réputation en live ainsi qu’une signature chez Century Media. Du coup ça commence à se savoir, The Shrine a autant biberonné à Black Sabbath qu’à Black Flag, pas trop au Black Metal mais plus à la scène Heavy anglaise des années 80 et son pendant américain.
Et comme pour mieux poser un décor bigarré d’emblée, le riff bien lent qui ouvre ce Rare Breed est rapidement balayée par un déluge Punk Rock “comme on n’en fait plus” et la déclaration de guerre aux envahisseurs qui suit enfonce le clou dans le même tonneau, énergique et efficace.
Un trait de caractère fort et omniprésent sur tout l’album, qui ne figurerait pas dans ces colonnes si le combo ne se plaisait pas à ralentir le tempo. The Shrine aime en effet se fendre de titres plus grassouillets et bluesy dans l’âme (“Rare Breed”, “The Vulture” ou l’excellent “Space Stepping” en épilogue), mais toujours avec ce sentiment d’urgence qui rôde dans le coin (“Acid Drop” et ses cavalcades de basse très Steve Harris). On a même droit à un hommage pré-posthume à Sir Lemmy sur le furieux “Savage Skulls and Nomad”, à une incartade solo de gratte très Van Halen (“Pull The Trigger”) et à la ballade sirupeuse mais cynique de rigueur “Dusted and Bused”, qui finit quand même en solo Rock ‘n Roll.
En parlant de solos l’ami Josh dissémine tranquillement ses plans souvent à la limite du shred, mais jamais trop bavards. Influence Punk quand tu nous tiens…
Ce monsieur s’exprime aussi avec aisance derrière le micro, assénant des vocaux plus ou moins hargneux mais toujours mélodiques, avec ses refrains qui restent facilement en tête et ses chœurs accrocheurs, ironiquement mielleux.
A souligner le très bon travail de Dave Jerden à la production (Alice In Chains, Anthrax ou… Offspring, entre beaucoup d’autres) qui donne une enveloppe impeccable à l’ensemble, propre mais couillu, qui laisse facilement transparaître le plaisir pris à l’enregistrement.
Un quatrième effort en cinq ans qui devrait permettre au trio, en travailleur appliqué et volontaire, de franchir un nouveau palier, leur auto-dénommé “Psychedelic Violence Rock ‘N Roll” aux influences bien digérées étant de mieux en mieux maîtrisé.

Durant la déferlante scandinave du début des années deux-mille, El Caco avait constitué, avec entre autres ses compatriotes de Honcho, la réponse norvégienne à la suprématie suédoise sur le stoner européen. En 2001, le trio commit un incroyable album : « Viva ». Cette production de grande classe tourna régulièrement sur ma platine durant quelques années et ce disque figura longtemps dans mon top ten des meilleures productions de stoner de tous les temps. Vous dire l’affection que j’ai eu pour ces Norvégiens ; celle-ci se limita malheureusement à cette première production en particulier car s’en suivit « Solid Rest » qui n’atteint pas le niveau attendu après un premier album bluffant puis « The Search » qui se cherchait vraiment au milieu de la décennie. Ce troisième album me vit abandonner tout espoir de me retaper un jour une bonne plaque de ces types.
Je fis l’impasse sur les trois plaques qui suivirent et, lorsqu’un de mes complices m’adressa un message du style : « Tu prends le prochain El Caco ? », j’allais lui signifier mon manque d’intérêt pour ce groupe s’étant égaré depuis un certain temps dans des méandres metal hype auxquels je ne goûtais pas vraiment, y compris en ce qui concerne certains gimmicks exaspérants en vogue sur les grosses productions germaniques. Cette formation était devenue, à mes yeux, peu digne d’intérêt comme Sparzanza, par exemple, qui emprunta un chemin similaire. Nonobstant, j’ai surfé un poil sur la toile et ai jeté une oreille, septique, sur le premier single issu de ce « 7 » : « Ambivalent » qui fit office d’antiseptique. Ce premier extrait m’a rapidement convaincu d’aller plus loin dans la découverte du septième opus d’El Caco car c’est une belle réussite au rayon stoner traditionnel : une basse trépidante, un riff overdrivé efficace et un refrain catchy ; que demande le bon peuple ?
A côté de ce brulot pas novateur, mais terriblement efficace, se côtoient des compos du même tonneau : faciles c’accès et foutrement bien produites dont « Those Possessed » et surtout « Curious Single » qui lorgne vers le Mastodon des débuts par ses plans hyper carrés. J’ai, par contre, fait l’impasse sur deux bizarreries proches du filler : « Reach Out » ainsi que « In Limbo » qui devraient plaire à vos potes pas férus de stoner. Cette galette qui tape dans le stoner très traditionnel ranime incontestablement la flamme El Caco et sa filiation avec le style que nous chérissons.
Bénéficiant d’une production des plus soignées, cette sortie digne d’intérêt évite le piège de la redondance en s’ouvrant à des sous-genres des plus intéressants et, outre le premier extrait pêchu en diable, deux titres à part sortent carrément du lot. Tout d’abords « The Silver Light », une tentative punk’n’roll qui réussi le parfait mix de la légèreté des Hellacopters et de la rythmique plus couillue de leurs compatriotes de Dozer. Le deuxième, qui n’a rien à voir avec l’entier de cet objet, c’est « In Space All Huge Beasts Just See » : un instrumental de trois minutes trente au tempo martial et très ralenti sur lequel on frôle le génie à grands renforts de reverb. « 7 » ne sera peut-être pas le disque de la décennie, mais il s’agit incontestablement d’une sortie d’excellente facture.

Subdivision de Cleopatra Records (label Californien lancé par Brian Perrera, ancien activiste de la scène metal de Los Angeles), Deadline Music s’est fait deux spécialités depuis 1995, année de sa création : la publication de groupes de metal 80’s (Ratt, LA Guns, Warrant, Lita Ford et bien d’autres) ainsi que des sorties régulières de compilations, consacrant un artiste culte par le biais de reprises sensées montrer l’influence de ce dernier sur les nouvelles générations. De Led Zeppelin à Scorpions, en passant par Cradle Of Filth ou Michael Jackson, leur travail est celui de fans, avec tout ce que cela comprend en matière de dévotion et d’hommage. Parfois pompeux (« World’s Greatest Metal Tribute To Led Zeppelin »), parfois drôles (« Show Me your Hits », tribute to Poison par Bret Michaels lui même), les compilations de Deadline sont souvent l’occasion de faire tourner les musiciens maison. Pour exemple, en 2001, ils avaient rendu hommage à Judas Priest par le biais d’un album nommé « An Industrial Rock Tribute To Judas Priest », l’idée étant de montrer l’influence du groupe sur un style musical en particulier (passons sur le fait que les morceaux aient été enregistrés par des stars du glam, tels Jani Lane, Kory Clarke ou John Corabi). Venons-en désormais à ce qui nous intéresse : fin octobre 2015, le label publie Sweet Leaf : A Stoner Rock Salute To Black Sabbath qui, comme son nom l’indique, regroupe un certain nombre de musiciens de la scène stoner autour du grand Sabbath. Voilà pour le contexte.
En premier lieu, si l’idée est ici de montrer l’influence de Black Sabbath sur le stoner rock, il va sans dire que la démarche est… au mieux amusante, considérant que le test de paternité a depuis longtemps été rendu public. Sans compter que l’on ne manque pas de tribute déjà existant. Rien que dans le genre stoner/doom, entre l’insurpassable Masters Of Misery (Earache Records/97), les deux volumes Nativity In Black ou la série d’hommages publiées par Hydra Head en 7’ (Converge, Brutal Thruth, EyeHateGod ou Neurosis. 6 disques sortis entre 97 et 99 puis réunis dans un box collector en 2013) on a été gâtés. Ajoutons à cela les différentes compilations heavy ou death metal jusqu’à l’improbable album de Rondellus sous titré « A Medieval Tribute To Black Sabbath » et statuons officiellement sur le fait que le Dieu Sabbath ait été plus que vénéré. Alors pourquoi ? Pour faire le pont entre le stoner et le rock glamouze de L.A. ? Probablement. Le choix des groupes va par ailleurs dans ce sens. La plupart des formations sélectionnées versent dans le heavy rock mélodieux, et reprennent l’œuvre du monstre de Birmingham avec une fidélité dommageable. L’occasion de remarquer la paternité vocale d’Ozzy sur la plupart des chanteurs de la scène (Mos Generator, Bloody Hammer, Scorpion Child, pour ne pas les citer). Si quelques titres sont classiques mais agréables (Solace, Pentagram, Witch Mountain, Wo Fat, Weedpecker) et d’autres carrément intéressants (venant principalement des formations psychédéliques tel Ulver, Golden Void ou Death Hawks), le reste est au mieux décousu et n’apporte pas grand chose (Mos Generator, House Of The Broken Promises, Cancer Bats) et verse parfois dans le pathétique (Stoned Jesus, Scorpion Child, Bloody Hammers et surtout la reprise dégeulasse d’«Iron Man» par Mike Inez, Zakk Wylde et William Shatner, oui le Capitain Kirk de Star Trek). La balance, au moment de faire les comptes, penche malheureusement du mauvais côté.
Ainsi je ne saurai que trop conseiller à ceux qui aiment les hommages à Sabbath de se pencher sur les références susmentionnées, et les amateurs de tribute de qualité de se jeter sur le tribute consacré à Electric Ladyland de Jimi Hendrix publié il y a quelques mois par Magnetic Eye Records. Ce disque là, est de tout point de vu une merveille. Reconnaissons lorsque le travail est bien fait !
Point Vinyle : Ce disque n’existe pas (encore) sur ce format.

Les groupes proposant un « stoner-space-rock » commencent à être aussi nombreux que les satellites tournoyant au-dessus de nos têtes. Karman fait partie de cette armée mais brille un peu plus les soirs où le ciel est dégagé, et continuera ses révolutions autour de la Terre peut-être un peu plus longtemps que certains de ses congénères métalliques.
La rampe de lancement se situe dans le Pas-de-Calais, les moteurs carburent à un stoner instrumental burné aux palm-mute nécessaires et à la réverbe galactique quand le besoin de prendre de la hauteur se fait ressentir. 5 titres pour cette auto-prod et pas un seul instant d’ennui. Les compos sont justes et l’enregistrement justement équilibré. On se retrouve toujours avec une petite trouvaille au creux de l’oreille qui permet au quartet de ne pas sombrer dans la redite. Karman pourrait être ce petit cousin de Monkey3, ébahit par son grand-oncle et souhaitant, tout comme lui, taquiner les étoiles de ses cordes.
Une jolie petite découverte que ce groupe nous proposant un agréable voyage à la périphérie terrestre. Reste à mûrir son projet et ses envies pour nous faire voyager encore plus haut, encore plus loin. Mais à l’écoute du dernier titre « Austral Spirit », on n’en doute pas.

2014
Ils viennent du Michigan et proposent dans ce second effort un voyage Sci-Fi oldschool pas piqué des vers de l’espace. Rien que la pochette annonce la couleur. Un magicien de l’espace avec une guitare pour bâton magique qui combat un serpent ailé qui crache du poulpe. Les lyrics de Chris Taylor restent bien évidement dans cette veine. Le son quant à lui s’approche d’un Monster Magnet, d’un Fu Manchu ou d’un Pearl Jam avec quelques épisodes doomesque. L’album se montre riche de compositions variées qui souvent cherche le souffle épique, et le trouve sans trop de redite.
Le premier morceau, « Reptiles », est empli de fuzz dans une atmosphère toutefois assez claire et un certain classicisme dans la construction. Le second, « Sleeping Mountain », présente l’autre facette du groupe avec une ambiance plus lourde et surtout des envolées épiques énormes. Avec « Ahamkara » et ses 7 minutes, ils s’essayent à l’ambiance de longue haleine avec ce qu’il faut de retenu pour nous accrocher, même si le morceau aurait gagné à durer encore juste un peu.
Avec une sortie vinyle, meilleur moyen de mettre en valeur leur pochette (et leur son), il est clair que ce groupe fait définitivement les choses en grand.
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